Guy Mardel, de son vrai nom Mordekhaï Elkouby, est une figure marquante de la scène musicale française, dont le parcours atypique l'a mené des projecteurs de l'Eurovision à l'étude de la Torah à Jérusalem. Son histoire est celle d'un homme aux multiples facettes, jonglant avec succès entre des carrières de juriste, de chanteur, de producteur et de restaurateur.

Des Débuts Prometteurs dans le Jazz et l'Ascension Yéyé

Né en Algérie il y a soixante-douze ans, Mordekhaï Elkouby émigre en France à l'âge de quinze ans. Quatre ans plus tard, il entame des études de droit à Paris, tout en se passionnant pour la musique de jazz. Il rejoint un groupe d'amis et se produit dans une salle de répétition, où il est repéré par le directeur des lieux. Celui-ci leur propose de jouer gratuitement en échange de concerts le Chabbath pour les jeunes du quartier. C'est ainsi que le jeune Mordekhaï endosse le rôle de chanteur, faute de mieux.

Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'il rencontre Lee Hallyday, l'oncle de Johnny Halliday, qui lui fait signer un contrat avec Polydor et le rebaptise Guy Mardel. Après un premier disque peu concluant, Mardel propose à son père un marché risqué : financer lui-même son prochain disque, avec la promesse d'abandonner la musique en cas d'échec.

C'est alors qu'il fait la rencontre de Lucien Morisse, un producteur influent, mari de Dalida, qui décèle son potentiel. Morisse lui fait signer un contrat et lance sa chanson "Si tu n'y crois pas", qui devient un tube.

"N'avoue Jamais": La Consécration à l'Eurovision

L'année 1965 marque l'apogée de la carrière de Guy Mardel grâce à sa chanson "N'avoue jamais", dont il compose la musique sur des paroles de Françoise Dorin. Ce titre est sélectionné pour représenter la France au Concours Eurovision de la chanson.

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"Je me rappelai que j’avais composé une chanson dont les paroles avaient été écrites par Françoise Dorine, qui, en ce mois de mars 1964, avait deux tubes à la radio. Je le persuadai de rester dans la salle et d’écouter une dernière chanson."

Malgré une performance remarquée à Naples, il termine à la troisième place, derrière le Luxembourg et le Royaume-Uni. Cependant, "N'avoue jamais" devient un immense succès, propulsant Mardel au rang de vedette nationale.

Paul Lederman lui propose de faire la première partie de Claude François, une expérience précieuse pour apprendre les ficelles du métier.

Le 20 mars 1965, il monte sur la scène du concours de l’Eurovision à Naples, en Italie. « Je n’ai pas compris ce qui se passait autour de moi, se rappelle-t-il, mais je tins promesse ; je remportai la troisième place. »

L'Après-Gloire et la Reconversion dans la Production Télévisuelle

Après trois ans de tournées, les portes du show-business se referment progressivement. Mardel se tourne alors vers la production d'émissions de télévision, travaillant notamment avec Guy Lux. Il anime un talk-show à succès, mais quitte son poste suite à un désaccord avec Michel Drucker.

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En 1978, il crée sa propre société de disques et produit de nouveaux artistes.

Le Chorus Café: Un Retour aux Sources Nostalgique

Dans les années 1980, Mardel ressent le besoin de renouer avec la scène et fonde le Chorus Café, un restaurant où il se produit chaque soir avec son groupe. L'établissement devient un lieu prisé, attirant une clientèle nostalgique des tubes des années 1960.

Le restaurant était une institution célèbre et fonctionna jusqu’en 2006. Les dernières années, l’intérêt que Mardel y trouvait déclina, jusqu’à ce qu’il décide de le fermer définitivement.

Un Cheminement Spirituel vers le Judaïsme

Parallèlement à sa carrière artistique, Guy Mardel entame un cheminement spirituel vers le judaïsme. Il étudie la Torah et partage son temps entre Paris et Jérusalem, avant de s'installer définitivement en Israël pour se consacrer à l'étude.

« La transition que j’ai faite est celle du mensonge à la vérité, et je la fais pas à pas. Lorsque je regarde en arrière je remarque que chaque partie de ma vie, toute rencontre que j’ai faite, faisait partie du programme divin. J’ai rencontré des gens riches et célèbres, à qui tout le monde veut ressembler, mais ils ont un problème : ils ne sont pas heureux, ils veulent toujours ce qu’ils n’ont pas : une nouvelle télévision, une nouvelle voiture, un nouveau frigo. On travaille pour pouvoir acheter encore et encore. La Torah nous a été donnée pour que nous apprenions à être heureux sur terre. »

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Aujourd'hui, Mordekhaï Elkouby, alias Guy Mardel, vit à Jérusalem et consacre la majeure partie de son temps à l'étude de la Torah. Son parcours témoigne d'une quête constante de sens et d'une capacité à se réinventer au fil des étapes de sa vie.

Hommages et Famille

On peut lire dans l'avis de décès de M. Guy Mardel, survenu à l’âge de 84 ans :

Mme Berna­dette MARDEL, son épouse ; M. Didier MARDEL et Natha­lie sa compagne, Mme et M. Isabelle JACQUEMINET, ses enfants ; Julien, Justine, Tom, ses petits-enfants ; Léa, son arrière-petite-fille ; Mme Jacque­line BARBAUD, sa sœur ; toute la famille, parents et amis ont la douleur de vous faire part du décès de M. Guy MARDEL.

La famille remercie également toutes les person­nes qui, par leurs témoi­gna­ges d’a­mi­tié ou leur présen­ce aux obsèques de M. Guy MARDEL, ont partagé cette doulou­reuse épreuve.

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