L'infection à rotavirus est une cause fréquente de gastro-entérite aiguë chez les nourrissons et les jeunes enfants. En France, elle entraîne chaque année un nombre important de consultations et d'hospitalisations. La vaccination contre le rotavirus est recommandée pour protéger les nourrissons et les enfants contre ces infections. Cet article fournit des informations détaillées sur la vaccination contre la gastro-entérite à rotavirus, y compris son efficacité, son calendrier, ses effets secondaires potentiels et les recommandations actuelles.
Importance de la vaccination contre le rotavirus
Le rotavirus est un virus très contagieux qui se transmet facilement, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants de moins de 5 ans. Il est responsable d'une part très importante des gastro-entérites aiguës. La transmission se fait principalement par contact avec des selles de personnes malades, par les mains ou par des objets contaminés.
L’infection par le rotavirus se manifeste le plus souvent par une diarrhée, des vomissements et de la fièvre. Parfois, elle peut ne pas donner de signes. Dans la plupart des cas, la maladie n’est pas grave et la guérison survient en quatre à sept jours. Dans certains cas, en particulier chez le nourrisson, la diarrhée et les vomissements peuvent entraîner une déshydratation (perte excessive de l’eau du corps) aiguë dangereuse, qui peut nécessiter une hospitalisation. Les décès dus à la gastro-entérite à rotavirus sont exceptionnels en France.
En France, l’infection à rotavirus serait responsable chaque année de 182 000 épisodes de diarrhée aiguë chez les enfants de moins de 3 ans, dont 97 000 diarrhées sévères. L’estimation du nombre annuel de décès liés à ces infections varie de 7 à 20, soit une moyenne de 13 à 14 décès par an. Ces infections à rotavirus seraient à l’origine de 138 000 consultations par an. Le nombre d’hospitalisations liées à ces infections est estimé à 18 000.
La vaccination contre le rotavirus est un moyen efficace de prévenir ces infections et de réduire le risque de complications graves. Elle est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Académie européenne de pédiatrie et la Société européenne des maladies infectieuses pédiatriques.
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Recommandations actuelles en France
Depuis juin 2022, la vaccination des nourrissons contre le rotavirus est recommandée pour tous les nourrissons dès l'âge de 6 semaines. La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande la vaccination contre les rotavirus de tous les nourrissons âgés de 6 semaines à 6 mois.
Schéma de vaccination
Il est important de commencer la vaccination contre le rotavirus tôt chez le bébé, dès l’âge de 6 semaines. Elle doit être terminée au plus tard à l’âge de 6 ou 8 mois selon le vaccin utilisé. La première dose de vaccin peut être prise jusqu’à l’âge de 4 mois. La dernière dose de vaccin doit être prise avant l’âge de 6 mois pour Rotarix® et avant l’âge de 8 mois pour RotaTeq®.
La HAS souligne l’importance de respecter de manière stricte ce calendrier vaccinal afin de pouvoir compléter le schéma vaccinal avant l’âge limite (6 mois pour Rotarix® et 8 mois pour RotaTeq®).
Il existe deux vaccins disponibles en France :
- Rotarix® : Ce vaccin s'administre en deux doses par voie orale, la première à l’âge de 2 mois et la seconde à l’âge de 3 mois.
- RotaTeq® : Ce vaccin se prend en trois doses par voie orale à 2, 3 et 4 mois de vie.
Les vaccins sont administrés par voie orale et peuvent être coadministrés avec les autres vaccins du calendrier vaccinal du nourrisson.
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Il est important de noter que les vaccins Rotarix® et Rotateq® ne protègent pas contre les gastro-entérites aiguës dues à d’autres causes que les rotavirus.
Comment se déroule la vaccination ?
Même s’il s’agit d’un vaccin à prendre par la bouche, le vaccin contre les rotavirus doit être administré par un professionnel de santé. Celui-ci pourra vérifier que votre enfant n’a pas de contre-indication au vaccin, préparer le produit, et s’assurer que votre enfant reçoit bien la totalité du vaccin. Il pourra également remplir le carnet de santé, et le carnet de vaccination électronique inclus dans l’espace numérique en santé « Mon espace santé ».
Le vaccin peut être administré en cabinet libéral, à l'hôpital, en centre de protection maternelle et infantile (PMI) ou bien dans un centre de vaccination. Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C.
Efficacité des vaccins
Les deux vaccins ont montré une efficacité très élevée : ils diminuent d’environ 80% les gastro-entérites et les hospitalisations dues aux infections à rotavirus.
La vaccination contre les rotavirus est utilisée depuis de nombreuses années dans 127 pays (dont 28 en Europe). La vaccination diminue d’environ 85% des cas de gastroentérites liées aux rotavirus et de plus de 80% les passages aux urgences et hospitalisations dues aux infection à rotavirus.
