Redouté par certaines, de plus en plus choisie par d'autres, l'accouchement sans péridurale représente pour les futures mamans une opportunité de se réapproprier la naissance de leur enfant. Comment appréhender les contractions ? Quelles alternatives pour soulager la douleur ? Cet article explore les différentes facettes de cette approche, offrant des informations et des conseils pour celles qui souhaitent vivre cette expérience en toute confiance.

La péridurale : un standard en question

« Tu enfanteras dans la douleur ». En France, la péridurale a longtemps été la solution privilégiée pour atténuer la souffrance des femmes lors de l'accouchement, permettant aux futures mamans de rester conscientes tout en atténuant les douleurs des contractions et de pousser pour faire sortir le bébé. Mise au point au début du XXe siècle, l’anesthésie péridurale s’est développée à partir des années 70 en France et a révolutionné l’obstétrique en devenant le gold standard de la prise en charge analgésique de la parturiente. Preuve en est : en 2016, près de 82 % des femmes qui ont accouché par voie basse ont bénéficié d’une péridurale et parmi elles, 54 % ont pu utiliser une PCEA c’est-à-dire une péridurale auto-contrôlée afin de gérer elles-mêmes la douleur. Certaines maternités proposent désormais des péridurales déambulatoires, plus faiblement dosées, qui offrent la possibilité aux femmes de garder plus de mobilité et de sensations tout en diminuant la douleur.

Malgré sa popularité, un nombre croissant de femmes souhaitent aujourd'hui revenir à un accouchement plus naturel. « Certaines désirent un accouchement moins protocolaire, confirme Clémence Laborderie, sage-femme accompagnant des naissances à domicile. D’autres craignent la pose de la péridurale, un geste médical pourtant bien maîtrisé, ou ses effets secondaires ». Si la technique de la péridurale est aujourd’hui très bien maîtrisée, certaines femmes craignent le geste médical et ses effets secondaires éventuels : maux de tête, vertiges, douleurs lombaires, ralentissement du travail, etc.

Les motivations d'un accouchement sans péridurale

Il existe différentes raisons qui motivent les futures mamans à accoucher sans péridurale. La première d’entre elles peut être de vouloir reprendre les rênes. Accoucher sans péridurale, c’est se réapproprier la naissance de son enfant, sentir pleinement les contractions et être actrice de ce moment intime. Le bassin et le bas du corps ne sont pas engourdis par l’anesthésie. À vous la liberté de mouvement ! De cette manière, vous sentez venir les contractions, adaptez votre comportement ainsi que votre respiration. Vous savez quand vous devez pousser ou quand cela n’est pas nécessaire. Au moment de donner naissance à votre enfant, vous vivez à 100 % votre accouchement. Votre corps sait quoi faire et votre bébé aussi. Attentive à vos sensations, l’instinct reprend le dessus. Cela permet également aux futures mamans de donner une place à part entière à leur partenaire afin de le rendre lui aussi acteur de l’événement.

  • Reprendre le contrôle : Le bassin et le bas du corps ne sont pas engourdis par l’anesthésie, offrant une liberté de mouvement et une meilleure perception des contractions.
  • Vivre pleinement l'accouchement : Être actrice de ce moment intime, en sentant pleinement les contractions et en adaptant son comportement et sa respiration.
  • Faire confiance à son corps : Le corps sait quoi faire, tout comme le bébé. L’instinct reprend le dessus, guidant les actions de la future maman.
  • Impliquer le partenaire : Donner une place à part entière au partenaire, afin de le rendre lui aussi acteur de l’événement.
  • Meilleure récupération :. Une fois l’accouchement passé, vous ne subissez pas les effets encore présents de l’anesthésique comme l’engourdissement de vos jambes et de votre bassin. Vous pouvez ainsi vous mettre debout ou même prendre une douche à votre guise.

Contre-indications à la péridurale

Bien qu’elles soient peu nombreuses, il existe certaines contre-indications médicales à l’anesthésie péridurale. Les contre-indications sont rares et dépendent souvent des antécédents médicaux de la patiente. « Une allergie au produit anesthésiant, des troubles de la coagulation sanguine ou certains éléments anatomiques comme des malformations lombaires peuvent contre-indiquer la pose d’une péridurale », confirme la sage-femme. Une poussée de fièvre le jour J, un tatouage ou encore une infection cutanée au point de ponction peuvent également motiver un refus de la part de l’anesthésiste. Les contre-indications les plus courantes concernent les femmes qui ont besoin d’anti-coagulants pendant la grossesse, on organise dans ce cas des fenêtres thérapeutiques, en prévoyant un déclenchement de l’accouchement pendant une période d’arrêt de traitement.

