Cet article explore divers événements et réflexions sur la communication, la moralité et l'autonomie, en s'appuyant sur des sources variées, allant des débats universitaires sur l'éthique de la communication à la situation politique et culturelle au Tibet.

Communication et moralité à l'ère numérique

La communication comme impératif

Nous vivons à l’ère de la communication, un impératif soutenu par le développement du numérique.

Habermas et la morale universaliste

Pour Jürgen Habermas, la morale est liée à une démarche universaliste basée sur des échanges rationnels d’arguments. Les interactions médiatisées par le langage favorisent des relations interpersonnelles contribuant au bien commun. L’activité communicationnelle vise une entente et une adhésion entre partenaires, basée sur l’impartialité et la responsabilité.

Bourdieu et la violence symbolique

Pierre Bourdieu, lui, voit dans les échanges communicationnels un vecteur de violence symbolique et de rapports de pouvoir. La morale universelle disparaît au profit du maintien d’un ordre social inégalitaire, dominé par des normes présentées comme partagées, mais correspondant en réalité à celles du groupe dominant.

Gramsci et la lutte contre-hégémonique

Antonio Gramsci souligne également les luttes hégémoniques entre idéologie dominante et mouvements contre-hégémoniques.

Lire aussi: Retraite : Année 1970

Fraser et la morale plurielle

Nancy Fraser met en avant les contre-discours des groupes sociaux minorisés (femmes, immigré·e·s, ouvrier·ère·s) qui contestent les normes bourgeoises et élaborent de nouveaux comportements politiques et normes de discours public. Ces groupes contribuent à repenser une morale qui remet en cause un universalisme de façade, voire à le repenser sur une base réellement plurielle.

La question de l'universalité et du bien commun

Ces réflexions soulèvent des questions essentielles : Nos pratiques communicationnelles contribuent-elles à fonder une morale favorisant un universalisme basé sur le partage des idées, l’égalité des participations, l’expression des singularités et le bien commun ? Ou au contraire, avantagent-elles l’expression d’intérêts particuliers, notamment ceux des groupes dominants ?

Les dispositifs communicationnels : outils d'égalité ou de domination ?

Il est crucial d'étudier les dispositifs communicationnels et leurs usages, car l’intérêt commun ne peut émerger que des participations aux échanges concrets. Les dispositifs communicationnels portent-ils en eux des caractéristiques qui en feraient des outils inégalitaires, classistes, hétéronormatifs et genrés ? Favorisent-ils certaines valeurs culturelles au détriment d’autres ?

Normes et pratiques communicationnelles

Il est essentiel de développer des normes d’action communicationnelle favorisant une plus grande égalité des échanges en remettant en cause les différents rapports de domination. Comment penser la modération et l'organisation des échanges dans certains cadres institutionnels ? Existe-t-il des espaces, numériques ou non, au sein desquels une certaine égalité des prises de parole est possible ?

L'élaboration de nouvelles normes

Dans quelle mesure ces dispositifs communicationnels et leurs pratiques contribuent-ils à élaborer de nouvelles normes largement partagées, voire à vocation universelle ? Ces normes intègrent-elles des perspectives non occidentales ? Participent-ils à l’élaboration de nouveaux « possibles » fondés sur une critique du capitalisme, du patriarcat et du colonialisme ?

Lire aussi: Baccalauréat : focus sur les trimestres

Enjeux moraux et dispositifs alternatifs

Est-il moral d’utiliser des dispositifs communicationnels qui participent à la reproduction des rapports inégalitaires et d’exploitation ? Faut-il plutôt favoriser l’emploi de dispositifs alternatifs pour penser le monde autrement ? Ces dispositifs encouragent-ils le repli sur soi ou peuvent-ils constituer des lieux d’affrontement des idées et de formation de dissensus ?

Circulation des idées et morale universelle

La circulation des idées à l’échelle planétaire permettrait-elle de voir émerger une morale universelle vraiment partagée et non fondée sur la base de la domination occidentale ? Chez Hans Jonas, la fabrication d’un consensus démocratique peut ne pas correspondre à nos besoins face à la catastrophe écologique en cours.

Responsabilité et limites de la communication

Ne devrions-nous pas limiter nos échanges communicationnels à distance et favoriser des modes plus traditionnels d’échanges privilégiant les communications locales, afin de préserver notre écosystème et notre descendance ? Des cultures pourraient-elles nous aider à envisager ces autres façons de communiquer de manière compatible avec une autre façon de penser notre rapport à l’écosystème dont nous ne sommes qu’une composante parmi d’autres ?

