Avec plus de 10 millions de Français vivant avec un handicap, les besoins en professionnels qualifiés sont importants. Pourtant, la France connaît une pénurie de candidats aux métiers du handicap. Ces métiers, essentiels à notre système de santé et à notre société, offrent de nombreuses opportunités pour ceux qui souhaitent s'engager dans une carrière porteuse de sens. Cet article explore les différents métiers accessibles, les formations requises, les compétences nécessaires et les perspectives d'emploi dans ce domaine.
Les différents métiers du handicap en France
Les métiers du handicap regroupent une grande variété de professions axées sur le soutien et l’accompagnement des personnes en situation de handicap, quelles qu’en soient l’origine ou la nature. Ces différents métiers font partie du secteur du travail social, de l’éducation, de l’insertion professionnelle ou encore de la santé. Certaines professions du handicap peuvent également relever de 2 secteurs à la fois (médico-social, socio-éducatif…).
Les métiers du secteur socio-éducatif et de l’accompagnement
Les professionnels du secteur social accomplissent de nombreuses missions d'encadrement et d'animation pour favoriser le confort et l’autonomie des personnes dans leur vie quotidienne ou professionnelle. Parmi ces métiers, on retrouve :
- Aide-éducateur, moniteur éducateur, éducateur spécialisé
- Assistant au parcours de vie
- Assistant de vie dépendance et handicap (AVDH)
- Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH)
- Accompagnant éducatif et social (AES)
- Moniteur d’atelier
- Accompagnateur à la mobilité
- Accompagnateur de personnes âgées et dépendantes
- Enseignant spécialisé (pour les jeunes déficients sensoriels, pour l’autonomie des personnes déficientes visuelles, pour l’apprentissage de la langue des signes française…)
Les métiers du secteur sanitaire (soins et santé)
Les professionnels du secteur sanitaire apportent des soins et mettent en place des activités pour réduire l’impact des difficultés rencontrées au quotidien par les personnes en situation de handicap. On y trouve :
- Ergothérapeute
- Orthophoniste
- Aide médico-psychologique
- Psychomotricien
- Équithérapeute
- Employés à domicile
- Agent de service médico-social (ASMS)
- Psychothérapeute
- Infirmier spécialisé : soins adaptés aux pathologies et handicaps
- Kinésithérapeute : rééducation physique et amélioration de la motricité
L’insertion sociale et professionnelle
L’accès à l’emploi et à une vie sociale active est un enjeu majeur pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. L’insertion sociale et professionnelle constitue un autre levier essentiel pour favoriser l’indépendance des personnes en situation de handicap. Les métiers clés dans ce domaine incluent :
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- Conseiller en insertion professionnelle : accompagnement vers l’emploi adapté
- Moniteur d’atelier en entreprise adaptée (ETA) : aide à l’adaptation au travail
- Assistant de service social : soutien administratif et psychologique
Le médico-social et l’aide à la personne
Les professionnels du médico-social assurent un accompagnement quotidien pour les personnes en situation de perte d’autonomie. Les métiers clés dans ce domaine incluent :
- Auxiliaire de vie (ADVF) : assistance aux actes du quotidien
- Aide médico-psychologique (AMP) : accompagnement des personnes avec troubles mentaux ou moteurs
- Agent de service hospitalier (ASH) : soutien au sein des établissements spécialisés
Le rôle des professionnels du handicap
Le rôle des professionnels travaillant auprès des personnes en situation de handicap diffère en fonction de la nature et du degré des handicaps dont souffrent les personnes qu’ils assistent. Il varie aussi selon les structures dans lesquelles ils exercent, et le type de soutien qu’ils apportent. Malgré ces différences, ces professionnels partagent des compétences spécifiques et des missions communes.
Quelles sont les missions des professionnels du handicap ?
