La variole du singe, ou variole simienne, est une maladie infectieuse émergente causée par le Monkeypox Virus (MPXV). Bien que le virus circule habituellement en Afrique centrale et de l'Ouest, une augmentation des cas a été observée dans plusieurs pays industrialisés ces derniers mois. Cette situation a incité les autorités de santé publique à approfondir leurs connaissances sur le virus et la maladie, notamment en ce qui concerne les populations vulnérables telles que les femmes enceintes.

Caractéristiques du virus et modes de transmission

Le MPXV est un virus de grande taille à ADN double appartenant à la famille des Poxviridae et au genre Orthopoxvirus. Il existe deux clades génétiquement distincts : celui du bassin du Congo (Afrique centrale) et celui d’Afrique de l’Ouest. Le clade du bassin du Congo est plus virulent et a été associé à des transmissions interhumaines, contrairement au clade d’Afrique de l’Ouest, principalement transmis par des animaux jusqu’en 2022.

Les modes de transmission du MPXV sont principalement documentés lors d’épidémies survenues en Afrique. La transmission peut se faire par contact direct avec des liquides biologiques ou des lésions cutanées (vésicules) d’animaux infectés. La transmission interhumaine peut résulter de contacts étroits avec des lésions cutanées (vésicules) ou muqueuses d’une personne malade (muqueuses buccales, génitales, conjonctives, voire cornée) ou de manière indirecte, après contact avec des objets ou matériels (literie, linge, vaisselle…) récemment contaminés par des liquides biologiques. Les lésions muqueuses précèdent souvent les lésions cutanées, suggérant que le MPXV pourrait être transmis initialement par la salive et les gouttelettes respiratoires lors de contacts face à face prolongés.

Variole du singe et grossesse : données actuelles

Très peu de cas d’atteinte par le virus de la variole du singe ont été décrits pendant la grossesse. Par conséquent, les données scientifiques sur l'impact du Monkeypox pendant la grossesse sont limitées. La transmission au cours de la grossesse, via le placenta ou au cours de l’accouchement lors de contacts avec les liquides biologiques, est possible, mais le risque exact n’a pas été quantifié.

Une étude de Mbala et al. (2017) portant sur quatre femmes infectées a rapporté une issue favorable, deux fausses couches et une mort in utero avec des signes cliniques chez le fœtus et une infection biologiquement prouvée. Une autre étude a décrit le cas d’une femme enceinte à 24 semaines de gestation, infectée par la variole du singe, ayant accouché vers 30 semaines d’un enfant présentant une éruption cutanée évoquant la variole du singe.

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Ces données, bien que limitées, suggèrent un potentiel risque délétère de la variole du singe sur le fœtus. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique également que le risque de formes sévères et de complications augmente au cours de la grossesse. De plus, la mortalité de la variole du singe, relativement faible, est généralement plus élevée chez les enfants et les jeunes adultes, ce qui souligne le risque potentiel pour un nouveau-né infecté.

Recommandations pour les femmes enceintes

Compte tenu des risques potentiels, les autorités sanitaires recommandent vivement aux femmes enceintes d’éviter tout contact avec une personne infectée par le virus. Il est également important de respecter les mesures barrières, telles que l'hygiène des mains et l'évitement de contacts avec des personnes infectées ou des animaux, ou avec des objets potentiellement infectés.

La Haute Autorité de Santé (HAS) classe les femmes enceintes comme étant à risque de forme grave et propose qu'elles ne soient pas en contact avec les cas possibles d’infection par le virus de la variole du singe, particulièrement les soignantes. En cas de contact étroit, notamment par le toucher ou en l’absence de masque, une vaccination dans les 4 jours suivant pourra se discuter.

Vaccination et grossesse

La HAS recommande que les cas contacts soient vaccinés dans les 4 jours qui suivent le contact par le vaccin antivariolique de 3e génération. Ce vaccin, à base d’un virus vivant non réplicatif, n’est en théorie pas recommandé pendant la grossesse. Cependant, en cas de contact étroit, la vaccination peut être envisagée après évaluation des bénéfices et des risques.

Les données étant encore limitées chez les femmes enceintes ou allaitantes, par mesure de précaution, il est préférable d’éviter la vaccination contre la Mpox au cours de la grossesse et de l’allaitement, sauf s’il est estimé que le bénéfice individuel est supérieur au risque.

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Traitement et prise en charge

Une fois le diagnostic posé, un traitement symptomatique est généralement le seul nécessaire pour stopper la fièvre et calmer les démangeaisons. Il est déconseillé de se gratter les lésions afin de ne pas se réinoculer le virus et il est recommandé de les couvrir pour limiter les risques. L’utilisation d’anti-inflammatoires est interdite, car elle pourrait provoquer des formes graves. Dans de rares cas, un traitement antiviral ou par des immunoglobulines peut être mis en place par les professionnels de santé.

Variole du singe et transmission alimentaire

L’évaluation d’un risque de transmission alimentaire du virus de la variole du singe a fait l’objet d’une saisine de l’ANSES. L’Agence a consulté l’ensemble des données disponibles sur le virus et conclut à ce stade que le risque de transmission alimentaire ne peut être totalement exclu. Le risque serait majeur avec les personnes contaminées symptomatiques, présentant des lésions ou des croûtes sur la peau.

L’ANSES recommande de renforcer les règles d’hygiène pour les personnes malades, qui sont invitées à s’isoler de leur entourage pour limiter le risque de transmission interhumaine et éventuellement alimentaire. Les recommandations d’hygiène doivent par ailleurs être renforcées dans le secteur de la restauration et de l’industrie agroalimentaire. Les professionnels doivent être sensibilisés sur le virus de la variole du singe et les procédures de nettoyage et de désinfection des matériels et des locaux doivent être scrupuleusement respectées, en particulier si un cas de variole du singe a été détecté au sein du personnel.

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