Le Brésil, pays d'une richesse culturelle inégalée, offre une mosaïque de traditions où la danse et la musique occupent une place centrale. Cet article explore les liens entre l'accouchement, la danse et les traditions brésiliennes, en mettant en lumière des pratiques ancestrales et des expressions artistiques contemporaines.

Maternité et jeu : le spectacle "Afora" du groupe Mamaya

Le groupe Mamaya, une jeune compagnie de spectacle vivant basée à Grenoble, s'est donné pour mission d'exalter le féminin à travers l'enfant. Pour ce faire, elle crée des spectacles musicaux touchants destinés au jeune public, qui mêlent musique et culture tropicale, en particulier la musique brésilienne, dans un cadre maternel et intimiste.

Le spectacle brésilien pour le jeune public "Afora: aller de soi à soi, en passant par les autres" est une expérience musicale qui incorpore du théâtre de marionnettes et de la danse. Il s'agit avant tout d'une expérience de rencontre avec l'enfant intérieur qui vit en chacun, dans un cadre interactif et ludique pour les familles avec enfants. Les thèmes centraux du spectacle sont la maternité et le jeu, partant du principe que toute vie commence chez une maman et que de cette source magique se déploient des aventures et d'innombrables possibilités de vivre - et vivre, c'est jouer !

Le spectacle explore l'accouchement comme un passage qui marque le début de cette aventure, un passage pour aller de soi à soi, en passant par la mère. Le jeu est le véhicule utilisé pour avancer sur ce chemin, au cours duquel des conquêtes importantes seront faites par les enfants : BOUGER, IMAGINER, INDIVIDUALISER et DONNER DE L'EMPATHIE.

La capoeira : une danse de résistance et de liberté

La capoeira, plus qu'une simple danse, est un art martial afro-brésilien qui trouve ses racines dans l'histoire de l'esclavage au Brésil. Au XVIe siècle, les colons portugais ont déporté des esclaves africains pour exploiter les richesses du sol brésilien. Pour mieux les asservir, ils séparaient les individus de même famille et de même tribu. Ainsi, chaque groupe comprenait un mélange de différentes langues, cultures, coutumes et traditions.

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Incapables de se comprendre entre eux, les esclaves furent obligés de communiquer dans la langue de leurs asservisseurs : le portugais. Leurs cultes et leurs rites étaient prohibés, de même que tout ce qui aurait pu être un moyen d'alliance et de révolte. Pourtant, les colons ne purent complètement éteindre la soif de liberté des esclaves, et c'est dans ce contexte que la capoeira a émergé. Elle représente la réunion de cultures, de rituels, de musiques et de techniques de combat, le tout masqué dans une danse.

Au début du XVIIe siècle, certains esclaves se rebellèrent et se rassemblèrent dans des camps nommés "Quilombos". Certains quilombos réunissaient plus de 30 000 fugitifs. Les leaders des révoltés contribuèrent beaucoup au développement de la capoeira, qui devint une arme contre les colons. Ainsi, au tournant du XVIIIe siècle, débuta la répression de la capoeira. En 1780, le mot "capoeiragem" apparut dans les registres de police et inquiéta les autorités. Les réprimandes étaient sévères : quiconque était pris à faire de la capoeira était enfermé, gravement mutilé, voire tué sur-le-champ.

En 1888, l'esclavage est aboli au Brésil, mais la capoeira reste interdite. Les affranchis n'ayant pas l'éducation nécessaire pour s'intégrer à la société se tournent vers le banditisme. La capoeira devient une pratique de malfaiteurs. Des criminels se fixent des lames de rasoirs aux orteils afin d'asséner des coups mortels. La capoeira est alors reniée par une partie de ses initiés et, cependant, dans l'ombre, elle survit jusqu'en 1937.

Le président Vargas révoque la loi d'interdiction et autorise la pratique de la capoeira dans le cadre d'académies. Mestre Bimba (Manoel dos Reis Machado) (1900-1974) et Mestre Pastinha (Vicente Ferreira Pastinha) (1889-1981) sont deux figures emblématiques de la capoeira, qui ont contribué à sa reconnaissance et à sa diffusion.

