La vitamine D joue un rôle crucial non seulement pendant la grossesse, mais aussi durant la petite enfance. Cet article détaille l'importance de la vitamine D, le moment opportun pour sa prise, le dosage approprié pour les bébés, et les risques potentiels associés à un surdosage.

Rôle Essentiel de la Vitamine D

La vitamine D est indispensable à l'organisme. Elle est essentielle pour la croissance osseuse car elle permet l'assimilation du calcium et du phosphore par l'organisme. Elle prévient donc la maladie des os mous, connue sous le nom de rachitisme. Bien qu'il puisse être recommandé de recourir à des suppléments à tout âge, ils sont indispensables pendant la grossesse et pour les nouveau-nés.

Dès la naissance, la vitamine D est essentielle au développement du squelette et de la dentition de l’enfant. Elle facilite également le fonctionnement des muscles, du système nerveux et participe à l’amélioration des défenses immunitaires. L’exposition limitée au soleil, afin de protéger la peau de bébé, et les périodes hivernales diminuent la photosynthèse cutanée de la vitamine D. On ne le sait pas toujours, mais le lait maternel est pauvre en vitamine D et les laits infantiles, même s’ils sont systématiquement enrichis en vitamine D, n’en apportent pas suffisamment pour couvrir les besoins de bébé. En moyenne, les nouveau-nés ont donc un apport supplémentaire en vitamine D jusqu’à 18 ou 24 mois. À partir de ce moment et jusqu’à 5 ans, on administre un supplément uniquement l’hiver.

Dosage Recommandé de Vitamine D

L’enfant a besoin chaque jour de 1000 unités de vitamine D (UI) maximum, soit trois à quatre gouttes des spécialités pharmaceutiques que l’on trouve dans le commerce. La posologie dépendra de la pigmentation de la peau, des conditions d’ensoleillement et d’une éventuelle prématurité. Pendant l’hiver, où l’exposition au soleil est diminuée, le médecin prescrit 2 doses en ampoule de 80 000 ou 100 000 UI (unités internationales), espacées de trois mois. On donne soit les deux ampoules, soit une seule ampoule par an de vitamine D, mais dosée à 200 000 UI. Avant 18 ans, s’il est en bonne santé sans présenter de facteurs de risque, il ne faut pas dépasser une moyenne de 400 UI par jour.

Au cours du 7e ou du 8e mois de grossesse, on recommande à la femme enceinte un complément en vitamine D, principalement pour éviter une carence en calcium chez le nouveau-né, dite hypocalcémie néonatale. Par ailleurs, on a remarqué que l’apport en vitamine D pendant la grossesse aurait un effet bénéfique sur la réduction des allergies chez les bébés et participerait également au bon état général et au bien-être de la femme enceinte. Les femmes enceintes ont également besoin de vitamine D pour renforcer leur système immunitaire et consolider leurs os.

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Production et Stockage de la Vitamine D

La vitamine D est produite par la peau au contact des rayons du soleil, puis stockée dans le foie afin d’être disponible pour l’organisme. Certaines huiles sont enrichies en vitamine D, allant même jusqu’à couvrir 100 % du besoin quotidien avec 1 cuillère à soupe. Mais avoir un apport suffisant de vitamine D, sans apport suffisant de calcium par ailleurs, n’est pas très efficace, car la vitamine D n’a alors pas grand-chose à fixer sur l’os !

Risques de Surdosage et Conduite à Tenir

Si les parents suspectent un surdosage en vitamine D, ils peuvent prendre rendez-vous avec le médecin traitant. Face aux symptômes du bébé, le professionnel de santé décidera d’arrêter la supplémentation en vitamine D, afin d’évaluer les risques.

Métabolisme de la Vitamine D Pendant la Grossesse

Durant la grossesse, le taux plasmatique de 25(OH)D, la forme circulante de la vitamine D, est corrélé à l’apport alimentaire. Le taux de 1.25(OH)2D, la forme circulante active de la vitamine D, est élevé durant la grossesse à un taux au-delà de 200 pmol/l. Le fœtus est entièrement dépendant de sa mère pour son apport en vitamine D et il existe une corrélation hautement significative entre les taux plasmatiques maternel et fœtal de 25(OH)D.

Le métabolisme phosphocalcique et celui de la vitamine D chez la femme enceinte ont été étudiés en détail, mettant en évidence l’importance du statut vitaminique D maternel sur le contenu minéral osseux du fœtus. La vitamine D2 ou ergocalciférol est produite dans les plantes par l’irradiation des ergostérols par les ultraviolets. Les vitamines D2 et D3 sont équivalentes en terme d’activité vitaminique D quand elles sont présentes dans le régime alimentaire.