Retours aux études : motivations et facteurs d'influence

L'éducation permanente et le retour aux études

L'éducation permanente, promue par l'UNESCO et d'autres organisations, vise à élargir l'accès à l'éducation et à la formation tout au long de la vie. Ce projet éducatif peut être vu comme une volonté de lutter contre la ségrégation éducative ou sociale en fonction de l’âge et contribue à modifier le rapport entre l’école et la société.

Les questions fondamentales des retours aux études

Il est essentiel de comprendre les processus sociaux en œuvre dans les retours aux études. Qu’est-ce qui pousse des individus à retourner aux études ? Quels facteurs sociaux agissent comme des catalyseurs de ces retours ?

Lire aussi: Traitement des infections urinaires pendant la grossesse

Facteurs scolaires et professionnels

Les retours aux études peuvent être motivés par des raisons scolaires (terminer des études et obtenir un diplôme) ou professionnelles (aspirer à une promotion ou à une mobilité sociale et professionnelle). Ils peuvent aussi s’inscrire dans des stratégies de remédiation scolaire ou s’expliquer par la désarticulation des différentes dimensions constitutives de l’entrée dans la vie adulte.

Évolution et fréquence des retours aux études

Les retours aux études sont de plus en plus nombreux. Ils contribuent à rompre la linéarité traditionnelle des étapes de vie (enfance-scolarité-travail-retraite) et à produire une désynchronisation des processus associés à l’entrée dans la vie adulte.

Motifs et conditions de vie

Broekemer rapporte que les raisons les plus fréquentes du retour aux études sont l’acquisition d’une qualification pour obtenir un meilleur emploi, l’apprentissage de nouvelles connaissances, le renforcement de l’estime de soi et l’obtention d’une promotion. Smart et Pascarella ont montré que la décision de reprendre des études varie selon les caractéristiques de l’expérience scolaire antérieure, les conditions de vie actuelle et certaines caractéristiques sociodémographiques.

Conditions de vie et aspirations professionnelles

Le retour aux études est moins fréquent chez les individus qui jouissent de bonnes conditions de vie à la sortie de l’école. Obtenir rapidement un emploi qui correspond aux aspirations professionnelles réduit la probabilité du retour. À l’inverse, occuper un emploi qui correspond peu aux aspirations professionnelles accroît la frustration et incite à reprendre les études pour améliorer sa situation.

Facteurs sociodémographiques

La probabilité de reprise d’études varie selon les caractéristiques sociodémographiques : le statut socio-économique des parents, la situation conjugale, l’origine ethnique, le lieu de résidence (rural ou urbain), etc.

Vulnérabilité et aide financière

Kiger et Johnson et Sftor et Turner soulignent que les adultes qui reprennent des études, particulièrement ceux qui ont des enfants en charge, sont souvent vulnérables et ont besoin d’une aide financière suffisante pour consacrer moins de temps au travail salarié et s’investir davantage dans leurs études.

Facteurs individuels et familiaux

L'étude des retours aux études se concentre sur les effets des facteurs individuels et familiaux. Les facteurs individuels les plus significatifs sont le niveau du programme d’études précédent, les caractéristiques sociodémographiques (le capital scolaire des parents, la situation conjugale, le fait d’avoir eu des enfants ou non) et les conditions de vie (le fait d’avoir un emploi ou pas, le nombre moyen d’heures travaillées par semaine, le régime de travail, le niveau de compétence de l’emploi et le niveau du revenu selon le régime de travail et la catégorie de travailleur).

Temps écoulé et complexité des facteurs

La probabilité de reprendre les études varie en fonction du temps écoulé depuis la fin des études et d’un certain nombre de facteurs dont les effets dépendent de la manière dont on a mis fin à ses études, en achevant un programme ou en l’abandonnant. L’analyse doit être réalisée à l’aune d’un modèle statistique qui tient compte de cette complexité.

Données de l'enquête auprès des jeunes en transition (EJET)

Les données de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) sont utilisées pour étudier les processus qui régissent le retour aux études. L’EJET recueille de l’information sur plusieurs des éléments importants de la vie des jeunes, dont la plupart des épisodes d’études ou d’emploi.

Modèle de risque et formes de retour aux études

Les processus qui régissent le retour aux études sont étudiés grâce à un modèle de risque à temps discret. Selon la nature du programme auquel s’inscrivent les enquêtés qui reprennent des études, on distingue deux formes de retour : le retour dans un programme universitaire ou pré-universitaire, et le retour dans un programme professionnel.

Calendrier scolaire et analyse longitudinale

Le calendrier scolaire canadien et la manière dont l’EJET recueille l’information ne permettent pas de considérer qu’une personne qui n’est pas inscrite dans un cheminement depuis au moins deux trimestres a vraiment arrêté ses études. Une personne qui a complété ou abandonné ses études depuis deux trimestres est « à risque » d’entreprendre soit un cheminement universitaire ou pré-universitaire, soit un cheminement postsecondaire non universitaire professionnel.

