L'idée de vivre chaque jour comme si c'était le dernier est un concept ancien qui a été exploré par des philosophes, des écrivains et des leaders spirituels à travers l'histoire. Cette notion, souvent associée à l'expression latine "memento mori" (souviens-toi que tu vas mourir), invite à une réflexion profonde sur le sens de la vie, nos priorités et la manière dont nous choisissons de passer notre temps.
Memento Mori: Un rappel de notre mortalité
"Memento mori" nous rappelle que la mort est inévitable et que nous devons vivre pleinement chaque instant. On oublie souvent ce fait dans la vie quotidienne. L'idée n'est pas de se tatouer, de tromper sa femme, d'abandonner sa famille et de partir faire une overdose au Brésil. Non. Vivre ce n'est pas ça. Vivre c'est avoir une vie selon nos termes, une vie dont on est fier. Et se rappeler que l'on va mourir est une excellente façon de mener cette vie. Faire son memento mori permet aussi de relativiser ses problèmes. On ne fera certainement rien de très important de nos vies à l'échelle cosmique. En fait c'est même l'inverse, nous devons vivre pour cette fugacité, c'est ça qui fait la valeur de la vie, le fait qu'elle ne tienne qu'à un fil. Nous n'avons pas besoin de plan sur 15 ans pour relancer la croissance d'une boite dans laquelle nous ne sommes qu'une pièce interchangeable. Nous avons besoin de vivre. Nous vivons comme si nous devions vivre éternellement.
L'urgence de vivre dans le présent
Penser que l’on vivra éternellement est certainement le mal de notre espèce. Il faut chérir la vie. Si on vit chaque jour comme le dernier, on apprend très vite à ne plus regretter ce que l'on fait. On ne procrastine plus sur ce qui est important, on ne fait plus rien qui ne nous rende pas fiers. Et le soir, quand on observe ce que l'on vient de vivre, on sait si notre dernière journée a été bonne ou si nous avons fait des erreurs. Marc Aurèle disait : aborde chaque tache comme si c'était ta dernière. Il se peut en effet que la tache que vous fassiez soit la dernière, alors soyez sûr que c'est la bonne chose à faire.
En temps normal, on remet au lendemain ce que l’on souhaite faire en espérant que l’on aura du temps plus tard. La mort agit comme une boussole. Seul un fou continuerait de mener une vie qui ne le convient pas en face de la mort. « Si l’on devait mourir demain… qu’est-ce qu’on ferait de plus, qu’est-ce qu’on ferait de moins ?
Ichigo Ichie : Un concept japonais pour chérir chaque instant
Il existe de nombreux concepts qui nous intiment à profiter du moment présent et de la vie. C’est important, en effet. L’ichigo ichie est un concept japonais qui met l'accent sur la nature unique et éphémère de chaque rencontre et expérience.
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Les préceptes de l'Ichigo Ichie
- Embrasser le moment présent
- Vivre comme si c’était notre dernier jour
- Entreprendre une chose à la fois
- Limiter ses attentes
- Décharger son esprit
- Sortir de la routine
- Être son meilleur ami
- Accueillir l’imperfection et l’échec
- Pratiquer la méditation
Les Japonais ont transposé les préceptes de l’ichigo ichie dans leur vie de tous les jours. Cet art de vivre préconise ainsi que chaque événement, chaque rencontre, ne se produira qu’une seule fois. Les moments que nous vivons avec une personne (qu’il s’agisse d’une nouvelle rencontre ou d’un rassemblement avec nos proches) et les expériences de vie que nous traversons ne se produiront jamais deux fois de la même manière. Les endroits que nous parcourons ne seront jamais complètement identiques. Nous vivons dans un monde qui tourne souvent trop vite. On se laisse entraîner dans une spirale infernale, et passons parfois à côté de ces petits bonheurs qui jaillissent devant ceux qui s’arrêtent un instant pour ouvrir les yeux. Cette philosophie de vie nous invite à nous poser et à profiter du présent. Il est impossible de prédire l’avenir. On ne peut pas prévoir de quoi sera fait demain, alors, pourquoi remettre le bonheur à plus tard ? En accordant toute notre attention à nos actions, cela les rend plus importantes et uniques. Ce principe s’inspire d’un vieux proverbe japonais dit qu’un chasseur qui vise deux proies à la fois n’en tuera aucune. Il n’est pas productif d’attendre et d’espérer que les choses se produisent. Essayons de nous délester de ce qui n’est pas essentiel. Elle peut être mortelle, cette routine. Osons expérimenter, sortons de notre zone de confort. Il est possible de transformer une réalité insatisfaisante, se réinventer, modifier les schémas qui ne nous satisfont pas. Il n’est pas toujours facile de reconnaître ses forces et d’accepter ses faiblesses. Nous avons tendance à nous comparer aux autres et à déterminer notre valeur en fonction du regard et des réactions extérieures. Personne n’aime échouer. C’est pourtant une étape indispensable pour apprendre, grandir, évoluer. La réussite n’est pas le fruit du hasard, mais celui du travail et de la volonté. Chacun agit comme il le peut, en fonction de ce qu’il vit et de son environnement.
L’ichigo ichie, « chemin du bonheur japonais », est une réelle philosophie de vie. Ses préceptes s’alignent avec ceux du bouddhisme et de la méditation de pleine conscience.
Le bonheur et la liberté : Vivre sans regrets
Depuis l’Antiquité, le bonheur est le but suprême à atteindre et, au fil des siècles, l’homme n’a cessé de lui courir après. Certains vous diront que c’est en vivant comme si chaque jour devait être le dernier qui permet d’y parvenir puisque la liberté serait absolue, nous serions totalement libre et il n’y aurait plus de conséquence à nos actes. Nous allons tenter de montrer que vivre comme si chaque jour était le dernier apportera de la satisfaction à celui qui s’accommode de ce style de vie. En effet, tout acte commis ne verrait aucune sanction s’il était mauvais, ni aucune répercutions si il était bon, puisqu’il faut attendre le futur, la fin du moment présent, pour en voir les effets.
Être libre, le désir de nombreuses personnes, et de nombreux adolescents. Qui n’a jamais voulu s’affranchir d’un chef ou d’un supérieur, ne pas suivre les ordres qu’on lui a donnés? Vivre dans la contrainte ne rendrai pas heureux, alors être libre le devrait. On aurait donc un véritable choix, on n’aurait plus à choisir moralement.
Ainsi, vivre sans se soucier des conséquences, c’est accéder au bonheur par la liberté. Ne pas regarder par-dessus son épaule, vivre à cent à l’heure, et profiter. Cette une idée qui a séduit de l’antiquité a nos jours.
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L'impact d'une vie sans fin
Si nous ne devions jamais mourir, nous ne serions plus angoissé face à la mort. Donc dans un premier temps, nous nous libérons d’un poids et on commencerait à faire un pas vers le bonheur. On aurait aussi plus peur de la mort et on gagnerait du temps en n’allant plus ce réconforter dans les bras des religions. L’homme n’a plus à choisir quel est le désir qui est prioritaire sur un autre, puisqu’il a tous son temps il sait par avance qu’il pourra tous les réaliser. Par exemple, il pourra choisir d’avoir plusieurs vies. Dans un premier temps être écrivain, puis professeur et finir médecin. Donc il n’aura pas le difficile choix d’orientation et tout les doutes qu‘il soulève, est-ce que je serai plus épanoui ici, est-ce que j’y arriverai ? Ainsi, l’homme peut préférer vivre sans crainte et sans angoisse. Épargné, il sera libre de choisir sans avoir peur de rater sa vie.
Les limites de l'approche "vivre comme si"
Toutefois, c’est faire oublier la paresse qui peut l’animer son irresponsabilité et son manque de dignité. De plus dans ces deux première parties, l’homme a fait abstraction du temps qui est pourtant réel et qui régit sa vie (il se forme pour lui à sa naissance et s’arrête à sa mort), et il a mis de côté la donné qu’il n’est pas seule, qu’il vit dans une société, une collectivité où lui est imposé des règles. Tout d’abord, l’homme ne doit jamais oublié que le temps est derrière et devant lui, qu’il le constitue, puisqu’il est son passé, qu’il le vit lors de son présent, et qu’il le déterminera avec le futur. Tout le monde sera obligé, par la force des choses, de mourir un jour. Peut-être mourez vous demain dans votre sommeil d’une rupture d’anévrisme, maladie imprévisible ou peut être de vieillesse à un age avancé proche des 120 ans ? Nul ne pourra vous le dire ? On a prédit des avenirs heureux à des gens qui par malheur ont eu un accident et non pu sans remettre. Donc vivre, vivre intensément pour ne rien laisser c’est sans doute une bonne solution, parce que vous n’auriez pas le temps de le faire une fois sous terre. Cependant gare à ne pas prendre plus de risque inconsidéré et de tutoyer la mort.
En effet, L’habitude de courir après le bonheur repenser sa place dans nos vies. Si notre bonheur est continuel, nous pourrions oublier que nous vivons quelque chose d’agréable, nous oublierons l’idée de malheur qui donne tous son sens à l’opposé. Comme le temps, le facteur « humanité » pose problème au raisonnement précédent. Un individu est soumis à sa moral qui peut être bien différente de celle de son voisin, même si la société tente de formater les individus qui la compose. Cet individu peut aussi avoir une idée de la liberté et des contraintes autre que les vôtres. Chaque personne devra se retrouver face à son libre arbitre, sa possibilité de choisir qui pourra ne pas être toujours bon. Cependant, sur le plan moral, Kant a dit que l’humanité en moi et en autrui Est-ce qui confère un caractère sacré, qui oblige absolument et sans restriction au respect. Si un sujet est libre, se sachant sous le sort d’aucune autorité, il pourrai faire n’importe quoi, blesser quelque un accidentellement en ayant auparavant décider qu’être heureux pour lui, c’était ne pas perdre du temps à rouler qu’à 130km/h sur l’autoroute alors que rien ne l’empêcher de rouler plus vite. Notre société repose sur des règles qui permettre son bon fonction et les infractions sont réprimandés, alors il faut pensé au conséquences, ne pas les oublier. Mais pourquoi est-ce que ça devrait nous empêcher d’être heureux, comme l’idée du temps et de la mort prochaine. Ne devrions nous pas repenser notre conception du bonheur, comme Kant. Le bonheur ne pourrai-il pas juste une successions de joie, quelque chose que l’on obtiendrai avec plus ou moins de fréquence, et qui s’étendrait sur des durées plus ou moins longues.
Une perspective critique
Une des leçons que les mourants sont supposés donner aux autres est de vivre chaque jour comme si on devait mourir demain. Alors j'ai essayé: j'ai commandé mon café comme si je devais mourir demain, je suis allé faire une balade comme si je devais mourir demain, j'ai eu des discussions comme si je devais mourir demain. Si j'essayais vraiment de vivre aujourd'hui comme si c'était mon dernier jour, demain serait épouvantable: je me retrouverais avec des tas de trucs à nettoyer, la gueule de bois et des messages inquiets sur ma messageries auxquels il me faudrait répondre. Et même si j'adoptais une approche plus sombre, que je réunissais ma famille pour communiquer mes derniers mots, quelques réflexions ultimes et mes mots de passe… et après? Au début, quand je ne savais pas si mon diagnostic me laissait cinq ans ou cinq mois à vivre, j'avais des pensées mélancoliques qui donnaient à chaque instant une gravité, une importance. Apprécier les plus petits moments de l'existence donne l'impression qu'ils sont tous importants, et en même temps il est impossible de tous les savourer. Ces deux propositions sont vraies. Apprécier ne serait-ce qu'un seul moment par jour serait déjà une prouesse, que j'essaie de réaliser depuis des années. Ce message est affiché dans tous les livres de développement personnel, sur tous les mugs, les coussins et les affiches censés donner un coup de fouet au moral. Ce qui est différent, quand on fait face à la mort, c'est la raison d'apprécier ce moment: il n'en reste plus beaucoup. Certes, il est bon d'être conscient de sa propre mortalité, mais moi je n'ai plus 20 ans. Je l'étais déjà. Ceux qui ne sont pas en train de mourir devraient être juste assez conscients de la finitude de la vie pour comprendre qu'on ne peut pas tout faire. C'est triste, évidemment, de penser à tous les livres que vous ne lirez pas et à tous ces lieux que vous ne visiterez jamais. Mais les limites ne suffisent pas à gâcher nos expériences. En fait, il est fort possible que j'accorde encore plus de prix à chacun de ces livres si je suis conscient que j'en lirai relativement peu dans ma vie. Mais affronter la mort donne une vision trop nette de la finitude de la vie. Choisir une nouvelle lecture alors que la mort me guette, et que toutes mes connaissances vont bientôt disparaître? Établir des priorités en ayant la mort présente à l'esprit, c'est comme travailler avec un délai serré où tout ce qui n'est pas d'une importance cruciale passe à la trappe. Ça marche quand vous êtes en train de mourir, mais ce n'est pas transférable.
Trouver un équilibre
Réaliser les priorités à long terme demande de trouver du sens aux routines banales et ennuyeuses du quotidien. Jouer à la balle avec mon fils n'a rien de remarquable, mais ça a un sens car c'est du temps passé ensemble à le voir se développer et raconter de ce qu'il a dans la tête. Mais aucun jeu de balle, aucune soirée en amoureux, aucun Thanksgiving ou aucun café partagé avec un ami en particulier n'a rien de spécial. Avec le temps, c'est la succession de ces petits riens qui le devient. Prises individuellement, certaines activités peuvent même ne pas être défendables du tout: des centaines de choses de ma vie sont plus importantes que de jouer à la balle cet après-midi. Le cancer m'a montré que j'avais une priorité qui passait avant toutes les autres, et il m'a également volé mes habitudes; il m'a obligé à interrompre mon quotidien pour faire de la place aux opérations, à la convalescence après les opérations, aux nausées des chimios, à l'épuisement. J'ai dû inventer des prétextes pour expliquer à mon fils pourquoi je ne pouvais pas jouer à la balle ou même pourquoi je ne pouvais pas le mettre au lit. Les journaux de cancer laissent entendre qu'il y a une leçon transcendante à recevoir de la part de ceux qui sont confrontés à la mort. Cela ne veut pas dire que les enseignements des mourants ne sont pas valables, mais ils n'ont pas de signification particulière. La mort simplifie les choses d'une manière qui ne sert à rien à ceux qui ne sont pas en train de mourir et cherchent à vivre une vie réussie, pas compliquée ni chaotique. J'espère que malgré les statistiques, j'aurai des années pour oublier ce que cette expérience m'a appris, pour me rappeler de nouveau les priorités que j'ai fait passer à la trappe, tout en sachant -mais sans ressentir le fardeau de ce savoir- que le temps est compté. J'aimerais surtout réussir à ne pas apprécier chaque instant, et à jouer à la balle juste pour jouer à la balle.
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L'approche de Gandhi : Action et apprentissage
Cette célèbre phrase de Gandhi est une exhortation à adopter deux attitudes fondamentales et apparemment contradictoires : l'urgence de l'action et la patience de l'apprentissage. Le premier volet, "Vis comme si tu devais mourir demain", peut être interprété comme un appel à la pleine conscience, à l'authenticité et à l'accomplissement des choses essentielles. Le second volet, "Apprends comme si tu devais vivre toujours", met l'accent sur l'importance de l'éducation continue, de l'humilité face à l'étendue du savoir et de la vision à long terme.
Application concrète
- Dans vos relations : Exprimez votre amour et votre gratitude sans attendre. Résolvez les conflits rapidement.
- Dans votre travail : Donnez le meilleur de vous-même dans vos tâches actuelles, mais investissez aussi du temps dans l'acquisition de nouvelles compétences.
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