Depuis 2007, en France, le vaccin BCG (Bacille de Calmette et Guérin) n'est plus obligatoire pour tous les enfants. Néanmoins, il reste fortement recommandé dans certains cas spécifiques. Cet article vise à informer sur les avantages et les inconvénients de ce vaccin, ainsi qu'à identifier les populations cibles et les recommandations actuelles.

Contexte : La Tuberculose et le Vaccin BCG en France

La vaccination contre la tuberculose a été retirée du calendrier vaccinal obligatoire en 2007 en raison de la faible incidence de la tuberculose en France, soit 8 cas pour 100 000 habitants, un chiffre inférieur au seuil de 10/100 000 habituellement considéré pour une vaccination obligatoire. Cette incidence est en diminution régulière, bien que des exceptions persistent, notamment au sein de familles originaires de régions du monde où la tuberculose est plus répandue, ou dans certaines zones géographiques comme l'Île-de-France.

Selon le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations, cette décision est également motivée par l'efficacité non optimale du vaccin et par ses effets secondaires potentiels, tels que des abcès, des escarres au point d'injection ou l'apparition de ganglions parfois volumineux. Malgré ces considérations, le vaccin BCG conserve un rapport bénéfice/risque favorable pour les enfants présentant un risque élevé de tuberculose.

A Qui S'adresse la Vaccination BCG ?

Le vaccin BCG est fortement recommandé pour les nourrissons considérés "à risque". Cela inclut les bébés originaires :

  • D'Île-de-France, de Mayotte et de Guyane.
  • De pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Centrale et du Sud.
  • Du Moyen-Orient, de l'ex-URSS (y compris la Russie).
  • De Bulgarie, d'Estonie, de Lituanie, de Lettonie, de Pologne, de Roumanie, du Portugal et de Hongrie.

Le Conseil supérieur de l'Hygiène Publique en France (CSHPF) préconise la vaccination BCG dès la naissance ou dans le premier mois de vie pour ces populations à risque.

Lire aussi: BCG : Rendez-vous et recommandations

Avantages du Vaccin BCG

Le principal avantage du vaccin BCG est la protection individuelle contre la tuberculose, en particulier contre ses formes graves telles que la méningite tuberculeuse. Il vise à protéger l’organisme de la tuberculose et de ses formes graves, comme les méningites. Bien qu'il n'empêche pas toujours l'infection, il réduit significativement le risque de développer une maladie sévère, nécessitant une hospitalisation et pouvant entraîner la mort.

En se vaccinant, on se protège mais on protège aussi les autres, ceux qui ne peuvent pas être vaccinés (nouveau-nés, femmes enceintes, personnes immunodéprimées).

Inconvénients et Effets Secondaires Potentiels

Comme tous les vaccins, le BCG peut entraîner des effets secondaires. Les plus courants sont :

  • Réactions locales au point d'injection : rougeurs, douleurs, induration, voire abcès ou escarres.
  • Adénopathies (gonflement des ganglions lymphatiques), parfois volumineuses.
  • Rarement, des complications plus graves, telles que des infections disséminées (BCGite) chez les enfants immunodéprimés.

Il est important de noter que tous les vaccins ont des contre-indications et des effets secondaires potentiels. De manière générale, lorsqu'une première dose de vaccin a provoqué une réaction importante, on ne pratique pas la seconde injection.

Procédure de Vaccination et Précautions

Avant la vaccination, une épreuve tuberculinique (intradermoréaction à la tuberculine ou IDR) peut être réalisée pour vérifier si la personne (enfant ou adulte) n'est pas déjà infectée par le bacille de Koch, responsable de la tuberculose.

Lire aussi: Tout savoir sur la vaccination contre le rotavirus

Pour limiter les effets secondaires, la piqûre doit être faite en intradermique sur l'épaule. Une prescription médicale est indispensable pour la prise en charge des frais de vaccination. Le vaccin est disponible en pharmacie, et la Sécurité sociale prend en charge 65 % du prix.

Après la vaccination, il est recommandé de laisser le bras de l'enfant à découvert et d'opter pour des vêtements amples qui ne serrent pas la zone de la piqûre. En cas d'écoulement, une compresse stérile sèche peut être appliquée, sans aucun produit.

Tuberculose : Transmission, Symptômes et Traitement

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie qui se transmet par voie aérienne, lorsqu'une personne contaminée parle ou tousse près d'une autre. Les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées sont particulièrement vulnérables.