La situation au Tibet : entre célébrations et répression

90e anniversaire du Dalaï-Lama et 60e anniversaire de la RAT

Au Tibet, les événements notables se succèdent, notamment le 90e anniversaire du Dalaï-Lama et le 60e anniversaire de la création de la Région autonome du Tibet (RAT). Ces événements ne suscitent pas le même enthousiasme auprès de la population tibétaine et des autorités centrales chinoises.

Célébrations discrètes et répression

Le 5 juillet, le Dalaï-Lama a débuté 365 jours de célébrations pour son 90e anniversaire. À Lhassa, la population tibétaine a été contrainte de vivre cet anniversaire dans la plus stricte discrétion, tandis que la diaspora multipliait les cérémonies. Le gouvernement chinois préférait porter le regard sur la date du 9 septembre, cochant avec plus d’entrain le 60e anniversaire de la création de la Région autonome du Tibet (RAT).

Critique de l'occupation chinoise

Tencho Gyatso, président d’International Campaign for Tibet (ICT), souligne que les soixante dernières années ont été marquées par une succession de calamités pour les Tibétains. ICT passe en revue les (fausses) promesses, manquements, aberrations et effroyables conséquences de l’occupation chinoise, rappelant que les promesses de Pékin d’autonomie régionale, de liberté de croyance religieuse, de développement des langues tibétaines, furent immédiatement foulées au pied par les autorités.

Stratégie estivale offensive de Pékin

Pékin a intensifié sa campagne de sinisation, verrouillant plus encore la surveillance de la population tibétaine. Le tibétain n’est plus désormais une matière obligatoire aux examens, excluant de facto les Tibétains de l'accès à l'enseignement supérieur national. Le chef spirituel du bouddhisme tibétain est attaqué pour lui dénier le droit de désigner son successeur réincarné.

Barrage hydroélectrique de Motuo

Le début des travaux du barrage hydroélectrique de Motuo est annoncé. Ce projet pharaonique déplacera 1,2 million d’habitants selon ICT. Le site retenu est situé dans une zone sismique très active et des doutes se font jour quant à son impact sur l’écosystème alentour.

Capacités hydroélectriques et impacts géopolitiques

Le projet du barrage de Motuo s’intègre à la controversée Belt and Road Initiative (BRI). Les infrastructures majeures érigées au Tibet sont utilisées comme un instrument de politique étrangère au service des desseins géopolitiques de la Chine.

Marketing vert et nations voisines

Les autorités chinoises justifient ce projet comme une solution verte répondant à leurs besoins énergétiques, permettant de s’émanciper de la dépendance au charbon et de se rapprocher de l’objectif de neutralité carbone. Le gouvernement chinois assure que ce projet n'aura aucun "impact négatif" en aval, et que "la communication avec les pays riverains serait maintenue".

Risques pour la stabilité régionale

Un chercheur du Tibet Policy Institute relève qu'une fois arrivé sur le sol indien, le Yarlung Tsangpo devenu Brahmaputra irrigue de vastes étendues des plaines septentrionales de l'Assam avant d'entrer au Bangladesh et de se jeter dans le golfe du Bengale. Toute action unilatérale sur le fleuve représente un risque grave pour la stabilité régionale.

Consensus sur les risques géopolitiques

Les avis convergent : la Chine est en train de redéfinir fondamentalement les infrastructures comme un outil de coercition. Ce contrôle confère à la Chine un levier géopolitique important sur l'Inde et le Bangladesh, transformant l'eau en un outil potentiel d'influence stratégique dans la diplomatie et la sécurité régionales. Le contrôle des fleuves provenant du plateau tibétain donne à la Chine une « emprise » sur l'économie indienne, renforçant les craintes que l'eau devienne une arme stratégique.

Visite de Xi Jinping à Lhassa

La visite surprise du président chinois Xi Jinping à Lhassa marque une tentative de Pékin de « légitimer son occupation du Tibet ». Xi Jinping insiste sur la nécessité de maintenir la stabilité politique, la stabilité sociale, l'unité ethnique et l'harmonie religieuse. La feuille de route pékinoise pour la RAT et ses habitants consiste à intégrer les Tibétains dans la langue, la culture et les valeurs officielles chinoises.

7 octobre 1950 et 7 octobre 2025

Le 7 octobre 1950, les troupes chinoises arrivent en nombre pour ‘’la libération pacifique du Tibet’’. En 2025, Pékin aurait-elle l’audace de commémorer le 75e anniversaire de ces événements ?

tags: #trimestre #ete #uqam #dates #importantes

Articles populaires: