La grossesse est une période de transformation et d'anticipation. L'accouchement, point culminant de cette aventure, suscite souvent des interrogations, notamment sur la gestion de la douleur. La question de la douleur lors de l’accouchement est une préoccupation majeure pour de nombreuses femmes enceintes. Comment supporter la douleur ? Cet article explore différentes approches pour accepter et gérer la douleur de l'accouchement, en mettant l'accent sur des méthodes naturelles et des stratégies pour renforcer la confiance en soi et en son corps.
Préparation à l'accouchement : Une approche holistique
Une préparation adéquate est essentielle pour aborder l'accouchement avec sérénité. En France, les cours de préparation à la naissance avec une sage-femme sont fortement conseillés. Ils permettent de comprendre les étapes de l'accouchement et d'anticiper le jour J. Pour aller plus loin, il est possible de faire appel à une consultante en périnatalité pour un soutien personnalisé et de l'information.
Le projet de naissance : Exprimer ses souhaits et ses besoins
Il est conseillé d'établir un projet de naissance avec votre sage-femme, votre gynécologue ou votre consultante. Ce document concis, sous forme de cases à cocher, indique les interventions souhaitées ou non, ainsi que vos envies. Il représente vos conditions idéales d'accouchement, tout en sachant qu'il peut ne pas être respecté suivant le déroulement de l'accouchement. Confiez plusieurs copies à la personne qui vous accompagne le jour J, en cas de changement d'équipe médicale.
Lectures et pratiques pour se préparer
Selon votre sensibilité et votre souhait d'accouchement et d'allaitement, vous trouverez différentes lectures qui vous ressemblent. Le yoga prénatal est un formidable outil pour préparer votre corps à l'accouchement, notamment par la respiration. Il est adapté aux mamans non sportives et vous permettra d'être en forme pour l'accouchement.
La douleur de l'accouchement : Comprendre et accepter
Pour accepter la douleur de l’accouchement, il faut pouvoir l’accepter et la comprendre. Il est essentiel de comprendre les raisons physiques de la douleur, due aux forces physiques qui s'exercent sur le corps (étirements des ligaments, du col, micro-déchirures, compression des nerfs, des articulations…). Cette douleur informe sur l’attitude à avoir, pousse à la mobilité et guide vers la posture qui aidera le plus votre bébé. Elle permet de chercher la meilleure position pour créer de l’espace et faire descendre son bébé. Elle permet d’inciter la femme à explorer des positions qu’elle n’aurait pas pu prendre naturellement. Enfin, elle est un stimulant pour la production d’endorphines.
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Confiance en soi et écoute du corps
Avoir confiance en soi est primordial. Vous seule savez, vous seule pouvez écouter votre corps. Le personnel médical vérifie que tout se passe bien, mais c'est vous qui accouchez. Accueillez chaque contraction comme une montagne russe : elle arrive, mais elle repart. Elle vous aide à vous rapprocher de votre bébé, voyez-la comme une alliée, cette douleur-là n'est pas mauvaise, elle est bénéfique ! Visualisez votre col qui s'ouvre à chaque contraction, votre bébé qui descend. Tant que bébé va bien, ne vous sentez pas pressée ou désespérée par les heures qui passent, vous êtes une femme en train de donner la vie.
Le rôle du partenaire : Soutien et encouragement
Dites à votre femme que vous l'aimez, dites-lui à quel point vous êtes reconnaissant pour ce qu'elle fait. Que vous voyiez que c'est difficile ce qu'elle accomplit et que vous êtes fier d'elle. Rappelez-lui aussi que ce qui se passe est normal.
Les hormones : Alliées naturelles pour un accouchement idéal
L'ocytocine (dite hormone de l'amour) aide à la bonne marche du travail, et l'endorphine (dite hormone du bonheur) est un anti-douleur naturel ! Ces 2 hormones forment le duo parfait pour un accouchement idéal. L’ocytocine, si elle crée des contractions, est aussi l’hormone responsable de l’état de plénitude, de bien-être ressentie par les femmes entre les contractions. Celle qu’on appelle l’hormone de l’amour n’est jamais plus présente dans la vie d’une femme que durant l’accouchement. C’est cette même hormone qui intervient au moment de l’orgasme, à échelle bien moindre pourtant. Or, pour qu’elle se dévoile, elle a besoin d’être en confiance, de se sentir rassurée, d’être confortable.
Les interventions médicales : Évaluer les bénéfices et les risques
Noter que souvent une intervention même minime peut en appeler une autre. Avec le soluté pour éviter la déshydratation, vous n'allez pas grignoter/manger et vous risquez de manquer de forces pour aller au bout de votre accouchement. Selon votre envie, continuez à manger des fruits (melon, pastèque, banane), des barres de céréales… Continuer de bouger, votre corps sait comment se mettre pour répondre à la douleur (d'où l'intérêt de la sentir !) et pour aider bébé à se positionner. Ecoutez votre corps, écoutez la douleur !
