L'accouchement est un moment crucial et redouté par de nombreuses femmes enceintes. C'est un acte naturel, mais il peut être douloureux et long, et des complications peuvent survenir, nécessitant parfois une césarienne. Il est donc essentiel d'être préparé à l'accouchement pour que tout se passe le plus sereinement possible. Cet article vise à explorer en profondeur l'accouchement par voie basse, en examinant ses avantages, ses inconvénients et les facteurs qui influencent le choix de cette méthode.

Comprendre l'accouchement par voie basse

L'accouchement par voie basse, également appelé accouchement naturel, est le processus physiologique par lequel le corps féminin est conçu pour donner naissance. Il s'agit de la naissance du bébé par les voies naturelles, c'est-à-dire par le vagin. Ce mécanisme complexe implique une série de transformations hormonales et physiques qui préparent la mère et l'enfant à la naissance.

Le processus physiologique de l'accouchement par voie basse

L'accouchement par voie basse se déroule généralement en plusieurs étapes :

  1. Le travail: Cette première étape démarre lorsque les contractions utérines se font régulières et rapprochées et durent entre 30 secondes et 1 minute. Ces contractions doivent être associées à une modification du col de l’utérus observée par la sage-femme grâce au toucher vaginal. Dans les faits, le col se raccourcit et s’ouvre progressivement : c’est la dilatation du col. Le travail correspond à la phase de dilatation du col. Au départ, le col est postérieur et tonique, puis il commence à devenir antérieur et à s'assouplir. Il se raccourcit puis se dilate sous l'effet des contractions. Cette phase dure plusieurs heures jusqu'à la dilatation complète de l'utérus à 10 cm.
  2. La rupture de la poche des eaux: La perte du liquide amniotique est le premier signe permettant de savoir que vous êtes sur le point d’accoucher. Dès que vous percevez une perte d’un liquide transparent, blanc ou rosé, il faut se diriger à la maternité.
  3. L'expulsion: Les contractions se poursuivent et font ensuite descendre bébé dans le bassin. Cela s'appelle l'engagement. La durée de l'expulsion et de la poussée sont variables. Certains bébés viendront au monde en 10 minutes, d'autres en 45. Une fois que le col de l’utérus est totalement ouvert, c’est-à-dire qu’il atteint les 10 cm, la tête du bébé est bien engagée dans le bassin. L’obstétricien ou la sage-femme va alors vous demander de pousser, ce qui va permettre d’expulser le bébé par voie basse. L’étape la plus dure est le passage de la tête. Une fois qu’elle est sortie, le bébé va glisser vers l’extérieur sans gêne. La sage-femme peut alors couper le cordon ombilical, vérifier que le bébé est en bonne santé afin de le poser contre la maman. Enfin sorti de son milieu aquatique, le bébé respire. Le contact peau-à-peau est un moment privilégié entre le nouveau-né et son parent (mère ou père).
  4. La délivrance: Une vingtaine de minutes après la naissance, les contractions reprennent mais elles sont bien moins intenses. Elles vont servir à l'expulsion du placenta qui sera soigneusement examiné par la sage-femme. La dernière étape dite de « délivrance » correspond à l’expulsion du placenta. Dans les 30 minutes qui suivent la naissance du bébé, l’utérus se contracte de nouveau, le placenta se décolle et sort. Généralement, la délivrance se fait de manière tout à fait naturelle et spontanée.

Avantages de l'accouchement par voie basse

L'accouchement par voie basse présente de nombreux avantages, tant pour la mère que pour l'enfant.