Les symptômes de la tuberculose peuvent inclure :

  • Toux
  • Manque d'appétit
  • Perte de poids
  • Fatigue prolongée
  • Fièvre, surtout nocturne

Cependant, il est possible que la maladie se développe sans aucun signe avant-coureur. La tuberculose affecte le plus souvent les poumons, mais peut aussi s'étendre à d'autres organes (peau, système nerveux, système urinaire, os…). Des complications graves, telles que les méningites et les miliaires tuberculeuses, peuvent survenir.

Lire aussi: Gérer la fièvre du bébé après vaccin

Le traitement repose sur une association d'antibiotiques prescrits sur une longue durée, allant de 6 mois à 2 ans.

Vaccins : Principes Généraux et Types

La vaccination consiste à protéger un individu contre une maladie en stimulant son système immunitaire. Les vaccins préventifs permettent de prévenir l’apparition d’une maladie d’origine infectieuse ou de limiter sa sévérité. Les vaccins thérapeutiques permettent quant à eux d’aider le patient à lutter contre une maladie en cours, par exemple un cancer. La recherche vaccinale vise non seulement à développer de nouveaux vaccins, mais aussi à améliorer le confort, la tolérance et l’efficacité des vaccins déjà existants.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les vaccinations sauvent la vie de 2 millions de personnes chaque année dans le monde. Des campagnes de vaccination permettent de lutter contre la circulation d’un agent infectieux dans la population, à l’échelle régionale ou mondiale. Des campagnes internationales ont permis l’éradication de la variole, une baisse de 99 % des cas de poliomyélite depuis 1988, et de 73 % des cas de rougeole entre 2000 et 2018.

Une vaccination préventive consiste à administrer à une personne en bonne santé, une forme atténuée ou inactivée d’un agent infectieux, ou bien certains de ses composants, ou encore du matériel génétique qui code pour un de ses composants. L’objectif est de déclencher une réaction immunitaire suffisante pour protéger l’individu vacciné contre les formes sévères d’une maladie (et réduire ainsi son risque d’hospitalisation et la mortalité associées à l’infection), voire lui éviter une infection ultérieure. La vaccination permet en effet de développer des cellules immunitaires « mémoires », capables de reconnaître immédiatement l’agent pathogène s’il venait à contaminer la personne par la suite.

Certains vaccins conduisent au développement d’une réponse immunitaire efficace au niveau du site d’infection. Ils bloquent l’entrée de l’agent infectieux dans l’organisme et empêchent ainsi la contamination. Ils freinent efficacement la chaîne de transmission de l’infection. D’autres vaccins permettent seulement de limiter le risque de maladie sévère si l’agent infectieux contamine l’organisme.

Un rappel vaccinal est une injection supplémentaire de vaccin, destinée à stimuler une nouvelle fois la réponse immunitaire induite par une vaccination si elle diminue en efficacité au cours du temps et ne garantit plus un niveau de protection suffisant.

Un vaccin thérapeutique n’est pas destiné à protéger un individu contre une infection, mais à l’aider à lutter contre une maladie en stimulant son système immunitaire.

Les vaccins vivants atténués contiennent des agents pathogènes vivants, mais dont la virulence a été atténuée par leur mise en culture dans des conditions particulières (au froid par exemple). Ces vaccins provoquent une infection avec peu ou pas de symptômes. C’est le cas des vaccins contre la tuberculose (BCG), la varicelle ou encore le trio rougeole-oreillons-rubéole (ROR). Ces vaccins offrent une protection de longue durée après une ou deux injections. Leur immunogénicité, c’est-à-dire leur potentiel à provoquer une réponse immunitaire, est excellente, proche de celle du pathogène virulent. Néanmoins le risque infectieux de ces vaccins n’est pas nul. De ce fait, ils ne doivent pas être administrés à des personnes qui présentent un déficit immunitaire ou encore aux femmes enceintes.

Les vaccins inactivés renferment des microbes entiers qui ont été tués par la chaleur ou des traitements chimiques. C’est par exemple le cas d’un vaccin injectable contre la poliomyélite. Ces vaccins ne présentent aucun risque infectieux, mais ils sont souvent responsables de réactions importantes (douleurs, rougeur et gonflement au point d’injection, fièvre, douleurs musculaires et articulaires).

