La ville d'Aubagne, près de Marseille, a été le théâtre de plusieurs événements tragiques et troublants, soulevant des questions sur les causes de la mort, la négligence potentielle et les failles du système judiciaire. Cet article se penche sur deux affaires distinctes : le décès d'un homme retrouvé avec un couteau dans le thorax et le décès d'une adolescente lors d'une soirée pyjama, examinant les enquêtes, les préoccupations des familles et les zones d'ombre qui persistent.

Un Suicide Troublant : Couteau Découvert lors de la Toilette Mortuaire

Une affaire particulièrement étrange a éclaté à Aubagne lorsqu'un homme a été retrouvé mort dans le parc d'une clinique où il était soigné pour des souffrances psychologiques. L'homme avait des antécédents de tentatives de suicide. Le médecin qui a constaté son décès a conclu à un suicide, notant la présence d'un cutter à ses côtés et des lettres indiquant son intention de mettre fin à ses jours. Cependant, lors de la toilette mortuaire, un employé des pompes funèbres a fait une découverte macabre : un couteau de 33 centimètres enfoncé dans le thorax de l'homme, jusqu'au manche, et invisible de l'extérieur.

Cette découverte a immédiatement relancé l'enquête, initialement classée comme suicide. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer si la mort était réellement due à un suicide ou à une intervention d'un tiers. Le procureur d'Alès, Abdelkrim Grini, a souligné le caractère "plus que surprenant" de l'affaire et la nécessité d'éclaircissements.

L'autopsie a finalement conclu que la mort était "compatible avec un geste suicidaire", le médecin légiste ayant noté que la manière dont le couteau avait été enfoncé correspondait à un acte auto-infligé. De plus, une "plaie plus ancienne, du même acabit que celle causée par le couteau" a été constatée, suggérant une tentative de suicide antérieure.

Malgré ces conclusions, des questions subsistent. Comment le médecin initial a-t-il pu ne pas remarquer un couteau de cette taille enfoncé dans le thorax ? Est-il possible qu'une tierce personne ait aidé à cet acte, même si l'autopsie suggère le contraire ? L'enquête a été renvoyée au parquet de Marseille "par précaution", signe que des doutes persistent.

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Détention et Suicide aux Baumettes : Une Succession d'Incompétences ?

Une autre affaire tragique, survenue également dans la région d'Aubagne, concerne le suicide d'un ancien professeur de mathématiques, Luc Viviani, incarcéré à la prison des Baumettes. Viviani, souffrant de dépression profonde et en invalidité depuis plusieurs années, avait été arrêté pour avoir crevé les pneus d'un véhicule.

Son père, Jean Viviani, dénonce une "succession d'incompétences, de fautes et d'insensibilité" qui ont conduit à la mort de son fils. Selon lui, l'obsession de crever les pneus était une manifestation de ses troubles psychiques, qui n'ont pas été correctement pris en compte par la justice.

Malgré les alertes de son avocate sur le risque de suicide et une tentative de suicide en se jetant la tête contre une cloison de verre, Luc Viviani n'a pas été transféré à l'unité médico-psychologique de la prison. Son père et sa mère ont porté plainte contre X pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire.

Cette affaire soulève des questions cruciales sur la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux dans le système judiciaire et pénitentiaire. La détention provisoire, même pour des délits mineurs, peut avoir des conséquences désastreuses pour les personnes vulnérables.

Décès d'une Adolescente lors d'une Soirée Pyjama : Une Enquête au Point Mort ?

Une troisième affaire, tout aussi poignante, concerne le décès de Shanez, une adolescente de 15 ans, lors d'une soirée pyjama à Aubagne. Cinq mois après les faits, ses parents, Lotfi Ksourah et Hayet, se disent "ignorés de tous" et s'inquiètent du manque d'avancées de l'enquête.

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L'adolescente avait été invitée à une soirée chez une amie, où de l'alcool aurait été consommé. Le décès serait dû à un infarctus du myocarde, mais l'origine de cet infarctus reste inconnue. Les expertises toxicologiques, qui pourraient révéler une absorption massive d'alcool, ne sont toujours pas connues.

Les parents de Shanez s'interrogent sur les circonstances exactes de la soirée. Pourquoi tous les témoins n'ont-ils pas été entendus ? Pourquoi les téléphones portables des adolescents n'ont-ils pas été saisis pour reconstituer le déroulement de la soirée ? Ils se demandent également si la mère qui aurait apporté l'alcool ne devrait pas être mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger.

L'avocat de la famille, Me Philippe Vouland, s'étonne également des maigres avancées de l'enquête et remet en question les bases juridiques sur lesquelles elle a été ouverte.

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