C'est dans les années 1950 que la capoeira connaît un essor considérable. A peine 20 ans plus tard, déjà étendue au Brésil entier, elle gagne des adeptes dans toute l'Europe et aux Etats-Unis au sein de nombreux groupes. Le 15 juillet 2008, la capoeira est officiellement reconnue comme patrimoine culturel du Brésil.

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Samba et grossesse : une alliance harmonieuse

La grossesse est une période unique et précieuse dans la vie d'une femme, marquée par de nombreux changements physiques et émotionnels. Pour les passionnées de danse, une question se pose souvent : peut-on continuer à danser la Samba enceinte ? La réponse est oui, avec certaines précautions à prendre. Danser la Samba pendant la grossesse est bénéfique pour la future maman, mais aussi pour le bébé.

Il est crucial pour une femme enceinte de ne pas rester sédentaire. Une activité physique régulière telle que la Samba va vous aider à :

  • Maintenir une bonne circulation sanguine : Les mouvements de la Samba aident à stimuler la circulation sanguine. Cela peut réduire les gonflements et les douleurs de dos associées à la grossesse.
  • Renforcer vos muscles : La Samba renforce les muscles du bassin, du dos et des jambes. Ces muscles sont essentiels pour soutenir le poids qu'une femme prend pendant la grossesse.
  • Combattre le stress : La Samba est une activité joyeuse qui libère des endorphines, ce qui réduit le stress et l'anxiété. Cela est particulièrement bénéfique pour les futures mamans qui peuvent se sentir dépassées par les changements hormonaux et les préparatifs de l'arrivée du bébé.
  • Rester souple : Les mouvements de la Samba améliorent la souplesse, ce qui peut aider à soulager les douleurs musculaires et articulaires courantes pendant la grossesse.
  • Connexion Émotionnelle : Danser permet aux futures mamans de se connecter émotionnellement avec leur bébé à travers le plaisir et le mouvement.

L'exercice physique durant la grossesse offre un autre avantage (et pas des moindres !) : il prépare le corps à l'accouchement. En effet, les femmes sportives ont (en général) moins de difficultés à accoucher. Ceci est dû à plusieurs facteurs liés à leur condition physique et à leur santé globale :

  • Force musculaire : Les femmes qui font régulièrement de l'exercice ont des muscles pelviens, abdominaux et dorsaux plus forts. Cela va aider à soutenir le poids du bébé et à faciliter le travail lors de l'accouchement.
  • Endurance et résistance : Une meilleure endurance cardiovasculaire permet de mieux gérer le stress physique et la fatigue du travail. L'accouchement devient alors plus tolérable et parfois même plus rapide.
  • Souplesse : Les exercices d'étirement et de flexibilité augmentent la souplesse des muscles et des articulations. Cela va faciliter les positions de travail et réduire les risques de déchirures périnéales.
  • Circulation sanguine : Une bonne circulation sanguine aide à maintenir l'oxygénation des tissus, ce qui peut réduire le risque de complications pour la mère et le bébé pendant l'accouchement.
  • Contrôle de la respiration : Les femmes sportives apprennent souvent à bien contrôler leur respiration. Cette compétence est précieuse pour rester calme et concentrée pendant les contractions et le travail.

Bien que danser la Samba puisse être bénéfique, il est essentiel de prendre certaines précautions pour garantir la sécurité de la future maman et de celle du bébé :

  • Consultez un médecin : Avant de poursuivre ou de commencer tout type d'exercice pendant la grossesse, vous devez absolument consulter un professionnel de la santé. Chaque grossesse est unique, et un médecin vous fournira des recommandations personnalisées.
  • Écoutez votre corps : La règle d'or pendant la grossesse est d'écouter son corps. Si quelque chose ne va pas ou si vous ressentez une douleur, arrêtez immédiatement et reposez-vous.
  • Adapter les mouvements : Certains mouvements de Samba peuvent être trop intenses pour une femme enceinte. Adaptez les mouvements pour éviter les sauts et les torsions brusques qui peuvent exercer une forte pression sur le ventre.
  • Hydratation et nutrition : Restez bien hydratée et assurez-vous de manger suffisamment pour maintenir votre énergie pendant les cours de danse.
  • Portez des vêtements confortables : Optez pour des vêtements qui offrent un bon soutien et permettent une liberté de mouvement. Des chaussures de danse appropriées avec un bon soutien de la voûte plantaire sont également importantes.

