La première tétée après l'accouchement est un moment spécial et important pour la mère et le bébé. Elle permet d'établir un lien fort entre eux, de stimuler la production de lait maternel et de fournir au nouveau-né les nutriments essentiels dont il a besoin. Voici quelques conseils pour que cette première expérience se déroule au mieux.

L'importance de la première heure

Idéalement, la première tétée devrait avoir lieu dans les deux heures suivant la naissance. Durant une à deux heures après l’accouchement, le nouveau-né est en phase dite d’éveil calme et d’alerte très propice aux apprentissages. Si le bébé est en bonne santé, il est tout de suite placé nu, ventre contre sa mère, le visage tourné et le nez bien dégagé. Guidé par son odorat, le bébé rampe en direction du sein. Après un temps variable, de quelques minutes à plus d’une heure parfois, il va trouver de lui-même le mamelon, ouvrir grand la bouche, chercher à le saisir puis se mettre à téter. Mieux vaut le laisser essayer d’attraper le mamelon sans l’aider même si on peut être tenté de lui faciliter un peu la tâche. S’il trouve le mamelon seul, il saura recommencer plus facilement par la suite. Durant ces deux heures de découvertes et d’interactions pendant lesquelles s’établissent les bases de la relation mère-enfant, le calme doit régner car le bébé peut vite être perturbé par des bruits, une lumière vive, des odeurs (attention au gel hydro-alcoolique), ou des soins trop invasifs.

Le réflexe de succion

Dès la naissance, le réflexe de succion est très fort : le nouveau-né, s'il est en bonne santé, sait instinctivement téter et trouver tout seul le mamelon. Après la 6e heure, ce réflexe diminue progressivement pour ne réapparaître vraiment qu’après la 48e heure. Il est donc recommandé, si l’état de votre enfant ne nécessite pas de soins particuliers, de commencer l'allaitement le plus tôt possible en salle de naissance, idéalement dans les 60 premières minutes.

Que faire si bébé ne tète pas immédiatement ?

Cependant, il faut noter que même si l'accouchement s'est parfaitement bien passé, certains nouveau-nés ne semblent pas intéressés par cette première tétée… Ils préfèrent alors dormir ou rester calmement éveillés contre leur mère : si votre bébé est dans cette situation, ne vous inquiétez pas ! Il se décidera tout seul, dans quelques minutes ou quelques heures…

Les bienfaits de la première tétée

Cette première tétée est particulièrement utile si vous avez fait le choix de l'allaitement maternel : en effet, la succion du mamelon va déclencher la production de la prolactine qui favorisera la montée laiteuse dans les jours suivants.

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Le colostrum : un lait précieux

Lors de ce premier contact fort en émotions, bébé cherche le sein et le découvre aidé de ses doigts puis ouvre bien grand la bouche. Voilà le colostrum…Du colostrum au lait mature, un aliment adapté aux besoins de Bébé Le colostrum (le lait des tous premiers jours), de couleur jaunâtre, est un peu moins calorique que le lait mature (lait produit après deux semaines d’allaitement). En revanche, il est plus riche en protéines et en cellules immuno-compétentes, jouant un rôle clé dans la protection immunitaire du nouveau-né, davantage vulnérable à un environnement qu’il ne connait pas encore. Le colostrum ne représente que quelques millilitres de lait par tétée mais cette quantité est suffisante pour répondre aux besoins du nourrisson dans ses premiers jours de vie. Au fil des jours, la composition du lait maternel et la quantité produite évolueront pour répondre au mieux aux besoins de Bébé qui grandit.

Votre corps commence à fabriquer du colostrum dès le milieu de votre grossesse. Chez certaines femmes enceintes il s’écoule même de leurs mamelons sans aucune stimulation. La couleur du premier lait varie d’une femme à l’autre et peut même évoluer chez une même femme. Il peut être transparent, grisâtre, jaune citron, couleur miel ou même marron. Le colostrum va venir tapisser d’éléments protecteurs les parois du système digestif de votre bébé pour éviter l’invasion de mauvaises bactéries et virus et aussi favoriser le développement d’une flore intestinale de qualité. Il est en effet extrêmement riche en protéines agissant sur la protection et le développement des tissus, en anticorps, en oligosaccharides, en vitamines et minéraux essentiels. Au début, il est sécrété en très petites quantités, et augmente graduellement lorsque votre bébé tète plus souvent. Il faut savoir que l’estomac des nouveau-nés est d’abord de la taille d’une bille le premier jour de vie et qu’au bout de 10 jours il prend la taille d’une balle de ping-pong.

