L'allaitement maternel est une période cruciale où la nutrition de la mère joue un rôle essentiel pour sa santé et celle de son bébé. Cet article, basé sur des avis médicaux et des recommandations, vous guide à travers les besoins en vitamines pendant l'allaitement, les sources alimentaires, la supplémentation et les précautions à prendre.
Introduction
Tout au long de la grossesse, une alimentation variée et équilibrée permet non seulement de couvrir nos besoins nutritionnels mais aussi ceux de notre bébé, et favorise sa croissance harmonieuse. L'allaitement maternel exige un apport nutritionnel supplémentaire afin de répondre aux besoins croissants de la mère et du bébé. Lorsque vous allaitez, votre corps travaille dur pour produire du lait maternel riche en nutriments, et les vitamines jouent un rôle crucial dans ce processus.
L'importance des vitamines pendant l'allaitement
Pendant l'allaitement, il est essentiel que la mère consomme une alimentation équilibrée et variée afin de satisfaire ses besoins nutritionnels accrus. Les vitamines sont particulièrement importantes, car elles aident à maintenir la santé générale de la mère et à soutenir la production de lait maternel. Les vitamines ont une incidence directe sur la qualité du lait maternel. Une consommation adéquate de vitamines garantit que le lait maternel contient tous les nutriments nécessaires pour soutenir la croissance et le développement du bébé. Par conséquent, une carence en vitamines chez la mère peut entraîner une diminution de la qualité du lait maternel et affecter la santé du bébé.
Vitamines clés et leurs sources alimentaires
Lorsque vous allaitez, il est essentiel de consommer des aliments riches en vitamines pour maintenir votre propre santé et celle de votre bébé. Les vitamines A, C, D, E et K sont particulièrement importantes pendant cette période. Il est recommandé de consommer une variété d'aliments pour obtenir ces vitamines de manière naturelle. Les aliments riches en vitamine A comprennent les carottes, les patates douces, les épinards et les abricots. Les agrumes, les fraises et les kiwis sont d'excellentes sources de vitamine C. Pour la vitamine D, vous pouvez vous exposer au soleil pendant de courtes périodes ou consommer des aliments tels que le saumon, les sardines et les œufs. Les noix, les graines, les avocats et les épinards sont riches en vitamine E.
Vitamine A
La vitamine A est essentielle à la santé des yeux, de la peau et des tissus de l'organisme. Pendant l'allaitement, il est important de consommer suffisamment de vitamine A pour soutenir la croissance et le développement du bébé, ainsi que pour maintenir la santé de la mère. Les carottes sont riches en bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A. Le bêta-carotène est un pigment naturel qui donne aux carottes leur couleur orange vif. Lorsque vous consommez des carottes, votre corps convertit le bêta-carotène en vitamine A, ce qui est essentiel pour la santé de vos yeux et de votre peau.
Lire aussi: Deuxième trimestre de grossesse : quelles vitamines ?
Vitamine D
La vitamine D est cruciale pour la santé osseuse et immunitaire. Pendant l'allaitement, il est recommandé de prendre des suppléments de vitamine D, car la plupart des femmes n'en reçoivent pas suffisamment par leur alimentation seule. La vitamine D est souvent appelée la "vitamine du soleil" car notre corps est capable de produire de la vitamine D lorsque notre peau est exposée aux rayons du soleil. Cependant, pendant l'allaitement, il peut être difficile d'obtenir suffisamment de vitamine D uniquement par l'exposition au soleil.
Rappelons que les besoins pour une femme allaitante sont de 400ui à 2000ui/jour. Car la femme enceinte et allaitante peut facilement avoir un déficit de vitamine D, on appelle cela une hypovitaminose. Ceux des bébés allaités sont de 1000ui à 1200ui /jour. Et 1200ui à 1600ui/jour pour les bébés prématurés et ceux avec une peau pigmenté. 400ui à 600ui sont nécessaire pour des bébés nourris aux PCN. Principalement grâce à l’exposition aux UVB, mais on en retrouve aussi dans l’alimentation (poisson gras, saumon maquereaux ect), le jaune d’œuf et certains champignons. La métabolisation de la vitamine D est propre à chaque personne, et peut être différente en fonction de la pigmentation de la peau et du poids. Une personne à la couleur de peau plus foncée, contenant donc plus de melanine ou une personne obèse aura du mal à métaboliser la vitamine D. Les besoins pourront donc être potentiellement augmentés. Ça depends aussi du de la latitude, de la saison, de l’heure et de la durée d’exposition aux UVB (Attention les fenêtres filtrent les UVB), de la surface de peau exposée et d’utilisation ou pas de crème solaire.
Vitamine C
La vitamine C est un antioxydant puissant qui renforce le système immunitaire et favorise la cicatrisation des plaies. Pendant l'allaitement, il est important de consommer suffisamment de vitamine C pour maintenir la santé de la mère et prévenir les carences chez le bébé. Les agrumes sont non seulement riches en vitamine C, mais qu'ils contiennent également d'autres nutriments bénéfiques pour vous et votre bébé. Par exemple, les oranges sont une excellente source de fibres, ce qui peut aider à prévenir la constipation pendant l'allaitement. De plus, les agrumes sont également riches en eau, ce qui peut vous aider à rester hydratée pendant cette période importante de votre vie.
Compléments alimentaires : nécessité et précautions
En grande distribution ou en pharmacie on trouve de nombreux compléments alimentaires. Que ce soient des gélules, poudres, ampoules,… il est recommandé de ne pas en prendre sans avis médical, pour éviter tout risque de surdosage. Et parce que certains compléments alimentaires ne sont pas adaptés à la grossesse et l’allaitement.
Dans certains cas, les suppléments vitaminiques peuvent être recommandés pour combler les lacunes nutritionnelles. Consultez votre médecin pour savoir si vous avez besoin de suppléments vitaminiques spécifiques pendant l'allaitement. Une surconsommation de vitamines peut entraîner des effets indésirables pour la mère et le bébé. Par conséquent, il est essentiel de respecter les doses recommandées et de ne pas dépasser les apports quotidiens recommandés en vitamines.
Lire aussi: Sources de vitamines pour enfants
Vitamine B9 (Acide folique ou folates)
La vitamine B9 est aussi appelée « acide folique » ou « folates ». Il est fortement recommandé de s’en faire prescrire sous forme de supplément médicamenteux. Cela dès le projet de grossesse pour être efficace. Cela permet de s’assurer que bébé en reçoit une quantité suffisante quand il forme ses organes. Ne pas hésiter à en parler au médecin ou à la sage-femme lors de la consultation de préparation à la grossesse. L’apport en folates est capital dans la prévention d’une malformation du système nerveux de l’enfant, le spina bifida. Idéalement, l’apport en folates doit être optimal plusieurs semaines avant le début de la grossesse, en particulier chez les femmes de moins de vingt ans, chez celles qui fument et chez celles dont la grossesse suit immédiatement l’arrêt des contraceptifs oraux (pilule). Le médecin peut prescrire des compléments riches en folates.
Calcium
Tous les produits laitiers contiennent du calcium. Pendant la grossesse et l’allaitement, il est conseillé de consommer trois produits laitiers par jour. Le mieux est de varier entre fromages (comme l’emmental ou le comté), lait, yaourts, fromage blanc… Pour ces derniers, les choisir et les consommer plutôt natures pour éviter les sucres et les additifs inutiles. Les eaux minérales riches en calcium peuvent être intéressantes quand on prend peu de produits laitiers. Le calcium participe à la bonne croissance et à la solidité des os et des dents. La vitamine D aide notre corps à mieux absorber le calcium.
Iode
Enceinte, on a besoin de plus d’iode. Une alimentation équilibrée permet normalement d’avoir la quantité nécessaire. Certaines algues contiennent une quantité trop importante d’iode. Une étude a montré qu’en région parisienne, un tiers des femmes enceintes avait une alimentation trop pauvre en iode et que certaines d’entre elles étaient en état de carence avérée. La consommation de sel iodé et de produits de la mer bien cuits (crustacés, moules, poissons de mer…) est indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde pendant la grossesse et au développement du cerveau de l’enfant.