Poursuivre les cours de Samba pendant votre grossesse peut être une excellente façon de rester active et de maintenir un lien avec votre passion. Voici quelques conseils pour profiter pleinement de vos cours de Samba en toute sécurité :

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  • Communiquer avec votre professeur : Informez votre professeur de votre grossesse afin qu'il puisse adapter les mouvements et vous offrir des conseils spécifiques.
  • Pratiquez la respiration : La respiration est essentielle en danse, et encore plus pendant la grossesse. Pratiquez des techniques de respiration pour vous aider à rester détendue et à gérer votre énergie.
  • Faites des pauses régulièrement : Ne vous sentez pas obligée de suivre le rythme habituel des cours. Prenez des pauses régulières pour vous reposer et vous hydrater.

En conclusion, il est tout à fait possible de continuer à danser la Samba enceinte, à condition de prendre les précautions nécessaires. De nombreuses danseuses continuent à pratiquer la Samba quasiment jusqu'à leur terme ! Non seulement cela vous permet de maintenir votre forme physique, mais cela apporte de la joie et du bien-être pendant cette période spéciale. La clé est d'écouter votre corps et de profiter de chaque moment de cette belle aventure qu'est la grossesse.

La négritude en Amérique : une culture composite

Le transfert des noirs vers le Nouveau Monde, condition de la fusion des traditions musicales et dansées, a profondément marqué l'histoire et la culture du Brésil. En 1492, l'Europe découvre l'Amérique. Pendant plus de trois siècles, la traite des noirs a fait affluer vers le Nouveau Monde des masses considérables d'esclaves achetés ou razziés dans toutes les zones de l'Afrique, surtout occidentale.

À la faveur de ce transfert, les ethnies africaines, ainsi brutalement déracinées, se sont en grande partie mélangées, beaucoup plus que ce qu'elles avaient fait dans les siècles antérieurs sur le sol même de l'Afrique. Les cultures, les parlers, les formes d'expression religieuse et musicale se sont amalgamés en une nouvelle culture composite, celle des noirs d'Amérique, nourrie en permanence par l'afflux de sang africain, puisque la traite n'a véritablement cessé que dans la première moitié du XIXe siècle, et revitalisée donc continuellement aux sources de la créativité africaine.

Cette emprise d'une nouvelle "négritude" a été plus ou moins forte selon les régions. Elle a été maximale dans les zones subtropicales où les besoins de main d'œuvre dans les plantations ont concentré la plus grande partie des esclaves. C'est dans ces régions que s'est élaborée la riche tradition musicale et chorégraphique qui a donné naissance à la danse jazz et à la salsa, parmi bien d'autres formes d'expression : le sud des États-Unis, l'espace caraïbe (notamment Cuba qui justement est la terre de naissance de la salsa), le Nordeste brésilien, etc.

Cette "culture nègre", chère à Senghor et à Césaire, a pris des formes très diversifiées, en particulier sous l'influence des peuples européens eux-mêmes divers, notamment du point de vue religieux, qui étaient les maîtres des différentes contrées de l'Amérique.

Une étape importante dans cette histoire de la négritude en Amérique est celle de l'abolition de l'esclavage, acquise au XIXe siècle : au lendemain de la Guerre de Sécession (1861-1865) aux États-Unis, plus tard dans le reste du continent (par exemple de 1880 à 1886 à Cuba). Désormais, les noirs avaient de plus larges possibilités de faire fructifier leur culture. Mais le changement de leur condition légale n'a pas modifié tout de suite leur condition sociale. Pendant de longues années, la culture noire a continué à vivre de ses propres forces, nourrie par ses propres racines, entrouverte seulement aux influences de la culture blanche dominante.

Le bumba-meu-boi : un rituel musico-chorégraphique

Le rituel musico-chorégraphique du bumba-meu-boi met en œuvre des stratégies musicales, chorégraphiques et théâtrales, dans le but précis de provoquer la catharsis, dans un contexte symbolique. L'émotion, qui s'insère dans les pratiques musico-chorégraphiques, est amenée par un contexte festif par lequel des modalités musicales, chorégraphiques, performatives, vont permettre à l'individu de se dévoiler.

Les fêtes du Maranhão sont séculaires et, de ce fait, portent une valeur historique. La fête du Divin, organisée spécialement par les femmes, majoritairement afro-descendantes et originaires des quartiers périphériques, met en œuvre des valeurs de groupe telles que la dignité, la force et la solidarité entre femmes. La fête du bumba-meu-boi, qui met en scène un mythe à l'image de la société pluriculturelle dans laquelle elle se manifeste, porte, elle aussi, des valeurs de solidarité.

Cavalcanti (2001 : 72) démontre que l'on retrouve la manifestation du bumba-meu-boi, avec son motif mythique de la mort et de la résurrection, dans différentes régions du Brésil depuis le début du XXe siècle, la première référence que l'auteur a retrouvé étant le bumba-meu-boi de São Luis, pratiqué dans les rues de la capitale, mentionné dans un journal de juillet 1829.

Interdit au XIXe siècle et jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, le bumba-meu-boi a pendant longtemps été prohibé dans la ville de São Luis. Il était pratiqué dans les lointains faubourgs, aux limites de la ville, et ses pratiquants étaient fréquemment arrêtés et emprisonnés. On trouve de nombreux témoignages de cette répression dans les quotidiens locaux. On jugeait la représentation indécente, bruyante, une "diversion d'esclaves grotesque", du fait de la liberté donnée au personnage principal Chico, noir esclave. En effet, les festivités du bumba-meu-boi prennent leur source dans un mythe qui raconte l'histoire d'un magnifique bœuf, appartenant au patron de la fazenda (grande propriété agricole), dérobé par l'esclave Chico pour nourrir sa femme enceinte Catirina, qui rêve de manger de la langue de bœuf.

Les fêtes de bumba-meu-boi sont liées aux grandes questions de la vie et de la mort. Dans cette manifestation, un mythe tragique est mis en scène et joué de façon cyclique, tous les ans entre le mois de juin et le mois de septembre. L'éternel cycle de la vie, du recommencement, de la naissance et de la mort, est représenté par la naissance et le sacrifice d'un bœuf, tragédie vécue et accompagnée par l'ensemble de la communauté.

L'enjeu émotionnel de la performance du bumba-meu-boi réside dans l'intensité suscitée par le mélange des éléments musicaux, chorégraphiques, scénographiques, réunis dans les participants qui sont à la fois danseurs, musiciens, acteurs et chanteurs.

L'organisation des différents boi se décline en sotaques ou "accents". L'accentuation est une question de choix de procédés esthétiques et organisationnels. Il existe cinq sotaques communément reconnus, devenus en quelque sorte des "normes stylistiques", mais qui en réalité découlent souvent de choix personnels, d'initiatives privées, et de styles locaux. D'autre part, la présence et la participation des individus aux manifestations de Bumba-meu-boi varient d'un sotaque à l'autre, nuançant symboliquement la participation de la communauté dans la fête. Toute la créativité, les enjeux identitaires sont endossés par ces distinctions stylistiques, qui offrent des modalités d'expression tout en étant l'image publique des identités régionales.

La pluralité stylistique s'explique par une origine géographique particulière (région, quartier) ainsi que par l'association avec une classe sociale ou un mode de vie (rural, urbain), qui impliquent des organisations sociales, religieuses, politiques, particulières. La place de l'individu et l'enjeu de sa réalisation au sein des groupes vont dépendre de ces différents contextes. Il est aussi intéressant de noter comment vont s'exprimer les identités locales (indianité, identités rurales, mythes) à travers la présence de personnages comme les esprits de la forêt, reflets du monde surnaturel des "enchantés" (encantados) qui imprègne les conceptions locales du sacré.

Les affects évoqués directement à partir du mythe sont des sentiments contraires : la joie et la peine. Dans le vécu de la fête, le déroulement de l'histoire et sa tension dramatique permettent de vivre ces affects de façons successives : la joie de la naissance du bœuf, au moment de son baptême, lorsqu'il revêt une nouvelle "robe", qui a demandé un an de confection et va être portée durant un an ; la tension et la peine de la mort du bœuf, dont on connaît le tragique destin et auquel il ne peut échapper. Et à nouveau la joie de la résurrection, lorsque le bœuf est sauvé. Ces sentiments sont portés par les toadas qui sont tour à tour narratrices, ou encourageantes.

Les fêtes populaires de São Luis et du Maranhão se répartissent selon le calendrier annuel. Elles sont organisées par les communautés, en particulier par les maisons de culte afro-brésilien du tambor-de-mina qui est la modalité de culte majoritaire dans le Maranhão et le Nord du Brésil. Les préfectures se chargent d'organiser les fêtes publiques de juin (Saint-Jean) qui entrent dans la politique touristique locale.

Les implications individuelles qui sous-tendent la fête dépendent du contexte de la manifestation : la fête sera une brincadeira, un "amusement", un "jeu", elle sera présentée sur des scènes publiques, dans des arraiais, ou encore dans le cadre de scènes fermées (théâtres). La fête sera une obrigação, c'est à dire une "obligation" rituelle, elle se déroulera dans l'espace privé de la communauté. Les vœux adressés aux saints, exhaussés, sont payés en offrandes musico-chorégraphiques rituelles.

Dans la fête du tambor-de-mina, religion que pratiquent nombre de participants au bumba-meu-boi, Santo Antonio est associé à l'esprit caboclo marinheiro, le marin, et au vodun Agongono, nom dérivé de Agonglo, roi du Dahomey (actuel Bénin) de 1789 à 1797, qui est devenu une entité spirituelle au Maranhão. São João est associé au vodun Badé, force du tonnerre ; São Pedro à Hevioso, lui aussi un vodun de la foudre.

Tous les ans, durant la nuit du 26 juin, l'église de São Pedro reçoit, pour leur baptême annuel, les groupes de bumba-meu-boi. Ce rituel, qui dure vingt-quatre heures, consiste à gravir les marches de l'église afin de présenter le nouveau bœuf devant saint Pierre, patron des marins, afin de faire baptiser le bœuf. Les 29 et 30 juin (jours de São Pedro et São Marçal), dans le quartier João Paulo, est organisée durant quarante-huit heures une rencontre des musiciens de boi de matracas, fête dont l'apogée se passe sous le chaud soleil de l'après-midi.

La fête du bœuf est liée au sébastianisme du Nordeste du Brésil, mouvement messianique qui voit le retour du roi du Portugal Sebastião sous la forme d'un taureau avec une étoile au front. La figure du taureau étoilé est à la fois symbole de force et signe de l'inversion du monde : si un homme arrive à l'attraper avec une corde, il deviendra le roi du royaume des enchantés, l'Encantaria, à la place du roi Sebastião. L'étoile sur le front du taureau est un thème récurrent des chants de bumba-meu-boi.

Diversité des danses brésiliennes

Au Brésil, la plupart des genres musicaux sont accompagnés d'une danse spécifique. Voici quelques exemples :