Absorption et Transformation de la Vitamine D

Les vitamines D liposolubles sont absorbées dans l’intestin et transportées par le système lymphatique au foie. Vitamine D2 et D3 sont captées par les cellules hépatiques pour être transformées en 25(OH)D par hydrolylation sur le carbone 25 sous l’influence d’une 25 hydroxylase. La 25(OH)D plasmatique représente la principale forme circulante de vitamine D et ainsi la concentration plasmatique de 25(OH)D doit être regardée comme un bon index du statut vitaminique D d’un individu. Son taux doit être supérieur à 40 nmol/L.

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Chez l’humain, la synthèse endogène après exposition au soleil est une source importante de vitamine D. Mais des variations saisonnières du taux plasmatique sont observées chez l’adulte et l’enfant. En particulier au printemps dans les pays nordiques ou en France dans le Nord les taux plasmatiques sont très bas, inférieurs à 40 nmol/L.

Régulation du Métabolisme de la Vitamine D

Transportée par le plasma, la 25(OH)D est amenée aux cellules proximales du tube contourné rénal où une variété de métabolites sont synthétisés. La diminution du calcium plasmatique ionisé et l’élévation de la sécrétion de parathormone (PTH) stimulent la synthèse de la 1.25-(OH)2D. Au contraire, une concentration élevée de ce métabolisme inhibe la sécrétion d’hormone parathyroïdienne (PTH). La 1.25-(OH)2D est responsable de l’absorption intestinale du calcium par le duodénum, en synergie avec elle, la PTH stimule la mobilisation du calcium à partir de l’os en agissant sur la résorption osseuse. Il a été démontré que la 1.25-(OH)2D agit par l’intermédiaire de récepteurs de surface membranaire alors qu’il n’existe aucun récepteur pour la vitamine D ou la 25 OHD.

Modifications du Métabolisme Phosphocalcique Pendant la Grossesse

Durant la grossesse, les modifications du métabolisme phosphocalcique sont nombreuses. En particulier la concentration sanguine du calcium total diminue progressivement pour atteindre une valeur comprise entre 2 et 2.2 mmol/L à la fin du dernier trimestre. En revanche, le calcium ionisé plasmatique ne varie pas. Le taux plasmatique de 25 OHD au cours de la grossesse est en relation avec l’apport alimentaire en vitamine D, la saison de l’année et la résidence de la mère plus qu’en rapport avec le stade de la grossesse.

Lorsque l’apport en vitamine D exogène ou endogène est suffisant, la concentration en 25 OHD plasmatique chez la femme gestante est normale et non différente de celle observée chez une femme non gestante. A l’inverse, la concentration en 25(OH)D plasmatique est abaissée si les apports exogènes ou la synthèse endogène sont abaissés. Toutefois la grossesse par elle-même serait capable de perturber le métabolisme de la vitamine D au cours des dernières semaines de la gestation. En effet, à cette période de la grossesse, le taux de 25(OH)D n’est plus corrélé avec l’apport en vitamine D et devient moindre chez la femme enceinte que chez la femme non enceinte.

A l’inverse, le taux plasmatique de 1.25-(OH)2D maternel s’élève significativement durant toute la grossesse et ce dès la conception pour atteindre au moment de l’accouchement des valeurs supérieures à 200 pmol/L alors que la normale est comprise entre 60 et 80 pmol/L. La première hypothèse tendant à expliquer cette augmentation de la 1.25-(OH)2D plasmatique serait l’existence d’une hyperparathyroïdie physiologique pendant la grossesse. Mais plusieurs études ont montré que les taux circulants de PTH immunoréactive étaient tout à fait normaux. Plus récemment Allgrove et coll. ont montré que la fraction biologiquement active de la PTH était légèrement plus élevée au cours de la grossesse pouvant ainsi expliquer partiellement l’augmentation de synthèse de 1.25-(OH)2D.

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Il a été constaté une augmentation au cours de la grossesse de la protéine transporteuse de la vitamine D (vitamin D Binding Protein ou DBP). Ces auteurs ont montré que le taux de cette protéine augmente de la dixième semaine au troisième trimestre de la gestation si bien que l’élévation du taux de 1.25-(OH)2D pourrait être secondaire à l’élévation de la protéine transporteuse, sans qu’il n’y ait de modification de la fraction libre de la 1.25-(OH)2D plasmatique. Enfin, Delvin et coll et Weisman et coll. ont montré l’existence d’une synthèse placentaire de 1.25-(OH)2D au cours de la grossesse. En effet les cellules déciduales placentaires du côté maternel sont capables, in vitro , d’hydroxyler la 25(OH)D en 1.25-(OH)2D, si bien que l’élévation plasmatique de la 1.25-(OH)2D observée chez la femme enceinte serait due à une synthèse extra-rénale.