Les vaccins sous-unitaires contiennent des fragments de microbe purifiés, nécessaires et suffisants pour apprendre au système immunitaire à reconnaître le germe entier. Entrent dans cette catégorie des vaccins contre les infections à pneumocoques et à méningocoques, ou encore contre la coqueluche. D’autres vaccins sous-unitaires contiennent les toxines d’origine bactérienne, traitées par la chaleur ou chimiquement pour ne plus être toxiques (anatoxines). C’est le cas des vaccins contre le tétanos et la diphtérie. Les vaccins sous-unitaires ne présentent pas de risques infectieux et sont mieux tolérés que les vaccins inactivés. Mais leur capacité à induire une réponse immunitaire peut être faible (vaccins peu immunogènes). Ils nécessitent donc plusieurs injections suivies de rappels pour obtenir une immunisation à long terme, ainsi que l’ajout d’adjuvants qui permettent d’améliorer la réponse immunitaire induite.

Les vaccins à ARN messager (ARNm), ont pour objectif de faire transitoirement produire une protéine de l’agent infectieux ciblé (un « antigène ») par des cellules de la personne vaccinée. Pour cela, on administre l’ARNm correspondant.

Les vaccins chimériques : Dans cette technique vaccinale, des gènes du microorganisme contre lequel on veut induire une réponse immunitaire sont insérés dans le génome d’une souche vaccinale efficace, déjà utilisée en routine.

Les vaccins vectorisés : Leur conception passe par l’introduction du matériel génétique de l’agent infectieux ciblé dans des vecteurs viraux, c’est-à-dire dans des virus sans danger pour l’humain, mais capables d’infecter nos cellules pour y délivrer leur contenu (le plus souvent des adénovirus). Ce système permet de faire exprimer des protéines virales par nos propres cellules, qui sont alors reconnues par le système immunitaire.

Il existe des vaccins monovalents et multi/polyvalents. Les premiers immunisent contre un seul agent pathogène, alors que les seconds immunisent contre plusieurs sous-types d’un même virus ou d’une bactérie. Il existe également des vaccins combinés (ou en association) qui renferment des antigènes de différents agents infectieux.

En plus du/des antigène(s) microbien(s) qui en constitue(nt) le principe actif, un vaccin contient : des stabilisateurs, des conservateurs, un diluant et un adjuvant utilisé pour augmenter la réponse immunitaire contre l’antigène microbien.

Vaccination : Une Protection Individuelle et Collective

Se vacciner, c'est se protéger soi-même, mais aussi protéger les autres, en particulier ceux qui ne peuvent pas être vaccinés (nouveau-nés, femmes enceintes, personnes immunodéprimées). Pour éviter la réapparition de maladies graves, il est essentiel de maintenir des couvertures vaccinales élevées.

L’obligation vaccinale pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 permet de protéger les nourrissons dès leurs premiers mois de vie et d’améliorer les couvertures vaccinales encore insuffisantes contre de nombreuses maladies.

La vaccination ne concerne pas que les enfants, c’est à tout âge de la vie qu’il faut maintenir sa protection vaccinale. La vaccination suscite beaucoup d’interrogations, de craintes et de doutes, amplifiés par de fausses informations qui peuvent laisser penser que les risques liés aux vaccins sont plus fréquents que ceux liés aux maladies. Il est donc primordial de fournir à la population des informations objectives et transparentes.

Le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DT Polio) est obligatoire. La première dose du vaccin contre la rougeole doit être administrée à partir du douzième mois de l'enfant et la deuxième entre 13 et 24 mois. La vaccination par le BCG doit avoir été faite dès la naissance surtout dans le cas d’enfant séjournant dans des pays à fortes incidence tuberculeuses (pays africains, pays asiatiques, Amérique centrale et du sud et les pays d’Europe centrale). Si ce n’est pas le cas, l’enfant peut être vacciné jusqu’à l’âge de 15 ans. Attention, le BCG n'est plus obligatoire depuis 2007 et il est souvent introuvable dans les pharmacies. Les enfants et adolescents doivent obligatoirement être vaccinés contre l’hépatite B s’ils s’apprêtent à passer un long séjour dans un pays à forte ou moyenne prévalence du portage chronique du virus. Le vaccin s’administre en deux temps espacé d’un mois.

Les Vaccins Obligatoires en France

Depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccins sont obligatoires pour les bébés français. Il s’agit des vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B combinés au sein d’un même produit puis contre les pneumocoques, les méningocoques A, C, Y,W, le méningocoque B et contre la rougeole, les oreillons et la rubéole eux aussi combinés . Il ne s’agit pas de nouveaux vaccins. Ils existent depuis longtemps et on a du recul tant sur leur efficacité que sur leur tolérance.

Grâce aux vaccins combinés,(DTCP,ROR) le nombre d’injections est limité et l’ensemble des vaccinations peuvent se faire en seulement 8 rendez-vous. Ceux-ci s’étalent entre la naissance et les 18 mois de l’enfant.

Aluminium dans les Vaccins : Qu'en Est-Il ?

L’aluminium est un adjuvant. Les adjuvants vaccinaux sont indispensables à l’efficacité de très nombreux vaccins. Ils sont utilisés pour augmenter la réponse immunitaire contre l’antigène microbien contenu dans le vaccin. Ils permettent ainsi de diminuer la quantité d’antigène vaccinal par dose, de réduire le nombre de doses nécessaires pour assurer une bonne immunisation, de renforcer la réponse immunitaire chez des personnes avec un certain degré d’immunosuppression. C’est le cas, par exemple, du DTP. Les sels d’aluminium figurent parmi les adjuvants les plus utilisés dans le monde avec un recul d’utilisation de plus de quatre-vingt-dix années et des centaines de millions de doses injectées.

L’exposition à l’aluminium provient essentiellement des aliments, de l’eau et de certains médicaments. La toxicité de l’aluminium n’existe que pour des intoxications massives aigües ou des consommations chroniques à des dosages élevés. Aucune preuve de toxicité neurologique imputable à l’aluminium issu de l’alimentation ou des adjuvants n’a pu être fournie, dans des conditions habituelles d’exposition.

Concernant les vaccins obligatoires chez les enfants de moins de 2 ans, en France, la quantité d’aluminium par dose varie de 0,125 et 0,82 mg par dose. Ces doses sont donc très inférieures à la limite maximale recommandée et négligeable au regard des teneurs contenues dans l’alimentation, notamment dans le lait maternel ou artificiel. A titre de comparaison, deux carrés de chocolat contiennent déjà 0,4 mg d’aluminium.

Vaccin ROR et Autisme : Démystification d'une Fausse Rumeur

En 1998, le journal médical britannique de référence The Lancet publie une étude remettant en cause l’innocuité du vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR). Le travail porte sur 12 enfants et conclut que le vaccin ROR est responsable d’un tableau combinant un autisme et des troubles digestifs (« autistic enterocolitis »).

Après une enquête d’investigation menée par le journaliste Brian Deer, l’article est désavoué par le Lancet en 2010. Depuis d’autres études portant sur un nombre très important de patients vaccinés ont confirmé qu’il n’y avait aucun lien entre le vaccin ROR et l’autisme et notamment une étude danoise récente réalisée sur plus de 650 000 enfants).

Le Système Immunitaire des Bébés et les Vaccinations Multiples

Les données scientifiques montrent que l’administration de plusieurs vaccins en même temps n’a aucun effet néfaste sur le système immunitaire de l’enfant. Au quotidien, notre système immunitaire est confronté à des milliers d’antigènes. Et un rhume banal ou une affection de la gorge expose l’enfant à un nombre d’antigènes beaucoup plus importants que les vaccins.

L’administration de plusieurs vaccins en une seule fois comporte, en outre, des avantages : il limite le nombre de consultations et permet ainsi aux enfants de recevoir les vaccinations suffisamment tôt avant d’être exposés aux différentes maladies.

Vaccin Hépatite B et Sclérose en Plaques : Absence de Lien

La suspicion d’un lien entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B (VHB) et la sclérose en plaques (SEP) date du milieu des années 1990, suite à la notification de cas de sclérose en plaques au système français de pharmacovigilance (surveillance des effets indésirables).

Au total, les études menées n’ont donc pas confirmé le lien suspecté entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B et des effets indésirables graves, que ce soit en termes d’atteintes neurologiques de type sclérose en plaques, ou d’autres maladies auto-immunes.

La suspicion de lien avec la sclérose en plaques n’a jamais concerné la vaccination du nourrisson.

À noter que les antécédents familiaux de SEP ou les antécédents personnels de SEP ne sont pas une contre-indication à la vaccination.

tags: #vaccin #BCG #bébé #avantages #inconvénients

Articles populaires: