L'attente de l'accouchement peut sembler interminable, surtout à l'approche du terme. Entre l'excitation et l'impatience, il est naturel de chercher des moyens de favoriser le déclenchement du travail. Cet article explore les différentes méthodes naturelles et médicales pour déclencher l'accouchement, en mettant l'accent sur les approches douces et les considérations importantes à prendre en compte.

Durée de la Grossesse et Détermination du Terme

La grossesse dure neuf mois, une observation faite depuis le début du XIXe siècle. La réalisation d’une échographie du premier trimestre à 11 - 13 semaines d’aménorrhée (SA) permet une détermination précise du terme à partir de la mesure de la longueur crânio-caudale du fœtus. On considère qu'un bébé est à terme entre 37 et 41 semaines d'aménorrhée, le moment idéal se situant plus précisément entre 39 et 40 semaines. Avant 37 semaines, on parle de naissance prématurée, avec des risques variables selon le degré de prématurité.

Dépassement de Terme : Risques et Surveillance

Dépasser le terme présente des risques potentiels pour le bébé, car le placenta peut vieillir et devenir moins efficace dans les échanges entre la mère et l'enfant. Cela peut entraîner un retard de croissance, voire, dans de rares cas, un arrêt brutal du fonctionnement placentaire. C’est pour cette raison que, si vous n’avez pas accouché à la date prévue du terme, on vous a proposé une surveillance régulière et éventuellement un déclenchement.

Déclenchement Artificiel du Travail : Indications et Méthodes

Le déclenchement artificiel du travail peut être envisagé pour des raisons médicales maternelles ou fœtales, ou en cas de dépassement de terme. Il est possible de réaliser un déclenchement à partir de 41 SA + 0 jour, à condition que le col soit favorable, et d’en avoir informé la femme enceinte et obtenu son accord. Il n'y a pas d'indication à un déclenchement « de principe » ou « de confort » avant 39 semaines d’aménorrhée.

Méthodes Médicales de Déclenchement

Pour déclencher le travail, on dispose de deux méthodes principales :

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  • Administration intravaginale d’un gel de prostaglandines : Si le col est fermé, on fera une application de prostaglandines par voie vaginale. L’utilisation des prostaglandines E2 est préférable à l’utilisation de l’ocytocine pour le déclenchement du travail quand le col est immature. Le misoprostol (prostaglandine E1) et la mifépristone n’ont pas d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le déclenchement artificiel du travail. en cas de déclenchement par les prostaglandines E2 en application vaginale, un monitorage fœtal continu doit être réalisé pendant au moins 2 heures.
  • Perfusion intraveineuse d’ocytocine associée à une rupture de la poche des eaux : Pour cela, on a trois leviers principaux : la péridurale, la rupture des membranes et l’ocytocine. La dose maximum recommandée d’ocytocine est de 20 milli-unités par minute.

Ces deux méthodes peuvent être employées seules ou successivement. La pratique du déclenchement entraîne, dès le début du travail, la nécessité d’un monitorage fœtal continu, et généralement des contractions de forte intensité qui peuvent être plus douloureuses qu’un début de travail spontané.

Risques et Considérations du Déclenchement Artificiel

Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle oufœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel. Le déclenchement artificiel du travail reste une option raisonnable, mais le risque potentiel de rupture utérine qui y est associé doit être discuté avec la patiente. Chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine. Dans l’accouchement déclenché, comme dans l’accouchement spontané, il peut se produire des contractions excessives de l’utérus ou un arrêt de la dilatation du col qui nécessite une césarienne.

Déclenchement de Convenance et Information de la Patient

Il ne s’agit pas pour les femmes de le subir. Aujourd’hui, c’est une proposition qu’on fait aux futures mamans ? En 2018, une première étude sur une population de patientes à bas risque enceintes pour la première fois a montré l’effet positif du déclenchement. Aujourd’hui, dans la pratique, soit le déclenchement s’impose et on explique pourquoi, soit il ne s’impose pas et on ne doit pas l’imposer mais le proposer, expliquer pourquoi on le propose et accompagner les patientes dans la décision. Mais on peut désormais considérer qu’il est normal de proposer à une patiente d’être déclenchée à 39 semaines. D’aucune manière on ne peut leur imposer le déclenchement du travail. Que ce soit pour indication médicale ou pour convenance, ce déclenchement doit d’abord être expliqué, être consenti et accompagné.

Méthodes Naturelles pour Favoriser le Déclenchement du Travail

Bien que leur efficacité ne soit pas toujours prouvée scientifiquement, de nombreuses méthodes naturelles sont réputées pour favoriser le déclenchement du travail. Il est important de les aborder avec prudence et d'en discuter avec votre professionnel de santé.