Préparer l'allaitement avant la naissance

Savoir à quoi vous attendre avant de mettre au monde votre bébé peut vous aider à vous préparer psychologiquement, afin de savourer chaque instant de cette période pendant laquelle vous allez nourrir et prendre soin de votre bébé.

Ralliez vos soutiens

Mobilisez autant de partisans de l’allaitement maternel que possible. Il peut s’agir de votre compagnon, amie, mère, sœur ou de toute personne qui pourra vous encourager à poursuivre l’allaitement alors que vous serez en pleine phase de découverte.

Discutez avec votre médecin

Pensez à informer le personnel médical qui vous suit de votre souhait d’allaiter votre bébé et recherchez les services d’aide à la lactation dont vous pouvez bénéficier dès maintenant et après la naissance de votre bébé. Prenez contact avant l’accouchement avec votre médecin, pour parler avec lui des modifications que vos seins vont connaître, d’éventuelles opérations chirurgicales menées sur vos seins, de tout problème hormonal (y compris des problèmes de thyroïde ou de diabète) ainsi que de toute question de santé que vous pensez être liée à l’allaitement maternel. Cette conversation peut vous aider à vous préparer à l’allaitement et à anticiper des situations d’allaitement plus complexes.

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Informez-vous

Demandez à l’hôpital où vous souhaitez accoucher de plus amples informations sur leur politique en faveur de l’allaitement des nouveau-nés. Essayez de savoir si l’hôpital dispose d’un consultant en lactation certifié qui pourrait venir vous voir avant que vous ne quittiez l’hôpital. Renseignez-vous pour participer à un cours de préparation à l’accouchement traitant de l’allaitement maternel ou rejoignez un groupe de soutien à l’allaitement maternel. Vous saurez ainsi à quoi vous attendre et vers qui vous tourner si vous avez besoin d’aide ou d’informations.

Préparez le matériel

Achetez ou louez un tire-lait. Le tire-lait est une méthode alternative qui vous permet de tirer votre lait maternel en prévision de moments où vous ne pourrez pas mettre votre bébé au sein, notamment quand vous aurez repris le travail ou vos études. Décidez quel tire-lait acheter en vous fondant sur la fréquence à laquelle vous devrez tirer votre lait. Les tire-lait les moins chers sont manuels et destinés à une utilisation occasionnelle, le milieu de gamme correspond à des tire-lait électriques plus chers mais également plus efficaces, et le haut de gamme, des tire-lait de type hospitalier destinés à un usage fréquent pendant des périodes de temps prolongées. Informez-vous sur la façon de nettoyer votre tire-lait soigneusement car vous devrez le nettoyer avant le premier usage, puis après chaque utilisation pour limiter la prolifération de bactéries présentant des risques pour la santé de votre bébé.

Préparez un aide-mémoire

Pensez à placer un aide-mémoire dans la valise que vous emmènerez à l’hôpital. Outre votre pyjama et vos chaussons, incluez une liste avec toutes les questions sur l’allaitement que vous aimeriez poser au personnel de l’hôpital.

Une fois à l'hôpital

Indiquez votre souhait d'allaiter

Indiquez au personnel que vous souhaitez allaiter. Demandez à la sage-femme de prévenir la nurserie que vous allaiterez votre bébé. Notez l’allaitement sur la fiche médicale. Faites en sorte que votre bébé reste avec vous dans votre chambre et faites indiquer sur la fiche médicale de votre bébé que celui-ci ne doit être nourri au biberon qu’en cas d’impératif médical. Si vous êtes séparée de votre bébé, demandez à ce qu’il vous soit amené dès l’apparition des premiers signes de faim. Demandez à ce qu’il soit exclusivement nourri au sein. Demandez à ce que des suppléments alimentaires ne lui soient donnés que pour des raisons médicales évidentes. Demandez à rencontrer un consultant en lactation. Un consultant en lactation vous aidera à trouver la position d’allaitement qui vous conviendra le mieux, vérifiera la qualité de la mise au sein et répondra à toutes les questions que vous vous posez avant de quitter l’hôpital.

