En France, la prématurité est une réalité qui touche de nombreuses familles, avec un bébé naissant prématurément toutes les 8 minutes. Comprendre la définition médicale de la prématurité, les facteurs de risque, les signes avant-coureurs, ainsi que les risques potentiels pour la mère et l'enfant est essentiel pour une prise en charge optimale. Cet article vise à éclaircir ces aspects, en s'appuyant sur les connaissances médicales actuelles et les informations disponibles.
Définition médicale de l'accouchement prématuré
Un accouchement est considéré comme prématuré lorsque le bébé naît avant que la grossesse n'atteigne le terme complet, c'est-à-dire avant 37 semaines d'aménorrhée (SA). Les semaines d'aménorrhée sont calculées depuis le premier jour des dernières règles. Une grossesse à terme dure en moyenne 40 semaines d'aménorrhée. Un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse (37 semaines d’aménorrhée).
La naissance prématurée interrompt le développement in utero du fœtus. Tous ses organes sont présents, mais ils sont encore immatures. Les complications les plus graves concernent principalement le cerveau, les poumons, le tube digestif et l’œil.
On distingue trois niveaux de prématurité :
- La prématurité moyenne, qui correspond à une naissance entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée révolue (7 mois à 8 mois de grossesse).
- La grande prématurité, pour les naissances qui interviennent entre la 28e et la 32e SA (6 mois à 7 mois de grossesse).
- La très grande prématurité, pour les naissances avant 28 semaines, soit en deçà de 6 mois de grossesse.
Lorsqu'un bébé naît prématurément, son corps n'a pas eu le temps de se développer complètement dans l'utérus. Cela peut entraîner des complications de santé pour le nouveau-né, telles que des problèmes respiratoires, cardiaques ou neurologiques. Les accouchements prématurés peuvent être spontanés, survenant sans avertissement, ou induits dans certains cas pour des raisons médicales.
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Facteurs de risque de l'accouchement prématuré
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'accouchement prématuré :
- Antécédents d'accouchement prématuré: Si une femme a déjà accouché d'un bébé prématuré, elle présente un risque accru pour les grossesses suivantes.
- Problèmes médicaux: Des pathologies comme le diabète, l'hypertension et les infections peuvent augmenter ce risque. L’hypertension maternelle sévère est l’origine d’environ 20 % des accouchements provoqués avant 32 semaines de grossesse. Elle peut en effet entraîner des complications graves comme la pré-éclampsie, caractérisée par des anomalies rénales, ou l’éclampsie qui se manifeste chez la mère par des convulsions liées à une souffrance cérébrale. L’hypertension maternelle sévère peut aussi entraîner des troubles hépatiques, ainsi qu’une destruction des globules rouges et des plaquettes sanguines.
- Consommation de substances nocives: Le tabagisme, l'alcool et la consommation de drogues peuvent augmenter le risque d'accouchement prématuré.
- Stress: Un niveau élevé de stress chez la mère peut contribuer à déclencher un accouchement prématuré.
- Âge maternel: Les adolescentes et les femmes de plus de 35 ans ont un risque légèrement plus élevé d'accouchement prématuré.
- Grossesses multiples: Les femmes attendant des jumeaux, des triplés ou plus ont un risque plus élevé d'accouchement prématuré. Le taux de naissances prématurées est également plus élevé en cas de grossesses multiples : il atteint 52,6 %, contre 5,5 % lorsque la mère porte un seul enfant.
- Problèmes utérins ou cervicaux: Les anomalies anatomiques peuvent parfois entraîner un accouchement prématuré. La béance du col est parfois connue avant la grossesse, et a été diagnostiquée par hystéroscopie ou hystérographie. Le cerclage consiste à placer un fil autour du col, afin de le maintenir fermé jusqu'à la fin du 8ème mois de grossesse.Il est réalisé en début de grossesse, en général après la 1ère échographie morphologique.
- Décollement prématuré du placenta: Lorsque le placenta se détache trop tôt, cela peut conduire à un accouchement prématuré.
- Facteurs socio-économiques: D’autres facteurs comme des conditions socio-économiques défavorables, un âge plus avancé des mères, le stress ou encore la consommation de tabac sont aussi impliqués. Par exemple, le risque d’un accouchement prématuré est deux fois plus faible chez les femmes cadres que chez les ouvrières et les employées.
Parfois, l'accouchement prématuré peut survenir sans qu'aucune cause spécifique ne puisse être identifiée.
Signes d'un travail prématuré
Certains signes, s'ils sont présents avant la 37ème semaine d'aménorrhée, peuvent indiquer un risque d'accouchement prématuré :
- Contractions utérines fréquentes: Des contractions régulières (plus de 4 par heure) peuvent indiquer que le travail a commencé.