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Préparation physique et mentale : la clé du succès

Même s’il n’existe pas d’accompagnement particulier ou médical pour l’accouchement « naturel », il est nécessaire de bien s’y préparer physiquement et mentalement. Votre projet de naissance est arrêté : vous accoucherez sans péridurale. Certaines femmes changent d’avis au dernier moment, parfois par manque de préparation. Vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour aller au bout de vos convictions ? Comment gérer la douleur ? C’est la problématique principale de la préparation à l’accouchement sans péridurale.

La respiration : un outil primordial

La respiration est la clef principale pour gérer la douleur. La respiration est primordiale dans la gestion de la douleur. On a tendance à se crisper et à bloquer sa respiration lors des contractions douloureuses : la douleur n’en est qu’amplifiée. En apprenant au contraire à respirer de manière fluide, vous apprenez à relâcher votre corps, à vous détendre et à mieux gérer les contractions. Il existe beaucoup de méthodes aujourd’hui pour gérer la douleur, on peut choisir celle qui nous correspond le mieux : hypnose, sophrologie, chant prénatal… Toutes font la part belle à la respiration, et mènent au même résultat : nous rendre actrices de ce qui va se passer. Les cours de préparation à l’accouchement, pendant la grossesse, sont très indiqués dans cette optique. visent notamment à vous faire travailler cette respiration.

Sophrologie, hypnose et autres approches

Au delà de la gestion de la douleur, un accouchement sans péridurale nécessite une préparation particulière axée sur la relaxation de l’esprit et du corps.

  • la sophrologie : cette technique de relaxation peut être bénéfique pour les futures mamans. D’ailleurs, il existe des séances de sophrologie prénatale. Un must pour apprendre à bien respirer, se détendre et travailler le lâcher-prise à travers la visualisation positive. Des notions qui vous seront sacrément utiles le jour de l’accouchement ! Basée sur des exercices de respiration et de visualisations pour accompagner les contractions, la sophrologie aide à mieux prendre conscience de son corps, à avoir confiance en soi et à se détendre. Notamment, tu verras comment je te propose de transformer la « phase de désespérance » en « phase de naissance imminente » !
  • l’hypnose : on le sait moins, mais il est tout à fait possible d’utiliser l’hypnose pour vous préparer à l’accouchement sans péridurale et le jour J. Enfin, l’hypnose est un puissant allié pour mieux appréhender les contractions et le lâcher-prise. Des séances pendant la préparation à la naissance et durant l’accouchement permettent aux futures mamans d’apprendre à gérer la douleur. L’HypnoNatal® est une méthode douce de relaxation corporelle et mentale associée à des visualisations, des suggestions positives et des métaphores, spécialement créées pour la grossesse et l’accouchement. Cette méthode a été fondée par la psychologue et hypnothérapeute Lise Bartoli.
  • l’haptonomie : cette technique consiste à établir une communication avec le foetus par le toucher à travers le ventre de la mère . De cette manière, vous créez un lien avec votre bébé.
  • l’acupuncture : cette technique, qui consiste en l’introduction d’aiguilles très fines en des points précis des tissus, peut participer à bien préparer le col de l’utérus. Elle agit sur la détente musculaire, avant et même pendant le travail pour vous accompagner dans la gestion des douleurs. Si l’acupuncture atténue les maux de la grossesse - nausées, troubles du sommeil, etc. - elle est également une alternative intéressante à la péridurale pendant l’accouchement. « Elle contribue à la dilatation du col, optimise les contractions et peut être utile dans la gestion de la douleur, confirme Clémence Laborderie. Dans l’accompagnement des naissances à la maison, j’utilise beaucoup l’acupression dont certains points sont très efficaces pour accompagner la fin du travail lors du passage du bébé dans le bassin ».
  • le yoga prénatal De Gasquet : la méthode du Dr De Gasquet offre aux futures mamans la possibilité de mieux ressentir son corps. Les exercices proposés vous donneront les clés pour être « actrice » de votre accouchement. Par la suite, ceux-ci pourront être réalisés pendant le travail, par exemple. Sa méthode basée sur la respiration profonde vise également à préserver le périnée.
  • Le chant prénatal peut également aider à mieux gérer la douleur. « Anatomiquement, le diaphragme et le périnée sont très liés, confirme la sage-femme. Le fait d’émettre des vocalises graves permet de centrer son attention sur autre chose et ainsi de gérer l’intensité des contractions en permettant le relâchement musculaire profond par les vibrations émises depuis les cordes vocales jusque dans tout le corps. Très naturellement, les femmes qui enfantent sans péridurale émettent ce genre de sons.

