Introduction

La recherche sur l'embryon humain est un sujet sensible, encadré par des lois de bioéthique régulièrement révisées pour tenir compte des avancées scientifiques et des enjeux éthiques. En France, l'Agence de la Biomédecine (ABM) joue un rôle central dans l'autorisation et le contrôle de ces recherches. Cependant, une récente décision de justice remet en question l'application de ce cadre légal et soulève des inquiétudes quant au respect de la dignité de l'embryon humain.

Décision du Tribunal Administratif de Montreuil

Le 12 novembre 2025, le tribunal administratif de Montreuil a annulé une autorisation de recherche sur l’embryon humain délivrée par l’Agence de Biomédecine (ABM). Saisi par la Fondation Jérôme Lejeune, le juge a estimé que l’ABM n’avait pas respecté les conditions légales encadrant ce type de recherche. Cette décision, immédiatement exécutoire, a entraîné l’interruption du protocole de recherche concerné.

Manquements aux Conditions Légales

Le protocole autorisé le 10 janvier 2024 visait à étudier le développement embryonnaire de J0 à J14, profitant de l’extension de la loi de bioéthique de 2021 qui autorise la recherche sur l’embryon humain jusqu’à son 14ème jour de vie (contre 7 jours précédemment). Le tribunal a relevé deux illégalités majeures :

  • Insuffisance de vérification de l'alternative animale : L’ABM n’a pas suffisamment vérifié si l’embryon bovin - un modèle proche de l’embryon humain au début du développement - permettait d’éviter le recours à l’embryon humain, comme l’exige l’article L. 2151-5 3° du Code de la santé publique (CSP).
  • Non-respect du cadre réglementaire : La Fondation Lejeune a souligné qu'elle était le seul acteur à veiller au respect du cadre réglementaire par les autorisations de recherche, ce qui soulève des questions sur le rôle de l'ABM en tant que gardien et régulateur.

Implications à la Veille de la Révision de la Loi de Bioéthique

Cette décision intervient à un moment crucial, alors que s’ouvrent les travaux préparatoires de la 4ᵉ révision des lois de bioéthique. Elle met en lumière les limites de l’encadrement des transgressions, car malgré un cadre légal assoupli en 2021, l’ABM n’a pas respecté les exigences en vigueur.

Les « Rencontres de la biomédecine » de septembre 2025 ont confirmé la perspective de nouvelles transgressions potentielles, concernant des pratiques telles que le DPI-A (diagnostic préimplantatoire), la gamétogenèse, les blastoïdes, les embryons à trois ADN et le diagnostic préconceptionnel.

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La Bioéthique : Définition et Enjeux

Le mot bioéthique est constitué de deux racines : "bio" signifiant "vivant" et "éthique" "ce qui est bon pour l’homme". La bioéthique concerne la médecine et la recherche utilisant des parties du corps humain. Elle vise à définir les limites de l’intervention de la médecine sur le corps humain en garantissant le respect de la dignité de la personne et a pour objectif d’éviter toute forme d’exploitation dérivée de la médecine (trafic d’organes, clonage humain…).

À l’échelle mondiale, il existe un Comité international de la bioéthique qui est une branche de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). Il prend en compte les progrès permanents de la médecine et les enjeux éthiques et juridiques des recherches dans le secteur des sciences de la vie.

Évolution de la Législation Française en Bioéthique

La législation française en matière de bioéthique a connu plusieurs évolutions depuis les lois de 1994. La loi du 7 juillet 2011 est l’aboutissement de la clause de révision inscrite dans la loi de 2004. Les principales innovations du texte portent sur :

  • L’autorisation du don croisé d’organes intervenant en cas d’incompatibilité entre proches.
  • Une nouvelle définition des modalités et des critères permettant d’autoriser les techniques d’assistance médicale à la procréation et d’encadrer leur amélioration.

La loi du 6 août 2013 modifie la loi de bioéthique de 2011. Le texte prévoit de passer du régime d’interdiction de la recherche sur l’embryon avec dérogation à une autorisation encadrée. Les recherches pourront être menées à partir d’embryons surnuméraires conçus dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (fécondation in vitro), ne faisant plus l’objet d’un projet parental, après information et consentement écrit du couple concerné.

