Une fausse couche, également appelée avortement spontané, est une interruption spontanée de grossesse qui survient au cours des cinq premiers mois. Bien que fréquente, elle peut avoir de réelles conséquences psychologiques. Cet article aborde la définition, les causes, les symptômes, les traitements et l'importance d'une prise en charge adaptée.
Définition de la fausse couche
On parle de fausse couche lorsqu'une grossesse s'interrompt spontanément au cours des cinq premiers mois. Au-delà de cinq mois, on parle de mort fœtale in utero. La grande majorité des fausses couches survient pendant le premier trimestre de grossesse.
Fausse couche isolée ou à répétition?
Une fausse couche isolée se produit lorsqu'une femme en fait une seule, suivie de grossesses normales. Environ 15 % des grossesses sont concernées par une fausse couche isolée. On parle de fausses couches à répétition dès lors qu’une femme enceinte d’un même partenaire présente au moins trois fausses couches spontanées consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée. Elles concernent 1,5 % des femmes et nécessitent une prise en charge avec des examens plus poussés.
Les causes potentielles
Dans le cas d’une fausse couche isolée, la cause n’est généralement pas recherchée. Les fausses couches sont le plus souvent dues soit à des anomalies génétiques de l’embryon, soit à des problèmes de santé de la mère. Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux). Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair ». Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets.
Plusieurs facteurs peuvent intervenir et expliquer une fausse couche.
Lire aussi: Fausse Couche : Causes et Solutions
- Génétiques : anomalie chromosomique du fœtus. La division cellulaire, première étape de la formation du fœtus, ne s’est pas passée correctement, ce qui donne lieu à un embryon non viable.
- Anatomiques : malformation ou anomalie de l'utérus. Une malformation ou une anomalie utérine : s’il s’agit du premier cas, cette malformation risque d’entraîner plusieurs fausses couches successives. L’endométriose est une maladie inflammatoire qui se définit par la présence de fragments d’endomètre en-dehors de la cavité utérine.
- Hormonales : problème de thyroïde, insuffisance ovarienne ou syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la mère.
- Immunologiques : maladie inflammatoire auto-immune chez la mère.
- Infectieuses : une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus, etc.
- Spermatiques : problème au niveau du sperme chez le père.
- Environnementales : tabagisme, exposition à des toxines, alcool… Ne pas fumer, ne pas prendre de drogue, consommer de l’alcool avec modération : cela paraît évident, mais ces conseils sont essentiels pour réduire les risques. Ils sont à associer à une alimentation équilibrée qui permettra d’éviter les carences. S’il y en a malgré tout, par exemple vous suivez un régime comprenant des exclusions alimentaires, il se peut que vous ayez besoin d’être supplémentée en vitamines.
- Traumatiques : choc brutal, chute violente…
Le risque de fausse couche augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans.
Fausse couche silencieuse (ou retenue)
Une fausse couche silencieuse, également appelée fausse couche retenue, a lieu lorsque la grossesse s’arrête sans signes d’expulsion spontanée et immédiate de l’embryon ou du fœtus. De là l’origine du nom de ce type de fausse couche spontanée, car l’expulsion de l’embryon ou du fœtus a lieu des jours ou des semaines après. Ce type de fausse couche spontanée ne peut être totalement confirmé qu’à l’aide d’une échographie ou d’une analyse de la hCG (hormone gonadotrophine chorionique humaine).
Plusieurs facteurs peuvent prédisposer à une fausse couche silencieuse, notamment :
- Âge avancé : comme dans le cas d’une grossesse après 40 ans.
- Anémie gestationnelle : l’anémie durant la grossesse est un trouble relativement habituel qui peut affecter négativement la grossesse et l’accouchement, mais aussi le fœtus ou le nouveau-né.
- Infection des voies urinaires (IVU) : étant donné qu’il y a davantage de sang dans les reins et que la capacité de la vessie est plus réduite, l’urine peut retourner vers l’urètre, ce qui peut contribuer au développement d’infections des voies urinaires pendant la grossesse.
Les symptômes d’une fausse couche silencieuse peuvent varier et, très souvent, ils ne se manifestent pas de la même manière que ceux des fausses couches spontanées. Ceci est dû à un fait essentiel : l’embryon n’est pas expulsé du corps de la femme. Dans un certain sens, le corps agit comme si la grossesse était encore en cours. Il est improbable que ce type de fausse couche spontanée provoque un saignement ou une douleur intense, parfois seuls des symptômes très légers font leur apparition. Cela signifie que le diagnostic de la fausse couche silencieuse se révèle d’une manière particulière, normalement durant une visite chez le médecin et grâce à une échographie.
Les symptômes de la fausse couche
Les deux symptômes les plus fréquents associés à une fausse couche sont :
Lire aussi: Tout savoir sur la pilule du lendemain
- des saignements vaginaux, légers ou abondants ;
- des douleurs abdominales ou pelviennes, des crampes.
Ils peuvent s’accompagner de :
- contractions ;
- douleurs lombaires ;
- symptômes de choc (fièvre, faiblesse, vertiges, étourdissements, confusion, rythme cardiaque accéléré, nausées et/ou vomissements).
Un saignement vaginal en début de grossesse n’est pas obligatoirement signe de fausse couche. Les fausses couches tardives se traduisent essentiellement par des contractions utérines et parfois de légers saignements vaginaux avant l’expulsion les amenant à consulter leur médecin. Si les saignements vaginaux sont abondants et que la femme enceinte présente des signes de choc comme une faiblesse, des vertiges ou étourdissements, une confusion, des nausées ou vomissements, une variation de la température corporelle ou du rythme cardiaque, la consultation est urgente, on est devant une fausse couche hémorragique nécessitant des soins urgents.
Quand et qui consulter ?
Il est important de consulter votre médecin, sage-femme ou gynécologue référent dès l’apparition des symptômes. Si, en plus de saignements et douleurs, vous avez de la fièvre, des nausées, des vomissements, des malaises ou des étourdissements, consultez en urgence. Il pourrait s’agir d’une fausse couche hémorragique. Des saignements importants, même en l’absence d’autres symptômes, doivent également être pris en charge en urgence. Quand les saignements sont modérés, il est conseillé de consulter son gynécologue dans la journée.
Les traitements
C’est après avoir réalisé une échographie de contrôle que le diagnostic de fausse couche pourra être établi. Le médecin détermine si la fausse couche a déjà eu lieu. Dans ce cas, il n’y a pas de traitement nécessaire. Si elle est en cours, le médecin peut proposer à la patiente un traitement pour l’expulsion du fœtus ou bien lui conseiller d’attendre l’expulsion naturelle qui se produit en quelques jours. La disparition des douleurs et des saignements marque la fin de l’événement.
Selon les résultats, trois traitements thérapeutiques sont envisagés :
Lire aussi: Prise en charge après une fausse couche
- l’expulsion naturelle et spontanée du sac embryonnaire ;
- le traitement médicamenteux qui permettra d’accélérer l’expulsion du sac embryonnaire. Dans le cas du médicament, le misoprostol est administré soit par voie orale soit par voie vaginale. Il provoque des contractions musculaires et l’ouverture du col de l’utérus afin de permettre l’expulsion du placenta et des tissus embryonnaires.
- le traitement chirurgical par aspiration. Le traitement chirurgical est une aspiration endo-utérine. Il est proposé lorsque les saignements sont abondants, que la mère souffre de troubles de la coagulation, et en cas d’échec ou de refus du traitement médicamenteux. Dilatation et curetage : si le corps n’expulse pas naturellement tout le tissu fœtal, un curetage peut être fait. Il s’agit d’un procédé médical au cours duquel le col de l’utérus est dilaté et les tissus qui se trouvent dans l’utérus sont retirés.
Au cours des deux semaines qui suivent une fausse couche, il est conseillé de ne pas avoir de rapports sexuels et de ne pas utiliser de tampons hygiéniques.
La gestion de la fausse couche silencieuse peut varier en fonction de la situation et des préférences de la femme.
- Attendre : dans de nombreux cas, si la grossesse n’évolue pas, le corps de la femme expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après.
Prévention
A noter qu’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse.
Dès la deuxième fausse couche successive, il est recommandé d’aller consulter un gynécologue spécialisé en médecine de la reproduction.
Une consultation médicale peut être programmée en couple dès lors que vous avez un projet de bébé. Elle permet de s’assurer que votre enfant peut être conçu et se développer dans les meilleures conditions sanitaires possibles. Lors de ce rendez-vous, le gynécologue pose un grand nombre de questions aux deux membres du couple : antécédents familiaux et médicaux, hygiène de vie, régularité du cycle menstruel, santé sexuelle… Rien n’est laissé au hasard par le professionnel de santé qui procède ensuite à un examen clinique classique, avant de prescrire un bilan sanguin complet.
Conséquences psychologiques et prise en charge
Malgré son nom, une fausse couche peut avoir de vraies conséquences. Les femmes qui vivent une fausse couche sont susceptibles de ressentir un sentiment de perte, de chagrin ou de culpabilité. Il peut être difficile de l'évoquer, et certaines se sentent parfois seules ou illégitimes.
La fausse couche peut être une expérience traumatisante, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel. Elle peut entraîner une dépression et un stress post-traumatique. Il est donc important de bénéficier d’une prise en charge adaptée pour surmonter cette épreuve difficile. Si c’est votre cas, rapprochez-vous de votre psychologue, médecin/ ou d’un autre professionnel de santé qui pourra vous aider. Les professionnels de santé ainsi que vos proches sont là pour vous accompagner. Alors si vous êtes concernée, parlez-en ! Et n’oubliez pas : ce n’est pas de votre faute : une fausse couche est un phénomène qui n’a rien d’exceptionnel et cela ne signifie pas que vous ne mènerez aucune grossesse à terme.
La fausse couche silencieuse est, pour la femme et son partenaire, une expérience difficile du point de vue psychologique. Si une femme ressent les symptômes d’une fausse couche silencieuse, il est fondamental qu’elle sollicite une prise en charge médicale afin d’établir un diagnostic adéquat et le traitement nécessaire.
tags: #fausse #couche #causes #symptômes