Mettez bébé au sein le plus vite possible

Mettez-le au sein le plus vite possible. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les mamans allaitent leurs bébés dès la naissance, idéalement dans l’heure qui suit l’accouchement. Votre bébé peut immédiatement tirer profit des protéines, vitamines et minéraux faciles à digérer ainsi que des anticorps protecteurs contenus dans le colostrum. Il s’agit du liquide jaunâtre et translucide que vos seins sécrètent jusqu’à la montée de lait qui intervient le plus souvent dans les deux à trois jours qui suivent l’accouchement.

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Pratiquez le peau à peau

Informez la sage-femme de votre souhait de placer votre bébé au sein, peau à peau dès sa naissance et jusqu’à ce qu’il ait tété pour la première fois. Pratiquez le peau à peau aussi souvent que possible au cours des premiers mois pour aider votre bébé à téter calmement et favoriser votre production de lait.

Allaitez à la demande

Nourrissez-le dès qu’il a faim. Allaitez votre bébé dès qu’il a faim, c’est-à-dire au moins 8 à 12 fois par période de 24 heures. Selon l’âge « à la demande ». Présentez-lui les deux seins. Allaitez en lui présentant alternativement l’un puis l’autre sein afin d’équilibrer la production de lait dans chaque sein. Laissez le temps à votre bébé d’aller jusqu’au bout de sa tétée sur un sein avant de lui présenter le second. S’il refuse de prendre le second sein, pensez à lui présenter ce sein en premier lors de la prochaine tétée. Ne vous inquiétez pas de la durée des tétées. Peu importe le temps que votre bébé passe au sein ; assurez-vous plutôt que votre bébé tête efficacement jusqu’à satiété. Certains bébés boivent vite, d’autres prennent leur temps. Soyez attentive à la manifestation des signes de faim. Il vaut mieux ne pas attendre que votre bébé pleure pour commencer à l’allaiter. Recherchez plutôt les signes avant-coureurs de la faim tels que des périodes d’éveil plus longues, le réflexe des points cardinaux (recherche du mamelon) ou le réflexe de succion.

Après une césarienne

Même si votre bébé est né par césarienne, il reste important que celui-ci puisse être mis au sein le plus rapidement possible. Vous préfèrerez probablement placer votre bébé dans la position dite du « ballon de rugby » car cela vous permettra de réduire la pression exercée au niveau de l’incision. (Imaginez la façon dont le rugbyman porte son ballon pour comprendre la position).

Avant de quitter l'hôpital

Si besoin, demandez à voir un professionnel. Demandez à ce qu’un consultant en lactation vienne vous observer quand vous allaitez pour qu’il puisse éventuellement vous donner des conseils. Apprenez à tirer votre lait. Tirer son lait manuellement permet souvent de désengorger et assouplir votre sein, notamment au moment où votre corps va faire la transition entre la sécrétion de colostrum et celle de lait, soit deux à trois jours après l’accouchement. Cela permettra à votre bébé de prendre plus facilement le sein. Prenez tous les noms et numéros de téléphone nécessaires. Prenez les noms et numéros de téléphone des consultants en allaitement de l’hôpital pour pouvoir les contacter afin de demander conseil une fois rentrée chez vous.

De retour à la maison

N'hésitez pas à demander de l'aide

Appelez chaque fois que nécessaire. Si vous avez des questions ou inquiétudes sur l’allaitement, consultez votre médecin, votre sage-femme, une amie ou un membre de votre famille qui a allaité avec succès ses propres enfants pour vous conseiller. N’attendez pas pour vous faire aider si l’allaitement devient douloureux ou inconfortable.