La mission commune à tous ces professionnels est d’aider les personnes handicapées à surmonter les obstacles, à s'épanouir et à participer le plus pleinement possible à la société. Pour atteindre cet objectif, ils sont amenés à :
- Aider au maintien de l’autonomie et mobiliser les capacités restantes
- Offrir un soutien adapté et des solutions personnalisées
- Compenser les déficits et les difficultés tout en valorisant
- Favoriser l’épanouissement
- Aider à l’intégration sociale, à l’insertion professionnelle
- Encourager, stimuler, éveiller, émanciper, éduquer, rééduquer
- Améliorer la qualité de vie
- Accompagner en veillant à la sécurité et au bien-être physique et psychique
- Collaborer avec les autres acteurs du service et du soin aux personnes en situation de handicap
Quel est le profil requis pour exercer un métier du handicap ?
Le goût du contact et l’envie d’aider sont deux qualités indispensables pour exercer un métier entièrement tourné vers les autres. Pour être efficace et s’épanouir dans un métier du handicap, il faut aussi faire preuve de :
- Sens de l’écoute
- Capacité à communiquer de façon adaptée
- Dynamisme et patience
- Polyvalence et adaptabilité
- Pédagogie
- Résistance physique et émotionnelle
- Organisation
- Disponibilité
- Empathie
- Bienveillance
Où peut-on exercer un métier du handicap ?
Il est possible d’exercer un métier du handicap dans le secteur public comme dans le privé et dans des contextes variés, tels que :
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- Crèches d’enfants et haltes-garderies
- Maisons de retraite, EHPAD
- Établissements scolaires, CLIS, ULIS, SEGPA, EREA
- Service de soins et d'éducation spécialisée à domicile (AED…)
- Établissements socio-éducatifs et socio-médicaux accueillant des personnes handicapées, en situation de dépendance ou rencontrant des difficultés sociales
- Instituts médicoéducatifs (IME), instituts d’éducation motrice (IEM)
- Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP)
- Établissements et services d’aide par le travail (ESAT)
- Centre de loisirs
- Grandes entreprises privées
- Établissements et services de santé
- Centre de réadaptation
- Associations
- Milieu pénitentiaire
- Au domicile des personnes
- En libéral, à son propre compte
La formation pour exercer un métier lié au handicap
Les métiers du handicap sont accessibles à des personnes de tous niveaux de formation, du CAP au bac +5. Pour exercer la plupart des métiers du handicap, il faut être titulaire d’un diplôme d’État dont la durée de formation, le niveau d'accès (avec ou sans le bac) et les modalités d'entrée (sur concours ou sur dossier) varient en fonction du métier.
Les formations diplômantes
La liste non-exhaustive des diplômes qui donnent accès aux métiers du handicap comprend :
- Diplôme d’État (DE) d’accompagnant éducatif et social (DEAES), de niveau 3 (niveau CAP-BEP).
- DE de technicien de l’intervention sociale et familiale (DETISF), reconnu de niveau 4 (niveau bac).
- DE de moniteur-éducateur (DEME), reconnu de niveau 4.
- DE d’éducateur spécialisé (DEES), reconnu de niveau bac + 3.
- DE d'éducateur technique spécialisé (DEETS), reconnu de niveau 6 (bac + 3).
- DE de psychomotricien, reconnu de niveau 6.
- DE d’ergothérapeute, niveau licence.
- Capacité d’orthophoniste, niveau Master.
- Diplôme universitaire (DU) Assistant au projet et parcours de vie, niveau 5.
- Certificat d’aptitude à l’enseignement général des aveugles et des déficients visuels (CAEGADV)
- Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement des jeunes sourds (CAPEJS)
- Certificat d’aptitude à l’enseignement musical des aveugles et des déficients visuels (CAEMADV)
- CAFPETADV, certificat d’aptitude aux fonctions de professeur d’enseignement technique aux aveugles et déficients visuels
Bon à savoir : Pour mieux répondre aux besoins des jeunes déficients sensoriels, l’État a mis en œuvre une refonte complète des diplômes de l’enseignement spécialisé. Les nouveaux CAPEJS, CAEGADV, CAEMADV et CAFPETADV entreront en vigueur à la rentrée 2023.
