La vitamine D est essentielle pour la croissance et le développement des nourrissons, mais sa supplémentation peut parfois être associée à des coliques. Cet article vise à informer les parents sur le rôle de la vitamine D, les risques potentiels liés à la supplémentation, et les alternatives possibles pour assurer le bien-être de leur bébé.
Importance de la vitamine D chez les nourrissons
La vitamine D joue un rôle crucial dans la croissance des enfants, en particulier pour la consolidation des os et le renforcement musculaire. Elle favorise l'absorption du calcium, indispensable pour la formation et le maintien d'une ossature solide. La vitamine D est également importante pour le système immunitaire.
En France, la supplémentation en vitamine D est fortement recommandée dès la naissance pour prévenir le rachitisme, une maladie du développement osseux causée par une carence sévère en vitamine D. Le lait maternel contenant peu de vitamine D, une supplémentation est généralement prescrite par précaution à tous les bébés allaités. Les aliments diététiques lactés pour nourrissons sont enrichis en vitamine D (400 à 600 UI/l en moyenne). La dose journalière recommandée chez les enfants sans problème de santé est de 400 UI.
Risques liés à la supplémentation en vitamine D
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) met en garde contre les risques liés à la supplémentation en vitamine D à l’aide de compléments alimentaires en vente libre. La concentration des gouttes peut être mal connue et variable selon les produits, ce qui augmente le risque de surdosage.
Un surdosage en vitamine D peut entraîner une hypercalcémie (taux de calcium trop élevé dans le sang), compromettant le fonctionnement normal des reins. En 2020, l’ANSM a signalé deux cas graves d’intoxication suite à l’utilisation d’un complément acheté sur Internet, dont chaque goutte contenait 10 000 UI de vitamine D.
Lire aussi: Deuxième trimestre de grossesse : quelles vitamines ?
Il est donc crucial de respecter scrupuleusement la posologie prescrite par le médecin et de ne pas multiplier les sources de vitamine D sans avis médical.
Médicaments avec autorisation de mise sur le marché (AMM)
Pour assurer les besoins en vitamine D des enfants en toute sécurité, l’ANSM conseille de s’en tenir aux médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM), prescrits par les médecins et délivrés sur ordonnance. Ces spécialités disposent d’une notice conçue pour encadrer l’usage quotidien, contrairement aux compléments alimentaires.
Trois médicaments sont actuellement disponibles sous forme de gouttes pour les plus petits : Adrigyl, Deltius et ZymaD. Il est important de vérifier avec le médecin que le nombre de gouttes donné correspond bien aux apports recherchés.
L’ANSM rassure également les parents qui se méfient des excipients utilisés dans ces médicaments et préfèrent les compléments alimentaires. Il semble que les médicaments cités ne posent pas de problème sérieux de sécurité.
Vitamine D et coliques : le lien possible
De nombreux parents ont observé un lien entre la prise de vitamine D (notamment Zyma D et Adrigyl) et l'apparition de coliques chez leur bébé. Une idée qui circule, s’amplifie sur les forums, alimente les discussions entre biberons et nuits courtes. Alors, mythe parental ou fond de vérité ?
Lire aussi: Sources de vitamines pour enfants
Certains parents mettent en cause les excipients présents dans ces médicaments, notamment l’essence d’orange douce, utilisée pour améliorer le goût, mais qui pourrait irriter les intestins sensibles des bébés. Ce cocktail, pourtant banal pour un adulte, peut provoquer de petits désordres digestifs chez un organisme encore en rodage.
Il suffit de taper « Zyma D colique » sur un moteur de recherche pour tomber sur des dizaines de témoignages. Une maman confie sur un forum : « Mon fils hurlait tous les soirs, je pensais que c’était normal. Puis une copine m’a parlé de Zyma D. On a arrêté. Trois jours plus tard, plus rien. C’était bluffant. Est-ce une coïncidence ? Peut-être. D’autant que les coliques sont extrêmement fréquentes entre 4 et 12 semaines, période où le système digestif se met en place. Selon Mpedia, environ 30 % des nourrissons sont concernés par ces douleurs abdominales.
Jusqu’ici, aucune étude médicale rigoureuse n’a établi de lien direct entre Zyma D et les coliques. Mais ce n’est pas parce qu’aucune preuve formelle n’existe que le ressenti des parents doit être balayé. Certains bébés peuvent avoir une sensibilité individuelle aux excipients présents dans Zyma D. Par ailleurs, des effets secondaires rares mais notifiés dans la base publique des médicaments incluent des troubles digestifs, des nausées ou de l’irritabilité.
Alternatives à Zyma D et Adrigyl
Si vous suspectez que la vitamine D que vous donnez à votre bébé est à l'origine de coliques, parlez-en à votre pédiatre. Il pourra vous proposer de changer de formule. Il existe des alternatives à Zyma D et Adrigyl qui contiennent uniquement de l’huile végétale en plus des vitamines, par exemple la vitamine D de chez Pediakid, Argalys, ou autres.
