L'échographie obstétricale est une pratique courante pendant la grossesse, permettant aux futurs parents de voir leur bébé à naître. Cependant, il est essentiel de comprendre les risques et les bénéfices associés à cette technique, en particulier en ce qui concerne les échographies non médicales proposées à des fins commerciales.

L'attrait des échographies "plaisir"

L'idée de voir son bébé avant la naissance est séduisante. De nombreuses entreprises proposent des échographies 3D ou 4D à des fins non médicales, permettant aux parents d'obtenir des clichés "souvenir" de leur futur enfant. Ces séances, souvent plus longues que les échographies médicales, peuvent durer de dix à trente minutes et ciblent particulièrement des régions anatomiques localisées du fœtus, telles que la face et les organes génitaux.

Cependant, il est crucial de considérer les mises en garde des professionnels de santé concernant ces pratiques.

Risques potentiels des ultrasons

Bien que les ultrasons soient considérés comme relativement sûrs, ils ne sont pas sans risque. Ils produisent un effet thermique et un effet mécanique sur les tissus humains, proportionnels au niveau d'exposition.

Dans une échographie médicale, le faisceau ultrasonore est constamment déplacé, limitant l'exposition de chaque zone du fœtus. En revanche, dans une échographie commerciale, des parties localisées du fœtus peuvent être exposées en continu, augmentant potentiellement les risques.

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Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) a alerté les pouvoirs publics sur les dangers potentiels de ces pratiques, soulignant que les échographies non médicales entraînent une exposition longue et inutile du bébé aux ultrasons. L'Académie de médecine s'était déjà interrogée en 2004 sur l'opportunité de ces examens, "faits sans aucun bénéfice médical, sans qualification particulière de la personne réalisant l’examen, sans limitation de durée ni de répétition".

L'importance d'un cadre médical

La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne que l'échographie fœtale ne devrait intervenir qu'à des fins diagnostiques, de dépistage ou de suivi. Les auditions menées par la HAS ont également mis en évidence les effets psychoaffectifs délétères sur la mère et l'entourage liés à la découverte ou à la suspicion d'un problème sur le fœtus, une situation qui nécessite l'accompagnement d'un professionnel de santé qualifié.

Il est donc essentiel que les échographies soient réalisées par des professionnels de santé qualifiés, tels que des médecins ou des sages-femmes, qui respectent les bonnes pratiques et limitent l'exposition du fœtus aux ultrasons.

Bénéfices de l'échographie médicale

Les trois échographies recommandées pendant la grossesse (entre 11 et 13 semaines d’aménorrhée, puis entre 20 et 22 et entre 32 et 34 semaines) jouent un rôle primordial dans le suivi de la croissance du fœtus et la détection d’éventuelles anomalies. Elles permettent également de déterminer l'âge de la grossesse, le nombre d'embryons et l'emplacement du fœtus.

L'échographie est une technique d'imagerie sûre car elle utilise des ultrasons au lieu de rayons X. Couplée à un doppler, elle permet de mesurer la vitesse du flux sanguin, notamment dans les vaisseaux ombilicaux.

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Échographie 3D : Intérêt et limites

L’échographie 3D permet de visualiser le fœtus en trois dimensions. Elle peut être utile dans le dépistage de certaines anomalies et permet un "examen clinique" du fœtus, tel qu'on peut le faire sur un nouveau-né, à la recherche de signes pathologiques qui orientent le diagnostic vers une maladie génétique. Elle visualise les paupières, les arcades sourcilières osseuses, l’asymétrie des narines, le philtrum, la position et la forme de la bouche.

Cependant, en matière de dépistage, l’échographie 3D n’apporte pas de réel bénéfice supplémentaire par rapport à l'échographie 2D. En revanche, en matière de diagnostic, la technologie 3D permet de centrer l’image sur l’anomalie, de tourner autour et d’affiner l’analyse des structures.

Les limites de l’échographie 3D sont similaires à celles de l’échographie 2D. Afin d’obtenir des images de bonne qualité, elle nécessite une absence de mouvement de l’échographiste, de la patiente ainsi que du fœtus.

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