Revu par le Dr Ludovic Friederich, Chirurgien gynécologue, cet article offre une vue d'ensemble complète des polypes utérins, de leur définition à leurs traitements. Mis à jour le 17/03/2022, il aborde les aspects essentiels de cette pathologie courante chez les femmes.
Qu'est-ce qu'un polype ?
Un polype est une excroissance qui se développe sur une muqueuse, la paroi interne d'une cavité naturelle. Les polypes peuvent se développer sur différentes parties du corps, y compris l'utérus.
Polype accouché par le col : Définition
Dans le contexte des polypes utérins, on parle de "polype accouché par le col" lorsque le polype, généralement pédiculé (c'est-à-dire avec un pied fin), descend à travers le col de l'utérus et devient visible à l'entrée du vagin. Cette situation peut survenir lorsque le polype est suffisamment long pour pendre dans la cavité utérine et s'étendre à travers le col.
Qu'est-ce qu'un polype endométrial (ou utérin) ?
Un polype endométrial, également appelé polype utérin, est une excroissance qui se développe sur la muqueuse qui tapisse la paroi de l'utérus, appelée endomètre. Il existe aussi des polypes au niveau de l’endocol (partie haute du col de l’utérus, du côté de la cavité utérine), des polypes muqueux ou fibreux, unique ou multiples. Cette pathologie courante touche entre 10 et 24% des femmes. Les polypes peuvent varier en taille, allant de quelques millimètres (micropolypes) à plusieurs centimètres. Les polypes pédiculés ont un pied fin et peuvent pendre dans la cavité.
À la différence d’un fibrome, un polype n’est constitué que de muqueuse et non de fibres musculaires. Le plus souvent, il s’agit donc d’une lésion bénigne. En effet, moins de 5 % des polypes se développent en tumeur cancéreuse. Ces polypes sont le résultat d’une augmentation de la quantité d’œstrogènes qui stimule la croissance de l’endomètre. Après la ménopause, cela peut provenir d’une simple sécrétion endogène anormale de l’hormone, produite par la patiente directement, ou à la suite de certains traitements hormonaux substitutifs. En revanche, les raisons de l’apparition de polypes avant la ménopause ne sont pas connues, même si les hormones en sont aussi à l’origine. Dans moins de 5% des cas, il peut arriver que le polype dégénère en cancer de l’endomètre (presque exclusivement après la ménopause). Ce cancer est le plus fréquent mais avec le meilleur pronostic de tous les cancers gynécologiques.
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Certains facteurs favorisent l’apparition de polypes, tels que l’obésité et le syndrome métabolique, qui entraînent une surproduction d’œstrogènes. Le Tamoxifène, un traitement donné pour soigner le cancer du sein, peut aussi favoriser l’émergence de polypes.
Polypes cervicaux
Les polypes cervicaux sont des excroissances bénignes qui prennent naissance sur le col de l’utérus. Ils varient en taille, du millimètre au centimètre, et présentent souvent une base attachée au col. La plupart restent bénins et ne deviennent pas cancéreux. Des déséquilibres hormonaux, notamment une influence œstrogénique, favorisent l’apparition des polypes cervicaux. En outre, des inflammations chroniques ou des infections locales peuvent contribuer à leur développement. Le risque augmente chez les femmes en âge de procréer et chez les femmes autour de la ménopause.
Spécialistes des polypes endométriaux
Les spécialistes de cette pathologie sont les gynécologues, et particulièrement les chirurgiens gynécologues. Ce sont ces derniers qui se chargent de l’ablation du polype.
Symptômes des polypes endométriaux
La découverte d’un polype utérin peut être fortuite lors d’une échographie de routine, d’une hystéroscopie diagnostique ou dans le cadre d’un diagnostic d’infertilité car ils sont fréquemment asymptomatiques. Parfois le polype est découvert dans le cadre d’un bilan de fausses couches à répétitions. Mais le plus souvent, c’est après la constatation de saignements en-dehors des menstruations de la patiente (à un autre moment du cycle ou après la ménopause) ou alors si celles-ci étaient plus abondantes ou étalées dans le temps. C’est ce qu’on appelle des métrorragies (hors menstruations) ou des ménorragies (pendant les règles). En effet, les polypes sont des structures richement vascularisées.
Examens pour le diagnostic
- Échographie endo-vaginale : Il est possible de réaliser une échographie endo-vaginale.
- Hystéroscopie diagnostique : L’hystéroscopie diagnostique est l’examen de référence pour le diagnostic de polype. Elle consiste à visualiser l’intérieur de la cavité utérine, en introduisant une caméra par les voies naturelles.
- Biopsie : Une biopsie du polype peut être réalisée dans le même temps.
Diagnostic des polypes cervicaux
Beaucoup de polypes cervicaux restent asymptomatiques et se découvrent lors d’un examen de routine. Cependant, ils peuvent provoquer des saignements après un rapport sexuel, des saignements intermenstruels ou des pertes vaginales anormales. Parfois, une gêne ou une sensation de masse apparaît. Le gynécologue commence par un examen clinique avec spéculum pour visualiser le col. Si le polype apparaît, le médecin peut réaliser une échographie pelvienne pour préciser sa taille et sa localisation. Le spécialiste prélève souvent le polype pour analyse histologique afin d’écarter une lésion maligne.
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Traitements des polypes endométriaux
Les polypes de petite taille et ayant de très fortes chances d’être bénins peuvent régresser suite à des traitements hormonaux à base de progestatifs, pour rétablir le déséquilibre à l’origine de la pathologie. Néanmoins, le traitement de choix reste la chirurgie.
Options chirurgicales
- Hystéroscopie-résection : Le gynécologue effectue une hystéroscopie-résection en ambulatoire, sous anesthésie locale ou générale.
- Endomètrectomie totale : Chez la femme ménopausée ou celle qui ne désire plus avoir d’enfants, et en cas de gros polype à haut risque de récidive voire de dégénérescence cancéreuse, on peut prendre la décision de réaliser une endomètrectomie totale (ablation de la totalité de la muqueuse utérine) à nouveau à l’aide d’un hystéroscope équipé d’un résecteur.
- Polypectomie : Lorsqu’un polype provoque des symptômes ou suscite un doute, le médecin propose généralement une polypectomie. Les règles varient : certains polypes se retirent en consultation par torsion ou par pince, d’autres nécessitent une résection sous anesthésie locale ou générale. Après ablation, l’envoi en laboratoire permet d’obtenir un bilan histologique. Si une infection accompagne le polype, le traitement antibiotique précède souvent l’intervention.
Traitement des polypes cervicaux
Lorsqu’un polype provoque des symptômes ou suscite un doute, le médecin propose généralement une polypectomie. Les règles varient : certains polypes se retirent en consultation par torsion ou par pince, d’autres nécessitent une résection sous anesthésie locale ou générale. Après ablation, l’envoi en laboratoire permet d’obtenir un bilan histologique. Si une infection accompagne le polype, le traitement antibiotique précède souvent l’intervention.
Prévention et suivi
On ne peut pas toujours empêcher l’apparition des polypes cervicaux, mais un suivi gynécologique régulier réduit les risques de complication. Ainsi, effectuez des frottis cervicaux selon les recommandations et traitez rapidement les infections vaginales. Après ablation, le praticien planifie une visite de contrôle pour vérifier la cicatrisation et la non-récidive.
Questions fréquentes
- L’intervention en consultation reste souvent peu douloureuse.
- Une récidive reste possible, mais peu fréquente.
- Le saignement après un rapport peut résulter d’un polype.
Polypes et fertilité
Tous les polypes ne provoquent pas d’infertilité. Un polype situé au niveau de la cavité utérine peut gêner le passage des spermatozoïdes, altérer la qualité de l’endomètre ou provoquer une inflammation locale. C’est pourquoi, dans le cadre d’un parcours de fertilité ou d’un projet de grossesse, un traitement est souvent recommandé si un polype est mis en évidence. Après traitement, les chances de grossesse sont généralement bonnes, à condition que les autres paramètres soient favorables. Dans la majorité des cas, l’ablation d’un polype utérin permet de résoudre les symptômes et d’éviter les complications. Dans l’immense majorité des cas, ils sont bénins. Après l’ablation d’un polype, la fertilité est généralement restaurée, surtout si aucun autre facteur ne gêne la conception.
Différences entre polypes et fibromes
Le polype utérin se développe à partir de la muqueuse de l’endomètre, tandis que le fibrome provient du muscle utérin (myomètre).
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Évolution et récidive
Certains petits polypes, surtout chez les femmes jeunes, peuvent régresser spontanément. Malgré l'ablation, un polype peut toujours récidiver. Seule l'endométrectomie, l'ablation de la muqueuse utérine, permet d'éviter les récidives.
Quand s'inquiéter ?
Tout saignement vaginal après la ménopause, même léger, doit conduire à consulter rapidement. Il peut s’agir d’un polype, mais aussi d’une hyperplasie de l’endomètre ou d’une autre pathologie.
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