Le parcours pédagogique structuré autour du thème "Féminin-Masculin" permet une progression logique et cohérente des apprentissages en Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). Ce thème est abordé après l'étude de l'"Expression, stabilité et variation du patrimoine génétique", ce qui permet de considérer le sexe biologique comme un phénotype, concept clé de la génétique. L'étude de "De l’œil au cerveau : quelques aspects de la vision" est intercalée, permettant d'appliquer les connaissances sur la transmission synaptique à la communication hormonale.
Intégration du TP "Observation des Appareils Génitaux en Fonctionnement"
La séquence présentée ici se concentre sur un TP intitulé "Observation des appareils génitaux en fonctionnement". Ce TP fait suite à un travail sur la mise en place des caractères sexuels au cours du développement embryonnaire et à la puberté, assurant ainsi que les notions de caractères sexuels primordiaux, primaires et secondaires sont déjà bien définies. Les aspects anatomiques, embryologiques et chromosomiques ont également été préalablement étudiés.
Chronologiquement, les personnages qui servent de fil conducteur dans le thème ont maintenant des appareils sexuels fonctionnels. Dans ce TP, l'objectif est d'explorer la manière dont ces appareils fonctionnent. Le TP suivant se penchera sur les mécanismes de régulation de ces activités.
Préparation Amont et Bilan Aval : Une Approche Pédagogique Structurée
L'approche pédagogique adoptée pour ce TP, et pour l'ensemble du parcours, repose sur une préparation en amont et un bilan en aval. Cette structure vise à optimiser le temps en classe et à favoriser une meilleure compréhension des concepts.
Préparation en Amont du TP
La préparation en amont du TP est conçue pour mettre en place les prérequis nécessaires à la séance en classe. Elle ne vise pas à découvrir la notion qui sera construite en TP, mais plutôt à éliminer les temps d'explication en classe. Par exemple, dans un autre thème, le magnétisme des roches a été découvert avant la séance pour se consacrer en classe à l’étude du paléomagnétisme dans le cadre du TP sur l’expansion océanique.
Lire aussi: Déroulement visite post-accouchement
Cette préparation peut inclure :
- Des tests avec feedbacks (appariements, choix multiples, etc.) proposés par ELEA, permettant un suivi statistique et individuel des réponses des élèves.
- Des capsules vidéos du site Corpus, de la banque de vidéos de gestes techniques, ou personnelles.
- écoute individuelle et plus active avant la classe
Le temps d'explication magistrale en classe est ainsi réduit, permettant de consacrer plus de temps aux activités et à la démarche de résolution de la problématique du TP.
Déroulement du TP en Classe
En classe, un document est distribué aux élèves au moment voulu pour qu'ils aient une trace écrite de ce qu'ils ont préparé. Le TP se déroule de manière classique, avec des observations au microscope de lames de coupes d'utérus, d'ovaires et de testicules.
Bilan en Aval du TP
Le travail en aval du TP, bien que simple, se substitue au travail à la maison qu'on peut attendre d'un élève de manière autonome. Il permet aux élèves de réviser les contenus du TP après chaque séance, donc à travailler plus régulièrement.
Résolution des Problèmes Récurrents Grâce à la Préparation en Amont
En mode non inversé, deux problèmes récurrents étaient rencontrés avec ce TP : une utilisation du microscope non maîtrisée et la nécessité d'introduire le TP, en installant en particulier la définition de cycles chez la femme. La préparation en amont permet de résoudre ces problèmes.
Lire aussi: Déroulement échographie post-FIV
- Maîtrise du microscope : Une seconde vidéo de la banque de gestes techniques rappelle l’utilisation du microscope.
- Introduction du TP et définition des cycles féminins : 20 minutes en amont du TP sont consacrées à cette introduction.