- Douleurs abdominales ou pelviennes: Des douleurs persistantes ou une sensation de pression accrue dans le bas de l'abdomen ou dans la région pelvienne peuvent indiquer un début de travail. Des maux de ventre ou dans les reins : vous pouvez ressentir comme un poids, une pression dans le bas du ventre et/ou dans les reins. Une douleur sourde plus ou moins continue, qui peut aussi vous envahir par vague, et remonter vers le haut du corps.
- Saignements vaginaux: Des saignements vaginaux, même légers, avant la date prévue d'accouchement peuvent être un signe de début de travail.
Si une femme enceinte ressent l'un de ces symptômes, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé pour évaluer la situation. L'identification précoce des signes d'accouchement prématuré peut permettre de prendre des mesures pour retarder le travail et donner au bébé plus de temps pour se développer dans l'utérus.
Comment ralentir le travail prématuré ?
Pour réduire le risque d’accouchement prématuré, les médecins peuvent utiliser plusieurs méthodes, selon la situation et le stade de la grossesse :
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- Alitement: Le repos au lit est souvent recommandé pour réduire l'activité physique et soulager la pression sur le col de l'utérus.
- Médicaments: Des médicaments appelés tocolytiques peuvent être prescrits pour détendre l'utérus et arrêter les contractions.
- Cerclage cervical: Il s’agit d’une intervention chirurgicale où un cerclage est placé autour du col de l'utérus pour le maintenir fermé et retarder le travail.
- Hospitalisation: Dans les cas les plus graves, une hospitalisation peut être nécessaire pour surveiller de près la mère et le bébé.
- Corticostéroïdes: Ils sont administrés pour stimuler le développement pulmonaire du fœtus en cas de risque d'accouchement prématuré imminent. En cas de menace d’accouchement très prématuré, une administration de corticoïdes dans les 10 jours précédents la naissance permet d’accélérer la maturation pulmonaire du fœtus, et dans certains cas d’éviter des difficultés respiratoires et cérébrales néonatales ainsi que des décès. Dans ces circonstances, la mère doit être orientée vers une maternité de type 3, qui disposent d’un service de réanimation néonatale.
Chaque grossesse est unique et nécessite une approche personnalisée en fonction notamment de la santé de la mère, de l'âge gestationnel et de différents paramètres médicaux. Si le travail prématuré ne peut être arrêté, les professionnels de santé veilleront à gérer la situation de manière à minimiser les risques pour la mère et le bébé.
Méthodes préventives pour réduire le risque d'accouchement prématuré
Certaines mesures peuvent aider à réduire le risque d'accouchement prématuré :
- Suivi médical régulier: Assurez-vous de vous rendre à tous vos examens prénataux mensuels et suivez les recommandations du médecin qui suit votre grossesse. Le suivi médical au cours de la grossesse permet de repérer des situations à risques et de dépister des complications susceptibles de conduire à un accouchement prématuré (retard de croissance, hypertension maternelle…). La réalisation d’une échographie du premier trimestre à 11 - 13 semaines d’aménorrhée (SA) permet une détermination précise du terme à partir de la mesure de la longueur crânio-caudale du fœtus.
- Adopter un mode de vie sain: Manger équilibré et rester active (avec l'approbation de votre médecin).
- Éviter les substances nocives: Arrêter ou réduire drastiquement sa consommation de tabac, d'alcool et de drogues peut contribuer à réduire le risque.
- Gestion du stress: Trouver des moyens efficaces pour gérer le stress peut être bénéfique. Des techniques de relaxation ou des activités apaisantes telles que le yoga prénatal peuvent aider.
- Éviter les infections: Prenez des précautions en adoptant une bonne hygiène des mains afin de réduire le risque de transmission virale. Pendant la grossesse, il est également nécessaire d’adapter ses habitudes alimentaires afin d’éviter toute infection alimentaire (nettoyage des fruits et légumes, pas de consommation d’aliment à base de lait cru, éviter certains aliments crus tels que la viande, le poisson et l’œuf…).
- Traitement des problèmes médicaux: Si vous présentez des problèmes médicaux comme du diabète ou de l'hypertension, assurez-vous de bien les contrôler avec l'aide de votre médecin.
- Éviter les grossesses rapprochées: Un intervalle d’au moins 12 mois entre les grossesses peut aider à réduire le risque de travail prématuré.
- Prendre des précautions supplémentaires si vous êtes à risque: Si vous avez des antécédents d’accouchement prématuré, une pathologie gynécologique ou d'autres facteurs de risque, discutez-en avec votre gynécologue ou votre sage-femme afin d’élaborer un plan de prévention adapté.
