Lorsqu’on interroge les parents sur ce qu’ils souhaitent le plus pour leurs enfants, la réponse est presque toujours la même : « qu’ils soient heureux ». Mais peut-on réellement rendre nos enfants heureux ? Et comment les accompagner sur ce chemin parfois semé d'embûches ? Cet article explore des pistes concrètes pour cultiver le bonheur en famille, en tenant compte des spécificités de chaque enfant et des défis de la vie quotidienne.

Comprendre le Bonheur de l'Enfant : Un Mélange Complexe

Le bonheur n'est pas une formule magique, mais plutôt un équilibre délicat entre différents facteurs. Une partie de notre prédisposition au bonheur est génétique, conditionnée notamment par la longueur de notre gène 5HTT. Forcément, les enfants tiennent un peu de nous ou de l’autre parent, ou un mélange des deux. Ceci dit, ce gène ne représente que moins de 50% de notre capacité à être heureux.

Il est certain qu’un enfant qui n’est pas aimé de ses parents, qui est critiqué en permanence, qui vit dans des conditions misérables, qui est en mauvaise santé… devrait avoir plus de difficultés que celui qui est beau, riche, intelligent, gentil… Et pourtant… Toutes les études prouvent que ce sont les personnes qui ont traversé le plus de difficultés qui s’estiment souvent les plus heureuses. Et de cela, nous ne sommes pas maîtres.

L'optimisme, quant à lui, est en partie génétique, mais il s'apprend aussi. Nous aimerions tant protéger nos enfants des difficultés et des échecs. Apprendre à se remettre des difficultés, à pardonner, à résister aux chocs de la vie… Nous ne sommes pas tous égaux pour se faire. Pourtant, il est toujours possible d’apprendre, avec un thérapeute par exemple.

Il est crucial de se rappeler que quelque chose qui peut nous sembler anodin peut être un drame pour eux… ou l’inverse. Même si on leur a donné des outils, on les a accompagnés pour savoir comment se remettre d’un chagrin, d’une colère… au moment où ils les vivent ces sacrées émotions, ils sont seuls à les ressentir, seuls à réagir et face à cela.

Lire aussi: Vivre en Crèche: Analyse

Les Fondations du Bonheur : Sécurité, Liberté et Acceptation

Cela sécurise les enfants de savoir qu’à la maison, il y a des interdits, des choses « non négociables », d’autres qui sont « négociables » et des choses « libres »… comme dans la vie. Il est essentiel de leur offrir un cadre stable et sécurisant, tout en leur laissant la liberté d'explorer et de s'épanouir.

Il est aussi important de croire en ses enfants (sans faire peser non plus des attentes irréalistes sur leurs épaules). Sans jugement sur leurs rêves… Votre enfant rêve d’être astronaute ? Comment l’aider ? Il rêve d’être chanteur ? Comment l’accompagner -sans oublier de « sécuriser » son avenir. Par exemple en disant « si tu as les capacités de devenir chanteur, je t’aiderais. Mais comme peu de chanteurs vivent de leur activité, j’ai besoin que tu « assures tes arrières » avec une formation qui t’aidera à vivre au quotidien.

Il faut faire attention à comment être heureux quand tout le monde pense que vous êtes « une brute », « un imbécile »,« trop lent », « trop… trop… trop… » ou « pas assez… » ? Si pour nous c’est avoir un travail épanouissant, pour votre enfant, ce sera peut-être avoir une vie de famille épanouissante et un « job alimentaire »… ou l’inverse. Personne ne peut imposer sa vision du bonheur à l’autre.

10 Habitudes Simples Pour Cultiver le Bonheur en Famille

Marie-Charlotte accompagne des parents et des professionnels de l’éducation pour les aider dans leur tâche d’éducateurs. Elle est formée au coaching, à la thérapie et crée des formations dans ce domaine. Ah le bonheur… Ce sentiment si agréable et si doux que l’on aime tant ressentir avec son enfant… Et pourtant, comme tu le sais, il n’est pas toujours au rendez-vous ! Il nous fait parfois faux bond ! Surtout lorsque les problèmes au travail s’accumulent, qu’il pleut depuis trois semaines et que les relations avec le conjoint ne sont pas au beau fixe…Et pourtant… Cultiver le bonheur, c’est possible ! Si si ! Et quand je parle de « cultiver le bonheur », je parle de ces petits efforts (qui en réalité, n’en sont pas vraiment) du quotidien afin d’entretenir ce sentiment de sérénité et de joie qui nous fait tant de bien. Dans cet article, je te donne donc 10 conseils simples à mettre en place afin de cultiver le bonheur avec ton enfant et lui donner le goût de la « positive attitude » !

