Les États-Unis sont devenus une destination de choix pour de nombreux futurs parents, qu'il s'agisse de couples britanniques cherchant à sélectionner le sexe de leur enfant, ou de familles du monde entier attirées par le système de santé américain et ses particularités. Cet article explore les différentes facettes de l'accouchement aux États-Unis, en s'appuyant sur des statistiques, des témoignages et des analyses comparatives avec d'autres pays.

Sélection du sexe de l'enfant : une pratique controversée mais autorisée

Une tendance notable est l'augmentation du nombre de couples, notamment britanniques, se rendant aux États-Unis pour bénéficier d'une fécondation in vitro (FIV) avec sélection du sexe du bébé. Cette pratique, interdite au Royaume-Uni, attire de plus en plus de couples désirant choisir le sexe de leur enfant. Selon le Telegraph, un médecin américain traiterait une dizaine de patientes britanniques par mois, un chiffre en constante augmentation, avec également des demandes provenant d'Australiens et de Canadiens. On estime qu'une centaine de femmes anglaises se sont tournées vers les cliniques américaines l'année dernière.

Aux États-Unis, la sélection du sexe de l'enfant est autorisée sans justification particulière, contrairement à l'Europe où elle suscite de vives controverses. Si certains s'y opposent pour des raisons religieuses ou dénoncent une discrimination, d'autres, comme le Dr. Daniel Potter, défendent le droit des femmes à choisir le sexe de leur enfant. Il souligne que pour certains couples, il s'agit d'une démarche importante, fruit d'une longue réflexion et d'économies considérables. Il est intéressant de noter que, parmi les couples britanniques, la préférence va majoritairement aux filles (près de 80%). Pour certaines mères, avoir une fille représente un rêve d'enfance, et l'absence de fille dans leur famille est vécue comme un deuil.

L'expérience de l'accouchement aux États-Unis : entre professionnalisme et déshumanisation ?

Accoucher aux États-Unis suscite souvent des interrogations et des appréhensions, notamment en raison des idées reçues sur le système de santé américain. Certaines femmes enceintes, expatriées ou voyageant spécifiquement pour accoucher, témoignent de leurs expériences, souvent contrastées.

Un système de santé axé sur le client

Aux États-Unis, la patiente est considérée comme une cliente, ce qui se traduit par une attention particulière et un accueil chaleureux. Les gynécologues américains sont souvent décrits comme charmants, attentifs et ne jugeant pas les kilos en trop. Isabelle, qui a accouché à San Diego, a particulièrement apprécié la gentillesse du personnel médical et la présence constante de la même sage-femme tout au long de l'accouchement. Le miroir placé devant la tête du bébé lors de l'expulsion est un souvenir marquant pour elle.

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Les maternités américaines sont souvent comparées à des hôtels de luxe, avec des chambres confortables équipées de salles de bain privatives, de parquet et d'un lit pour le futur papa. Cependant, la durée du séjour à l'hôpital est généralement courte, souvent une seule nuit pour un accouchement par voie basse, ce qui peut susciter des inquiétudes.

Un suivi de grossesse moins médicalisé qu'en France ?

Plusieurs témoignages soulignent que le suivi de grossesse aux États-Unis est moins médicalisé qu'en France. Florence, maman d'une petite californienne, déplore le nombre limité d'échographies (une seule) et l'absence d'examen interne avant le 8ème mois. Hermine s'étonne que la position du bébé soit déterminée par palpation, sans confirmation échographique. Cette approche moins interventionniste peut être source d'angoisse pour certaines femmes, qui craignent un manque de surveillance des risques potentiels.

Cependant, le personnel médical est décrit comme compétent et disponible, notamment pour la gestion de la douleur. Sandrine témoigne avoir été bien soulagée lors des contractions, en attendant la péridurale. Le choix de l'épisiotomie est également laissé à la discrétion de la patiente.

Les classes prénatales et le VBAC : des aspects positifs

Les classes prénatales sont appréciées pour leur familiarisation avec le vocabulaire médical et leur préparation à l'accouchement. Anne a particulièrement apprécié les cours de secourisme pour nouveau-nés (CPR), qu'elle juge essentiels pour tous les parents.

Le VBAC (Vaginal Birth After Cesarean), ou accouchement vaginal après césarienne, est un programme qui permet aux femmes ayant déjà subi une césarienne d'envisager un accouchement par voie basse pour leur deuxième enfant. Cette option, qui remet en question l'idée reçue selon laquelle "césarienne un jour, césarienne toujours", est un atout majeur du système américain pour certaines femmes.

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Les aspects financiers et les assurances

Les coûts des soins médicaux aux États-Unis sont notoirement élevés, et il est essentiel d'être bien couvert par une assurance. Un accouchement par césarienne peut coûter plusieurs dizaines de milliers de dollars. Cette dimension financière est un facteur important à prendre en compte lors de la planification d'un accouchement aux États-Unis.

Les statistiques sur les césariennes aux États-Unis et dans le monde

Le nombre de naissances par césarienne a considérablement augmenté dans le monde entre 2000 et 2015, selon une étude publiée dans la revue The Lancet. De nombreux pays, dont la France (20,8%), affichent des taux de césariennes supérieurs à 35%. Bien que les données spécifiques aux États-Unis ne soient pas mentionnées dans les extraits fournis, il est important de noter cette tendance globale et de s'interroger sur les raisons de cette augmentation.

La GPA : un sujet sensible et controversé

La gestation pour autrui (GPA) est une pratique qui consiste à faire porter un enfant par une tierce personne pour le compte d'un couple qui ne peut ou ne veut pas mener une grossesse à terme. La GPA est un sujet éthiquement complexe et juridiquement encadré différemment selon les pays. En France, la GPA est illégale et considérée comme une violation de nombreux principes du droit.

Les défenseurs de la GPA mettent en avant la liberté de choix et l'altruisme de la mère porteuse, tandis que ses détracteurs dénoncent une marchandisation du corps et de la procréation, ainsi qu'une exploitation des femmes vulnérables. La notion de GPA "éthique", basée sur le don et le bénévolat, est également controversée, car elle ne résout pas les questions fondamentales liées à la division de la maternité et à l'échange de l'enfant à sa naissance.

Maternité et nationalité : un bébé américain avant tout

Un aspect à ne pas négliger est la question de la nationalité de l'enfant né aux États-Unis. En vertu du droit du sol, l'enfant acquiert automatiquement la nationalité américaine dès sa naissance. Il est ensuite nécessaire d'effectuer des démarches auprès du consulat français pour enregistrer l'enfant sur le livret de famille et obtenir une transcription du certificat de naissance.

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