L'acquisition de la propreté est une étape naturelle et importante du développement de l'enfant, marquant un pas vers l'autonomie. Il n'existe pas d'âge universel pour débuter cet apprentissage, car chaque enfant suit un développement qui lui est propre. En tant que parents ou professionnels de la petite enfance, il est essentiel d'accompagner cette acquisition avec bienveillance, structure et respect du rythme de chaque enfant.
Comprendre l'acquisition de la propreté
Auparavant, on parlait d'apprentissage de la propreté, mais aujourd'hui, on préfère le terme d'acquisition, car il s'agit d'une étape naturelle du développement de l'enfant, au même titre que l'acquisition de la marche ou du langage. La propreté ne s'enseigne pas, elle s'acquiert en passant les stades de développement précédents.
Maturité physiologique et psychologique
L'acquisition de la propreté dépend de la capacité de l'enfant à contrôler sa vessie et ses intestins. Ce n'est que vers l'âge de 2 ans environ qu'il peut reconnaître la sensation que ses organes sont « pleins ». Ensuite, il apprend à détecter le moment où il est sur le point d'uriner ou d'aller à la selle. Enfin, il se dirige vers son petit pot avant qu'il soit trop tard.
Au niveau de la maturation neuromotrice, il est commun de dire que l’enfant ne sera pas en capacité de maîtriser ses sphincters tant qu’il ne sait pas monter et descendre les escaliers tout seul, en position debout. Il arrive par exemple à lever son bras droit sans que son bras gauche se lève en même temps, ou encore ce que l’on nomme communément « le test des escaliers » : si l’enfant réussi à monter les marches les unes après les autres comme un adulte. En revanche s’il met ses deux pieds sur chaque marche, c'est qu’il a encore besoin d’entrainement.
D'un point de vue psychique, l'enfant peut avoir peur de perdre quelque chose de lui (urine, selle). Cela peut être angoissant pour un tout-petit, et notamment s'il n'a pas encore intégré son schéma corporel et qu'il perçoit son corps comme différents morceaux qui s'assemblent et non comme une unité.
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Signes indiquant que l'enfant est prêt
Bien que chaque situation soit unique, certains signes reviennent fréquemment lorsqu'un enfant est prêt à débuter l'apprentissage de la propreté :
- Il vous dit quand sa couche est sale.
- Il est capable d’exprimer ses besoins. Il dit, par exemple : « Veux lait !
- Les enfants peuvent par exemple verbaliser le désir de propreté (demander à enlever la couche…) ou encore ôter leur couche tout seul : ce sont des premiers signes à prendre en compte.
Il est important de considérer ces indices dans leur globalité et de ne pas les isoler.
Rôle de la crèche dans l'acquisition de la propreté
Quand un enfant est gardé à la crèche ou chez une assistante maternelle, l’apprentissage de la propreté peut sembler encore plus compliqué pour certains parents. Mais en favorisant les échanges et une approche commune de toutes les personnes impliquées, cet apprentissage continuera, que ce soit chez vous ou à l’extérieur. La notion de collectivité est importante à prendre en compte dans les débuts de l’acquisition. En effet vous pourrez repérer un décalage d’acquisition entre la crèche et la maison. A la crèche l’enfant est souvent pris dans son jeu, il peut oublier qu’il n’a plus de couche. L’enfant peut aussi se sentir moins à l’aise qu’avec vous pour demander à aller aux toilettes. L’équipe restera cependant vigilante et proposera régulièrement à l’enfant d’aller aux toilettes. Les professionnelles de la crèche encourageront ses tentatives et le valoriserons dans sa démarche.
Routine et mimétisme
En crèche, il existe une certaine routine ce qui peut être un plus. En effet l’équipe pédagogique invite généralement l’enfant à aller sur le pot ou aux toilettes à des moments précis, par exemple : avant la collation, avant d’aller dehors, après le déjeuner, avant ou après la sieste, avant la collation de l’après-midi, etc. Il est aussi important que les parents aient informés l’équipe de ces comportements quand il a envie d’aller aux toilettes, par exemple, il gigote, il saute ou il met ses mains sur son entrejambe.
