L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet sensible et diversement réglementé à travers l'Europe. Si certaines régions cherchent à améliorer le droit des femmes, d’autres font marche arrière face à ce sujet tabou. Interdit, très encadré, autorisé sous des conditions très précises ou sur simple demande : le recours à une interruption volontaire de grossesse diffère complètement selon le pays de l’Union européenne où vous résidez. Même constat pour les délais légaux à respecter pour pratiquer un avortement, oscillant entre 10 et 24 semaines de grossesse. Cet article examine la législation sur l'avortement en République tchèque, la situant dans le contexte plus large des politiques européennes en matière d'IVG.

Aperçu général de la législation européenne sur l'avortement

Le droit à l'avortement varie considérablement d'un pays européen à l'autre. Le Royaume-Uni obtient la première place du classement au sein de l’Union Européenne avec un délai légal de recours à l’IVG de 24 semaines. Celui-ci peut être allongé en cas de danger pour la santé de la femme. S’il est possible de procéder à un avortement depuis 1967 au Royaume-Uni avec un strict contrôle médical, l’acte n’a été décriminalisé qu’en 2017. Le Royaume-Uni est suivi de près par les Pays Bas avec un délai légal de 22 semaines pour interrompre sa grossesse. La Suède est le troisième pays où le délai légal pour avorter est le plus large. Depuis 1975, ce pays scandinave autorise l’IVG pendant les 18 premières semaines de grossesse, sans aucune restriction. La plupart des pays européens autorise l’IVG jusqu’à 12 semaines de grossesse. Mais deux pays dépassent légèrement ce délai: l’Espagne et l’Autriche. L’Espagne accorde pour toutes les femmes 14 semaines depuis 2010, sans restriction. L’avortement est dépénalisé en Autriche depuis plus de 40 ans. Dix-huit pays de l’Union Européenne fixent le délai légal de recours à l’IVG à 12 semaines de grossesse.

En revanche, certains pays ont des lois très restrictives. En Pologne, l’IVG est interdit sauf dans trois situations : en cas de malformation grave du fœtus, de danger pour la mère ou de viol. A Malte, ces conditions n’entrent pas en compte. Refus des médecins, poursuites judiciaires, influence de l’Eglise… Face à ces obstacles, certaines femmes n’ont pas d’autres choix que de se rendre dans un pays voisin où l’IVG est autorisée ou pratiquée dans un délai plus important.

La situation en République tchèque

Il est important de noter que les informations spécifiques concernant la législation sur l'avortement en République tchèque n'ont pas été fournies dans le texte source. Par conséquent, il est impossible d'en discuter en détail. Cependant, on peut extrapoler certaines informations générales basées sur le contexte européen.

Facteurs influençant la législation sur l'avortement

Plusieurs facteurs influencent la législation sur l'avortement dans les différents pays européens :

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  • Influence de la religion: Dans les pays à forte tradition catholique, comme l'Irlande et la Pologne, l'avortement a longtemps été interdit ou très restreint. Les Irlandais ont voté « oui » à 66% lors du référendum sur le droit à l’avortement en mai 2018. Dans ce pays à forte tradition catholique, la Constitution interdisait depuis 1983 l’avortement dans le 8ème amendement, sauf en cas de danger de mort pour la mère à partir de 2013.
  • Politiques natalistes: Pour encourager la natalité, l’avortement a été interdit en Roumanie dans les années 60 tout comme la contraception.
  • Droit et justice: Le 21 octobre 2020, la plus haute instance juridique du pays, étroitement contrôlée par la majorité nationale conservatrice du parti PiS (Droit et justice), jugeait inconstitutionnel l’avortement pour malformation du fœtus. Dans un pays où la législation concernant l’IVG était déjà une des plus restrictives d’Europe, ce critère concernait plus de 95 % des 1 000 avortements légaux pratiqués chaque année. Cette décision avait entraîné un mouvement de protestation d’une ampleur inédite dans tout le pays.
  • Liberté de choix: La Belgique a créé l’année dernière un délit d’entrave contre les anti-IVG. Il est désormais obligatoire pour un médecin de recommander un confrère prêt à pratiquer l’IVG si celui-ci y est opposé. 70% des gynécologues italiens refusent de pratiquer l’interruption volontaire de grossesse. Dans certaines régions du sud de l’Italie, ce taux peut atteindre les 93%. L’IVG est pourtant légale depuis 1978. Dans ce pays très catholique, il est difficile de procéder à un avortement.

Défis et obstacles à l'accès à l'avortement

Même dans les pays où l'avortement est légal, les femmes peuvent rencontrer des obstacles à l'accès :

  • Refus de conscience des médecins: 70% des gynécologues italiens refusent de pratiquer l’interruption volontaire de grossesse. Dans certaines régions du sud de l’Italie, ce taux peut atteindre les 93%. En Croatie, 6 gynécologues sur 10 (travaillant dans le public) refusent de pratiquer l’IVG.
  • Délit d'entrave: La Belgique a créé l’année dernière un délit d’entrave contre les anti-IVG.
  • Poursuites judiciaires: Même constat pour les délais légaux à respecter pour pratiquer un avortement, oscillant entre 10 et 24 semaines de grossesse.
  • Influence de l'Église: Dans ce pays très catholique, il est difficile de procéder à un avortement.

Mouvements et initiatives pour le droit à l'avortement

Face à ces obstacles, de nombreux mouvements et initiatives se développent pour défendre le droit à l'avortement :

  • Réseaux d'entraide: En se promenant dans les rues des villes polonaises, il n’est pas rare d’apercevoir, sur un banc, un arrêt de bus ou un parcmètre, des autocollants avec la mention suivante : « Tu as besoin d’avorter ? Appelle le numéro… » D’un humour amer, ces autocollants affichent souvent une photographie peu flatteuse de l’égérie de la lutte anti-avortement en Pologne, la jeune fondamentaliste catholique Kaja Godek. Signe qu’un an après que le Tribunal constitutionnel polonais a rendu l’interruption volontaire de grossesse quasi illégale, les réseaux parallèles d’entraide entre femmes sont en plein essor. Les réseaux informels d’entraide à l’interruption volontaire de grossesse se sont multipliés et les ONG féministes n’ont jamais été autant sollicitées.
  • Manifestations: En 2018, des milliers de manifestants défilaient dans la capitale pour demander le retrait du droit à l’IVG, pourtant garanti depuis 1978. Cette décision avait entraîné un mouvement de protestation d’une ampleur inédite dans tout le pays.

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