La position d'allaitement

Pour faciliter la mise en route de l’allaitement, le mieux est d’être au calme. Les bonnes positions pour allaiter doivent être confortables pour maman et pour bébé. C'est la première chose à rechercher. C’est normal de ne pas forcément trouver de bonnes positions tout de suite, et de faire des essais. Généralement, on propose les deux seins à bébé. On laisse bébé aller au bout de la tétée sur le premier sein, puis on lui propose le deuxième. Il en prendra un peu, beaucoup, ou pas du tout selon ses besoins.

Comment savoir si la tétée est efficace ?

Pour savoir si une tétée est efficace, on observe bien notre bébé, on se connecte à lui. Il tète régulièrement et amplement. Pour favoriser la production de lait, mieux vaut allaiter à la demande du bébé et à volonté. Au début de l'allaitement, il n’y a pas de rythme, bébé peut téter de jour comme de nuit. Tant que l’allaitement n’est pas complètement installé, on évite de donner des biberons de complément.

Douleur et problèmes courants

Non ! Allaiter ne doit pas faire mal. Un début d'allaitement douloureux est souvent dû à une mauvaise position de la bouche de bébé avec une mauvaise prise du sein, qui peut provoquer des crevasses par exemple. Dans ce cas, on met délicatement le petit doigt dans le coin de la bouche de bébé pour arrêter la tétée, puis on observe et on améliore la position de maman, de bébé et sa prise du sein. Si le début d'allaitement est inconfortable, difficile ou que l'on se pose des questions, on n’hésite pas à demander conseil auprès de professionnels de santé compétents et diplômés en allaitement (sages-femmes, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, médecins, consultants en lactation…). On pourra les trouver à la maternité, au centre de PMI ou en libéral. On peut aussi trouver du soutien auprès d’associations ou de groupes de mamans.

La montée de lait

La montée de lait, ou montée laiteuse, se produit 3 à 5 jours après l’accouchement : elle correspond au moment où le colostrum, jusqu’ici produit par les seins maternels, est remplacé par un lait de transition. Les seins deviennent soudainement plus tendus et gonflés, ce qui peut créer de l’inconfort pour la jeune maman.

Problèmes potentiels et solutions

Même si l’allaitement reste un processus naturel du corps, il est possible que vous rencontriez quelques difficultés à la maternité ou à votre retour à la maison.

  • Mamelons douloureux : des douleurs ou crevasses peuvent apparaître. Si une certaine sensibilité des mamelons est normale les premiers jours, il n’est pas normal d’avoir mal lorsque vous allaitez votre enfant. La première chose à faire est de vous assurer que votre bébé est bien positionné lorsque vous lui donnez le sein.
  • Seins engorgés : la montée de lait peut engorger les seins, les rendant rapidement tendus et particulièrement douloureux. Une légère fièvre peut accompagner cet état.
  • Mastite : cette inflammation des seins, pouvant s’infecter , résulte souvent d’un engorgement non traité.

En cas d’engorgement avec œdème (gonflement), vous pouvez extraire un peu de lait manuellement (demandez à ce que l’on vous montre comment réaliser un massage aréolaire et comment faire l’expression manuelle ) ou à l’aide d’un tire-lait avant la tétée, juste de quoi assouplir vos seins. Ensuite, pour résorber l’engorgement, multipliez les tétées. Il existe plusieurs astuces pour apaiser la douleur mammaire liée à la montée de lait. La méthode la plus évidente, est celle évoquée ci-dessus : mettre l’enfant au sein. Cependant, il existe de nombreuses techniques pour soulager la maman. Ce gonflement des seins est principalement dû à un œdème. La technique du verre d’eau chaude est utile si votre enfant a des difficultés à téter. Remplissez un verre d’eau bien chaude, mais non brûlante, et placez votre mamelon dans le verre sans toucher l’eau , votre sein obturant le verre . Pour soulager l’œdème inflammatoire , vous pouvez utiliser des compresses froides. Prenez une poche de froid du congélateur, et appliquez la sur le sein protégé par un tissu. Plus vite vous résoudrez les problèmes rencontrés, plus il sera facile de minimiser l’impact sur votre production future de lait maternel.

