L'insémination artificielle (IA) a révolutionné l'amélioration génétique des bovins, notamment chez la race Flamande, en permettant une sélection plus rapide et efficace des caractéristiques souhaitées. Cet article explore l'impact de l'IA et des technologies génomiques sur cette race bovine, en mettant en lumière les changements institutionnels et les adaptations des acteurs de la filière.
L'impact de l'insémination artificielle
Révolution dans l'amélioration génétique
La découverte des techniques d’insémination artificielle a constitué, dans les années soixante,une révolution pour les filières d’amélioration génétique. L'IA a permis de surmonter les défis liés à la reproduction naturelle, offrant aux éleveurs un contrôle accru sur la sélection des reproducteurs et la diffusion des gènes supérieurs. Un taureau peut féconder des dizaines de milliers de femelles.
Organisation de la filière d'élevage
Pendant près de 40 ans, la sélection des animaux d’élevage a été régie par la loi sur l’élevage de 1966. Afin de réussir l’amélioration génétique du cheptel français, l’État a soumis toute la filière à un schéma conçu par l’Inra, et organisé un monopole par zone pour l’insémination des femelles d’élevage. Plus précisément, ont été institués des centres de production de semence et des centres de mise en place. Le mode de fonctionnement institué par la loi sur l’élevage de 1966 a permis de hisser le potentiel génétique français au niveau international.
Évolutions législatives
Afin de tenir compte des règles communautaires et des évolutions de l’élevage, la Loi d’Orientation Agricole (LOA) de 2006 a largement modifié l’organisation du dispositif de sélection animale. Dans le domaine de l’insémination artificielle, cette loi a mis fin aux monopoles de zone des centres d’insémination artificielle et institué un service universel de distribution et de mise en place de la semence des ruminants. Le pilotage du dispositif génétique national, auparavant partagé entre l’État et les professionnels, évolue vers une autogestion collective professionnelle.
La sélection génomique : une nouvelle ère
Principe et application
Suite aux progrès en bio-informatique et en génie génétique, une nouvelle technique d’amélioration génétique s’est développée à la fin des années 2000 : la sélection génomique. Alors que l’amélioration génétique des animaux était jusqu’ici basée sur la génétique quantitative, c’est-à-dire sur des observations morphologiques et des mesures des performances des descendants et ascendants, la génomique permet d’évaluer la valeur génétique des individus à travers les informations contenues dans leur génome. À partir d’un échantillon de tissu biologique, il s’agit de détecter des marqueurs génétiques moléculaires.
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Impact sur les entreprises et les éleveurs
L’évaluation génomique a des effets déjà perceptibles sur les relations horizontales au sein des entreprises de mise en place comme au sein des entreprises de sélection. Avant la génomique, ces dernières sélectionnaient des jeunes mâles, sur la base du pedigree et des performances de leurs ascendants, et les mettaient dans des taurelleries. La sélection génomique permet, en théorie, d’avoir à la naissance du taureau la même qualité d’information que celle que l’on avait au bout de cinq ans avec la sélection génétique traditionnelle.
La génomique peut également bouleverser les relations entre éleveurs et entreprises de mise en place ou de sélection. Avec cette nouvelle technologie, certains éleveurs peuvent désormais obtenir précocement des informations sur la valeur génétique de leurs taureaux, ce qui modifie leurs opportunités de commercialisation.
Recherche et développement
Alors que pendant longtemps les activités de R&D dans ce secteur étaient mutualisées et centralisées par l’État, l’arrivée de la génomique et la baisse des soutiens publics ouvrent la voie au développement d’une R&D intégrée dans le jeu concurrentiel.
Objectifs de sélection
La génomique permet de tester plus d’animaux, plus vite et sur plus de critères. Elle a donc ouvert la voie à de nouveaux objectifs de sélection, tels des critères d’intérêt économique (composition du lait, qualités maternelles) ou environnemental (réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de nitrates).
La Vache Flamande : Un cas particulier
Histoire et caractéristiques
La Rouge Flamande appartient au rameau rouge de la Baltique. Elle est venue du nord-est de l'Europe par l'Allemagne et la Belgique au cours du Moyen Âge. Cette race figure parmi les plus anciennes de France. Son livre généalogique a été ouvert en 1886 à Bergues (Nord). C'est une race hautement spécialisée pour le lait. La production moyenne s'établit à 6 600 kg de lait par lactation, avec un taux de matière grasse de 40,2 g/l et de protéines de 32,6 g/l. Son lait, grâce à sa richesse en protéines, est à la base de la production de certaines spécialités fromagères régionales : maroilles, bergues, mimolette, mont des Cats.
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Déclin et sauvegarde
Le cheptel, qui était l'un des plus importants de France au début du XXe siècle a fortement décliné. Elle a subi des pertes très importantes sur son troupeau au cours de la Seconde Guerre mondiale, tant du fait des bombardements que des réquisitions. Elle a reçu d'importants apports, de l'ordre de 20 %, de sang de rouge danoise vers 1965. Un plan de sauvegarde de la race a été lancé en 1977.
Croisement laitier et insémination artificielle
Parmi les races réalisant plus de 1 000 IAP, on peut notamment noter la forte proportion d’IAP croisées lait chez les femelles Pie-rouge ou Rouge Flamande avec respectivement 17% et 11% de leurs IAP réalisées avec un taureau d’une autre race laitière.
Tendances actuelles et perspectives d'avenir
Croisement laitier
Le croisement laitier : IA première ou IA de retour ? En 2020, on dénombre environ 363 000 inséminations totales sur femelles laitières en croisement lait dont un peu moins de 190 000 inséminations premières (52%). Ainsi, l’activité de croisement laitier se partage de moitié entre des inséminations premières, choisies dans une stratégie d’éleveurs, et des inséminations de retour après un échec d’IA.
Entre 2019 et 2020, ce sont 1 103 nouveaux élevages qui ont réalisé au moins une IAP croisée lait sur femelle laitière. D’après ce graphique, on constate que plus la taille de l’élevage augmente en nombre d’IAP, plus la proportion d’élevages réalisant au moins une IAP croisée lait augmente.
Diversité des croisements
Le graphique ci-dessus expose la grande diversité de croisements réalisés dans les élevages laitiers en première insémination. Le croisement entre femelles croisées et taureaux Prim’Holstein est le plus populaire. Les taureaux Montbéliard connaissent aussi une grande popularité. Ce graphique permet de visualiser quelle race de femelle est associée à quelle race de taureaux en première insémination.
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Répartition géographique
D’après la carte ci-dessus on constate, qu’en nombre (histogrammes jaune), les IAP croisées lait sont principalement réalisées dans les élevages du Nord-Ouest et notamment dans les régions de Normandie et Bretagne. Ce sont la Manche et l’Ille-et-Vilaine les départements réalisant le plus grand nombre d’IAP croisées lait. En proportion (dégradé vert), ce sont les régions de Normandie et du Nord-Pas-de-Calais-Picardie qui réalisent la plus grande part de leurs IAP en croisement lait (entre 9% et 17%) par rapport à l’ensemble des IAP sur femelles laitières de ces régions.
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