La fièvre jaune est une maladie virale grave transmise par les moustiques, présente en Afrique et en Amérique du Sud. La vaccination est un moyen sûr et efficace de s'en protéger, surtout en voyage. Cet article détaille les aspects importants de la vaccination contre la fièvre jaune chez l'enfant.
Qu'est-ce que la fièvre jaune ?
La fièvre jaune est une arbovirose due à un Flavivirus. Elle est transmise par la piqûre d'un moustique du genre Aedes. Le virus de la fièvre jaune est répandu dans les régions tropicales d’Afrique ainsi que d’Amérique centrale et du Sud. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que chaque année 84 000 à 170 000 personnes dans le monde souffrent de la fièvre jaune et que 29 000 à 60 000 en meurent.
Dans les 3 à 6 jours suivant l’infection survient une fièvre importante, des frissons, des maux de tête et des douleurs musculaires, des nausées et des vomissements. 15% des malades ont cependant une nouvelle poussée de fièvre après une rémission de 1 à 2 jours. Apparaissent alors des douleurs abdominales, une hépatomégalie (augmentation de la taille du foie), un ictère (jaunisse), et des hémorragies de la peau, des muqueuses et du tube digestif. La mortalité de cette forme sévère est de 20 à plus de 50%.
Bien que la plupart des cas soient asymptomatiques et passent inaperçus, le virus provoque parfois une pathologie aiguë, qui se déroule en deux phases. La première associe les signes suivants : fièvre, douleurs musculaires, céphalées, frissons, anorexie, nausées et/ou vomissements, souvent avec bradycardie.
Quand faut-il envisager la vaccination contre la fièvre jaune ?
Le vaccin contre la fièvre jaune n’est pas obligatoire dans tous les pays touchés par la maladie. Mais il est toujours fortement conseillé si vous y partez en voyage. La vaccination est indispensable pour un séjour en zone d'endémie, même pour une courte durée, et même en l’absence d’obligation administrative. Elle est également recommandée à tout voyageur se rendant d'une zone endémique vers une zone réceptive.
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En France, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les personnes âgées de plus de 12 mois voyageant ou résidant en Guyane (décret n° 87-525 du 9 juillet 1987 modifiant le décret 67-428 du 22 mai 1967).
La vaccination est recommandée à partir de l’âge de 9 mois pour les enfants se rendant dans une zone à risque. Exceptionnellement, elle peut être effectuée dès l’âge de 6 mois, si le nourrisson doit séjourner en milieu rural ou en forêt en zone endémique, ou si une épidémie sévit dans la région visitée. Entre 6 et 9 mois, la vaccination ne se fait que dans des circonstances particulières (décisions des autorités sanitaires en cas d’épidémies).
En mars 2014, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté une décision stipulant qu'une seule dose de vaccin contre la fièvre jaune conférait une protection à vie. Depuis le 1er février 2016, les voyageurs qui se rendent en Guyane doivent toujours être vaccinés contre la fièvre jaune mais plus aucun rappel n'est exigé. A partir du 1er juillet 2016, suite à une révision du Règlement sanitaire international décidée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la validité du certificat de vaccination antiamarile, qui était jusqu’à présent de 10 ans, sera prolongée à vie, supprimant de ce fait l’obligation des rappels décennaux.
Si vous pensez partir en voyage dans un pays touché par la fièvre jaune, il faut vous faire vacciner au moins 10 jours avant le départ. C’est le temps que met le vaccin à devenir efficace. L’immunité protectrice apparaît dans les dix jours suivant l’injection.
Où se faire vacciner et à quel prix ?
Le vaccin contre la fièvre jaune ne s’achète pas en pharmacie. Les médecins traitants ne peuvent pas faire le vaccin contre la fièvre jaune, sauf en Guyane. Il faut se rendre dans un centre de vaccinations internationales (CVI). Il en existe au moins un par département. La vaccination contre la fièvre jaune ne peut être effectuée que dans les centres de vaccination anti-amarile agréés.
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Le prix du vaccin contre la fièvre jaune s’élève à 80 euros par personne environ, en incluant la consultation médicale. C’est un budget à prendre en compte dans votre voyage car l’assurance maladie ne fait aucun remboursement du vaccin contre la fièvre jaune, excepté en Guyane. Cette vaccination n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Les complémentaires santé (mutuelles) peuvent éventuellement prendre en charge tout ou une partie des frais si le contrat souscrit le prévoit.
Pour obtenir un certificat de vaccination contre la fièvre jaune, il est nécessaire d’être vacciné dans un centre de vaccinations agréé afin qu’un certificat international de vaccination (de couleur jaune) soit émis. Ce certificat est valide à partir du 10e jour après la première dose de vaccin.
Le vaccin contre la fièvre jaune : comment ça marche ?