Absence ou retard de montée de lait

Il n’existe pas de données précises concernant l’absence ou le retard de montée de lait, bien que certaines estimations situent ces phénomènes à 5% et 15% respectivement. Des déséquilibres hormonaux, tels que le diabète, l’obésité ou l’hypothyroïdie, peuvent ralentir la montée de lait, tout comme certaines circonstances liées à l’accouchement : césarienne, travail long et éprouvant, mise au sein tardive, tétées insuffisantes ou trop espacées, usage de sucette ou de compléments de lait infantile, etc. La majorité des femmes peuvent produire du lait, même si la quantité pourra parfois rester insuffisante. Parfois aussi, le bébé ne tète pas correctement et manque d’efficacité, parce qu’il est prématuré, un peu petit ou qu’il a un frein de langue trop court. Il ne stimule alors pas assez les seins pour que la lactation se mature.

L'alternative du lait infantile

Le choix de ne pas allaiter est une décision personnelle qui doit être respectée. Chaque mère a le droit de décider ce qui est le mieux pour elle et son bébé sans pression ni jugement. Le lait infantile industriel, ( autrefois appelé lait maternisé terme que l’on n’emploie lus , est une alternative Ce lait est spécialement formulé pour fournir les nutriments nécessaires à la croissance et au développement du bébé.

Choisir le bon lait

Il existe différents types de laits infantiles adaptés à l’âge et aux besoins spécifiques du bébé (par exemple, hypoallergénique, anti reflux). La fréquence des tétées : les nourrissons nourris au lait infantile auront un rythme de tétées plus structuré que ceux allaités au sein puisque la quantité de lait est déterminée cependant on doit aussi être souple et faire comme au sein , les premières semaines, « à la demande ».

Supprimer la lactation

Si une mère décide de ne pas allaiter, il existe certaines méthodes naturelles pour supprimer la lactation.

L'éveil des sens pendant la tétée

Dès les premières tétées, un lien tout particulier s’établit entre vous et votre bout de chou. Des moments de tendresse et d’éveil sensoriel pour votre nouveau-né.

L'ouïe

Quand il tète, les traits de Bébé se détendent, et si ses yeux sont ouverts, ils se plongent intensément dans les vôtres, mais son ouïe est également aux aguets. Car dès sa naissance, Bébé entend bien. Il réagit aux voix qui ont bercé son quotidien avant la naissance : celles de sa maman, de son papa, de son grand frère… Lors de la tétée, il entend battre votre cœur, comme dans votre ventre. Il est très attentif à vos paroles. N’hésitez pas à lui parler, à lui chanter des chansons, il sera très réceptif !

Le toucher

Pendant la tétée, le toucher de Bébé est aussi en éveil. Il est très sensible aux caresses : ses récepteurs cutanés transmettent à son cerveau des sensations de douceur, de chaleur, de bonheur ! Des moments à partager : Papa peut lui aussi, à sa manière, participer au moment de tétée. Il peut porter Bébé à Maman, lui faire faire son rot en fin de tétée….. De quoi créer des liens très forts en famille, dès ses premiers moments de vie.

L'odorat

Dès la naissance, l’odorat de Bébé est en alerte. Dès sa naissance, Bébé a du flair !Dès sa venue au monde, le nouveau-né utilise l’odorat pour explorer son environnement et les personnes qui l’entourent. Sa vue est encore approximative et il va se laisser guider par l’odorat et le toucher dès la première tétée. L’aréole du sein est pourvue de nombreuses glandes (comme les glandes de Montgomery par exemple) dont les sécrétions odorantes vont guider l’enfant vers le mamelon. Le colostrum, dont l’odeur est très proche de celle du liquide amniotique, apparaît ainsi familier au nouveau-né, si bien qu’il va l’accepter et l’ingérer spontanément dès la première tétée.

« Si on lave un des deux seins de la maman avec de l’eau, il va s’orienter vers le sein resté olfactivement intact », indique Luc Marlier, chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique, spécialiste du développement sensoriel et cognitif de l’enfant. L’hygiène quotidienne n’impactera pas la saisie du sein et la réussite de la tétée, sauf si des produits de soins ou des produits cosmétiques véhiculent des odeurs très fortes ou inhabituelles. Mais en principe, après ses toutes premières tétées, l’enfant saura rapidement reconnaître l’odeur du lait de sa maman !

