Introduction

En France, la fréquence des môles hydatiformes est estimée à environ 1 pour 1000 grossesses. Il est crucial de surveiller biologiquement les môles en raison de leur potentiel évolutif vers une tumeur trophoblastique gestationnelle (TTG). Cette complication concerne 10 à 20 % des môles hydatiformes complètes (MHC) et 0,5% des môles hydatiformes partielles (MHP). Un diagnostic précoce de ces tumeurs trophoblastiques gestationnelles survenant après une môle permettra de débuter rapidement une chimiothérapie la plus simple possible, typiquement par Méthotrexate.

Types de môles et leur évolution

Il existe deux types principaux de môles hydatiformes :

  • Môle complète : Dans ce cas, il n’y a jamais d’embryon identifiable.
  • Môle partielle : Un embryon anormal se développe transitoirement sans pouvoir survivre.

La grossesse môlaire (môle) est évacuée par aspiration ou curetage. Après l'évacuation, une surveillance attentive est essentielle pour détecter tout signe de transformation maligne.

Tumeurs trophoblastiques gestationnelles (TTG): Aspects cliniques et diagnostic

Cliniquement, les tumeurs trophoblastiques gestationnelles incluent les môles invasives, les choriocarcinomes, les tumeurs trophoblastiques du site d’implantation (TSI) et les tumeurs trophoblastiques épithélioïdes (TTE). Il est important de noter qu'elles font toujours suite à une grossesse.

Les signes révélateurs des tumeurs trophoblastiques gestationnelles sont principalement :

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  • L’absence de normalisation ou la ré ascension des taux d’hCG après évacuation d’une môle.
  • Des métrorragies persistantes inexpliquées à distance d’un avortement spontané ou après une IVG.

Le diagnostic est alors fondé sur l’échographie pelvienne et un dosage d’hCG. Très occasionnellement, le diagnostic est suspecté devant des métrorragies inexpliquées dans les semaines ou dans les mois suivant un accouchement normal ou une grossesse ectopique. La persistance ou l'augmentation des taux d'hCG après une salpingotomie pour GEU (grossesse extra-utérine) doit également alerter le clinicien.

Bilan diagnostique

Tout diagnostic de tumeur trophoblastique gestationnelle déclenche un bilan d’imagerie complet (Scanner TAP + IRM pelvienne et cérébrale) afin de déterminer l’extension de la maladie. Ce bilan permet de stadifier la tumeur et de guider la stratégie thérapeutique.

Traitement des TTG

Les môles invasives et les choriocarcinomes sont traités par mono ou polychimiothérapie selon le score FIGO obtenu. Un score ≤ 6 est une indication de traitement par monochimiothérapie alors qu’un score ≥ 7 est une indication de polychimiothérapie.

Les tumeurs trophoblastiques du site d’implantation (TSI) et les tumeurs trophoblastiques épithélioïdes (TTE) sont très rares et peu chimiosensibles. La chirurgie seule ou associée à une chimiothérapie en présence de métastases en est le traitement de référence même à un âge très jeune.

Surveillance après salpingotomie pour GEU et risque de TTG

Bien que rare, une tumeur trophoblastique gestationnelle peut survenir après une grossesse ectopique. La surveillance des taux d'hCG après une salpingotomie pour GEU est donc essentielle, même si le risque est faible. La persistance de taux élevés ou une augmentation secondaire des taux d'hCG doivent inciter à rechercher une TTG.

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Importance du diagnostic précoce

Un diagnostic précoce de TTG est crucial pour plusieurs raisons :

  • Efficacité du traitement : Un traitement initié précocement, souvent par monochimiothérapie (Méthotrexate), est généralement plus efficace et moins toxique.
  • Préservation de la fertilité : Dans certains cas, un traitement conservateur peut être envisagé pour préserver la fertilité de la patiente.
  • Pronostic : Un diagnostic et une prise en charge rapides améliorent significativement le pronostic.

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