Études sur le Métabolisme Phosphocalcique Fœtal

Les études du métabolisme phosphocalcique fœtal ne se font pratiquement qu’au moment de l’accouchement. Pour cette raison celle des prématurés à la naissance est très informative car elle permet l’étude de ce métabolisme au cours du dernier trimestre de la grossesse. Comme pour la quasi-totalité des mammifères, la concentration plasmatique du calcium chez le fœtus humain est supérieure à celle de la mère au cours du dernier trimestre de la gestation.

A l’inverse de la calcémie, le taux des métabolites plasmatiques de la vitamine D est toujours plus bas chez le fœtus que chez la mère. Le taux plasmatique de 25(OH)D représente environ 60-70 % du taux maternel. Il est significativement corrélé avec le taux de la mère. Le taux de 25(OH)D est détectable dès la 22e semaine de gestation. La 1.25-(OH)2D est également détectable chez le fœtus humain dès la 22e semaine de gestation le taux étant toujours plus bas chez le fœtus que chez la mère.

La synthèse rénale de 1.25-(OH)2D par le fœtus a été montrée dans des modèles animaux (lapin, mouton, cochon et rat). En particulier, Ross a montré que chez la brebis une néphrectomie pratiquée chez le fœtus diminue considérablement le taux circulant fœtal de 1.25-(OH)2D. Par ailleurs, nous avons montré que chez le fœtus humain anéphrique (agénésie rénale congénitale aboutissant au syndrome de Potter) le taux plasmatique de 1.25-(OH)2D était de deux tiers plus bas que chez le fœtus normal de même âge gestationnel.

Ainsi, le pool vitaminique D du fœtus dépend de celui de la mère expliquant la fréquence des hypocalcémies néonatales dans les pays où les mères sont carencées en vitamine D. La 1.25-(OH)2D traverse le placenta dans certaines espèces (brebis, vache) mais pas dans d’autres (rat, lapin). Chez l’humain, les études sont assez contradictoires mais il semble néanmoins que la fraction libre non liée à la protéine transporteuse (DBP) puisse traverser le placenta. Chez les mères traitées par 1.25-(OH)2D pour une hypoparathyroïdie ou un rachitisme vitaminorésistant par exemple, les taux circulants observés chez le fœtus sont très élevés suggérant que la 1.25-(OH)2D administrée à titre thérapeutique et restée sous forme libre ait pu traverser le placenta.

Conséquences de la Carence en Vitamine D

Dans les populations mal nourries avec apport calcique faible où coexiste habituellement une déficience en vitamine D, les enfants présentent à la naissance un rachitisme plus ou moins sévère responsable de fractures osseuses. Brooke a constaté chez des femmes asiatiques végétariennes vivant à Londres des taux circulants de vitamine D très bas ; 36 % des femmes et 32 % des enfants avaient même des taux indétectables de 25(OH)D et 50 % des enfants avaient des taux de phosphatases alcalines très élevés à la naissance.

Dans une étude randomisée en double aveugle, il a été montré qu’une supplémentation en vitamine D durant le dernier trimestre de la grossesse (1 000 UI/j) était efficace pour augmenter le statut vitaminique D de la mère et du fœtus, en outre, le groupe d’enfants non traités avait un poids de naissance inférieur et un défaut d’ossification pathologique par rapport au groupe contrôle. Plus récemment Delvin et al. ont rapporté dans des études contrôlées que l’administration de vitamine D en fin de grossesse (soit 1 000 UI/j ou une dose de charge de 100 000 UI au début du 3e trimestre) entraînait une meilleure adaptation du métabolisme phosphocalcique chez le nouveau-né à terme ou prématuré avec diminution de la chute de la calcémie en période néonatale.

Contenu Minéral Osseux et Vitamine D

Il est possible d’étudier le contenu minéral osseux de l’ensemble du squelette d’un nouveau-né grâce à l’absorptiométrie aux rayons X à double énergie (Dual energy X Ray absorptiometry ou DXA). Des études ont montré que les enfants naissant en France ont un contenu minéral osseux inférieur à celui des nouveau-nés américains. Il est possible que cette observation soit en rapport avec une certaine carence en vitamine D des femmes enceintes en France par rapport au statut des femmes nord-américaines. En effet, nous savons que les femmes enceintes françaises ont des taux bas de 25(OH)D circulants, se situant parfois dans les limites des taux associés au rachitisme (inférieurs à 25 nmol/L).