Activité Physique et Mouvement

  • Marcher, bouger, faire le ménage : Bouger pour accoucher ! Marcher, danser, ménage, rangement, fini le repos : pour espérer accoucher bientôt, l’activité est recommandée. Votre meilleure alliée : la gravité. C’est physique ! En station debout, votre bébé appuiera naturellement davantage sur le col que si vous restez allongée sur votre canapé. Et plus vous faites bouger votre bassin, plus votre bébé va descendre. Veillez cependant à garder de l’énergie car le jour J, vous en aurez bien besoin pour gérer le temps du travail et pour pousser. Les bienfaits de la marche au cours du travail et juste avant l'accouchement ne sont plus à démontrer. Des recherches ont révélé que le simple fait de marcher et d’être debout réduit la durée du travail, le risque de césarienne et le recours à la péridurale. Outre le fait de marcher, être mobile le plus longtemps possible joue un rôle sur la dilatation du col.
  • Ballon de grossesse (Swiss Ball) : Dans les salles nature, un ballon de grossesse est mis à disposition de la femme enceinte. Appelé aussi Swiss Ball, cet outil est utile le jour de l’accouchement pour mobiliser le bassin, faciliter la descente du bébé et soulager les douleurs dues aux contractions. « La patiente peut s’asseoir et bouger sur le ballon en effectuant simplement des rotations avec le bassin ». En effet, ces mouvements circulaires contribuent à stimuler le col et à faciliter l’inclinaison du bassin. Se mettre à quatre pattes et prendre appui sur le ballon avec ses avant-bras. Placer le ballon contre le fessier et sous les jambes, en effectuant des légers mouvements du bassin de droite à gauche.
  • Lianes en tissu : Dans les maternités, de plus en plus de salles nature sont équipées de lianes en tissu accrochées au plafond. Ces dernières ressemblent à de grandes écharpes sur lesquelles les futures mamans peuvent étirer naturellement leur dos. Une aide précieuse pour les mères qui font le choix d’accoucher sans péridurale ! Les lianes aident à soulager les contractions utérines et libèrent le bassin, en lui donnant la possibilité de s’ouvrir sur les côtés et vers l’arrière. Bon à savoir : la suspension peut être utilisée lors de la délivrance, au moment de pousser.
  • Changer de position : L’immobilité ne facilite pas le travail. C’est pourquoi il est conseillé de se mettre en mouvement et de changer régulièrement de position pour stimuler le col. Allongée, accroupie, à quatre pattes ou sur le côté, variez les postures ! Un conseil qui vaut aussi bien pour les accouchements physiologiques que pour les mamans ayant demandé une aide médicamenteuse.

Stimulation des Mamelons

Cette stimulation entraîne la production là encore d’ocytocine, hormone de l’accouchement par excellence. Celle-ci déclencherait des contractions de l’utérus. Pour y parvenir, il faut stimuler les mamelons plusieurs fois par jour, en les roulant entre les doigts par exemple ou en massant l’aréole afin de simuler la succion de la bouche d’un bébé.

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Relations Sexuelles (Méthode à l'Italienne)

Avoir des rapports sexuels était recommandé aux femmes en fin de grossesse souhaitant accoucher. Le sperme contient en effet des prostaglandines, des hormones connues pour provoquer des contractions. En plus des propriétés du sperme, l’orgasme féminin joue aussi un rôle important, puisqu’il génère de l’ocytocine, l’hormone à l’origine de l’accouchement.