L’acquisition de cette étape est aussi parfois plus rapide en crèche, notamment par la présence du mimétisme. En effet, un enfant va vouloir reproduire ce que fait un enfant plus grand pour donner l’impression que lui aussi est grand.
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Collaboration avec les parents
Lorsque vous envisagez une continuité sur la crèche, il sera nécessaire d’en parler avec l’équipe et de faire le point. Comment l’enfant se comporte t-il pendant son change ? Participe-t-il à celui-ci ? Manifeste-il un intérêt pour les toilettes ? Quand vous commencez à préparer l’apprentissage de la propreté de votre tout-petit, il peut s’avérer utile d’en parler avec la nounou, ou le personnel de la crèche dans laquelle il est gardé, afin de partager vos recommandations et de développer un processus commun, qui marchera aussi bien à la maison qu’à l’extérieur. Rappelez-vous que les assistantes maternelles, comme les puéricultrices, ont l’habitude d’initier les enfants au pot, et pourront être de vraies alliées pendant cette étape.
Assurez-vous que les rituels liés à l'apprentissage de la propreté soient identiques chez vous et là où votre enfant est gardé. Vous aurez sûrement à procéder à de petits ajustements. Par exemple, si votre nounou ou votre crèche l’encourage à être plus autonome en le laissant enlever et remettre lui-même ses vêtements, ou se laver les mains tout seul, maintenez ces habitudes à la maison.
Il est essentiel de créer une cohérence et du dialogue autour de cette acquisition, afin d’aller dans une démarche cohérente et bienveillante pour l’enfant. Alors n’hésitez pas à solliciter les professionnels de la petite enfance si vous avez des questions, ou pour en discuter.
Adaptation de l'environnement
Pour que votre enfant se sente libre de se rendre aux toilettes, vous pouvez installer des supports placés à sa hauteur. Cela sera ainsi plus agréable pour lui. Par exemple, utiliser un pot avant d’utiliser des toilettes, ou utiliser un tabouret ou siège adapté pour commencer… Pour également faciliter son accès, n’hésitez pas à placer ces objets dans la salle de bain.
Comment accompagner l'enfant dans cette étape
L'accompagnement par les adultes passe aussi par la verbalisation auprès des enfants, autour du sujet de la propreté : ils doivent être à l’écoute de l’enfant et répondre à leurs différentes questions. Il est important de valoriser cette autonomisation de l’enfant et de lui trouver d’autres compensations, de lui accorder d’autres moments privilégiés.
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Introduction du pot ou des toilettes
Lorsque ce sujet commence à vous questionner, vous pouvez déjà acheter un petit pot et le présenter à votre enfant. Cet objet n’aura pas beaucoup de sens au départ pour lui. Mais en lui expliquant son utilité, il finira par comprendre à quoi il sert. Il est préférable de lui laisser libre accès, afin qu’il puisse se familiariser avec. Au début, ne vous étonnez pas si le pot est un jeu pour l’enfant. Il va jouer avec, monter dessus habillé, le déplacer, etc. Tout comme tout nouvel objet, l’enfant a besoin de l’expérimenter afin d’en comprendre les caractéristiques et de comprendre son utilisation. Puis quand vous observez qu’il peut être « prêt », vous pouvez lui proposer d’aller dessus pour faire ses besoins. Par exemple après les repas, avant la sieste… ritualiser ce moment c’est lui donner des repères. Il acceptera ou pas, mais au mois il sait qu’il pourra aller dessus a ces moments-là, et même quand l’envie se fera sentir.
Le choix entre pot, réducteur de toilettes ou toilettes directement dépend de plusieurs facteurs : l’âge de l’enfant, sa morphologie, ses préférences, son besoin de sécurité ou son envie d’imiter les plus grands. Le pot est souvent rassurant pour les plus jeunes : sa hauteur est adaptée, il est stable, facile d’accès, et peut être déplacé pour créer des habitudes dans un lieu familier. Le réducteur, quant à lui, répond à l’envie d’imitation et prépare l’enfant à l’utilisation des toilettes standard. Il nécessite cependant la présence d’un marchepied ou d’un appui sécurisé afin que l’enfant puisse s’y installer sans difficulté.
Encouragement et valorisation
Soyez positif : félicitez votre enfant pour chaque réussite et ne vous découragez pas en cas d’échec. Évitez les punitions : évitez de punir votre enfant en cas d’accident. Soyez patient : chaque enfant apprend à son propre rythme.
Si un pot est installé dans les toilettes ou la salle de bain, vous pouvez proposer à votre enfant de décorer cette pièce. Poser des mots et aider l'enfant à avoir confiance en lui. Les professionnels veillent également à ce que l’enfant ne se sente pas en échec. Un enfant peut être propre à la maison et avoir besoin de plus de temps à la crèche. Les équipes demandent aux parents d‘apporter suffisamment de changes pour que l’enfant se sente bien tout au long de sa journée et le rassurent pour qu’il continue à avoir confiance en lui.
Gérer les accidents et les régressions
Au début de l’acquisition de la propreté, l’enfant peut aussi avoir des petits « accidents », notamment lorsqu’il est pris dans son jeu. Dans tous les cas, il sera important de bien accueillir ces « accidents » et/ou même les « régressions » pour ne pas décourager l’enfant !
Il peut effectivement arriver qu’il y ait des périodes de régression au niveau de l’acquisition de la propreté chez certains enfants. Celles-ci sont souvent passagères : cela peut notamment être dû à des évènements qui ont lieu dans la vie de l’enfant et qui viennent le fragiliser émotionnellement (un déménagement, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur…).
L’enfant qui vit une série d’accidents peu après avoir commencé à porter une culotte devrait pouvoir recommencer à porter une couche, sans honte et sans punition. C’est très dur pour lui d’être puni ou qu’un adulte se fâche lorsqu’il y a un « accident ».
Livres et jeux pour accompagner l'enfant
Lire un livre avec l’enfant comme Petit Ours Brun sur le pot ou Tchoupi peut aussi l’amener à vouloir faire comme dans le livre.
Des jeux permettant à l’enfant de « jouer » ce qu’il vit peuvent être proposés. On parle de jeux d’imitation. Par exemple, la mise à disposition de poupées, petit pot, bassines à eau pour le lavage, débarbouillettes… Ces activités favorisent son autonomie. Prendre des poupées lui permet par exemple d’apprendre à fermer les boutons ou fermetures éclair de ses vêtements et comment bien se laver peau…
Voici quelques exemples de livres qui peuvent aider à familiariser l'enfant avec le pot et les toilettes :
- « Tchoupi va sur le pot » de Thierry Courtin
- « Petit Ours Brun sur le pot » de Marie Aubinais
- « P’tit Loup ne met plus de couches »
- « C’est quoi le caca » de Katie Daynes
- » Qu’y a-t-il dans ta couche « est un grand livre pop up. Au fil des pages, l’enfants découvre différents animaux, et à la possibilité de soulever la couche pour vérifier ce qu’il se passe dedans.
Importance de la communication
Le dialogue, la verbalisation, une relation de confiance avec le parent, la continuité entre la maison et la crèche sont nécessaires pour que l’enfant mène à bien son projet de devenir propre et… que cette période soit bien vécue par tous !
Propreté nocturne
La propreté nocturne s’acquiert généralement plus tard que la propreté diurne. En moyenne, les enfants deviennent propres la nuit entre 3 et 5 ans, mais cela peut varier considérablement selon leur rythme de maturation. La capacité à rester au sec toute la nuit dépend notamment du développement de la vessie et du système nerveux, qui doivent permettre de contrôler les sphincters même pendant le sommeil profond.
Pour l’accompagner en douceur, vous pouvez réduire les boissons avant le coucher, l’inviter à passer aux toilettes avant de dormir et valoriser ses réussites.
Quand consulter un médecin ?
Les conseils donnés par un médecin, peuvent vous aider à répondre à vos doutes et inquiétudes sur l’acquisition de la propreté. Si après quelques années, l’enfant n’arrive pas à utiliser les toilettes, ou régresse dans son utilisation de celles-ci, aller voir le médecin est recommandé. C’est également le cas s’il retient ses selles, a mal quand il s’assoit, a une urine trouble ou mal odorante, est soudainement souvent pressé d’aller aux toilettes sans attendre…
Si des petits accidents se répètent, ou des douleurs apparaissent, prendre contact avec votre médecin est également nécessaire, car il apportera des conseils adaptés aux besoins de l’enfant.
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