L'infertilité est un problème de plus en plus répandu qui touche un nombre croissant de couples. En France, environ 15 % des couples rencontrent des difficultés à concevoir naturellement, selon l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM). L'infertilité est définie par l'absence de conception après un an de rapports sexuels réguliers sans utilisation de contraception.

Causes de l'infertilité

Les causes de l'infertilité sont diverses et peuvent toucher aussi bien les femmes que les hommes. Elles peuvent être liées à des pathologies sous-jacentes, au mode de vie, à l'âge tardif pour la première grossesse ou à des facteurs environnementaux.

Infertilité féminine

Chez les femmes, les difficultés de fertilité sont souvent liées à des problèmes ovulatoires. L'absence d'ovulation régulière (anovulation) est une cause fréquente et peut être due à des pathologies telles que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui affecte la régulation hormonale. L'endométriose, une autre maladie répandue, peut affecter la qualité de l'environnement utérin, entravant l'implantation de l'embryon. De plus, des maladies des trompes de Fallope, telles que des blocages ou des dommages dus à des infections antérieures, peuvent empêcher les spermatozoïdes d'atteindre l'ovule.

Les principales causes d'infertilité féminine sont :

  • Troubles de l'ovulation
  • Facteurs tubo-péritonéaux (atteinte des trompes de Fallope) : hydrosalpinx, adhérences, endométriose
  • Endométriose (35% des femmes infertiles) : apparition d'endomètre (tissu tapissant la paroi utérine) au niveau des ovaires, des trompes, des ligaments, de la cavité abdominale et pelvienne, créant des adhérences, obstructions. Les symptômes sont l'infertilité et des douleurs se manifestant au moment des règles à différents endroits. Nécessite parfois une intervention chirurgicale.
  • Syndrome des ovaires polykystiques
  • Anovulation : stress, poids, SOPK, anomalies hormonales
  • Anomalie de l'interaction glaire-spermatozoïde
  • Anomalie de l'utérus
  • Âge mûr : à partir de 35 ans la capacité reproductive diminue et le risque de fausse couche augmente (20% à 30 %)
  • Infertilité inexpliquée : environ 30 % des cas

Infertilité masculine

Du côté masculin, la qualité et la quantité de spermatozoïdes sont déterminantes. Les problèmes incluent une faible mobilité des spermatozoïdes, qui limite leur capacité à atteindre l'ovule, une faible concentration de spermatozoïdes dans le sperme, ou des anomalies de forme (morphologie) qui affectent leur efficacité.

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Les principales causes d'infertilité masculine sont :

  • Obstruction des conduits
  • Pathologie de la prostate
  • Troubles d'érection ou d'éjaculation
  • Anomalie du sperme : mauvaise qualité (asthénozoospermie, tératozoospermie, nécrozoospermie) ou faible quantité

Facteurs communs

Certaines causes d'infertilité sont communes aux deux sexes, notamment les déséquilibres hormonaux, les problèmes immunitaires, et les facteurs liés au mode de vie, tels que le stress, la mauvaise alimentation, et l'exposition à des toxines environnementales.

L'âge et la fertilité

La question de l'âge idéal pour tomber enceinte est complexe car elle implique à la fois des facteurs biologiques et socio-économiques. Biologiquement parlant, la fertilité féminine est à son apogée entre 20 et 30 ans. Les études montrent que la fertilité commence à décliner graduellement après l'âge de 32 ans, et ce déclin s'accélère significativement après 37 ans. Cette diminution est due à une baisse naturelle du nombre d'ovules disponibles et à une détérioration de leur qualité avec l'âge. Chez les hommes, la fertilité diminue également avec l'âge, mais cette baisse est généralement plus progressive que chez les femmes. Les hommes produisent des spermatozoïdes tout au long de leur vie, ce qui leur permet souvent de rester fertiles plus longtemps. Toutefois, la qualité du sperme tend à diminuer avec l'âge, entraînant une mobilité réduite des spermatozoïdes et une augmentation des dommages à l'ADN. L’âge moyen des mères au moment de la naissance d’un enfant est passé de 26.5 ans en 1977 à 30.6 ans en 2018.

Comment augmenter naturellement la fertilité

Améliorer la fertilité de manière naturelle est un objectif pour de nombreux couples souhaitant concevoir.