Alimentation et Hydratation

  • Ananas : L’ananas contient de la bromélaïne. Une enzyme qui permettrait de favoriser le travail et d’augmenter les chances d’accoucher spontanément. Les quelques expériences sur l’ananas montrent, néanmoins, qu’il faudrait consommer huit ananas par jour pour constater un quelconque effet, rappelle la diététicienne-nutritionniste Audrey Retournay. Ce qui n’est absolument pas recommandé, au vu des troubles digestifs qu’une telle quantité pourrait occasionner.
  • Dattes : Quelques études plus approfondies ont été menées sur la consommation de dattes chez les femmes enceintes en fin de grossesse. Les résultats d’une étude de 2008 a montré que les femmes qui mangeaient 6 dattes ou plus par jour pendant les 4 semaines précédant l’accouchement avaient une dilatation significativement plus importante (3 cm ou plus) que celles qui n’avaient pas consommé de dattes (2 ou moins) à l’admission.
  • Tisane de feuilles de framboisier : Réservée au dernier mois de la grossesse, cette tisane contient une molécule qui détend le col, rend les contractions plus régulières et facilite le passage du bébé. Les feuilles de framboisier diminueraient également le risque hémorragique après l’accouchement. C’est le remède de grand-mère par excellence !
  • Bouillons d'os : Rien de tel que ces bouillons pour préparer son accouchement. Les os, les vaisseaux sanguins et les tissus conjonctifs (c’est-à-dire les articulations et la peau) des animaux sont riches en minéraux.
  • Légumes à feuilles vertes : Si vous avez la chance d’avoir un jardin, vous pouvez les cultiver facilement : bette à carde, chou frisé, roquette, feuilles de betterave. Les légumes à feuille verte vous apportent du magnésium, mais aussi du fer, du zinc, du calcium et des oméga 3, des vitamines liposolubles comme la vitamine A, K et E, ainsi que des quantités élevées de vitamine C. Toutefois contrairement aux idées reçues, il est conseillé de cuire vos légumes pour tirer pleinement partie de leurs bienfaits.
  • Algues : Elles apportent un nutriment en plus de légumes à feuilles vertes : l’iode. Nous n’en avons pas encore parlé, car son rôle dans le travail et l’accouchement n’est pas si étendu. Mais l’iode est essentiel pour la fonction thyroïdienne. Certaines femmes ont des problèmes d’hypothyroïdie après l’accouchement. L’ajout d’une certaine quantité d’algues peut aider à prévenir ces symptômes.
  • Graines : Les graines de citrouille, les graines de sésame, les graines de tournesol, les amandes et le quinoa sont recommandées pour préparer le travail. Les graines de citrouille sont très riches en minéraux (fer, zinc et magnésium). Il sont également riches en protéines et en acides gras essentiels.
  • Patates douces : Elles sont particulièrement intéressantes pour préparer l’accouchement. Elles fournissent les amidons et les œstrogènes nécessaires à la fabrication de l’acide hyaluronique dans le corps.
  • Hydratation : Le maintien de l’hydratation est important vers la fin de la grossesse. Vous devez non seulement consommer suffisamment d’eau pour les besoins quotidiens de votre corps. Mais aussi pour ceux de votre bébé et du liquide amniotique dans lequel il vit et qui se renouvelle constamment. Les melons sont un bon moyen pour augmenter le niveau de liquide amniotique. Les melons, mais également le concombre et la pastèque, contiennent des quantités élevées d’oligo-éléments électrolytiques. Ces minéraux peuvent augmenter la quantité de H20 absorbée en doublant le même volume d’eau.
  • Aliments fermentés : Les légumes qui ont connu un processus naturel de fermentation sont d’excellentes sources de probiotiques. Ces probiotiques sont importants pour équilibrer la flore générale de l’organisme, ils aident à décomposer les vitamines, comme la vitamine K, en une forme plus utilisable. Le yaourt, le kéfir et d’autres produits laitiers de culture peuvent fournir une bonne quantité de probiotiques qui aident à réguler la flore vaginale (lactobacilles). Le soja fermenté sous forme de Natto, Tempeh et Miso est également important à ajouter dans les dernières semaines de la grossesse. Ils sont riches en phytoestrogènes qui soutiennent les fonctions œstrogéniques normalement élevées qui mènent au travail et à l’accouchement.
  • Miel : Les résultats d’une étude de 2019 ont montré que la consommation de miel réduit significativement les douleurs du travail.

Médecine Douce

  • Acupuncture : En stimulant certains de ces points, cette méthode permettrait d’agir sur le col de l’utérus en le rendant plus mou, voire en le dilatant.
  • Homéopathie : Certaines souches permettraient de travailler sur le bassin et ainsi de préparer le col et favoriser le début du travail. Parmi elles, Pulsatilla et Caulophyllum sont les plus fréquemment recommandées.
  • Ostéopathie : Grâce à des manipulations en douceur, le praticien va libérer toutes les tensions autour du bébé. Il pourra ainsi descendre doucement pour appuyer sur le col et déclencher ainsi les contractions.

Autres Astuces

  • Décollement des membranes : Si la date du terme est passée, vous pouvez très bien demander à votre sage femme ou médecin de faire un décollement des membranes. Cela doit être fait avec votre consentement ! Le praticien va, avec ses doigts, décoller légèrement le placenta, situé près du col. Cela aura pour effet de déclencher les contractions dans les 48h.
  • Huile de ricin : Attention, cette huile de ricin est à prendre avec beaucoup de précaution. D’après certaines études, l’huile de ricin permettrait de déclencher l’accouchement dans les 24h. Mais elle déclenche beaucoup d’effets secondaires pas très cool comme des nausées, des douleurs intestinales et des diarrhées.

Conseils Généraux pour un Accouchement Plus Rapide

  • Se détendre et lâcher prise : Être stressée entraîne la contraction des muscles, tout le contraire de ce que vous voulez qu'il se produise lors de l'accouchement.
  • Bien s'hydrater : La déshydratation peut provoquer de «fausses contractions» qui surviennent avant le début du travail.
  • Être en bonne condition physique : L'activité physique est un atout pour l'accouchement.
  • Faire confiance au processus naturel : L’accouchement est un voyage unique où le bébé, en parfaite synergie avec sa mère, choisit le moment de sa naissance.

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