Le vaccin contre la fièvre jaune est un vaccin vivant atténué. Les trois établissements agréés par l’OMS qui fabriquent le vaccin anti-amaril utilisent tous la même souche Rockefeller 17 D (17 DD pour le vaccin BioManguinhos/Fiocruz produit au Brésil), atténuée par passages sur embryons de poulet. Le vaccin est préparé sur embryons de poulet exempts de virus de leucose aviaire. Certains fabricants du vaccin ajoutent à la préparation un stabilisant qui confère au vaccin une relative thermostabilité autorisant l’acheminement des vaccins à température ambiante vers les centres de vaccination.
Le vaccin commercialisé en France est Stamaril®. Adultes et enfant > 6 mois : 1 injection en sous-cutanée. 10 jours aprés l'injection.
Contre-indications et précautions
Le vaccin contre la fièvre jaune étant un vaccin vivant atténué, il est par principe contre-indiqué chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Avant toute vaccination contre la fièvre jaune, un soin particulier doit donc être pris pour identifier les personnes qui pourraient être à risque accru d'effets indésirables suite à la vaccination.
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Les contre-indications concernent les personnes allergiques à l’œuf, en déficit immunitaire (type HIV symptomatique ou avec déficience immunitaire sévère) ou souffrant d’une maladie du thymus (type myasthénie). Il vaut mieux également éviter le vaccin lorsqu’on a plus de 60 ans ou quand on est enceinte.
Stamaril® ne doit pas être administré aux personnes immunodéprimées. Si l’immunodépression est temporaire, la vaccination doit être retardée jusqu’à ce que la fonction immunitaire soit revenue à la normale. Il est conseillé aux patients qui ont reçu des corticoïdes par voie générale pendant quatorze jours ou plus, de retarder la vaccination d’au moins un mois après la fin du traitement.
Stamaril® ne doit pas être administré aux personnes souffrant d’une infection symptomatique par le VIH ou d’une infection asymptomatique par le VIH quand elle est accompagnée d’une déficience prouvée de la fonction immunitaire.
Les enfants âgés d’au moins 6 mois peuvent être vaccinés s’il est confirmé qu’ils ne sont pas infectés par le VIH. Les enfants d’au moins 6 mois infectés par le VIH qui nécessiteraient une protection contre la fièvre jaune doivent être orientés vers une équipe pédiatrique spécialisée qui donnera son avis sur la possibilité ou non de vacciner.
Stamaril® ne doit pas être administré aux enfants de moins de 6 mois. Les enfants âgés de 6 à 9 mois peuvent être vaccinés seulement dans des circonstances particulières (ex : épidémies majeures) et sur la base des recommandations officielles en vigueur.
Des effets indésirables graves et potentiellement mortels (incluant des réactions systémiques et neurologiques persistant plus de quarante-huit heures, des maladies neurotropes ou viscérotropes associées à la vaccination anti-amarile) peuvent se produire à des fréquences plus élevées après l’âge de 60 ans. Par conséquent, le vaccin doit uniquement être administré aux personnes présentant un risque élevé de contracter la fièvre jaune.
Stamaril® ne doit pas être administré par voie intramusculaire aux personnes souffrant de troubles hématologiques comme l’hémophilie, la thrombocytopénie ou aux personnes traitées par anticoagulants, l’injection par voie intramusculaire pouvant causer des hématomes au site d’injection.
En cas de contre-indication, le médecin ou le centre de vaccination agréé remet deux certificats au voyageur. Le premier explique la raison de la contre-indication en français, en anglais et, si possible, dans la langue du pays visité. Le deuxième est placé dans le carnet de vaccination international et indique qu'il existe une contre-indication au vaccin.
Effets secondaires possibles
Le vaccin contre la fièvre jaune suscite parfois des effets secondaires sans gravité. Le vaccin contre la fièvre jaune ne présente pas de danger, les cas de réactions graves sont exceptionnels. Les réactions au vaccin contre la fièvre jaune sont généralement bénignes et comprennent des maux de tête, des douleurs musculaires et de légères fièvres.
Environ 16% des sujets vaccinés peuvent présenter de légères réactions (de type douleur, érythème ou œdème) au site d’injection, ainsi que des réactions générales à type de céphalées, myalgies et asthénie. Ces effets indésirables transitoires (quelques heures à deux jours) peuvent survenir dans les deux à dix jours après l’injection. Ils disparaissent spontanément sans aucune séquelle. Les réactions qui peuvent être observées après la vaccination sont des courbatures, des maux de tête, un état de fatigue, de la fièvre pouvant être quelquefois élevée (38-39°C). Elles surviennent le plus souvent entre le 4e et le 10e jour après la vaccination et cèdent en 48h traitées par l’aspirine ou le paracétamol.