Mode de vie

  • Maintenir un poids santé : Un poids corporel sain est fondamental pour une bonne fertilité. Le surpoids ou le sous-poids peut perturber les cycles hormonaux, affectant ainsi l'ovulation chez les femmes et la qualité du sperme chez les hommes. L'indice de masse corporelle (IMC) dans une fourchette normale est associé à une meilleure régularité ovulatoire et une meilleure qualité de sperme.
  • Éviter le tabac et l'alcool : Fumer peut diminuer la fertilité chez les femmes et les hommes. Chez les femmes, le tabagisme est lié à une diminution de la réserve ovarienne et à des risques accrus de grossesse extra-utérine. Chez les hommes, fumer peut réduire le nombre et la mobilité des spermatozoïdes ainsi que provoquer des lésions de l'ADN spermatique.
  • Gérer le stress : Le stress peut avoir un impact direct sur la fertilité. Il affecte l'axe hypothalamo-pituitaire-ovarien, potentiellement menant à des irrégularités ovulatoires chez les femmes. Chez les hommes, le stress peut diminuer la qualité du sperme. Des techniques de gestion du stress comme le yoga, la méditation peuvent être bénéfiques.
  • Exercice physique régulier : L'exercice régulier, mais non excessif, favorise la bonne circulation sanguine et aide à réguler les hormones.

Alimentation

Une alimentation variée et équilibrée joue un rôle important dans l'amélioration de la fertilité. Une alimentation de type méditerranéenne augmente les chances de tomber enceinte (naturellement ou ayant recours à des technologies de procréation assistée).

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  • Zinc : Ce minéral est important pour la production de testostérone et la formation du sperme. Une carence en zinc peut réduire le nombre de spermatozoïdes et leur mobilité.
  • Vitamine E : Un antioxydant qui protège les cellules spermatiques contre les dommages oxydatifs.
  • Vitamine C : Améliore la qualité et la mobilité des spermatozoïdes.
  • Fer : Important pour prévenir l'anémie et favoriser un environnement optimal pour l'ovulation.
  • Vitamines B, notamment l'acide folique : L'acide folique est essentiel pour prévenir les défauts du tube neural chez le bébé. Il est aussi associé à une meilleure ovulation.
  • Vitamine D : Liée à la régulation des hormones sexuelles.
  • Oméga-3 : Les acides gras oméga-3 peuvent améliorer la qualité du sperme et aider à réguler les hormones chez les femmes.
  • Antioxydants : Les flavonoïdes et autres antioxydants peuvent aider à protéger les ovules et les spermatozoïdes des dommages.
  • Magnésium : Le magnésium joue un rôle dans le métabolisme du glucose, et est associé à la sensibilité à l’insuline des tissues.

Il est important de noter que les fruits et légumes ont perdus de 30 à 50% de leurs vitamines et minéraux par rapport à il y a 50 ans en raison de l’agriculture intensive.

Compléments alimentaires

Les compléments alimentaires peuvent être une aide pour ceux qui ont des carences nutritionnelles ou des besoins spécifiques non couverts par l'alimentation seule. Folate, homocystéine and selected vitamins and minerals status in infertile women. Eur J Contracept Reprod Health Care. 2017;22:70-75.

Vitamine C et fertilité

La vitamine C, également connue sous le nom d'acide ascorbique ou d'ascorbate, a été l'une des vitamines les plus étudiées au cours des 50 dernières années. Une recherche dans la littérature scientifique révèle que plus de 53 000 études ont été menées sur la vitamine C depuis 1968, y compris des études sur le rôle qu'elle joue dans la fertilité.

Une étude de 2006 a montré que "…la supplémentation en vitamine C chez les hommes infertiles pourrait améliorer le nombre de spermatozoïdes, la mobilité des spermatozoïdes et la morphologie des spermatozoïdes et pourrait avoir une place en tant que supplément supplémentaire pour améliorer la qualité du sperme en vue de la conception." La dose administrée dans l'étude était de 1000 mg deux fois par jour. Le tabagisme diminue également les niveaux de vitamine C dans le sang. Une étude de 2006 a montré que les fumeurs non fertiles avaient des niveaux inférieurs de vitamine C dans leur sperme par rapport aux hommes fertiles qui ne fumaient pas. Donc, si vous fumez, c'est le moment d'arrêter !

De plus, une étude de 2016 a également montré qu'une supplémentation en vitamine C était bénéfique pour la qualité et la quantité du sperme. De même, une étude de 2020 a révélé que la vitamine C quotidienne aidait à améliorer la qualité du sperme et l'intégrité de l'ADN lorsqu'elle était supplémentée. Dose suggérée : 500 à 1 000 mg une ou deux fois par jour.

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Autres compléments alimentaires bénéfiques

Outre la vitamine C, d'autres compléments alimentaires peuvent être bénéfiques pour la fertilité :

  • Berbérine : Utile pour réduire la sensibilité à l'insuline (un symptôme du SOPK), ce qui aide finalement à abaisser les niveaux de glucose tout en restaurant un cycle menstruel plus normal.
  • L-Carnitine : Peut aider à réduire le poids, le tour de taille et le taux de sucre dans le sang chez les femmes atteintes du SOPK. Les femmes atteintes du SOPK résistantes au clomiphène étaient plus susceptibles de tomber enceintes lorsque 3 000 mg de L-carnitine étaient ajoutés à leur régime médicamenteux quotidien.
  • Racine de Maca : Connue pour améliorer la libido et la fertilité. Des études sur des hommes ont montré que la racine de maca peut améliorer le nombre de spermatozoïdes et la motilité des spermatozoïdes.
  • Écorce de pin : Un puissant antioxydant qui peut améliorer la qualité du sperme.
  • Vitamines prénatales : Essentielles pour les femmes qui essaient de concevoir afin de s'assurer qu'elles consomment toutes les vitamines et minéraux nécessaires, y compris l'iode et le folate.
  • Zinc : Requis par les enzymes du système reproducteur et dans tout le corps, le zinc est impliqué dans plus de 300 réactions biochimiques et est un composant important de plus de 2 000 protéines.

Plantes et tisanes pour la fertilité

Bien qu'il n'existe pas de solution miracle, la phytothérapie propose une approche naturelle pour optimiser vos chances de conception.

  • Trèfle rouge : Riche en isoflavones, des phytoestrogènes qui peuvent aider à réguler les déséquilibres hormonaux, particulièrement utiles pour celles ayant des cycles irréguliers. Il est également source de minéraux essentiels pour la santé reproductive.
  • Feuilles de framboisier : Très prisées pour leur capacité à tonifier l'utérus, facilitant ainsi un environnement optimal pour l'implantation de l'embryon. Elles contiennent également des vitamines C et E, des minéraux et des tanins qui soutiennent la santé générale.
  • Ortie : Connue pour ses propriétés détoxifiantes et sa richesse en vitamines et minéraux, dont le fer, essentiel en cas de menstruations abondantes qui peuvent réduire les réserves de fer et affecter la fertilité.
  • Gattilier (Vitex agnus-castus) : Régule les niveaux de progestérone et d'œstrogène, ce qui favorise un cycle menstruel régulier et stimule l'ovulation. Ses composés agissent sur l'hypophyse pour améliorer la production d'hormones lutéinisantes.
  • Achillée millefeuille : Réputée pour stimuler le flux sanguin et soulager les douleurs menstruelles, grâce aux flavonoïdes qui agissent comme anti-inflammatoires et antispasmodiques. Elle a également des effets bénéfiques sur les fonctions reproductives en équilibrant les hormones sexuelles.

Pour renforcer la santé reproductive chez l'homme, certaines tisanes issues de plantes spécifiques peuvent se révéler particulièrement bénéfiques. Elles agissent sur plusieurs fronts : amélioration de la production de spermatozoïdes, régulation hormonale et réduction du stress.

  • Ginseng : Célèbre pour ses propriétés tonifiantes et revitalisantes. Il améliore la performance sexuelle et la production de spermatozoïdes grâce à ses ginsénosides, des composés qui stimulent la libération d'hormones.
  • Gingembre : Reconnu pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, ce qui favorise une meilleure circulation sanguine et une amélioration de la qualité des spermatozoïdes. Consommer régulièrement une tisane de gingembre peut aider à augmenter la motilité et le nombre de spermatozoïdes, contribuant ainsi à une meilleure fertilité masculine.
  • Ashwagandha : Une plante adaptogène, est réputée pour réduire le stress et équilibrer les hormones, deux aspects cruciaux pour la fertilité masculine. Elle est également connue pour améliorer la qualité et la concentration des spermatozoïdes.
  • Tribulus terrestris : Connu pour ses effets stimulants sur la fertilité masculine, notamment grâce à son action sur les niveaux de testostérone. Cette plante contient des saponines stéroïdiennes qui favorisent la production d'hormone lutéinisante, essentielle pour la qualité et la motilité des spermatozoïdes.
  • Maca : Souvent surnommée "le ginseng péruvien," est reconnue pour ses effets bénéfiques sur la libido et la fonction sexuelle masculine. Riche en minéraux et composés bioactifs, elle aide à équilibrer les hormones et améliorer la fertilité.