La loi du 2 août 2021 élargit l'accès à l'assistance médicale à la procréation dite procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires alors qu’elle n’était ouverte qu’aux couples hétérosexuels. Le remboursement par l'assurance maladie de la PMA est ouvert à ces femmes. Les enfants nés d’une PMA peuvent à leur majorité accéder à des données non identifiantes du donneur (âge, caractères physiques…) ou à l'identité du donneur. Tout donneur doit consentir à la communication de ces données avant de procéder au don. Un nouveau mode de filiation est mis en place pour les enfants nés par PMA de couples de femmes. Les femmes concernées doivent établir devant notaire une reconnaissance conjointe de l'enfant avant sa conception. Afin qu'ils puissent plus tard recourir personnellement à une PMA, l'autoconservation des gamètes en dehors de tout motif médical, devient possible pour les femmes et pour les hommes. Jusqu'ici une femme ne pouvait avoir recours à la congélation de ses propres ovocytes, sauf nécessité médicale.

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Le don croisé d'organes prélevés sur personnes vivantes est facilité. Les possibilités de dons de moelle osseuse de la part d'un mineur ou d'un majeur protégé au profit de ses parents sont élargies. Concernant le don du sang, des dispositions permettant d'éviter toute forme de discrimination fondée sur le sexe ou la nature des relations sexuelles sont inscrites dans la loi. Les traitements de données issus de l’intelligence artificielle (IA), lorsqu'ils sont utilisés pour des actes de soins, sont encadrés. La personne doit être informée de l’utilisation d'un tel traitement algorithmique. Certains interdits sont réaffirmés tels que adjonction de cellules animales dans un embryon humain, la création d'embryon à des fins de recherche ou le clonage.

Par ailleurs, le texte crée une nouvelle catégorie d'avortement, l'interruption volontaire partielle d'une grossesse multiple en cas de mise en péril de la santé de la femme, des embryons et des fœtus. L'action du Comité consultatif national d’éthique est élargie aux questions soulevées par les progrès scientifiques dans d’autres domaines que ceux de la biologie, de la médecine et de la santé (par exemple développement de l’IA, environnement).

Après deux ans de débats au Parlement, la quatrième version de la loi de bioéthique a été promulguée le 2 août 2021. Elle a permis de nombreuses avancées, parmi lesquelles l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

Le Processus de Révision des Lois de Bioéthique

La loi de 2011 prévoit que tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé doit être précédé d’un débat public sous forme d’états généraux.

Ces états généraux sont organisés à l’initiative du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), après consultation des commissions parlementaires permanentes compétentes et de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT).

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L'année 2026 est l'occasion de lancer une nouvelle session des états généraux de la bioéthique autour des questions de science, de santé et de solidarité. Ouverts le 21 janvier 2026 pour une durée de six mois, les états généraux alimenteront les réflexions en vue de préparer une nouvelle loi bioéthique.

Thèmes Débattus Lors des États Généraux de la Bioéthique 2026

Ces dernières années ont connu de nombreuses avancées scientifiques, médicales et technologiques. Les innovations se multiplient à un rythme inédit, soulevant de nouvelles interrogations concernant notamment le respect des droits des personnes. Ces questions seront au centre des états généraux de la bioéthique 2026 pilotés par le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE). Les principaux thèmes abordées sont :

  • Les examens génétiques et la médecine génomique.
  • La procréation.
  • Les neurosciences.
  • Les cellules souches et les organoïdes.
  • Le don, la greffe d'organes et la xénogreffe.
  • Le numérique et l'intelligence artificielle en santé.
  • La santé, l'environnement et le climat.
  • La sobriété en médecine.
  • Les nouveaux enjeux de la prévention en santé.
  • La santé en Outre-mer.

La publication de la synthèse des contributions citoyennes est prévu en juin 2026.

Rôle et Missions de l'Agence de la Biomédecine

Créé par la loi de bioéthique de 1994, l’Agence de la biomédecine exerce ses mission dans quatre domaines :

  • Le prélèvement d’organe et la greffe.
  • La procréation.
  • L’embryologie.
  • La génétique humaines.

La loi de bioéthique de 2011 a étendu les compétences de l’agence en lui confiant une mission d’information du Parlement et du gouvernement sur le développement des connaissances et des techniques dans le domaine des neurosciences.

L’Agence de la biomédecine publie chaque année un état de l’activité du prélèvement et de la greffe d’organes et de tissus. Si l'activité poursuit sa remontée en 2023, après une forte baisse due au Covid-19, le taux d’opposition à un prélèvement a connu une hausse significative, avec de fortes variabilités selon les régions.

La Recherche sur l'Embryon Humain : Objectifs et Conditions

La recherche sur l’embryon humain a pour objectif de mieux comprendre le développement embryonnaire, d’étudier certaines maladies génétiques ou encore de rechercher des solutions face à l’infertilité. Elle ne peut porter que sur des embryons, conçus in vitro dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation, qui ne font plus l’objet d’un projet parental et dont le couple ou la femme concernée a consenti à la recherche. Ces recherches sont possibles uniquement si elles répondent à des finalités médicales ou scientifiques, lorsqu’aucune autre méthode alternative ne peut être envisagée avec des résultats équivalents.

Concernant les cellules souches embryonnaires humaines, ces dernières sont utilisées pour leur capacité à se différencier en divers types cellulaires, ouvrant des perspectives dans la compréhension des maladies et la médecine régénérative. Contrôle et vigilance : l’Agence peut suspendre ou retirer les autorisations en cas de non-respect des dispositions légales. L’Agence met à la disposition des porteurs de projets des modèles de dossiers, des guides et des documents pratiques détaillant les démarches à suivre pour soumettre une demande d’autorisation ou déclarer un projet de recherche.

Statut de l'Embryon en France et Questions Éthiques

Dans la loi, l’embryon n’a pas d’existence juridique. Seule la naissance d’un enfant confère un statut. Sur le plan éthique, la question du statut de l’embryon est une discussion sans fin qui est fortement influencée par les croyances et les convictions de chacun. Il semble raisonnable d’estimer que la perception que l’on peut avoir de l’embryon évolue en fonction de la destinée qui lui est promise. S’il s’inscrit dans un projet parental, alors il s’agit d’une personne potentielle comme l’évoquait le Comité consultatif national d’éthique il y a plus de 30 ans. En revanche, s’il n’y a plus de projet d’enfant, l’embryon ne sera jamais transféré dans l’utérus et ne donnera jamais naissance à une personne. Cela n’empêche pas de toujours traiter l’embryon avec le respect qui lui est dû compte tenu de son origine humaine, y compris quand son développement doit être interrompu ou quand il devient sujet/objet de recherche.

Origine des Embryons Humains Utilisés pour la Recherche

Il peut s’agir des embryons issus de fécondation in vitro (FIV) qui présentent des anomalies précoces de leur développement ou ceux sur lesquels a été réalisé un diagnostic préimplantatoire (DPI) et qui sont porteurs d’une altération génique ou chromosomique. Ces embryons ne sont pas transférables dans l’utérus. Il peut s’agir aussi des embryons surnuméraires qui ont été congelés à l’occasion d’une FIV mais qui ne font plus l’objet d’un projet parental. Contrairement aux précédents, en principe ces embryons ne sont pas porteurs d’anomalies.

Dans tous les cas, le don d’embryons à la science n’est possible qu’avec le consentement du couple. Consultés chaque année, les couples qui n’ont plus de projet parental peuvent décider de donner les embryons cryoconservés à la science ou faire un autre choix.