Utilisation de la Plateforme ELEA
La plateforme ELEA est utilisée pour proposer des tests variés, pour éviter la monotonie des simples QCM. Les tests avec des glisser-déposer sur des images et le module d’enregistrement de réponse audio sont particulièrement intéressants dans ce thème. Les feed-backs proposés dans certains tests permettent aux élèves de se corriger. La plateforme ELEA permet d'attribuer des badges pour chacun des niveaux franchis pas les élèves.
Analyse des Réponses des Élèves et Améliorations
Les réponses des élèves, issues de deux classes de Première S, montrent que l'expérience a été majoritairement positive. La majorité des élèves s'est sentie plus à l'aise lors des séances de TP grâce au travail préparatoire et a trouvé l'interface agréable et intuitive. Le pari de dégager du temps dans les séances pour les activités a été gagné.
Cependant, il apparaît qu'une bonne partie des élèves n'a pas complètement joué le jeu du travail régulier, invoquant l'oubli. De plus, le travail après séance a été ressenti moins utile par les élèves. Ceux qui ont donné une réponse positive ont souligné l’utilité d’une révision, voire d’une vérification et d’une correction de ce qu’ils ont retenu du TP. Le travail à faire n'a visiblement pas été toujours clair.
Pour améliorer cela, des ajustements ont été apportés en jouant sur le paramétrage des dates de disponibilité des activités sur le parcours et avec l’étiquetage préparation/bilan du TP. Nous avons ajouté avant la carte de progression une section d’introduction pour chaque préparation au bilan, avec un bouton.
Impact Limité de la Ludification
Il apparaît que la ludification, et en particulier les badges, ont un impact limité sur la motivation à ce niveau. A la question sur les avantages de cette façon de travailler, la réponse la plus fréquente est celle de la préparation du TP qui permet de mieux le comprendre. L’aspect ludique apparaît aussi, même si une question précédente n’en fait pas un ressort de motivation.
Lire aussi: Réussir la première tétée
Inconvénients et Contraintes
Pour les inconvénients, ce sont d’abord les difficultés techniques qui sont invoquées (bugs, problèmes de lecture des vidéos). tous les élèves n’ont pas le même parcours (mais ce n’est pas une différenciation).
Les ressources disponibles ont aussi été limitées par les contraintes techniques. Les élèves devant pouvoir y accéder depuis leur ordinateur personnel voire depuis un terminal mobile, certaines animations utilisables en classe ont été bannies, comme celles en flash. Certains élèves n’ont pas toujours Internet et accès à un ordinateur à la maison. La longueur des parcours, et donc la multiplication des activités, ont pu rendre la navigation des élèves un peu compliquée. Un certain nombre d’élèves n’a pas joué le jeu d’utiliser la plate-forme.
Du côté enseignant, le principe de proposer un parcours sur du long terme plutôt que sur un TP ponctuel nous a engagé dans un travail de construction permanent, qui nous a cette année laissé peu de loisir pour analyser les données que la plate forme nous propose suite aux réponses des élèves et encore moins pour proposer des remédiations.
Le respect des droits d’auteur peut être frustrant car il limite les ressources disponibles et peut conduire à préparer une nouvelle version de ressources déjà existantes.
La Détermination du Sexe : Un Aperçu
La détermination du sexe est un processus complexe qui débute au niveau chromosomique et génétique. L'identité sexuée se construit sur une longue période : elle est fondée sur le sexe chromosomique (caryotype) et génétique (présence ou absence de Sry), responsables des caractères anatomiques et physiologiques de la personne. A partir de la puberté, les gonades produisent des gamètes qui permettront la reproduction.
Rôle des Chromosomes Sexuels
Les êtres humains possèdent tous le même nombre de chromosomes et les mêmes gènes. Cependant, chaque individu est unique. Ceci est dû aux mutations de l'ADN qui ont permis de produire différentes versions d'un gène : les allèles. Les cellules du corps humain contiennent, dans leur noyau, 23 paires de chromosomes, portant les gènes. Ce bagage génétique provient de la mère (23 chromosomes) et du père (23 chromosomes). La 23e paire est différente selon le sexe : les femmes héritent d’un chromosome X de chaque parent ; tandis que les hommes héritent d’un chromosome Y provenant de leur père et d’un chromosome X venant de leur mère.