Voici dix habitudes simples à intégrer dans votre quotidien pour cultiver le bonheur avec votre enfant et lui insuffler une attitude positive :

Lire aussi: Un tour du monde d'aventures en famille

1. La Gratitude Quotidienne : « Tu As Aimé Quoi de la Journée ? »

Voilà une question qui est devenue quotidienne chez nous. Chaque soir, au moment du coucher, je demande à mes enfants ce qu’ils ont préféré de la journée. Et si j’oublie, par mégarde, de poser la question, il y en a toujours un pour la poser à ma place ! Et ce petit rituel, simple et sans prétention, cache une dimension plus large, jouant un rôle décisif dans la recherche du bonheur et du bien-être : la gratitude.

La gratitude peut se manifester de différentes manières :

  • Se rappeler chaque soir de 2 ou 3 choses que l’on a particulièrement appréciées dans la journée.
  • Mettre en avant les petites choses que l’on aime dans son quotidien (avoir une petite sœur, avoir une grande chambre, de gentils voisins…).
  • Tenir un journal dans lequel on répertorie les moments de joie partagés en famille.
  • Écrire sur un petit bout de papier un bon souvenir et le stocker dans un bocal. Puis, de temps à autres, consulter un ou plusieurs bouts de papier.

2. Prendre le Temps : Le Lien Avant Tout

Oui, prendre le temps…

  • de parler ensemble ;
  • de partager ;
  • de discuter ;
  • d’établir le contact avec ses proches, tous les jours ;
  • de parler de tout et de rien ;
  • de faire une blague nulle ;
  • de s’ennuyer ;
  • de partager une glace à deux.

En un mot, prendre le temps de créer du lien avec ceux que l’on aime, même si ce n’est que quelques minutes, même si c’est entre deux rendez-vous, même si la glace n’est pas bonne. Même si.

3. Accueillir les Imprévus : Transformer les Obstacles en Opportunités

La vie est riche en imprévus, ça on le sait. Certains sont positifs et d’autres le sont beaucoup moins. Et si on essayait de tirer parti de tout ça ?

Lire aussi: Bien vivre sa grossesse

  • La voiture est tombée en panne ? Et si on partait à l’école à pied ou en trottinette ?
  • Le sac du goûter s’est déchiré ? Et si je prêtais mon propre sac repas ?
  • L’ainé est malade ? Et si on en profitait pour faire une journée off ensemble ?
  • La plus jeune est triste car elle s’est disputée avec sa copine ? Et si c’était l’occasion de discuter et de partager ses propres expériences lorsque l’on était jeune ?

On tire parti de chaque situation, on cherche le beau dans tout, on met en avant l’enseignement que l’on tire de chaque événement décevant et on poursuit sa route. Bon gré, mal gré.

4. Explorer les Cinq Sens : S'émerveiller du Monde

Oui, utiliser ses cinq sens est une source de bonheur et de satisfaction. Et lorsque je parle d’utiliser ses cinq sens, je parle notamment…

  • de marcher en forêt ;
  • de voir un coucher de soleil (ou un lever de soleil si tes enfants sont des lève-tôt !) ;
  • de profiter d’un paysage ;
  • de faire de la pâte à modeler ;
  • d’écrire ;
  • de préparer un goûter ;
  • de marcher ;
  • de jouer à un jeu de société.

5. Valoriser les Qualités : Un Regard Positif

Oui parce que parfois, se faire des compliments mutuels, ça fait du bien ! Alors, quand tu en as l’occasion, n’hésite pas à rappeler à ton enfant les raisons pour lesquelles il n’est pas comme les autres.

Il est peut-être très créatif, ou doté d’une imagination débordante… Il est peut-être doté d’un grand instinct protecteur avec ceux qu’il aime, ou à l’écoute de ses proches… Il est peut-être très sportif ou s’intéresse à des domaines peu communs… Il est sans doute généreux, patient avec son petit-frère ou très bon élève…Et il est peut-être tout ça à la fois ou rien de cela…C’est à toi de repérer les qualités qui sont les siennes et de les lui rappeler. Souvent. Fréquemment.

6. Encourager l'Action : Devenir Acteur de Son Bonheur

Bon, c’est vrai, cette phrase semble tout droit sortie d’une énième formation en développement personnel. Pourtant, c’est promis, aucun copier-coller n’a été fait lors de la rédaction de cet article ! Toute ressemblance avec une formation de développement personnel et de coaching serait purement fortuite.

Alors, les encourager au bonheur, ça veut dire quoi ? Eh bien, cela consiste à les encourager à…

  • entraîner leur cerveau à voir le positif chez l’autre et chez soi ;
  • prendre une habitude positive en toutes circonstances ;
  • identifier ce qui les rend heureux, les déclencheurs, les stimulis ;
  • prendre en main leur bonheur à travers les choses qu’ils aiment faire ;
  • se fixer des objectifs qui motivent et rendent heureux et les atteindre ;
  • se poser des questions telles que : « Qu’est-ce qui me rend heureux ? », « Qu’est-ce qui me fait du bien ? », « Qu’est-ce qui me donne de l’énergie ? »

7. Développer l'Intelligence Émotionnelle : Comprendre et Gérer les Émotions

Pour quelles raisons ? Car cultiver le bonheur c’est aussi prendre conscience que la vie n’est pas toujours « rose » et que des déceptions et des mauvaises nouvelles, il y en a et il y en aura toujours. Alors, autant les affronter, les accepter, les identifier et exprimer les émotions qui les accompagnent.

« Je suis triste parce que… », « Je suis en colère car… », « Je suis déçu par… », « J’ai vraiment peur de… » Voilà des phrases que l’on doit encourager nos enfants à prononcer et pour cela, rien de mieux que de montrer l’exemple !

En aidant ton enfant à développer son intelligence émotionnelle, tu l’encourages à :

  • Comprendre ses émotions.
  • Mettre des mots sur ses maux.
  • Réguler ce qu’il ressent à travers le dialogue et la communication.
  • Accueillir ses émotions et les accepter, sans en avoir honte.
  • Élargir son vocabulaire et améliorer son expression orale.

8. Transmettre l'Optimisme : Voir la Vie en Rose

L’optimisme, ça se transmet ! Voir les choses en blanc, prendre la vie du bon côté, chanter « Hakuna matata »… Eh bien, ça aussi ça s’apprend ! Je ne peux que te recommander d’aider ton enfant à développer une attitude optimiste, à se faire confiance, à vouloir aller de l’avant, à être conscient de ses capacités, à trouver la motivation de faire les choses, à entreprendre…

9. Vivre le Moment Présent : Savourer Chaque Instant

Profiter maintenant, tout de suite… Du ciel bleu, du parc, du repas, de la promenade, du tour en voiture, du goûter avec les voisins…

Vivre le moment présent et en profiter, pour ne pas :

  • Ressasser le passé et les souvenirs douloureux.
  • Angoisser face au futur inconnu, les échéances stressantes qui approchent comme un départ, un examen, etc.

10. Donner du Sens : Un But Dans la Vie

Donner du sens à son quotidien, savoir pour quelles raisons on se lève, définir des objectifs significatifs et motivants, identifier ses valeurs, ses croyances, ce qui nous anime… Tout ça, c’est valable pour nous mais aussi pour nos enfants ! Lui aussi a besoin de donner du sens à sa vie quotidienne en sachant par exemple :

  • Pourquoi il se lève le matin.
  • Ce qui a du sens pour lui.
  • Sa raison d’être.
  • En quoi il croit, d’un point de vue spirituel par exemple.

Le Rôle Crucial du Parent : Bienveillance et Écoute

Catherine Gueguen est pédiatre et a écrit le livre “Pour une enfance heureuse” dans lequel elle expose les dangers de la violence éducative ordinaire sur le développement du cerveau de l’enfant. Catherine Gueguen est devenue une référence dans le monde de l’éducation positive et de la petite enfance. Après un premier livre plutôt axé sciences et théorie, elle propose dans ce deuxième livre “Vivre heureux avec son enfant” une approche plus pratique à travers de nombreux exemples tirés de ses consultations.

“Vivre heureux avec son enfant” est peut-être plus abordable que “Pour une enfance heureuse” dans le sens où les concepts neuroscientifiques sont moins développés. L’emphase est mise sur la gestion du quotidien, les avertissements sur les conséquences négatives de la violence éducative émotionnelle et sur l’aide en cas de grandes difficultés (Que faire quand on n’en peut plus ? Comment s’occuper de son couple?

Catherine Gueguen raisonne en termes de besoins, d’attachement et de maturité du cerveau quand elle aborde les enfants. L’être humain ne naît pas violent, agressif, déprimé. “Mais à la crèche, les enfants mordent, frappent !” Oui, cela est dû à leur âge, à la très grande immaturité de leur cerveau, et non à leur “méchanceté” intrinsèque. Plus l’adulte est bienveillant et empathique avec l’enfant, plus l’enfant devient lui-même empathique et bienveillant.

Connaître l’avancée des recherches sur le cerveau affectif et social de l’enfant est donc essentiel et permet de ne pas porter de jugements erronés sur les enfants. Ainsi, on peut y lire que le cerveau de l’enfant est très immature et qu’il ne peut pas contrôler ses émotions avant 5 ans. Il ne peut pas se calmer seul et mettre des mots sur ses émotions est bénéfique. L’enfant imite les adultes via les neurones miroirs donc l’adulte est un modèle pour l’enfant.