Recommandations pour la Supplémentation en Vitamine D

Toutes ces études montrent qu’il existe une corrélation étroite entre le statut vitaminique D de la mère et celui du fœtus et que le statut vitaminique de la mère influence significativement l’homéostasie calcique néonatale et la minéralisation osseuse du fœtus et par conséquent du nouveau-né. Plus simplement une dose de charge de l’ordre de 100 000 U peut être administrée au début du 3e trimestre de la grossesse. Les obstétriciens et les pédiatres doivent veiller à assurer des apports en vitamine D durant la grossesse et dès les premiers jours de vie du nouveau-né en maternité. Chez la femme enceinte, les doses de vitamine D sont soit de 1 000 UI par jour durant le dernier trimestre de la grossesse soit une dose unique de 100 000 UI au début du 3e trimestre (Collège des obstétriciens 1997).

Importance d'un Bon Statut en Vitamine D

Un bon statut en vitamine D est particulièrement important pour le développement du fœtus et le bon déroulement de la grossesse. Pendant la grossesse, les besoins en vitamine D augmentent naturellement afin de répondre à la fois aux exigences de la maman et à celles du développement du fœtus. En France, les autorités de santé recommandent un apport quotidien de 15 μg, soit 600 UI (unités internationales), de vitamine D pour les femmes enceintes.

Il est conseillé de contrôler les taux de vitamine D avant un projet de grossesse ou dès les premières semaines. Les apports doivent être surveillés, car les besoins augmentent avec le développement du bébé. Pendant l’allaitement, il est essentiel d’assurer des apports suffisants pour couvrir à la fois vos besoins et ceux de votre bébé. En cas de déficit, une supplémentation en vitamine D peut être recommandée pendant la grossesse.

Comment Optimiser son Apport en Vitamine D

Maintenir un taux adéquat de vitamine D tout au long de la grossesse est crucial, tant pour la santé de la mère que celle du bébé. Cela repose sur une alimentation équilibrée, une hygiène de vie adaptée, et parfois une supplémentation. Une exposition quotidienne de 15 à 20 minutes, bras et visage découverts, en dehors des heures les plus chaudes, permet à l’organisme de synthétiser naturellement la vitamine D grâce à la lumière du soleil. Pour maintenir un statut optimal, pensez à enrichir vos apports alimentaires en vitamine D.

Vitamines Essentielles Pendant la Grossesse

Lors de la grossesse, le cordon ombilical relie le fœtus à sa maman, en acheminant les nutriments à partir des réserves du corps. Le bébé puisera toujours ce dont il a besoin dans l’organisme de la mère. Le risque de carence ne concerne donc pas l’enfant mais la femme enceinte, qui doit s’assurer de toujours avoir les réserves nécessaires. Parfois, l’alimentation à elle seule ne suffit pas à combler tous les besoins.

En plus de la vitamine D, d'autres vitamines sont essentielles pendant la grossesse :

  • Acide folique (vitamine B9) : Impliqué dans la formation des nouveaux tissus du bébé, notamment les cellules du sang, du cerveau, du système nerveux et de la colonne vertébrale. Le besoin en folates augmente de plus de 30%, pour se situer entre 0,4 et 0,8 mg par jour.
  • Vitamine B12 : Intervient dans le processus de division cellulaire et dans la production des globules rouges. Elle contribue également au fonctionnement normal du système immunitaire et à la réduction de la fatigue.
  • Fer : Aide à capter l’oxygène dans les poumons et à le transporter dans le reste du corps. Les besoins en fer augmentent proportionnellement au volume de sang présent dans le corps.
  • Calcium : En synergie avec la vitamine D, il participe à la consolidation des os et des dents de bébé. Chez la maman, le calcium contribue au métabolisme énergétique et à une coagulation sanguine normale.
  • Oméga-3 : Ils participent au bon développement du cerveau du fœtus.
  • Iode : Impliqué dans la formation du cerveau, il joue également un rôle dans la fonction hormonale et le métabolisme énergétique.
  • Vitamine A : Essentielle pour le maintien du système immunitaire et le métabolisme du fer. Sa consommation doit être contrôlée pour éviter tout risque de malformations chez le fœtus.

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