Techniques non pharmacologiques de gestion de la douleur
Il existe de nombreuses méthodes naturelles pour gérer la douleur de l'accouchement.
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- Respiration: Inspirez lentement par le nez et soufflez fort par la bouche. Plus vous bloquez votre respiration, plus les douleurs sont amplifiées. La respiration lente et contrôlée aide à la détente de votre corps et à minimiser la perception de la douleur. Respirer profondément pendant le travail des contractions permet d’oxygéner ses muscles et d’aider votre corps à atténuer la douleur. Une expiration trèèèèèèès longue et lente va vous permettre d’accompagner une contraction tout en vous concentrant sur autre chose que la douleur. De plus, le souffle permet de faire travailler efficacement les muscles abdominaux et le diaphragme ce qui aide votre bébé à descendre.
- Mouvement: Bouger pendant le travail est primordial ! Marchez, utilisez un ballon, laissez-vous guider ! Votre instinct vous guidera vers des positions qui soulageront les douleurs et permettront à votre bébé de descendre dans votre bassin. Changez de positions régulièrement en fonction de votre ressenti. Le mouvement, c’est la vie. C’est aussi vrai le jour de l’accouchement. Eh oui, plus vous déambulez, plus votre bébé va tenter de trouver sa place pour descendre dans votre bassin. Vous pouvez marcher, monter et descendre les escaliers, faire du ballon, etc.
- Visualisation: Imaginez votre bébé descendre dans votre bassin, votre thorax et votre ventre se gonfler et dégonfler au rythme de votre respiration. Se concentrer sur des images mentales diminuera les douleurs. Si l’esprit anticipe la contraction qui arrive, la craint, la redoute, alors le corps va se crisper et la douleur va être encore plus intense. La contraction est comme une vague : elle commence doucement, elle monte, elle augmente en intensité, elle atteint son pic et elle se retire, puis elle disparaît. L’image des vagues berce la maman.
- Chaleur: Prendre un bain, une douche ou mettre une bouillotte au niveau du dos. Voilà pourquoi le bain chaud est un moment particulièrement apprécié des femmes qui accouchent. Certaines femmes apprécieront aussi une douche bien chaude avec le jet qui coule sur les épaules ou sur le bas du dos. D’autres apprécieront juste le bruit de l’eau qui coule mais sans avoir envie d’être en contact. Pour la chaleur, une bouillotte peut aussi être utile. Le bain a énormément de vertus et de bienfaits pour soulager les douleurs de contraction. En effet, avec la chaleur de l’eau, le corps se détend et permet souvent au col d’évoluer.
- Massage: Demander à la personne qui vous accompagne de masser les zones douloureuses. N'hésitez pas à demander à votre ostéopathe de vous montrer comment faire. Votre partenaire ou votre doula peut pratiquer des massages pour vous aider à libérer les tensions de votre corps. Il suffit de pas grand chose, deux mains appuyées fermement en bas du dos, et l’effet est immédiat ! Demandez à votre accompagnant ou à la sage femme de vous appuyer en bas du dos pendant les contractions.
- Acupuncture : De plus en plus de sage-femmes sont formées à l’acupuncture et peuvent vous proposer une séance lors de la mise en travail. En effet, cela peut parfois vous aider à relâcher le corps, à accepter les contractions et permettre au travail de mieux avancer.
Le rôle de l'accompagnant
La personne vous accompagnant peut vous aider en vous massant, vous berçant (debout ou allongé), vous parlant d’une voix douce, calme et vous rassurer en utilisant des phrases simples et courtes, respirant avec vous et à votre rythme.
Accouchement sans péridurale : Préparation spécifique
Pour les femmes souhaitant vraiment un accouchement sans péridurale, il est crucial de se préparer au mieux, de s'entourer de personnes bienveillantes et de garder en tête vos motivations.
La respiration : Un outil essentiel
La respiration est primordiale dans la gestion de la douleur. On a tendance à se crisper et à bloquer sa respiration lors des contractions douloureuses : la douleur n’en est qu’amplifiée. En apprenant au contraire à respirer de manière fluide, vous apprenez à relâcher votre corps, à vous détendre et à mieux gérer les contractions. Les cours de préparation à l’accouchement, pendant la grossesse, sont très indiqués dans cette optique et visent notamment à vous faire travailler cette respiration.