Très rarement, des cas de maladies neurotropes associées à la vaccination anti-amarile (YEL-AND) ont été rapportés avec des séquelles ou une évolution fatale dans certains cas. Les signes cliniques sont apparus dans le mois suivant la vaccination, avec une fièvre élevée et des céphalées pouvant évoluer en confusion mentale, encéphalite/encéphalopathie, méningite, déficits neurologiques focaux ou syndrome de Guillain-Barré. À ce jour, la plupart des cas ont été rapportés chez des sujets primovaccinés dans un délai de 30 jours suivant la vaccination.
Très rarement, des cas de maladies viscérotropes associées à la vaccination anti-amarile (YEL-AVD) ressemblant à une infection fulminante par le virus sauvage ont été rapportés. Les signes cliniques peuvent inclure fièvre, fatigue, myalgies, céphalées, hypotension pouvant évoluer en acidose métabolique, cytolyse des muscles et du foie, lymphocytopénie et thrombocytopénie ou insuffisance rénale ou respiratoire. Le taux de mortalité se situe autour de 60%. À ce jour, la plupart des cas de maladies viscérotropes associés à la vaccination anti-amarile sont survenus chez des sujets primovaccinés, dans un délai de dix jours après la vaccination.
Les réactions d’hypersensibilité immédiate à type d’anaphylaxie, tout comme des troubles neurologiques de type encéphalite, sont extrêmement rares, avec une incidence de l’ordre de 2 cas pour un million de doses. Bien que rarissimes, des réactions post-vaccinales sévères de type neurotrope (8 cas rapportés/million de doses) et viscérotrope (4 cas rapportés/million de doses), parfois fatales, ont été rapportées dans la littérature internationale depuis 2001.
Vaccination et grossesse/allaitement
Le vaccin contre la fièvre jaune étant un vaccin vivant, celui-ci est déconseillé pendant toute la durée de la grossesse. Néanmoins, le vaccin contre la fièvre jaune ne doit être utilisé chez la femme enceinte qu’en cas de nécessité absolue et seulement après évaluation soigneuse des risques et bénéfices.
En raison du passage dans le lait maternel du virus vaccinal pendant la virémie post-vaccinale, il paraît souhaitable d’attendre que le nourrisson ait atteint l’âge de 6 mois pour vacciner une mère qui allaite. En raison du risque probable de transmission au nourrisson de la souche virale du vaccin lors de l’allaitement, Stamaril® ne doit pas être administré aux mères qui allaitent, sauf en cas de besoin clairement identifié comme dans le cadre de la lutte contre une épidémie, et après évaluation du rapport bénéfice/risque.
Interactions médicamenteuses
La co-adminsitration avec le ROR doit être évitée, en respectant un délai minimal de un mois entre les deux injections. La vaccination contre la fièvre jaune ne peut être effectuée que dans un centre de vaccination antiamarile agréé par les autorités sanitaires.
Les vaccins vivants atténués (tels que le BCG et le ROR) exposent les enfants des mères traitées par infliximab pendant la grossesse ou l’allaitement, au risque accru d’infections, y compris des infections disséminées graves pouvant devenir fatales. Les défenses immunitaires des nourrissons exposés à l’infliximab pendant la grossesse ou pendant l’allaitement peuvent être diminuées du fait du passage de cette molécule dans le sang du fœtus et dans le lait maternel. L’administration d’un vaccin vivant (tels que le vaccin BCG) à un nourrisson allaité, lorsque la mère est traitée par infliximab n’est pas recommandée, sauf si les taux sériques d’infliximab chez le nourrisson sont indétectables.
Efficacité et durée de la protection
La vaccination contre la fièvre jaune est très efficace (pratiquement 100%). En mai 2014, sur la base des données de surveillance disponibles, le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination de l’OMS a conclu qu'une dose unique de vaccin antiamarile suffit à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la fièvre jaune et qu’il est inutile d’administrer une dose de rappel. L’OMS recommande une dose unique de vaccin contre la fièvre jaune à partir de l’âge de 9 mois pour les personnes qui habitent ou se rendent dans les zones à risque de transmission de la maladie.
Dans le contexte des voyages internationaux, la période de validité du certificat international de vaccination contre la fièvre jaune et la durée de la protection conférée par la vaccination antiamarile aux termes du Règlement sanitaire international (RSI) est passée, depuis le 11 juillet 2016, de dix ans à la vie entière du sujet vacciné.
Situations particulières et recherches récentes
Des études récentes ont montré qu’environ la moitié des enfants initialement protégés par la vaccination à 9 mois ne le seraient plus dans les deux à cinq ans qui suivent, en raison de la disparition des anticorps neutralisants. Ces données suggèrent qu’un rappel de vaccin peut être nécessaire lorsque la 1ère vaccination est réalisée chez les 9-12 mois, mais il faudra connaître avec une meilleure précision la décroissance des anticorps au cours du temps.
En Guyane, une seconde dose est recommandée 10 ans après la primovaccination pour les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune.
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