Le rôle du partenaire

A noter : votre partenaire peut participer à votre préparation à l’accouchement sans péridurale. Le jour de la naissance, il joue un rôle important dans votre gestion de la douleur et votre accompagnement psychologique. Comme nous ne pouvons pas être tout le temps à côté d’elles, nous encourageons les conjoints à prendre le relais, ils ont un rôle de pilier auprès de leur femme, en particulier lorsque celle-ci est sans péridurale. Tandis qu’elle sera dans sa bulle et occupée à respirer pour gérer sa douleur, le conjoint sera le relais qui met en application ce qui a été dit et fait pendant la préparation à la naissance, c’est pourquoi il doit être aussi bien préparé qu’elle.

Se forger un mental solide

Tu vas aussi devoir te forger un mental solide. L’accouchement peut être tellement déstabilisant qu’il va te falloir des richesses de confiance en toi, de persévérance, de courage, d’amour pour traverser les différentes étapes. La sophrologie est idéale pour ça !

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L'activité physique

Continuer à pratiquer de l’activité physique au cours de ta grossesse sera un plus. Tu auras plus d’endurance si ta force musculaire et ta capacité respiratoire sont maintenues. Mais au-delà de l’activité physique, tu auras aussi besoin de réapprendre à écouter ton corps. Le sport t’y aidera. Mais d’autres méthodes comme la sophrologie seront également les bienvenues. Il te faudra savoir t’écouter vraiment, pour identifier quand tu es confortable au cours de ton accouchement et quand tu ne l’es plus. Dans ce cas-là, tu devras t’écouter pour trouver comment y remédier.

Gérer la douleur pendant le travail

Positions et mouvements

Le jour J, vous serez peut-être plus à l’aise accroupie ou à quatre pattes qu’allongée. Votre sage-femme peut vous faire voir toutes les positions possibles pour accoucher sans péridurale. L’avantage d’un accouchement sans péridurale est que la maman est connectée à toutes ses sensations, qu’elle peut déambuler jusqu’à la délivrance et adopter les positions antalgiques qui lui conviennent le mieux pour supporter les contractions. « Il n’y a pas une position idéale, chaque femme va trouver instinctivement celle qui la soulage le plus à l’instant T : à quatre pattes, sur un ballon de grossesse, suspendues à des lianes accrochées au plafond, etc. Bouger aide à accompagner la descente de bébé.

L'eau : une source de détente

L’eau chaude possède également des vertus décontractantes très bénéfiques. « Une des alternatives les plus efficaces est de prendre un bain ou une douche chaude, assure Clémence. Cela détend, relaxe et permet de mieux supporter le travail. Toutes nos chambres de pré-travail sont équipés de douches à l’italienne. Une salle avec baignoire est accessible en secteur de pré-travail.

Stimuli sensoriels

Pour ne pas être focus sur la douleur, misez sur des stimuli sensoriels… Le jour de l’accouchement sans péridurale, vous apprécierez sans doute un massage, une bouillote, une lumière tamisée ou une musique douce. Étirements / mouvements / ballon : des lianes de suspension et gros ballons sont disponibles dans toutes nos chambres de pré-travail et nos salles d’accouchement. La sage-femme peut vous montrer les postures et étirements possibles.

Protoxyde d'azote

Largement utilisé dans les maternités au Royaume-Uni, le protoxyde d’azote permet de soulager ponctuellement la douleur. Et pour cause : ce gaz dit hilarant a des propriétés euphorisantes. Le jour de l’accouchement, l’inhalation d’un mélange de 50 % d’oxygène et de 50 % de protoxyde d’azote (MEOPA) au travers d’un masque au moment des contractions permet de déconnecter légèrement de la réalité et d’atténuer partiellement la douleur. L’effet est rapide mais de courte durée. Il doit donc être inspiré à chaque nouvelle contraction.

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Homéopathie

Baptisée « la plante des femmes », Caulophyllum 5 CH va par exemple régulariser les contractions au début du travail.

Le projet de naissance et le choix de la maternité

Préparer son projet de naissance est très important pour le couple. « Il est nécessaire d’être bien accompagné, confirme Clémence Laborderie. Une bonne préparation à l’accouchement et à la parentalité permet d’expliquer, de rassurer et de faire le tour des possibilités offertes aux futurs parents. C’est aussi comprendre les étapes qu’ils vont éventuellement traverser tous les deux et appréhender au mieux le travail et l’accouchement.

Comme nous le disions plus haut, pour bénéficier d’un accouchement sans péridurale, il est indispensable de bien vous renseigner sur le lieu de naissance. Sur internet ou auprès de votre commune, informez-vous sur les établissements qui réalisent des accouchements dits « physiologiques ». En France, on trouve de plus en plus de salles de naissances dédiées aux accouchements dits « naturels » , où vous pouvez profiter de tous les équipements mis à disposition (baignoire, banquette, lumière tamisée, sangles de suspension, ballons de grossesse…). Les équipements fournis sur place dépendent de votre maternité ou maison de naissance. Vérifiez que le lieu choisi dispose d’un matériel adéquat. Cependant, les établissements proposant des salles « nature » ou « physio » offrent tout ce qui est nécessaire pour que vous vous sentiez parfaitement à l’aise.

Dans tous les cas, parlez ! Communiquez votre projet de naissance auprès de l’équipe médicale et choisissez votre sage-femme avec soin. La confiance doit être au rendez-vous. Dès votre arrivée à la maternité, vous pouvez compter sur un binôme sage-femme / aide-soignante pour vous accompagner tout au long du travail. Un bon prérequis pour un accouchement serein est le respect votre besoin d’intimité et de sécurité émotionnelle.

La salle de naissance physiologique

La Salle de Naissance Physiologique également appelée « Salle Nature » est située au sein même de la Salle de Naissances. C’est une salle de pré-travail aménagée convertible en salle d’accouchement. Cela permet d’éviter un changement de lieu au cours de votre travail. Si cette salle est occupée, il est tout a fait possible d’accoucher physiologiquement dans une autre salle de travail.

Aucun matériel spécifique n’est vraiment indispensable pour un accouchement naturel, mais pour plus de confort la « Salle Nature » dispose de : Grande banquette ronde permettant différentes positions, d’un lit d’accouchement électrique, Baignoire permettant à la patiente de se relaxer pendant la dilatation (PAS d’ACCOUCHEMENT PREVU DANS LA BAIGNOIRE).

Qui peut envisager un accouchement physiologique ?

Toute patiente qui le désire et ne présente pas de contre-indication peut envisager d’accouchement physiologiquement. Il est important d’être préparée.

Elles correspondent à l’ensemble des facteurs qui pourraient faire augmenter le risque médical pour votre enfant ou vous-même.

Celles détectables en début de grossesse : Grossesse multiple, Diabète Insulino-Dépendant préexistant à la grossesse, Antécédent de Mort Fœtale In Utéro, Utérus cicatriciel, malformé ou fibromateux, Antécédent d’Hémorragie du Post-Partum sévère>ou= 1000ml, Anomalie de la coagulation, Antécédent de dystocie des épaules, Obésité IMC ≥ 30. Celles détectables en Fin de Grossesse ou en Début de Travail : Macrosomie (estimation du poids fœtal >4500g à terme), Retard de Croissance In Utéro, Malformation fœtale nécessitant une surveillance rapprochée, Prématurité < 37 semaines d'aménorrhée, Terme dépassé > 41 semaines d'aménorrhée, Déclenchement du travail notamment par ocytocine, Présentation non céphalique, Placenta bas inséré, Métrorragies en début de travail, Pré-éclampsie, HTA gravidique isolée, Cholestase gravidique, Diabète Gestationnel déséquilibré sous insuline, Rupture Prématurée des Membranes>24H, Accès à la baignoire uniquement à poche des eaux intacte, Liquide Amniotique Teinté, Tout traitement empêchant la mobilisation de la patiente. Celles détectables pendant le travail : Anomalie du Rythme Cardiaque Fœtal (ARCF), Dilatation inchangée à plusieurs examens successifs : Délai maximal 3,heures, en deuxième phase du travail, Hyperthermie >38°C, Nécessité d’une perfusion ocytocine et/ou APD. Celles détectables après l’accouchement : Absence de délivrance au-delà de 30 min, Hémorragie de la délivrance.

Flexibilité et ouverture d'esprit

Souhaiter accoucher sans péridurale ne signifie pas que vous ne pourrez pas en bénéficier au besoin. Selon la durée de votre travail et les douleurs vécues, vous changerez peut-être d’avis. Et c’est OK ! Quel que soit le niveau de préparation à l’accouchement sans péridurale, certaines complications indépendantes de la volonté de la future maman imposent de changer ses plans en dernière minute. A noter : même si vous souhaitez réellement un accouchement sans péridurale, il est quand même nécessaire d’envisager la péridurale au cas où vous changeriez d’avis. Le rendez-vous chez l’anesthésiste est donc utile quel que soit le projet de naissance.

Est-ce que la péridurale peut ne pas fonctionner ?

Les échecs de péridurale sont rares, mais cela existe. La latéralisation est plus fréquente, le positionnement du cathéter légèrement dévié diffuse alors plus de produit d’un côté que de l’autre. Des méthodes existent pour corriger cela : on peut injecter du produit de l’autre côté pour rééquilibrer, et si ça ne marche pas poser une nouvelle péridurale. Mais dans ce laps de temps, il peut se passer deux heures durant lesquelles la patiente peut souffrir. D’où l’intérêt d’avoir des armes pour gérer cette douleur. Il faut en effet avoir en tête que toutes les situations ne peuvent pas être solutionnées en quelques minutes : l’équipe doit procéder à des réglages, attendre de voir ce qui fonctionne, respecter les protocoles et les méthodes de l’hôpital ou de la maternité. Il est important de savoir comment gérer ces phases d’attente qui peuvent être douloureuses.

S'informer pour mieux comprendre

S’informer pour comprendre ce qu’il va se passer et être lucide sur la douleur me paraît essentiel. Une femme informée arrive moins démunie en salle de naissance, c’est un constat que nous faisons au quotidien. On peut aussi se renseigner, auprès d’une sage-femme ou de son entourage, sur les sensations que l’on éprouve quand l’enfant s’engage dans le bassin, la sensation de poussée, de compression qui peuvent être vécues douloureusement alors qu’elles ne le sont pas, si l’on s’attend à ne rien sentir. Le bébé appuie sur l’anus, cela est surprenant et inconfortable. Cette descente dans le bassin, on la ressent intensément même avec la péridurale. Tout est vécu différemment si l’on comprend ce qu’il se passe, si on visualise son corps, son bassin, la compression du rectum et de l’anus. Si on imagine la tête du bébé qui descend et qui vient vers nous, si on laisse faire, en écoutant son corps, sans bloquer, sans retenir ces sensations. Tout ce travail de visualisation aide à ouvrir le bassin et à relâcher les muscles.

Le rôle des hormones

- Le jeu des hormones spécifique à l’accouchement va te faire plonger dans un état très particulier. Tu entendras les expression « être dans sa bulle », « être coupée du monde »… C’est un état très particulier, parfois déstabilisant. Mais il te permet d’être dans la perception adéquate à ce que tu vas vivre : un cercle vertueux où ocytocine et endorphines vont permettre à ton accouchement de se dérouler le plus harmonieusement possible. Les émotions seront aussi fortement présentes pendant ton accouchement : la peur et la confiance, l’amour et l’appréhension, la fierté et le soulagement… Selon ce que tu vas vivre et comment tu t’y seras préparée ou non, ces émotions peuvent te traverser. Elles pourront t’aider à rester confiante, en toi, en ton bébé, à persévérer pour atteindre le moment final : avoir ton bébé contre toi. Elles peuvent aussi profondément te déstabiliser. En lisant ces mots, des émotions peuvent peut-être aussi s’éveiller. Prends-le temps de les vivre. Pour l’instant, tu t’informes. Continue à lire ce billet pour comprendre comment tu vas vivre tout cela avec optimisme.

Comprendre le travail

Il est essentiel de savoir ce qui t’attend et de comprendre pourquoi tu vas vivre cela. Chaque étape de l’accouchement a une raison d’être. Chaque contraction a une raison d’être : permettre la dilatation de ton col, puis ensuite aider la descente de ton bébé dans ton bassin. Savoir change la donne. Si tu sais que la contraction est là pour t’aider, pour aider ton bébé à venir au monde, alors tu ne luttes plus contre elle, tu l’accompagnes, comme une amie.

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