L’odorat développé de Bébé lui permet de trouver plus facilement le sein et de se nourrir mais il joue aussi un rôle important dans la reconnaissance de sa maman. Bébé a une capacité exceptionnelle à reconnaître l’odeur de sa maman. Un parfum qui le rassure et le réconforte : « Maman est là, tout va bien ! ». Alors, si possible, ne changez pas brutalement de parfum ou de savon durant les premiers mois afin de ne pas perturber les repères (tout neufs) de Bébé. Et si Maman n’ai pas toujours là, on peut par exemple glisser un doudou imprégné de son odeur dans le berceau de Bébé.

Avant même de commencer à téter, il reconnaît l’odeur du lait de sa maman et celle de sa peau. Bébé découvre progressivement son environnement et perçoit les odeurs qui lui sont agréables tout comme celles qui lui sont déplaisantes : son visage souriant ou grimaçant en dit long sur ses sensations ! Hormis le parfum de sa mère et du lait maternel, il apprécie particulièrement les fragrances douces et sucrées. « Les odeurs que l’enfant apprécie particulièrement sont les odeurs de banane, de miel, de fraise, de carotte, ou encore de fleurs… explique Luc Marlier, chercheur au Centre National de Recherche Scientifique.»

Le goût

Dans votre ventre déjà, Bébé commence à percevoir certains goûts présents dans le liquide amniotique. Les premières sensations olfactives et gustatives surviennent dès la vie prénatale. Dès la fin du premier trimestre les récepteurs gustatifs et olfactifs sont matures. Les récepteurs gustatifs logés principalement sur la langue permettent de détecter les saveurs fondamentales comme le sucré, le salé, l’acide ou encore l’amer. Les récepteurs olfactifs, situés dans les fosses nasales, permettent de détecter toutes les odeurs et les arômes contenus dans le liquide amniotique. Bien que cela paraissent curieux, les odeurs peuvent être perçues dans le liquide amniotique. On ne sait pas avec précision à quel moment de la grossesse le fœtus commence à percevoir les odeurs et les saveurs. Mais on pense que les premières sensations doivent dater du second trimestre de la grossesse. Le goût commence donc à se construire dès la vie intra-utérine. Ainsi, on a pu montrer que le nouveau-né se montrait attiré à la naissance par un arôme alimentaire régulièrement consommé par sa maman pendant la grossesse. Vos habitudes alimentaires peuvent donc influencer ses premières préférences alimentaires, des préférences qui s’affirmeront peu à peu en grandissant. A la naissance la sensibilité du nouveau-né aux odeurs et aux saveurs est égale voire supérieure à celle des adultes !

A la naissance, les nouveau-nés affichent une nette préférence pour le goût sucré et pour des arômes déjà rencontrés dans le liquide amniotique. Certaines préférences initiales peuvent rester stables pendant des années, d’autres vont évoluer, notamment grâces aux expériences olfactives et gustatives effectueées au cours de la tétée. Au début d’une tétée, le lait maternel est plus riche en glucides, ce qui stimule l’appétit de Bébé. Puis tout au long de la tétée, le lait maternel s’enrichit en lipides donnant une sensation de satiété à Bébé qui lui permettra de réguler spontanément sa faim. La composition du lait maternel évolue donc au cours d’une même tétée et au fils des jours pour s’adapter aux besoins de Bébé qui grandit. En plus de ces aspects physiologiques et nutritionnels, la tétée est également l’occasion pour l’enfant d’apprendre de nouveaux goûts contenus dans le lait maternel.

Les femmes qui allaitent ont des besoins nutritionnels spécifiques, il est donc important d’évaluer son alimentation avec son médecin afin de préparer au mieux son allaitement. En plus d’être bon pour vous, une alimentation variée et équilibrée offre une palette d’arômes et de saveurs à votre Bébé et contribue ainsi à enrichir son répertoire olfactif et gustatif.

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