L'absence d'ovulation, ou anovulation, est un problème de fertilité rencontré par de nombreuses femmes. Bien que pouvant survenir à différents âges, elle suscite une inquiétude particulière lorsqu'elle se manifeste autour de 40 ans, une période où le désir de grossesse peut être accru. Cet article explore les causes potentielles de l'absence d'ovulation à cet âge, les méthodes de diagnostic et les solutions disponibles pour les femmes concernées.
Comprendre l'ovulation et son importance
L'ovulation est un processus essentiel du cycle menstruel féminin. Elle correspond à la libération d'un ovule mature par l'un des ovaires, rendant possible la fécondation par un spermatozoïde et, par conséquent, la grossesse. Plusieurs facteurs peuvent perturber ce processus, entraînant une absence d'ovulation.
Le fonctionnement ovarien : un capital limité
Lorsqu’une femme naît, elle dispose déjà d’un certain nombre de follicules (agrégats cellulaires contenant l’ovocyte). Ce stock est définitif, autrement dit, il n’est pas renouvelable. En revanche, il varie d’une femme à une autre. À chaque cycle menstruel, on estime qu’entre 20 et 30 ovocytes vont entamer le processus de maturation, cependant, maximum 3 d’entre eux iront jusqu’à l’ovulation. Les autres vont dégénérer, c’est « l’atrésie folliculaire ». Le seuil critique pour obtenir une bonne ovulation est d’environ 25 000 follicules, soit aux alentours des 37 ans en moyenne.
Causes potentielles de l'absence d'ovulation à 40 ans
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'absence d'ovulation chez les femmes de 40 ans et plus. Il est important de distinguer l'insuffisance ovarienne primitive de la baisse naturelle de la fertilité liée à l'âge.
Insuffisance ovarienne primitive (IOP) ou prématurée
L’insuffisance ovarienne primitive désigne un dysfonctionnement ovarien chez les femmes de moins de 40 ans. C’est un déficit ovarien plus ou moins complet qui se traduit par une incapacité de maturation des follicules ovariens. Ce trouble se manifeste par une absence de production (ou une production intermittente) d’ovules et d’hormones ovariennes. Une femme qui présente une insuffisance ovarienne primitive souffre d’une infertilité inexpliquée. L’insuffisance ovarienne prématurée se traduit également souvent par une aménorrhée (ou absence de règles) ou des menstruations irrégulières. Les symptômes d’un déficit en estrogènes peuvent être associés : diminution de la libido, vaginite, ostéoporose, etc. Sans traitement à base d’estrogènes, le risque de démence, de maladie de parkinson et de maladie coronarienne est augmenté.
Lire aussi: Suivi de grossesse gémellaire au 5ème mois
Diminution naturelle de la réserve ovarienne
L’insuffisance ovarienne désigne la période de 10 ans qui précède la ménopause. À ce moment-là le stock en follicules est inférieur à 25 000, donc la qualité de l’ovulation est altérée. À noter que la fréquence de l’insuffisance ovarienne semble être en augmentation constante depuis une quinzaine d’années.
La femme possède un stock de follicules ovariens avant la naissance (5 à 7 millions de follicules à 5 mois de gestation). Ce stock décroît dès la naissance (1 à 2 millions) et d'année en année (400 000 à la puberté, 25 000 à 37,5 ans, 10 000 à 40 ans et 1 000 à la ménopause). Comme dit précédemment, le stock de follicule diminue avec l'âge, surtout à partir de 40 ans, âge auquel 50 % des femmes ne peuvent plus tomber enceinte. Après 35 ans, l'insuffisance ovarienne est la première cause de l'infertilité chez la femme.
Autres causes possibles
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK): Ce syndrome peut entraîner des règles irrégulières, une pilosité excessive, une peau grasse, une prise de poids, une dépression et une infertilité.
- Anomalies chromosomiques: Des anomalies chromosomiques comme le syndrome de Turner ou de l’X fragile qui touchent les chromosomes sexuels, ce qui a un impact sur les taux d’hormones et le développement des organes sexuels.
- Maladies auto-immunes: D’autres maladies comme des maladies auto-immunes (le vitiligo, la thyroïdite, la myasthénie grave, la maladie d’Addison, la maladie de Basedow…) qui se manifestent par des anticorps dirigés contre les cellules de notre propre corps, et donc parfois contre les cellules de l’ovaire, peuvent aussi s’associer à une IOP.
- Facteurs liés au mode de vie: Une mauvaise hygiène de vie peut favoriser les difficultés à tomber enceinte. Le tabagisme, une alimentation peu équilibrée ou encore le stress peuvent impacter votre projet de grossesse. L’obésité est également un facteur de risque.
Diagnostic de l'absence d'ovulation
Le diagnostic de l'absence d'ovulation repose sur plusieurs examens et observations.
Suivi du cycle menstruel
Si vous ovulez, vous avez probablement un cycle menstruel relativement prévisible, qui survient environ tous les 24 à 32 jours. L’absence de règles, ou les cycles très longs (plus de 40 jours) ou très courts (moins de 20 jours), peuvent être un signe que vous n’ovulez pas.
Dosage hormonal
Les taux d’hormone folliculo-stimulante (FSH) et d’oestradiol sont mesurés chaque jour pendant 2 à 4 semaines. À savoir ! À savoir ! À noter que le dosage sanguin de l’hormone antimüllérienne produite uniquement dans les petits follicules ovariens permet d’estimer la diminution de la réserve ovarienne. En effet, les taux normaux sont compris entre 1,5 et 4,0 ng/mL. Un niveau abaissé suggère une diminution de la réserve ovarienne.
Lire aussi: Comprendre les pleurs nocturnes de bébé
Un bilan endocrinien et gynécologique complet permettra de poser le diagnostic. Le bilan repose sur l’analyse du taux de FSH associé à celui de l’estradiol. Le dosage de la progestérone n’apporte pas grand chose. Les mesures sont à répéter afin de dresser un tableau complet de l’état des hormones et de l’origine du déficit. Ainsi, un cycle irrégulier (et/ou absence totale de menstruations) accompagné d’un taux de FSH élevé (>25 UI/L) sur deux prélèvements à quelques semaines d’intervalles, signe une ménopause précoce.
Autres examens
- Échographie pelvienne: Afin de préciser la taille, la surface ou le volume ovarien, de décrire l’existence de follicules éventuels et de mesurer aussi l’épaisseur de l’endomètre, témoin de la stimulation oestrogénique éventuelle.
- Analyse du caryotype: Face à un tableau d’IOP, l’analyse du caryotype est nécessaire et systématique.
Solutions et traitements
Heureusement, plusieurs options existent pour aider les femmes de 40 ans et plus qui ne parviennent pas à ovuler.
Traitements hormonaux
Sans désir de grossesse, les femmes souffrant d’insuffisance ovarienne reçoivent un traitement hormonal (association d’œstrogène et de progestatif). Ce traitement permet de soulager les symptômes en lien avec la carence en œstrogène, et permet de maintenir la densité osseuse. En premier lieu, le traitement hormonal peut être réalisé pour lutter contre les troubles de l’ovulation, en cas de production insuffisante d’ovocytes
Afin de traiter la ménopause précoce, on utilise des traitements hormonaux substitutifs à base d’oestrogènes et de progestérone. Chez la fille jeune, compte-tenu de fluctuations, même rares de la fonction ovarienne, on pourra être amenés à proposer une pilule contraceptive.
Assistance médicale à la procréation (AMP)
Les femmes qui désirent une grossesse ont la possibilité d’avoir recours à la fécondation in vitro avec don d’ovocytes. La fécondation in vitro consiste à forcer la rencontre entre un ovule et un spermatozoïde. Majoritairement, les deux gamètes sont issus des conjoints. La première étape, repose sur la stimulation des follicules par un traitement hormonal. Une fois les follicules matures, ils sont prélevés et envoyés au laboratoire. Le prélèvement d’ovocytes est réalisé par ponction transvaginale sous anesthésie locale ou générale. Le médecin utilise une aiguille avec laquelle il va transpercer un par un les follicules matures pour aspirer leur contenu. Ce dernier est ensuite examiné au microscope afin de détecter la présence d’ovocytes. L’étape de fécondation a lieu in vitro, autrement dit à l’extérieur du corps de la femme. Les gamètes sont mis en contact dans une boîte de culture et les ovocytes fécondés deviennent des embryons.
Lire aussi: Guide complet : varicelle chez le bébé allaité
Amélioration du mode de vie
Il est indispensable d’avoir une bonne hygiène alimentaire. Il faut donc éradiquer l’alcool et la cigarette, mais il faut aussi éviter les aliments interdits en période de grossesse. On évitera donc la caféine, les laitages au lait cru, les poissons crus… Il faut également avoir une bonne hygiène de vie. Il est donc nécessaire d’entretenir sa condition physique, de dormir suffisamment, de se dépenser et surtout : d’éviter le stress. Il est important de ne pas trop se concentrer sur le fait de tomber enceinte. Même si cela peut sembler compliqué, penser obsessionnellement au fait de tomber enceinte peut avoir des conséquences négatives telles que des blocages psychologiques et psychosomatiques.
tags: #40 #ans #et #absence #d'ovulation #causes
