L'accouchement est un moment crucial et redouté par de nombreuses futures mamans. Comprendre les différentes options et étapes de l'accouchement est essentiel pour aborder cet événement avec sérénité. Cet article vise à définir et à explorer l'accouchement par voie basse, également connu sous le nom d'accouchement naturel ou physiologique, en mettant en lumière ses caractéristiques, ses avantages et ses inconvénients.
Qu'est-ce que l'Accouchement par Voie Basse ?
Un accouchement par voie basse, ou voie naturelle, se définit comme la naissance d'un bébé par les voies naturelles, c'est-à-dire par le vagin. Il s'agit de l'accouchement le plus pratiqué, car il est considéré comme physiologique et naturel. Plus de 80% des accouchements en France sont réalisés par voie basse.
L'accouchement naturel ou physiologique est un accouchement par voie basse durant lequel il n’y a pas d’intervention médicale. Il est réalisé dans un environnement non-médicalisé, sans intervention médicamenteuse et sous la surveillance de sages-femmes, dans le but de donner naissance de façon la plus saine et la moins artificielle possible. De plus en plus de femmes se tournent vers cette méthode d’accouchement car elle est perçue comme une expérience plus positive de l’accouchement. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’accouchement naturel permet d’améliorer les conditions dans lesquelles les mères donnent naissance.
Les Étapes Clés de l'Accouchement par Voie Basse
L'accouchement par voie basse se déroule généralement en plusieurs étapes distinctes :
1. Le Travail : Dilatation du Col de l'Utérus
Le travail marque le début de l'accouchement. Il est caractérisé par des contractions régulières et de plus en plus rythmées qui provoquent la dilatation du col de l'utérus. Au début, le col est postérieur et tonique, puis il commence à devenir antérieur et à s'assouplir. Il se raccourcit ensuite et se dilate sous l'effet des contractions. Cette phase de dilatation peut durer plusieurs heures, jusqu'à ce que le col atteigne une dilatation complète de 10 cm. Pendant cette phase, la pose d'une péridurale est possible pour soulager la douleur. La phase de latence correspond à la période où la dilatation est généralement lente, jusqu’à 6 cm. La durée de cette phase varie d’une patiente à l’autre.
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Le travail se caractérise par le raccourcissement du col de l’utérus et de son ouverture progressive. L’action des hormones et des contractions sont responsables de la dilatation du col. Les contractions sont ce que vous ressentez quand les muscles de votre utérus se contractent à intervalles réguliers. Elles seront progressivement de plus en plus rapprochées dans le temps.
2. L'Engagement et la Descente du Bébé
Une fois le col complètement dilaté, les contractions se poursuivent et aident le bébé à descendre dans le bassin. C'est ce qu'on appelle l'engagement. Le bébé s'engage dans le bassin et commence à exercer une pression sur le périnée, ce qui déclenche chez la mère le réflexe de poussée.
3. L'Expulsion
La phase d'expulsion est le moment où la mère pousse activement pour faire sortir le bébé par le vagin. La durée de cette phase est variable, allant de quelques minutes à plus d'une heure. L'obstétricien ou la sage-femme vous demandera de pousser, ce qui va permettre d'expulser le bébé par voie basse. L’étape la plus dure est le passage de la tête. Une fois qu’elle est sortie, le bébé va glisser vers l’extérieur sans gêne. La sage-femme peut alors couper le cordon ombilical, vérifier que le bébé est en bonne santé afin de le poser contre la maman. Une fois arrivé au niveau du détroit moyen, le bébé commence à pousser sur le périnée, déclenchant alors chez la maman le réflexe de poussée. Il atteint ensuite le détroit inférieur, et se dirige vers la vulve, tête relevée.
4. La Délivrance
Après la naissance du bébé, l'utérus se contracte à nouveau pour expulser le placenta. C'est la phase de délivrance. Elle dure généralement quelques minutes. Quelques minutes après la sortie du bébé, l’utérus va se contracter brutalement afin d’expulser le placenta. Il s’agit alors de la délivrance. Les médecins doivent veiller à ce qu’il n’y ait plus aucune poche embryonnaire.
Les Premiers Signes Annonciateurs de l'Accouchement
Il est important de reconnaître les premiers signes qui indiquent que l'accouchement est imminent :
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- La rupture de la poche des eaux : La perte de liquide amniotique est un signe clair que l'accouchement est proche. Le liquide peut être transparent, blanc ou rosé. Dès que vous percevez une perte d’un liquide transparent, blanc ou rosé, il faut se diriger à la maternité.
- Les contractions régulières : Les contractions deviennent plus fréquentes, plus intenses et plus régulières. Elles surviennent toutes les 10 minutes, puis toutes les cinq minutes, et durent plus d'une demi-heure.
En cas de doute, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.
Préparation à l'Accouchement par Voie Basse
Une bonne préparation est essentielle pour vivre un accouchement par voie basse de manière sereine et confiante. Voici quelques recommandations :
- Cours de préparation à l'accouchement : Ces cours, dispensés par une sage-femme, vous informeront sur le déroulement de la grossesse et de l'accouchement, les techniques de relaxation et de gestion de la douleur. On apprend comment se développe le bébé, comment s’occuper de son corps durant la grossesse et quels sont les changements que l’on peut observer. On apprend également quels sont les symptômes de la grossesse, les différents types d’accouchement, la délivrance et tout ce qui se passe après l’accouchement.
- Préparation psychologique : Dialoguer avec un professionnel de la santé mentale, vos proches ou d'autres femmes enceintes peut vous aider à gérer votre anxiété et vos appréhensions.
- Techniques de relaxation : La sophrologie, le yoga et d'autres techniques de relaxation peuvent vous aider à vous détendre et à mieux gérer la douleur pendant le travail.
- Visite de la maternité : Se familiariser avec les lieux peut réduire votre stress le jour J.
- Préparer l'après-naissance : Penser à l'allaitement, à la chambre de bébé, au choix du prénom, etc., vous permettra d'aborder cette nouvelle étape avec plus de sérénité.
Gérer la Douleur Pendant l'Accouchement
La douleur est une composante inhérente à l'accouchement par voie basse, mais il existe de nombreuses façons de la gérer et de l'atténuer :
- La péridurale : Elle permet de supprimer la douleur des contractions utérines tout en restant consciente. Le chirurgien introduit une aiguille entre deux vertèbres lombaires afin de placer un cathéter. Ce dernier permet d’administrer l’analgésique. Ensuite, un antidouleur est proposé en auto-admission. Il passe également par le cathéter. Cela permet de gérer la douleur soi-même.
- Exercices de respiration : Des exercices de respiration spécifiques peuvent aider à réduire la tension et à mieux supporter la douleur.
- Massages : Les massages peuvent soulager les tensions musculaires et procurer un sentiment de bien-être.
- Bain chaud : Un bain chaud peut aider à détendre les muscles et à apaiser la douleur.
- Changements de position : Adopter différentes positions peut soulager la pression et faciliter la progression du travail.
- Sophrologie et réflexologie : Ces techniques peuvent vous aider à vous détendre et à mieux gérer la douleur.
Avantages et Inconvénients de l'Accouchement par Voie Basse
Avantages
- Technique naturelle : L'accouchement par voie basse est une technique naturelle qui ne nécessite pas d'intervention chirurgicale, sauf en cas d'épisiotomie.
- Rencontre immédiate avec le bébé : La mère peut avoir son enfant dans les bras dès sa naissance.
- Récupération plus rapide : Les suites de couches sont généralement plus simples et la durée du séjour à la maternité est plus courte qu'après une césarienne.
- Moins de risques de complications : Le risque d'hémorragie, d'infection ou de phlébite est généralement plus faible qu'après une césarienne.
Inconvénients
- Douleur : L'accouchement par voie basse peut être douloureux, bien que la perception de la douleur varie d'une femme à l'autre.
- Durée : Le travail peut être long et imprévisible.
- Risque de déchirures : Des déchirures du périnée peuvent survenir pendant l'expulsion.
Accouchement par Voie Basse Après une Césarienne (AVAC)
Il est possible d'envisager un accouchement par voie basse après une césarienne (AVAC) si certaines conditions sont réunies :
- Type de cicatrice utérine : La cicatrice doit être horizontale et non verticale.
- Absence de complications lors de la césarienne précédente : Il ne doit pas y avoir eu de rupture utérine ou d'autres complications graves.
- Bonne évolution de la grossesse actuelle : Il ne doit pas y avoir de contre-indications à l'accouchement par voie basse.
L'AVAC présente des avantages potentiels, tels qu'une récupération plus rapide et moins de risques de complications qu'une césarienne répétée. Cependant, il est important de discuter des risques et des bénéfices avec votre médecin ou votre sage-femme.
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Quand la Voie Basse n'est Pas Possible
Dans certaines situations, l'accouchement par voie basse n'est pas possible et une césarienne est nécessaire :
- Présentation du bébé : Si le bébé se présente par le siège ou en transverse.
- Bassin trop étroit : Si le bassin de la mère est trop étroit pour permettre le passage du bébé.
- Gros bébé : Si le bébé est trop gros par rapport à l'anatomie de la mère.
- Grossesse à risque : En cas de complications médicales chez la mère ou le bébé.
- Souffrance fœtale : Si le bébé montre des signes de souffrance pendant le travail.
- Utérus cicatriciel fragile : En cas de cicatrice utérine présentant un risque de rupture.
La Césarienne : Une Alternative Nécessaire
La césarienne est un acte chirurgical qui consiste à extraire le bébé par une incision dans l'abdomen et l'utérus de la mère. Elle est réalisée sous anesthésie locorégionale ou générale. Bien souvent, la césarienne est programmée à l’avance dans 4 cas précis : Le bébé ne se présente pas dans le sens normal, La mère possède un bassin trop étroit, Le bébé est trop gros par rapport à l’anatomie de la mère, En cas de grossesse à risque. Il existe cependant des cas où la césarienne est réalisée en urgence, quand l’accouchement par voie naturelle s’avère impossible ou qu’il y a des signes de souffrance fœtale.
Bien que la césarienne soit une intervention courante et généralement sûre, elle comporte des risques potentiels, tels que l'hémorragie, l'infection, la phlébite et les complications liées à l'anesthésie. Les suites de couches sont également plus longues et plus douloureuses qu'après un accouchement par voie basse.
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