Bien que le sexe de l’embryon soit déterminé par la présence des chromosomes X et Y dès la fécondation, la gonade embryonnaire des Mammifères présente d’abord un stade indifférencié durant lequel elle ne possède aucun caractère mâle ni femelle.
Les observations de personnes présentant des anomalies dans le nombre de chromosomes sexuels (X0, XXY, XXX, etc.) montrent que la présence du chromosome Y est déterminante pour le développement des organes sexuels masculins.
Le Gène SRY : Clé de la Différenciation Testiculaire
Le chromosome Y a un rôle fondamental dans la détermination du sexe dans l’espèce humaine. Par la suite, il a été possible de démontrer que le TDF était en réalité un seul gène, appelé SRY (Sex-determining Region of Y chromosome). Ce gène s’exprime lors du développement sexuel des gonades chez l’homme. La détermination du sexe gonadique dépend donc de la présence du gène SRY. Chez les individus de sexe masculin, la protéine issue de l’expression du gène SRY agirait en déclenchant une cascade d’autres gènes.
Développement des Gonades : D'Indifférencié à Différencié
Au début de l’organogenèse, on observe la formation d’une crête génitale qui est ensuite colonisée par les cellules germinales. L’épithélium de la crête génitale se développe dans le tissu conjonctif ; il se forme alors des cordons sexuels primitifs qui s’entourent de cellules germinales.
Chez les fœtus XY, la formation de cordons testiculaires contenant les cellules germinales et de cordons du rete testis est observée. Chez les fœtus femelles XX, les cordons sexuels primitifs dégénèrent et de nouveaux cordons corticaux se forment, donnant naissance aux follicules ovariens.
Les gonades en développement secrètent un certain nombre d’hormones. Ces hormones permettent le développement de l’ensemble de l’appareil génital vers un phénotype mâle.
Rôle des Hormones dans la Différenciation Sexuelle
L’étude de cas d’inversions sexuelles a permis de mettre en évidence le rôle fondamental du gène SRY dans le déterminisme sexuel.
En l’absence de SRY, les cellules de soutien se différencient en cellules folliculeuses, entourant les cellules germinales. Au contraire de ce qui se passe chez l’homme, l’entrée en méiose de ces cellules germinales n’est pas inhibée : elles deviennent des ovogonies. Cette différenciation ovarienne est permise par le gène DAX1 (dont l’expression persiste, au contraire des testicules) et le déterminant génique sexuel Wnt4a.
L’absence de testostérone induit la disparition du canal de Wolff. Le canal de Müller se maintient et se différencie en un utérus (sous l’action, chez certaines espèces de Mammifères, des œstrogènes des ovaires fœtaux).
Le Fonctionnement Cyclique de l'Appareil Reproducteur Féminin
Nous allons maintenant réaliser le même travail chez la femme. Nous venons d’établir que le contrôle testiculaire est sous l’influence du complexe hypothalamo-hypophysaire. Le fonctionnement des appareils reproducteurs est régulé par des hormones. A partir de la puberté, l’hypothalamus commence à secréter une hormone, GnRH qui va stimuler l’hypophyse. A son tour, cette glande située sous l’hypothalamus va sécréter deux hormones, LH et FSH. Chez la femme, le fonctionnement est cyclique. Dans un premier temps, LH et FSH vont provoquer la maturation de quelques follicules ovariens (jours 1 à 12). Un de ces follicules au moins va devenir plus important et produire de plus en plus d’œstrogènes qui ont un effet négatif sur la production des neuro-hormones. Arrivé à maturité, la quantité d’œstrogènes produits va déclencher un rétrocontrôle positif sur les neuro-hormones qui vont alors connaitre un pic. Ce pic déclenche l’ovulation et induit la transformation du follicule en corps jaune. Ce corps jaune commence à produire une nouvelle hormone, la progestérone dont le rétrocontrôle est négatif. Chez l’homme, les neuro-hormones stimulent la sécrétion de testostérone par les cellules de Leydig. La testostérone stimule les cellules de Sertoli qui favorisent la spermatogénèse. En revanche, elle inhibe la production de GnRH par l’hypothalamus.
Le Cycle Ovarien
Chez la femme, le fonctionnement cyclique de l'appareil génitale débute à la puberté et s'achève à la ménopause, les menstruations marquant le début de chaque cycle. A chaque cycle (28 jours en moyenne), l'un des 2 ovaires libère un gamète, l'ovocyte. C'est le résultat de l'évolution d'un follicule ovarien.
- Phase folliculaire (les 12 à 18 premiers jours): un follicule cavitaire qualifié de dominant se développe de façon rapide et achève sa croissance tandis que les autres, qui avaient eux aussi commencé à grossir au cours des cycles précédents, dégénèrent.
- L'ovulation marque la fin de la phase folliculaire: elle correspond à l'"éclatement" du follicule mûr et à l'expulsion de l'ovocyte
- Phase lutéale (13 ou 14 derniers jours): le follicule rompu lors de l'ovulation se referme et se transforme en corps jaune qui fonctionne pendant quelques jours puis regresse rapidement vers la fin du cyle.
Le Cycle Utérin
utérus = organe où se développe un éventuel embryon. Il est constitué d'un muscle, le myomètre, tapissé intérieurement par la muqueuse utérine (endomètre) qui borde la cavité utérine.
- Phase folliculaire: l'endomètre, qui a été détruit presque entièrement au cours de la menstruation, se reconstitue et s'épaissit de plusieurs millimètre. Des glandes en tubes apparaissent, se ramifient et les vaisseaux sanguins deviennent nombreux.
- Phase lutéale: le développement de l'endomètre atteint son maximum quelques jours après l'ovulation. Au microscope, la muqueuse présente un aspect en dentelle qualifié de "dentelle utérine" prête à accueillir un embryon.
- La glaire cervicale, mucus fabriqué par la région du col utérin, présente aussi une évolution cyclique nette.
Sécrétion Cyclique des Hormones Ovariennes
Les ovaires contrôlent le cycle utérin. Ils produisent, de manière cyclique, 2 types d'hormone: les oestrogènes et la progestérone.
- En phase folliculaire, seuls les oestrogènes sont fabriqués par la thèque interne et la granulosa des follicules en croissance. Cette sécrétion est responsable de la prolifération de l'endomètre utérin.
- En phase lutéale, le corps jaune produit oestrogènes et progestérone en quantités importantes. La progestérone renforce l'action des oestrogènes sur l'endomètre et inhibe les contractions du myomètre.
- En fin de cycle, si aucune fécondation n'est intervenue, le corps jaune régresse en quelques jours, ce qui entraîne l'effondrement des concentrations hormonales dans le sang. Les règles sont la conséquence directe de cette chute des taux hormonales.
Contrôle Hypothalamo-Hypophysaire de l'Activité Ovarienne
Le système de commande des ovaires est le même que celui étudié chez l'homme mais les modalités de fonctionnement ne sont pas identiques.
L'hypophyse sécrète de manière cyclique les 2 gonadostimulines FSH et LH:
- FSH intervient dans la maturation des follicules cavitaires et stimule donc la sécrétion des oestrogènes.
- LH déclenche l'ovulation grâce à un pic de sécrétion (= décharge ovulante) en fin de phase folliculaire puis provoque la transformation du follicule rompu en corps jaune.
tags: #1ere #s #svt #tp #note #ovule