Risques associés à l'accouchement prématuré
Un accouchement prématuré peut engendrer de nombreux risques pour la santé de l'enfant :
- Problèmes respiratoires: Les poumons du bébé prématuré peuvent ne pas être suffisamment développés, ce qui peut entraîner des difficultés respiratoires, nécessitant parfois une assistance respiratoire. Les poumons « immatures » d’un nouveau-né prématuré ne sont pas en mesure de synthétiser ce surfactant. Il en résulte des difficultés respiratoires qui vont nécessiter une assistance ventilatoire de quelques jours et l’administration, dès les toutes premières heures de vie, d’un surfactant médicamenteux délivré à l’intérieur des poumons par l’intermédiaire d’une sonde d’intubation.
- Problèmes cardiaques: Certains bébés prématurés peuvent avoir des troubles cardiaques en raison de l'immaturité de leur système cardiovasculaire.
- Problèmes neurologiques: Un accouchement prématuré peut augmenter le risque de troubles neurologiques chez le bébé, tels que des saignements dans le cerveau.
- Difficultés alimentaires: Les bébés prématurés peuvent avoir des difficultés à téter ou à avaler, nécessitant parfois une alimentation spéciale ou une nutrition par sonde.
- Infections: Les bébés nés prématurément peuvent être plus sensibles aux infections en raison d'un système immunitaire moins développé.
- Problèmes de croissance et de développement: Les prématurés peuvent avoir un retard de croissance ou des retards dans le développement moteur, cognitif ou sensoriel.
Il est important de noter que tous les bébés prématurés ne présentent pas nécessairement ces complications et que de nombreux prématurés se développent normalement avec des soins médicaux appropriés. Cependant, le risque de pathologies est plus élevé chez les bébés nés prématurément par rapport à ceux nés à terme.
Un accouchement prématuré peut également comporter des risques pour la santé de la mère :
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- Stress émotionnel: L'expérience d'un accouchement prématuré peut être très stressante et émotionnellement difficile pour la jeune mère, en raison des préoccupations pour la santé de son enfant né prématurément.
- Risque accru pour les grossesses futures: Les femmes ayant déjà eu un accouchement prématuré ont un risque plus élevé de connaître des accouchements prématurés pour leurs grossesses futures.
- Problèmes de santé mentale: Le stress et l'anxiété liés à un accouchement prématuré peuvent augmenter le risque de problèmes de santé mentale tels que la dépression post-partum.
Suite à une naissance prématurée, il est important d’avoir un soutien médical et émotionnel approprié pour récupérer au mieux de l’accouchement.
Quand consulter ?
Il est essentiel de consulter immédiatement un professionnel de santé ou la maternité dans laquelle l’accouchement est prévu si vous pensez être en train d'accoucher prématurément ou si vous présentez des signes de travail prématuré, tels que :
- Des contractions régulières, douloureuses ou non, toutes les 10 minutes ou plus fréquentes.
- Des saignements vaginaux.
- Une pression dans le bas de l'abdomen ou une sensation de pesanteur dans le bassin.
- Des douleurs abdominales persistantes.
- Toute autre préoccupation ou symptôme inhabituel durant la grossesse.
Même si les signes peuvent sembler mineurs, il est préférable de contacter immédiatement le professionnel de santé qui suit votre grossesse, d’appeler votre maternité ou de se rendre aux urgences obstétricales pour une évaluation médicale.
Préparation à l'accouchement prématuré
Informer les parents sur le parcours d’un enfant après une naissance prématurée et sur l’importance de la présence parentale pour soutenir son développement permet une meilleure préparation à l’hospitalisation souvent longue qui suivra. L’information sur les modalités d’alimentation d’un nouveau-né prématuré est également fondamentale pour permettre aux mères qui le souhaitent de mettre en route une lactation de façon optimale et au père ou au coparent de soutenir cet allaitement.
Suivi et accompagnement après la naissance prématurée
Généralement, les enfants peuvent rentrer à la maison lorsqu’ils sont devenus autonomes du point de vue respiratoire et digestif, et que leur croissance est satisfaisante. Au moment de la sortie de l’hôpital, des modalités d’accompagnement et de suivi doivent être mises en place avec des relais en ville (médecin traitant, pédiatre, PMI…). Une surveillance systématisée et organisée des enfants prématurés est également mise en place par le biais des « réseaux de suivi des enfants vulnérables ».
Par la suite, le développement de l’enfant est suivi dans des consultations dédiées afin de pouvoir dépister précocement des trajectoires neurodéveloppementales atypiques qui pourraient bénéficier de prise en charge. Les consultations de suivi ont également pour objectifs de soutenir les parents dans cette parentalité atypique et de dépister les syndromes dépressifs ou de stress post-traumatique, plus fréquents chez les parents d’enfants nés prématurément que dans la population générale. Ce dépistage est d’autant plus important que des prises en charge adaptées sont maintenant possibles.
Les associations de parents jouent également un rôle important dans le soutien aux familles après une naissance prématurée, pendant et au-delà de l’hospitalisation.
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