L'ostéopathie et la fertilité

L’ostéopathe, en rétablissant la bonne mobilité de toutes les structures ayant un rapport avec la reproduction, peut clairement en améliorer la fonction. Chez une femme, il est nécessaire de vérifier la mobilité des ovaires, de l’utérus, et des trompes, mais pas seulement. Il existe des centaines de causes à l’origine d’une mauvaise fonction reproductrice.

En complément des soins médicaux traditionnels, contraignants et invasifs, l’ostéopathie approche les troubles gynécologiques différemment, en étant attentive à votre corps dans son ensemble. Une fois ces liens établis, votre ostéopathe fertilité utilisera des techniques permettant de relâcher et rééquilibrer ces différentes zones du corps, dans le but de restaurer une bonne mobilité, une bonne vascularisation, une bonne innervation et un drainage efficace.

Traitement ostéopathique global de la fertilité

  • Traitement du système circulatoire ovarien : En partant d’un des principes d’Andrew Taylor Still, fondateur de l’ostéopathie, « la loi de l’artère » : toute restriction de mobilité diminue la circulation des fluides (sang, lymphe, LCR) entrainant un déséquilibre local ou général.
  • Le bassin : La mobilité du bassin (sacrum et iliaques) influe sur la tension des muscles du périnée et des ligaments ce qui peut indirectement causer des troubles de mobilité des organes génitaux (utérus, ovaires, trompes, …) ou des troubles circulatoires empêchant leur bon fonctionnement.
  • Les reins et le diaphragme : Une restriction de mobilité au niveau d’un rein peut entraîner des troubles circulatoires sur l’artère ovarienne, ou modifier la fonction de la glande surrénale située sur son apex.
  • Les trompes de Fallope : Situées sous les ligaments larges, les trompes sont dépendantes de l’ovaire et de l’utérus. Leur mobilité permet aux cellules ciliés la migration de l’œuf dans la trompe ainsi que celle des spermatozoïdes.
  • L’utérus : Une bonne vascularisation utérine artérielle et veineuse s’accompagne d’une bonne mobilité de l’utérus.
  • Le col de l’utérus et la glaire cervicale : Les hormones circulantes modifiant l’aspect de la muqueuse et de la glaire, le col utérin doit donc être mobile et bien vascularisé pour assurer cette fonction.
  • La glande thyroïde : Dans les deux cas, une perturbation du fonctionnement des ovaires et des hormones féminines peut se produire : modification de l’équilibre entre œstrogènes et progestérone, ovulation de mauvaise qualité, absence d’ovulation ou encore absence de règles. Chez l’homme, on peut observer des anomalies de la spermatogenèse.

La Procréation Médicalement Assistée (PMA)

Si un couple ne parvient pas à procréer naturellement, il est possible de recourir à la Procréation médicalement assistée (PMA). Cette solution nécessite d’entreprendre un parcours médical et peut s’opérer selon différentes techniques, avec un suivi régulier et un soutien émotionnel.

Techniques de PMA

Le choix de la technique utilisée pour la PMA dépend avant tout des préconisations médicales et des souhaits de la patiente. La PMA peut s’opérer de trois manières différentes :

  • Par Fécondation in-vitro (FIV) : où la fécondation de l’ovule et les premières phases du développement embryonnaire sont reproduites en laboratoire, avant d’être déposé dans l’utérus de la femme par transfert embryonnaire.
  • Par insémination artificielle : qui consiste à injecter dans l’utérus de la femme le sperme de son conjoint au moment de l’ovulation.
  • Par dons de gamètes : qui correspond également à une insémination artificielle, mais à partir du sperme d’un donneur.

Des techniques, comme la stimulation ovarienne naturelle ou médicale, sont également utilisées pour favoriser l’ovulation. Tout au long du processus et quel que soit la méthode utilisée, la femme fait l’objet d’un suivi médical accru. Dans le cadre d’une FIV, on prélève au préalable des ovules non-fécondés dans l’utérus de la femme par ponction folliculaire. Cette opération s’effectue chez un gynécologue. Indolore, elle ne nécessite pas d’anesthésie.

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