Se reconvertir à un métier du handicap
Il est possible de se reconvertir vers un métier du handicap par le biais de la formation continue ou par la validation des acquis de l’expérience (VAE). De nombreux systèmes de passerelles permettent aux professionnels du handicap d’entamer une autre formation dans leur secteur d’activités, tout en bénéficiant d’allégements de formation. C’est aussi le cas pour faciliter la transition des enseignants relevant du ministère de l’Éducation nationale et qui souhaitent se réorienter vers l’éducation spécialisée.
Formations continues et spécialisations handicap
En complément des formations initiales, des spécialisations permettent d’approfondir les connaissances sur le handicap. Par exemple, la maîtrise de la langue des signes française (LSF) ou des certifications en accessibilité et ergonomie peuvent également être un atout pour mieux répondre aux besoins des personnes concernées. Formadom Learning propose une formation courte de 45 heures pour acquérir une expertise spécifique sur l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
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- Formation courte spécialisation handicap de Formadom Learning (45h) : permet aux travailleurs sociaux d’acquérir des compétences spécifiques
- Formation en Langue des Signes Française (LSF) : utile pour accompagner les personnes sourdes ou malentendantes
- Certifications en accessibilité et ergonomie : pour l’adaptation des espaces et outils de travail
💡 Bon à savoir : Certaines formations peuvent être financées via le CPF (Compte Personnel de Formation).
Le prix des formations aux métiers du handicap
Le coût de la formation dépend de la situation personnelle du candidat et du mode de suivi des enseignements. Est-ce dans le cadre d’une formation initiale, d’une reconversion par la voie de la formation continue ou d’une validation des acquis de l’expérience (VAE) ? Les prix varient aussi en fonction de la nature même de la formation et du type de diplôme sur lequel elle débouche. Ils peuvent aller de quelques centaines d’euros à plus de 7 000 €. Selon les cas, des aides financières et des prises en charge partielles ou totales sont possibles. Elles dépendent, là encore, de la situation du postulant. Parmi elles, on trouve :
- Une subvention du Conseil Régional ;
- Un prêt étudiant garanti par l’État ;
- Une aide individuelle à la formation (AIF) délivrée par Pôle Emploi ;
- Le Compte Personnel de Formation (CPF) ;
- Le forfait DPC des professionnels de santé libéraux ;
- Transitions Pro.
Quel est le salaire des professionnels du handicap ?
Le salaire des personnels travaillant dans le secteur du handicap dépend :
- de leur métier ;
- de leur niveau de spécialisation, en particulier leur niveau d’études ;
- de la structure dans laquelle ils exercent (privée ou publique) ;
- de leur expérience/ancienneté.
En début de carrière, les salaires correspondent en général au SMIC (1 747,20 € bruts par mois, soit 1 383,08 € nets pour 35 heures hebdomadaires).
- Un éducateur spécialisé gagne entre 1 626 et 2 727€ bruts par mois.
- Le SMIC pour une socio-esthéticienne salariée.
- Dans le secteur public, le traitement d’un technicien de l'intervention sociale et familiale dépend de son grade et de son échelon : entre 1 700€ en début de carrière et 2 700€ par mois en fin de carrière. A cette rémunération brute, s'ajoutent diverses indemnités et primes.
Les évolutions de carrière des professionnels du handicap
Avec le temps et l’expérience, il est possible d’évoluer vers des postes administratifs, d’encadrement ou d’expertise en devenant par exemple :
- Directeur d’un établissement sanitaire, social ou médico-social privé ;
- Chef de service éducatif ;
- Ingénieur social ;
- Délégué Tutelle aux prestations sociales
Le quotidien des professionnels exerçant un métier du handicap
Les avantages
- Des métiers enrichissants et humainement gratifiants.
- Le sentiment d’être utile et d’apporter une aide concrète à des personnes en difficulté.
- Le contact privilégié avec des personnes.
- L’absence de routine due à la diversité des missions et des situations.
Les difficultés
- Des professions souvent exigeantes sur le plan physique et émotionnel.
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