  • Passinho : Originaire de l'état de Pernambuco, c'est une danse individuelle, acrobatique d'improvisation où le danseur réalise des pas en défi avec l'équilibre. Elle est pratiquée par les "passistas" d'école de Samba et dans les pagodes.
  • Maracatu : Danse rituelle en costumes, pratiquée par la population locale. Les "Cablocos", les musiciens et les danseurs sont tous habillés comme des rois, reines et duchesses. On retrouve cette tradition dans l'état de Pernambuco sous deux genres de Maracatu : le rural et le Baque Virado.
  • Maculele : Actuellement, le maculele est dansé par les capoeiristes, chacun avec un bâton à la main, ou même un grand couteau. Avec une chorégraphie libre, l'essentiel est de taper sur le bâton de son partenaire au 4ème temps !
  • Ciranda : Danse populaire chantée, originaire du Portugal. Danse sans discrimination, on fait un cercle et tout le monde peut participer en se donnant la main. Quand le Cercle devient trop grand, d'autres cercles sont créés à l'intérieur du premier. Le rythme est lent et répétitif.
  • Lambada : Inspiré du Carimbo, la lambada a conquis la planète. Le carimbo, le merengue et la salsa ont également servi à la création des nouveaux pas chorégraphiques pour cette danse de couple.
  • Cacuriá : D'influence africaine, cette danse est accompagnée de chants et pratiquée en paires, files ou cercles. La danse est accompagnée de 4 instruments : Triangle, ganzà, surdo et pandeiro. Dans les chorégraphies, le rythme est marqué par la frappe de sandales en bois considéré comme le cinquième instrument.
  • Matchiche : Danse de couple d'origine afro-brésilienne dansé en rythme syncopé. La Matchiche est une des danses qu'a influencées la lambada.
  • Quadrilha : Au Brésil, pour la Saint Jean, dans tout le pays il existe des groupes de danses de quadrilhas "arraiais" où un animateur annonce au microphone les pas à suivre par les couples.
  • Forró : Utilisé généralement pour désigner une danse, Le Forro est en fait une fête populaire brésilienne originaire du Nordeste dont l'apothéose a lieu pendant les fêtes de la Saint-Jean. Ce nom viendrait d'une réduction du mot "forrobodó" qui fait référence à un bal populaire, sans étiquette.
  • Axé : Le mot est synonyme d'énergie positive et est riche d'un pouvoir "surnaturel". La danse se compose d'un ensemble de déhanchement et de pas énergiques issus de la musique pop et du pagode. Ils sont accompagnés de flexion des bras et des jambes souvent influencées de gestuelle afro. Sa démocratisation fulgurante et son aspect commercial ont poussé ce mouvement à utiliser des rythmes attrayants en mettant l'accent sur des artistes aux formes athlétiques avec des tenues courtes et sexy.
  • Arrocha : C'est un genre de musique et une danse brésilienne qui apparaît "officiellement" en 2001 dans la ville de "Candeias" dans l'état de Bahia au Brésil. En couple bien collés l'un contre l'autre, il faut se positionner les cuisses entremêlées, les pieds intercalés.
  • Brega : On trouve son origine à Récife dans l'état du Nordeste dans les années 50. Résolument romantique, le Brega a toujours une place dans le cœur des âmes sensibles. Le pas de base est simple : on lève légèrement le pied droit puis le pied gauche. Ensuite madame recule une jambe et monsieur avance la même jambe pour occuper l'espace ainsi libéré.
  • Samba de Roda : Originaire d'Afrique, elle est arrivée au Brésil au XVII siècle. Cette danse s'est particulièrement diffusée là où les noirs africains se sont installés dans le Brésil. Les danseurs basculent leur corps à droite et à gauche en avançant lentement. Pendant la danse, le bassin bouge sensuellement. Comme caractéristique on retrouve l'"umbigada" exécutée par les hommes au moment de fermer le cercle. La "roda" (la ronde) est le principe de base de la chorégraphie et suit un rituel bien déterminé.
  • Jongo : Le Jongo est une danse traditionnelle venue d'Afrique. Le chant occupe un aspect primordial dans l'exécution de la danse. Elle prend forme en roda (cercle) où c'est le danseur le plus ancien qui commence en invitant une partenaire. Depuis le centre du cercle, le couple est accompagné par le rythme des 3 tambours du Jongo : caxambu, tambu et candongueiro et de claquement de mains.
  • Baião : Danse populaire apparue au XIXe siècle dans la région brésilienne du Nordeste. Elle se danse en couple, d'un pas à droite de biais, puis d'un pas à gauche de biais et de l'arrière puis vers l'avant. C'est le chanteur Luis Gonzaga, appelé le "roi du Baiao" qui a popularisé et donné ses lettres de noblesse à cette musique et cette danse appréciée dans tout le Brésil.
  • Dança do Aruana : Danse indigène brésilienne. Cette danse tire son nom du poisson "Aruana", que l'on retrouve dans la rivière "Araguaia". Face à face et avec les bras saisissant la nuque du danseur d'en face, cette file va progressivement se transformer en cercle. Cet enchaînement se répète en se rapprochant à chaque fois du fleuve ou d'autres personnages attendent. Puis c'est au tour des filles célibataires d'arriver.
  • Siriri : Elle est apparue durant la période coloniale dans la municipalité Vila Bela de Santissima Trindade dans la région du Mato Grosso. Son origine vient des proches des esclaves fugitifs qui pratiquaient cette danse quand les malheureux étaient rattrapés, emprisonnés et punis. Avec le temps, la danse a été introduite dans la fête de São Benedito par les femmes qui travaillaient en cuisine. La chorégraphie consistait alors à tenir une bouteille en équilibre sur la tête tout en effectuant des pas de danse.
  • Folia de Reis : Le groupe est composé par un maître, un contremaître, des 3 rois mages, de clowns, des "alfeires" et de chanteurs. Chaque formation possède son drapeau. Ces visites ont une dimension philanthropique.

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