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Dans les pays ayant atteint une couverture vaccinale supérieure à 80% chez les nourrissons, la réduction des hospitalisations dues aux gastro-entérites aiguës dues au rotavirus est importante et varie de 65 à 84%.
Les récentes données de la littérature confirment une bonne efficacité croisée de Rotarix® et de RotaTeq® contre les six combinaisons génotypiques circulant majoritairement en France à ce jour, qu’elles soient homotypiques avec G1P[8], G2P[4], G3P[8], G4P[8], ou hétérotypiques avec G9P[8] et G12P[8]. Selon les études, les vaccins considérés et les génotypes, l’efficacité en vie réelle contre les différentes souches génotypiques était estimée entre 88 et 90 % pour les souches homotypiques, avec une diminution observée d’environ 10 % pour les souches partiellement ou totalement hétérotypiques.
Effets secondaires potentiels
Le vaccin contre le rotavirus est généralement bien supporté. Certains enfants peuvent présenter quelques troubles digestifs (diarrhée), des vomissements et parfois un peu de fièvre. Comme pour tous les vaccins, une réaction allergique peut exceptionnellement se produire.
Exceptionnellement, une « invagination intestinale aigüe » (morceau d’intestin qui rentre dans lui-même et bloque le tube digestif) peut apparaitre dans les 3 à 7 jours après la vaccination. Un médecin doit être consulté rapidement si certains signes apparaissent. Ces signes peuvent être des pleurs inhabituels, des épisodes de pâleur, des vomissements, un refus de manger ou de boire ou encore du sang dans les selles. Il faut surveiller leur apparition chez le nourrisson qui a été vacciné.
Le surrisque d’invagination intestinale aiguë (IIA) est estimé jusqu’à 6 cas pour 100 000 enfants dans les 7 jours suivant la vaccination. Le recours à l’échographie permet un diagnostic précoce des IIA, ainsi qu’une intervention rapide. Lorsqu’elle est prise en charge à temps, l’invagination intestinale se traite facilement et sans gravité.
Une information claire sur le risque d’IIA dans les 7 jours suivant la première dose de vaccination doit être systématiquement et immédiatement délivrée par les professionnels de santé aux parents des enfants à vacciner. Cette information doit préciser que l’IIA est un phénomène d’occlusion intestinale qui peut se produire spontanément, en dehors de toute vaccination contre les rotavirus, mais qu’il existe une légère augmentation de la fréquence de ce phénomène dans la semaine qui suit l’administration de ces vaccins. Elle doit faire expressément mention des signes cliniques évocateurs d’invagination intestinales aigüe chez le nourrisson et doit inciter les parents de ces enfants à consulter sans délai pour un diagnostic précoce et une prise en charge médicale, la gravité étant souvent le fait d’une prise en charge tardive.
Précautions et contre-indications
L’administration de ces vaccins doit être différée en cas de diarrhée, de vomissements, ou de maladie fébrile sévère aiguë. La présence d’une infection bénigne n’est pas une contre-indication à la vaccination.
Les vaccins contre le rotavirus étant des vaccins vivants, ils doivent être administrés avec précautions (notamment, mesures d’hygiène après chaque change) chez les enfants en contacts étroits avec des personnes immunodéprimées, tels que des patients atteints d’affections malignes ou des patients sous traitement immunosuppresseur. En effet, après la vaccination, le portage de la souche vaccinale peut perdurer pendant quelques semaines avec une possibilité de transmission à des sujets à risque la souche vaccinale.
Enfants dont les mères sont traitées pendant la grossesse ou allaitement par l’Infliximab : L’infliximab (Remicade®, Remsima®, Inflectra®, Flixabi®, Zessly®) est un médicament anti-inflammatoire indiqué pour le traitement de plusieurs maladies auto-immunes. Les vaccins vivants atténués exposent les enfants des mères traitées par infliximab pendant la grossesse ou l’allaitement, au risque accru d’infections, y compris des infections disséminées graves pouvant devenir fatales. Les défenses immunitaires des nourrissons exposés à l’infliximab pendant la grossesse ou pendant l’allaitement peuvent être diminuées du fait du passage de cette molécule dans le sang du fœtus et dans le lait maternel.
Que faire en cas de gastro-entérite ?
Le nourrisson et le jeune enfant souffrant d’une gastro-entérite doivent avant tout boire des solutés de réhydratation orale. Ces solutés doivent être pris rapidement pour éviter la déshydratation due à la fièvre, à la diarrhée et aux vomissements. Cela permet d’éviter les formes sévères de gastro-entérite. Il n’y a généralement pas de médicament nécessaire.
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