Créer un environnement favorable
Créer autour de soi une atmosphère rassurante et familière permet d’entrer plus facilement dans sa bulle et ainsi réduire la sensation de douleur de l’accouchement. C’est ce cocon qui permettra aux hormones naturelles d’accomplir leur travail.
Positions et stimuli sensoriels
Le jour J, vous serez peut-être plus à l’aise accroupie ou à quatre pattes qu’allongée. Votre sage-femme peut vous faire voir toutes les positions possibles pour accoucher sans péridurale. Pour ne pas être focus sur la douleur, misez sur des stimuli sensoriels… Le jour de l’accouchement sans péridurale, vous apprécierez sans doute un massage, une bouillotte, une lumière tamisée ou une musique douce.
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Gérer le stress et les peurs
L’arrivée du bébé est proche et tout ce qui touche de près ou de loin à l’accouchement vous terrorise. Mais quelles peurs et appréhensions vous animent ? De nos jours, accoucher « dans la douleur » n’est plus vraiment d’actualité. Car avec la péridurale et les progrès de la technologie médicale, mettre un bébé au monde est devenu presque une banalité.
Les causes émotionnelles de la douleur
C’est une source de douleur dont on parle beaucoup moins. Pourtant, cette douleur émotionnelle existe, celle de se sentir seule, incomprise, non respectée… L’accouchement est un moment critique en émotions, pendant lequel de nombreuses peurs peuvent surgir. Selon le Dr G. Dick-Read (obstétricien britannique), la peur et la tension dans le corps qu’elle induit seraient responsables de 95% de la douleur lors de l’accouchement.
Techniques pour réduire le stress
- Cours de préparation à l'accouchement : Même s’ils ne sont pas obligatoires, les cours de préparation à l’accouchement sont fortement recommandés lorsque l’on souffre de stress chronique. Délivrés à la maternité par des sages-femmes expérimentées, ces cours permettent de désacraliser l’accouchement et d’en comprendre son fonctionnement.
- Repos et délégation : Les dernières semaines de la grossesse, le ventre est lourd à porter et l’épuisement pointe son nez. Il est temps de se poser ! Apprendre à déléguer, limiter les longs déplacements, faire des pauses régulières, sont autant d’attitudes essentielles pour évacuer le stress et conserver son énergie intacte le jour de l’accouchement.
- Yoga et musique : L’intérêt du yoga, c’est qu’il peut être pratiqué tout au long de la grossesse jusqu’au jour de l’accouchement. Écouter de la musique a un véritable effet thérapeutique sur la femme enceinte, tout comme la relaxation ou la sophrologie.
- Thérapies comportementales et cognitives (TCC) : Accepter le fait que l’on a peur et appréhende l’accouchement, accueillir cette peur sans tenter de la fuir, ne pas se juger ou culpabiliser, voilà une autre façon de vaincre son stress durant les derniers mois de la grossesse.
La péridurale : Une option à considérer
En France, la péridurale est l’outil de gestion de la douleur le plus utilisé (plus de 83 % des accouchements). Son principal avantage est qu’il ne nécessite aucune préparation : une simple piqure et votre corps sera apaisé. Pourtant, certaines femmes souhaitent s’en passer et faire appel à d’autres techniques pour soulager la douleur.
Envisager la péridurale : Une sécurité
Même si vous souhaitez réellement un accouchement sans péridurale, il est quand même nécessaire d’envisager la péridurale au cas où vous changeriez d’avis. Le rendez-vous chez l’anesthésiste est donc utile quel que soit le projet de naissance.
Allaitement : Un choix personnel
On dit souvent que l’allaitement est tout ce qu’il y a de plus naturel. Certes. Mais de nos jours nous n’avons plus forcément l’instinct intact. Au début vous n’avez pas de lait mais du colostrum, pendant environ 1 à 2 jours, cela dépend des femmes. Cet or liquide, véritable potion magique, représente tout ce dont votre bébé a besoin en termes d’alimentation à ce moment-là ! Bébé devra téter à volonté et être contre vous (en peau à peau idéalement) pour favoriser la montée de lait. Donnez les seins à tour de rôle à bébé, aussi souvent que possible. Appliquez du chaud (compresses, douche…) et rassurez-vous : cela ne durera en moyenne que 2 ou 3 jours. Vous pouvez ressentir aussi au niveau des mamelons/tétons du léger inconfort à de grosses irritations. Vous pouvez le soulager dès les premières tétées avec des crèmes adaptées qui ne se nettoient pas pour la plupart, bébé peut donc téter avec la crème. Vous pouvez également protéger vos mamelons avec des coquillages d’allaitement. Et gardez en tête que le premier élément de soin est…votre lait lui-même ! Dans tous les cas, le secret d’un allaitement réussi réside dans la confiance en vous et le soutien de votre entourage.
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