Pour la mère

  • Récupération plus rapide: L'accouchement vaginal favorise une récupération généralement plus rapide. Les femmes qui accouchent naturellement retrouvent souvent leur mobilité dans les heures suivant la naissance, ce qui facilite les premiers soins au nouveau-né et l'établissement de l'allaitement.
  • Risque d'infections post-partum réduit: Les risques d'infections post-partum sont également réduits comparativement à une intervention chirurgicale.
  • Stimulation hormonale bénéfique: Le processus naturel stimule la production d'hormones bénéfiques comme l'ocytocine, souvent appelée "hormone de l'amour", qui renforce le lien maternel et facilite l'allaitement. Cette hormone joue également un rôle dans la contraction de l'utérus après l'accouchement, aidant à prévenir les hémorragies.
  • Technique naturelle: Bien qu’on utilise souvent la péridurale, l’accouchement par voie basse est une technique naturelle qui ne nécessite pas d’intervention chirurgicale. Il n’y a donc pas d’incisions ni de sutures à faire, sauf en cas d’épisiotomie. Le fait que ce soit une technique naturelle est un argument qui permet à certaines femmes d’opter pour l’accouchement par voie basse.
  • Contact immédiat avec le bébé: La mère peut avoir son enfant dans les bras, dès que ce dernier a été expulsé. La rencontre avec le bébé est immédiate et le père peut lui aussi assister à cette première rencontre.

Pour l'enfant

  • Expulsion du liquide amniotique: Le passage par le canal vaginal présente des avantages significatifs pour le nouveau-né. Cette compression naturelle aide à expulser le liquide amniotique des poumons, réduisant les risques de détresse respiratoire néonatale.
  • Développement du système immunitaire: L'exposition aux bactéries bénéfiques du microbiome maternel contribue également au développement du système immunitaire de l'enfant.
  • Microbiote intestinal: L’accouchement par voie basse s’accompagne chez le nouveau-né d’une surabondance de bactéries à Gram-négatif (Bacteroides et Parabacteroides) semblant être à l’origine de fonctions physiologiques renforcées.

Inconvénients de l'accouchement par voie basse

Malgré ses nombreux avantages, l'accouchement par voie basse peut présenter certains inconvénients.

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  • Douleur: La douleur constitue l'aspect le plus redouté par de nombreuses femmes, bien que diverses techniques de gestion de la douleur existent, de la péridurale aux méthodes naturelles comme la respiration ou l'hypnose. Affirmer qu'un accouchement par voie basse n'est pas douloureux serait un mensonge. Mais les futures doivent aussi garder à l'esprit que la perception de la douleur est propre à chacune et que de nombreux facteurs peuvent influer sur celle-ci : la position du bébé, la localisation des contractions, l'état psychologique de la maman, le soutien dont elle bénéficie etc. Certaines femmes ont plus mal que d'autres et alors que les contractions peuvent être insupportables pour certaines, d'autres femmes décrivent des douleurs tout à fait gérables.
  • Déchirures périnéales: Les déchirures périnéales représentent une préoccupation fréquente, bien que la plupart soient mineures et guérissent rapidement. Dans certains cas, l'utilisation d'instruments comme les forceps ou la ventouse peut s'avérer nécessaire, augmentant légèrement les risques de complications.
  • Durée: Le premier inconvénient de l'accouchement par voie basse est le fait que ce soit douloureux et parfois très long. Cela décourage un certain nombre de futures mamans qui ont peur d’accou… En moyenne, l’accouchement dure entre 8 et 14 heures environ. Il peut durer moins longtemps ou plus longtemps dans certains cas. Cela dépend également du type d’accouchement choisi ou pratiqué.
  • Risque de blessure des nerfs: Une complication de l’accouchement vaginal pour le bébé est le risque de blessure des nerfs qui envoient des signaux de la moelle épinière à l’épaule, au bras et à la main.
  • Douleur du périnée: Après la naissance, il y a un risque de douleur du périnée.
  • Fuites urinaires: Il existe aussi un risque augmenté de fuites urinaires au cours des deux années qui suivent. Une rééducation du périnée est nécessaire pour éviter ses fuites.

Facteurs influençant le choix du mode d'accouchement

Le choix entre un accouchement par voie basse et une césarienne est une décision complexe qui dépend de nombreux facteurs.

Considérations médicales

  • Conditions médicales: Certaines conditions médicales orientent naturellement vers l'un ou l'autre mode d'accouchement. Le placenta praevia, par exemple, nécessite impérativement une césarienne pour éviter des complications graves. À l'inverse, une grossesse sans complication particulière favorise généralement l'accouchement naturel.
  • Âge maternel: L'âge maternel, bien que ne constituant pas un critère absolu, peut influencer les recommandations médicales. Les grossesses après 35 ans peuvent présenter des risques légèrement accrus qui sont pris en compte dans la décision.
  • Présentation du bébé: Si le fœtus se présente bien (tête en bas ou siège) et que la morphologie de la future maman le permet, l’équipe obstétricale envisagera avant toute chose un accouchement par voie basse.
  • Antécédents de césarienne: En cas d’utérus uni cicatriciel dû à une seule césarienne, on envisage l’accouchement par voie basse pour le suivant. La plupart des personnes ayant déjà eu une césarienne peuvent accoucher par voie basse pour leur bébé suivant - on parle alors d’un accouchement vaginal après césarienne (AVAC). Toutefois, une nouvelle césarienne peut parfois s’avérer nécessaire.

Facteurs psychologiques et personnels

  • Préférences personnelles: Les préférences personnelles jouent un rôle important dans cette décision. Certaines femmes souhaitent vivre l'expérience complète de l'accouchement naturel, tandis que d'autres préfèrent la prévisibilité de la césarienne programmée.
  • Expériences antérieures: Les expériences antérieures d'accouchement influencent également ce choix. Une césarienne précédente ne contre-indique pas automatiquement un accouchement vaginal lors d'une grossesse ultérieure, bien que cela nécessite une évaluation médicale approfondie.
  • Préparation à l'accouchement: Selon Céline Levy, « le plus important est de bien se préparer en réalisant des cours de préparation à l’accouchement.

L'importance du dialogue avec l'équipe médicale

  • Préparation et information: Une communication ouverte avec l'équipe médicale permet d'aborder toutes les questions et préoccupations. Les consultations prénatales constituent des moments privilégiés pour discuter des différentes options et comprendre les recommandations spécifiques à chaque situation.
  • Flexibilité et adaptation: Il est essentiel de comprendre que les plans d'accouchement peuvent évoluer. Une femme qui souhaite initialement un accouchement naturel peut nécessiter une césarienne d'urgence, et inversement, certaines césariennes programmées peuvent finalement se dérouler par voie basse si le travail débute naturellement.

Préparation à l'accouchement par voie basse

Pour bien se préparer à l’accouchement, on peut mettre en place un certain nombre de dispositifs pour se sentir plus sereine le jour J. On peut :

  • Participer aux cours de préparation à l’accouchement dès le milieu de la grossesse, dispensés par une sage-femme. En premier lieu, il s’agira de réaliser un entretien pour parler de la grossesse et de sa vie, mais aussi de ses craintes et de ses attentes vis-à-vis de la préparation à l’accouchement. Les cours commencent ensuite à partir du 7ᵉ mois de grossesse.
  • Se préparer psychologiquement en dialoguant. On peut parler à un professionnel de la santé mentale en cas d’anxiété, à ses proches ou à son conjoint. On peut également échanger avec d’autres femmes enceintes ou des proches qui ont déjà accouché.
  • Utiliser des techniques de relaxation comme la sophrologie, le yoga, etc.
  • Visiter la maternité pour mieux appréhender les lieux.
  • Penser à l'après naissance : allaitement, chambre de bébé, nom du bébé, etc. etc.

Gérer la douleur pendant l'accouchement par voie basse

Il existe heureusement des moyens pour gérer et atténuer cette douleur : les exercices respiratoires, les massages, un bain chaud, les changements de position, le chant, la sophrologie, la réflexologie etc.

  • L’entourage : être soutenue par les personnes présentes en salle d’accouchement est une source de réconfort pour la maman.
  • La péridurale peut être demandée par la patiente à tout moment pendant le travail. En pratique, la péridurale est une anesthésie locorégionale qui consiste à introduire un cathéter au niveau de la colonne vertébrale, dans l’espace épidural (à hauteur des vertèbres lombaires 4 et 5). Pour cela, la patiente assise ou couchée sur le coté est d’abord anesthésiée localement avant d’introduire l’aiguille entre les deux vertèbres. La péridurale peut avoir quelques effets secondaires bénins pour la maman : sensation de jambes lourdes, mal de tête, efficacité faible ou insuffisante.

Récupération post-partum après un accouchement par voie basse

La récupération après un accouchement vaginal varie selon les femmes et les éventuelles complications. Les premiers jours nécessitent une attention particulière aux soins périnéaux et à la surveillance des saignements. La reprise des activités quotidiennes s'effectue généralement progressivement sur quelques semaines.

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