Types de Recherches Possibles sur l'Embryon

Il existe trois types de recherches, comme pour toutes les recherches biomédicales. La recherche fondamentale est destinée à comprendre le développement précoce de l’embryon et ses perturbations éventuelles. Certains travaux peuvent être effectués sur des modèles animaux mais, dès ce stade, il existe des différences entre la souris, le poisson zèbre et l’homme. La recherche sur des embryons humains est donc aussi nécessaire. La recherche préclinique consiste quant à elle, à développer de nouvelles méthodologies et procédures pour une éventuelle utilisation ultérieure à visée thérapeutique. Il peut s’agir de corriger des mutations géniques comme l’ont montré plusieurs travaux expérimentaux récents utilisant CRISPR-Cas9. On peut aussi chercher à améliorer les techniques de procréation médicalement assistées (PMA), par exemple en testant de nouvelles conditions de culture embryonnaire ou en identifiant des marqueurs biologiques permettant de caractériser les embryons ayant les meilleures chances de se développer.

Que ce soit pour les recherches fondamentales ou précliniques, les embryons ne sont pas transférés dans l’utérus et sont donc détruits. Ces recherches sont soumises à l’autorisation de l’Agence de la biomédecine (ABM).

Depuis 2015 la loi française permet en revanche que des embryons ayant fait l’objet d’une recherche à l’occasion d’une PMA soient transférés dans l’utérus, quand les conditions sont réunies. Ces recherches, assimilables aux recherches cliniques faites aux autres étapes de la vie, sont soumises à l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Enfin, il est possible de prélever des cellules souches pluripotentes sur un embryon dans le but de mener des recherches fondamentales, précliniques ou cliniques, par exemple pour mettre au point de nouvelles méthodes de thérapie cellulaire. Mais dans ce cas, la finalité de la recherche n’est plus l’embryon lui-même.

Gestion des Embryons Destinés à la Recherche et Information des Couples Donneurs

Actuellement, les centres de PMA conservent les embryons destinés à la science. Ce n’est pas leur vocation. Les chercheurs manquent d’interlocuteurs et de données spécifiques pour avoir accès sereinement et de façon transparente aux embryons. Cela doit changer. Un centre dédié à la gestion de ces embryons pourrait par exemple être créé dans les principales grandes villes françaises. Cela permettrait de mieux caractériser les embryons et d’informer les donneurs sur les différents types de recherche envisagés afin qu’ils puissent s’exprimer sur celles auxquels ils consentent. On pourrait aussi souhaiter qu’une meilleure information soit donnée sur les résultats des recherches qui ont été réalisées.

Édition Génomique et Recherche sur l'Embryon

De nombreux organismes et institutions éthiques et scientifiques estiment que, faute de garanties d’efficacité et de sécurité suffisantes, il est actuellement inenvisageable de recourir à ce type d’intervention chez un embryon qui serait destiné à faire naître un enfant. C’est l’avis du comité d’éthique de l’Inserm. En 2011, la France et 28 autres pays ont par ailleurs ratifié la convention d’Oviedo qui interdit de pratiquer des modifications génétiques transmissibles à la descendance. Néanmoins, de nombreux pays n’en sont pas signataires comme la Chine, les États-Unis et plusieurs pays européens.

Le diagnostic préimplantatoire permet déjà à des parents susceptibles de transmettre une maladie grave à l’enfant d’écarter les embryons porteurs de l’altération génétique en cause, mais il ne répond pas à toutes les situations : par exemple éviter la transmission de la maladie quand les deux parents sont homozygotes pour une pathologie récessive comme la mucoviscidose ou quand l’un des deux est homozygote pour une pathologie dominante comme la chorée de Huntington.

Dans ces cas bien précis mais exceptionnels, l’édition génomique pourrait offrir une solution aux couples concernés si elle s’avérait efficace et sûre. Il s’agirait alors de corriger la mutation redoutée chez l’embryon ou, encore mieux, au niveau des cellules germinales avant la fécondation, comme on envisage de le faire chez des enfants et des adultes avec la thérapie génique.

Durée de Conservation des Embryons et Recherche

À mon avis, le délai de 7 jours ne se justifie que si l’on se place dans une perspective de transfert de l’embryon dans l’utérus car son implantation dans l’endomètre survient 6 à 7 jours après la conception. Au-delà, la nidation ne peut plus se faire. Dans le cadre de la recherche fondamentale sur le développement embryonnaire, la limite de 7 jours est discutable, de même que celle de 14 jours qui avait été retenue par les Britanniques car elle correspond à la formation de l’ébauche du tube neural. Cette limite est actuellement rediscutée au Royaume-Uni. Les progrès scientifique récents suggèrent qu’il serait intéressant d’aller au-delà pour étudier le développement embryonnaire sur des modèles in vitro.

Craintes et Enjeux Éthiques

Je respecte les convictions de chacun, mais l’objectif de ces recherches est notamment de permettre à des couples infertiles d’avoir un enfant et de faire en sorte qu’il soit en bonne santé. Quant aux craintes, de quoi s’agit-il ? d’eugénisme ? Dans ce cas, ce n’est pas la recherche elle-même qui doit faire peur, mais le mauvais usage qui pourrait être fait des résultats. Les dérives eugénistes sont très peu probables. Je ne dis pas que le risque n’existe pas, mais on peut le contrôler. À chaque fois que des avancées ont eu lieu en médecine de la reproduction, la peur de l’eugénisme a été brandie. Or, ce n’est arrivé ni avec le développement des premières banques de sperme en France, ni avec la fécondation in vitro, ni avec le diagnostic préimplantatoire et nous travaillons à ce que cela n’arrive pas avec les nouvelles techniques qui pourraient découler de la recherche.

Obstacles à la Recherche sur l'Embryon en France

Certaines personnes et associations font tout pour bloquer la recherche sur l’embryon au niveau national, européen, avec par exemple des recours devant les tribunaux pour faire annuler les autorisations des projets de recherche délivrés par l’ABM. Résultat, il y a aujourd’hui très peu de financements et les projets sont difficiles à monter. Le climat n’est pas serein, voire défavorable pour les chercheurs. Pourtant si cette recherche est encadrée et pertinente scientifiquement, je ne vois pas de raison de s’y opposer, pas plus qu’à d’autres étapes de la vie. Aujourd’hui il est plus facile de mener des recherches sur des enfants vivants que sur des embryons ayant vocation à être détruits.

Création d'Embryons à des Fins de Recherche

Plusieurs pays autorisent la création d’embryons à des fins de recherche comme la Belgique, le Royaume-Uni, la Suède, la Russie, le Japon, etc.. Cette pratique est interdite en France mais sujette à discussions. Elle permettrait par exemple de disposer d’embryons présentant une mutation génétique particulière pour tenter de trouver les moyens de la corriger. Ces embryons pourraient être créés à partir de gamètes de personnes porteuses de la mutation et qui auraient été données pour la recherche. Des expérimentations de ce type ont déjà été entreprises aux États-Unis et en Chine. L’autre possibilité qui est en train d’apparaître est la fabrication d’embryons dits « synthétiques » car constitués à partir de cellules souches pluripotentes de différentes origines.

Accès aux Données des Donneurs de Gamètes et d'Embryons

La loi du 2 août 2021 a modifié les règles d'accès aux données des donneurs de gamètes et d'embryons. Voici les principales dispositions :

  • Article L. 1244-6 du code de la santé publique : Un médecin peut accéder aux informations médicales non identifiantes, en cas de nécessité médicale, au bénéfice d'une personne conçue à partir de gamètes issus d'un don ou au bénéfice d'un donneur de gamètes.
  • Article 16-8-1 du code civil : Dans le cas d'un don de gamètes ou d'un accueil d'embryon, les receveurs sont les personnes qui ont donné leur consentement à l'assistance médicale à la procréation. Le principe d'anonymat du don ne fait pas obstacle à l'accès de la personne majeure née d'une assistance médicale à la procréation avec tiers donneur, sur sa demande, à des données non identifiantes ou à l'identité du tiers donneur, dans les conditions prévues au chapitre III du titre IV du livre Ier de la deuxième partie du code de la santé publique.
  • Chapitre III du titre IV du livre Ier de la deuxième partie du code de la santé publique : Ce chapitre détaille les modalités d'accès aux données non identifiantes et à l'identité du tiers donneur. Il prévoit notamment la création d'une commission d'accès aux données non identifiantes et à l'identité du tiers donneur, placée auprès du ministre chargé de la santé.

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