Fer
En suivant les recommandations alimentaires, nous devons normalement avoir la quantité de fer dont nous avons besoin pendant la grossesse. Certaines femmes ont plus de risque de manque de fer. Par exemple en cas de grossesses rapprochées. Toujours faire le point avec le médecin ou la sage-femme à ce sujet.
Les besoins en fer s’accroissent fortement pendant la grossesse. Un apport suffisant en fer permet d’assurer le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Les besoins sont particulièrement importants pendant les deuxième et troisième trimestres. En France, il est fréquent qu’une femme ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Pour cette raison, le médecin effectue systématiquement un dosage du fer dans le sang lors des premières semaines.
Lire aussi: Guide complet sur la Vitamine K1 Cheplapharm
Conseils supplémentaires
- Consultez un professionnel de santé: Avant de commencer un régime de vitamines pendant l'allaitement, il est essentiel de consulter votre médecin. Votre médecin pourra évaluer vos besoins spécifiques en vitamines, vous recommander les suppléments appropriés le cas échéant, et vous fournir des conseils personnalisés pour une alimentation équilibrée et saine.
- Variez votre alimentation: Pour assurer un apport suffisant en vitamines, il est conseillé de consommer une variété d'aliments riches en nutriments. Les fruits et légumes frais, les produits laitiers, les viandes maigres, les grains entiers et les légumineuses sont tous d'excellentes sources de vitamines essentielles.
- Soyez attentif aux signaux de votre corps: Si vous ressentez des symptômes de carence en vitamines, tels que la fatigue, la faiblesse ou les problèmes de peau, consultez votre médecin pour un bilan.
- Ne vous isolez pas: Quel que soit le sujet, on ne reste pas seul avec ses questions, doutes, peurs ou angoisses.
Vitamines et compléments alimentaires : sont-ils nécessaires pendant l'allaitement ?
Alors que le marketing autour du post-partum et de l’allaitement va bon train, il y a lieu de s’interroger : faut-il prendre des vitamines et compléments alimentaires lorsqu’on allaite, hors prescription médicale ?
« A priori, je n’en vois qu’une qui puisse compromettre l’allaitement, c’est la carence en vitamine B12 », nous indique Carole Hervé. Or, une alimentation omnivore, avec de la viande et/ou du poisson et/ou des œufs, et/ou des produits laitiers, permet a priori de couvrir les besoins en vitamine B12. Ce sont les femmes allaitantes et végétaliennes qui doivent surveiller leurs apports et, si besoin, se supplémenter, en période d’allaitement comme le reste du temps, puisque leur alimentation ne leur en apporte pas a priori. Sans supplémentation, les mères végétaliennes (ou vegan) qui allaitent ont un lait carencé en vitamine B12.
En dehors de ce cas spécifique, le risque de ne pas couvrir ses besoins en vitamines, minéraux, et autres oligo-éléments alors qu’on allaite, c’est de pousser l’organisme à puiser dans ses réserves. En d’autres termes, le lait maternel contiendra tout ce qu’il faut, mais, à défaut d’obtenir ce qu’il faut via l’alimentation, l’organisme de la mère ira chercher ce qu'il manque dans les réserves maternelles.
« La grossesse peut puiser dans les réserves en micronutriments », prévient Carole Hervé. C’est d’ailleurs pourquoi nombre de sages-femmes et de gynécologues prescrivent ou recommandent d’office des vitamines et minéraux via des compléments alimentaires, pendant la grossesse comme durant l’allaitement.
« Dans l’idéal, le mieux serait que les jeunes mamans qui allaitent fassent une prise de sang pour faire le point sur leurs éventuelles carences individuelles, et adapter le traitement en fonction. Il n’existe pas, a priori, de contre-indication à la prise de vitamines et minéraux lorsqu’on allaite, que ce soit du fait d’une carence avérée, ou pour s’assurer de bons apports et se rassurer. Cela dit, on l’a vu, ça n’est pas obligatoire ni toujours nécessaire, car l’alimentation peut suffire. Attention toutefois à ne pas dépasser les doses journalières recommandées.
Supplémentation en vitamine D via la mère
L’Academy of Breastfeeding Medicine (ABM) écrit dans son protocole clinique #29 Suppléments de fer, de zinc et de vitamine D pendant l'allaitement :"Pour la supplémentation maternelle en vitamine D destinée à augmenter le taux lacté de vitamine D afin d’assurer un statut adéquat pour la vitamine D chez l’enfant, une dose maternelle de 160 μg/jour (6 400 UI) maintenait un bon statut infantile pendant 7 mois, tandis que des doses maternelles de 125 μg/jour (5 000 UI) ou une dose unique de 3 750 μg (150 000 UI) maintenaient un bon statut chez l’enfant pendant 28 jours. La prise maternelle de 60 μg/jour (2 400 UI) était insuffisante pour obtenir un bon statut chez l’enfant.
L’allaitement maternel exclusif qui est la formule nutritionnelle idéale pour le nourrisson n’en expose pas moins à un déficit en vitamine D. Sa prévention repose sur une supplémentation avec une dose quotidienne recommandée de 400 UI de vitamine D3.
Cette dernière peut être amenée au nourrisson via le lait maternel, dès lors qu’une supplémentation est mise en route chez la mère. Encore faut-il choisir la bonne dose permettant de prévenir la carence vitaminique chez le nouveau-né ou le nourrisson concerné. Il faut aussi vérifier que ces deux modes de supplémentation, l’un direct, l’autre indirect, ont le même effet tant sur le contenu minéral osseux (CMO) que sur la densité minérale osseuse (DMO).
Un essai randomisé a été réalisé dans lequel ont été inclus des nourrissons sous allaitement maternel exclusif. Deux groupes ont été constitués par tirage au sort. Dans l’un a été instaurée une supplémentation indirecte en vitamine D3 administrée à raison de 6 400 UI/j chez la mère, cependant que dans l’autre, la vitamine D était directement apportée au nouveau-né à la dose de 400 UI/j. Seuls les apports de lait maternel ont été autorisés tout au long de l’étude, tous les autres laits étant exclus. La DMO et le CMO ont été mesurés par absorptiomètrie biphotonique X, respectivement à 1, 4 et 7 mois.
Pas de différence significative pour la DMO et le CMO.
Aucune différence intergroupe significative n’a été mise en évidence quant à ces deux paramètres, qui ont évolué de manière similaire dans les deux groupes. La différence moyenne de CMO entre le 1er et le 7e mois a été estimée à + 1,624 et + 1,464 g dans les groupes 400 et 6 400 UI (NS). Il en a été de même pour la DMO, les valeurs correspondantes étant respectivement de + 0,042 et + 0,032 g/cm2 (NS).
La supplémentation maternelle indirecte en fortes doses de vitamine D3 pourrait-elle constituer une alternative à la supplémentation directe classique qui passe par le nouveau-né, notamment en cas d’allaitement maternel exclusif ?
Cet essai randomisé plaide en faveur de la-non infériorité de la supplémentation indirecte à partir de critères d’efficacité basés sur l’absorptiométrie biphotonique. Cette appréciation de la minéralisation osseuse est défendable et complémentaire des critères d’efficacité biologique, mais il faudra d’autres études aux résultats concordants avant de répondre positivement à la question précédente.
La supplémentation maternelle indirecte en vitamine D3 à doses élevées (≥ 4 000 UI par jour) semble donner de bons résultats biologiques : les taux sériques de 25 (OH) sont de fait voisins de ceux atteints avec la supplémentation classique directe (400 UI/j) chez le nourrisson, mais le niveau de preuve apporté par les études disponibles est trop faible pour que les recommandations actuelles en tiennent compte.
tags: #vitamine #allaitement #avis #médical