Ces alternatives sont souvent mieux tolérées car elles ne contiennent pas d’huile essentielle. Les parents qui changent de vitamine pour une de ces alternatives constatent souvent une nette amélioration du reflux, voire une suppression totale des symptômes.
Lire aussi: Guide complet sur la Vitamine K1 Cheplapharm
Il est important de noter que ces alternatives ne sont pas classées dans la catégorie des médicaments et ne sont donc pas celles recommandées en première intention par les pédiatres. Si vous changez de vitamine D, relisez bien le mode d’emploi et adaptez la posologie en conséquence.
Autres causes possibles de coliques
Il est important de noter que les coliques peuvent avoir d'autres causes que la supplémentation en vitamine D. Parmi les causes possibles, on peut citer :
- L'immaturité du système digestif du bébé : Le tube digestif du bébé est immature, la valve qui ferme l’estomac n’est pas parfaitement étanche et le lait remonte. Cette valve devient mature à partir du 6ème mois de bébé. Les régurgitations sont fréquentes chez deux tiers des nourrissons et s’estompent naturellement avec l’acquisition de la posture assise, puis debout.
- Une mauvaise technique d'alimentation : Une erreur fréquente des parents est de vouloir diminuer trop rapidement le nombre de biberons/j. Mieux vaut tenir bébé en position semi-assise et non allongé. Pour encourager votre tout petit à ouvrir grand la bouche, venez avec la tétine toucher sa lèvre supérieure. De ce fait, il ouvrira sa bouche comme il le ferait au sein. Mettez le biberon parallèle au sol. Le fait que le biberon soit en position horizontale aidera à contrôler le débit du lait. Il faut juste garder l’extrémité de la tétine remplie de lait. Vous devrez donc incliner le biberon légèrement tout au long de l’allaitement. Au fur et à mesure que le biberon se vide, vous devrez l’incliner un peu plus. Surveillez votre bébé et les signes qu’il vous montre. Laissez-le téter et avaler à son propre rythme. S’il fait une pause en buvant, remettez le biberon en position horizontale pour que le débit de lait se stoppe. Quand bébé montre qu’il veut recommencer à téter, attendez qu’il ait démarré la succion et ensuite inclinez légèrement le biberon. Faites des pauses régulièrement et faite-lui faire des rots afin d’éviter les douleurs de ventre ! Alternez les côtés pour le porter (bras Gauche puis bras droit) en changeant par exemple à chaque biberon. Un peu comme lors de l’allaitement! Les rots sont très importants pendant et après la tétée car l’air avalé en tétant ressort de l’estomac et ne participe donc pas à l’étirement de celui-ci. Un bébé qui vient de téter ne devrait pas être allongé sur le dos pendant au moins 20 minutes. Le portage en écharpe (ou porte bébé) est idéal après les tétées car la gravité permet au lait de rester bien au fond de l’estomac jusqu’à ce qu’il soit digéré. On peut aussi allonger bébé contre le ventre de maman ou papa pour se reposer/dormir après la tétée. Cette position ventre contre ventre favorise la vidange de l’estomac.
- Une allergie au lait de vache : De plus en plus de nourrissons y sont sujets, même à travers le lait maternel quand la maman consomme des produits laitiers. Chez les bébés allergiques on observe parfois aussi de l’eczéma et/ou des problèmes digestifs (constipation ou diarrhée).
- Des tensions ostéopathiques : Le reflux est parfois causé par des verrouillages dû à la position de votre bébé dans le ventre de maman ou suite à l’accouchement.
Conseils pour soulager les coliques
En plus d'adapter la supplémentation en vitamine D, voici quelques conseils pour soulager les coliques de votre bébé :
- Assurez-vous que votre bébé tète correctement : Les bébés allaités ont également moins de RGO car le lait maternelle est plus digeste, comme il se digère plus rapidement, la vidange de l’estomac est donc plus facile. Dès la naissance, même si à la maternité on vous propose des biberons « tout prêt », prévoyez un biberon à vitesse dans lequel vous transvaserez le lait fournis.
- Massez doucement le ventre de votre bébé :
- Donnez-lui un bain chaud :
- Bercez-le et câlinez-le : Je vous recommande donc de rester sur une supplémentation en Vitamine D par du ZymaD, en baissant à 2 gouttes par jour, et en traitant les « souffrances » de votre bébé par du portage, des câlins, du peau-à-peau, de l’application des recommandations pour la période de l’attachement.
- Essayez les probiotiques : L’autre levier, ce sont les probiotiques (comme BioGaia), parfois proposés en complément pour soutenir la flore intestinale.
tags: #vitamine #d #et #coliques #bébé