Rassurer l’enfant, le sécuriser, le consoler, l’encourager font sécréter les hormones du bien-être qui donnent du plaisir à vivre, qui rendent créatifs et entreprenants. Écouter ne veut pas dire être d’accord et laisser tout faire. Ecouter, c’est prendre le temps d’être présent et de comprendre.

Quand le parent n’est pas d’accord, il écoute l’enfant, puis il expose brièvement son point de vue avec bienveillance, donne des repères, fait des propositions, demande à l’enfant ce qu’il ressent et ce qu’il pense (en tenant compte de l’âge de l’enfant). Le parent exprime ce qu’il ressent dans sa relation avec lui. Catherine Gueguen propose une vraie réflexion approfondie sur l’éducation en famille et sur l’école. Une société qui se porte bien prend soin de ses membres les plus fragiles : ses enfants.

Conseils Spécifiques Pour les Parents Solos

Il n'est pas toujours facile de vivre avec son enfant ou ses enfants quand on est solo… Être parent solo, c’est remplir seul les fonctions que deux adultes accomplissent souvent ensemble tant bien que mal. La fiche de poste du parent solo a de quoi mener à la surchauffe mentale, et à l’épuisement physique. Il, ou elle, est à la fois baby-sitter, enseignant, psychologue, taxi, infirmier, blanchisseur, directrice administrative et financière, bricoleuse, doudou, conseillère, policière, responsable logistique, cuisinier… 24 h sur 24, à temps plein ou à mi-temps.

Une famille sur quatre est monoparentale dans notre pays et selon l'Insee, dans l'écrasante majorité - dans 84 % des cas -, il s'agit de mères seules qui gèrent le foyer. Comment faire face à toutes ces responsabilités, comment éviter le burn-out parental, comment trouver le chemin de la sérénité, entre les enfants, son travail, sa vie amoureuse, sa vie sociale, ses loisirs ? Comment dépasser le sentiment d’isolement ? Comment trouver les ressources quand l’envie de baisser les bras vous étreint ?

Voici quelques conseils pour les parents solos :

  • Parler et se confier : Ne pas avoir peur de parler de ses difficultés est important. Selon Anne-Catherine Sabas, psychothérapeute, il faut faire ce travail de réconciliation avec soi-même, avec sa situation. Elle déplore le fait que beaucoup de parents solos aient honte, vivent un sentiment d'échec qui n'est évidemment pas justifié. La plupart du temps, ils n'osent pas attirer l'attention sur leur situation, alors qu'il faudrait au contraire ne pas hésiter à parler et à se confier.
  • Faire des deuils : Si l'autre parent s'occupe aussi des enfants, à temps partagé ou occasionnellement, on va forcément manquer certains moments avec eux. Mieux vaut l'accepter. Parfois, d'autres petits deuils sont à faire en raison des budgets souvent serrés dont les familles monoparentales disposent. Anne-Catherine Sabas explique qu'il est possible d'en parler aux enfants : "On a le droit de dire à ses enfants : 'Tu sais, c'est un peu difficile ce mois-ci' ou 'on va devoir faire quelques efforts'. On va apprendre à faire des choix parce que c'est aussi comme ça qu'on apprend à nos enfants à pouvoir s'intégrer dans un monde où il y a des limites, où un budget n'est pas extensible. Et ça, je crois qu'il ne faut pas le perdre de vue. On ne doit pas tout réussir tout le temps, ça n'existe pas."
  • Tisser des liens : C'est important de ne pas être isolée, d'être entourée. Anne-Catherine Sabas le dit : "Tisser des liens avec peut-être d'autres membres de la famille qui peuvent servir de relais de temps en temps ou avec d'autres parents solos.
  • Lâcher du lest et se réserver des moments à soi : Bien sûr, quand on a un quotidien bien chargé, ce n'est pas facile de s'accorder du temps mais selon les invités de l'émission, cela est nécessaire de décompresser parfois. Anne-Catherine Sabas dit que tous les parents solos qui viennent dans son cabinet, quel que soit le nombre d'enfants, sont fatigués. Pour elle, il est important d'essayer de trouver du temps pour soi : "Il va falloir apprendre à trouver des plages horaires où on peut décompresser. Cela peut être après que les enfants soient couchés, ça peut être en s'organisant à certains moments. Quand ils sont à l'école, quand ils ont des vacances. Il y a aussi des colonies, qu'il ne faut pas oublier, et toutes les activités des enfants pour décompresser, pour ne rien faire, pour penser à soi. C'est très important. L'énergie, c'est la base."

tags: #vivre #heureux #avec #son #enfant #conseils

Articles populaires: