La fécondation in vitro (FIV) et l'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) sont des techniques de procréation médicalement assistée (PMA) qui offrent de l'espoir aux couples confrontés à l'infertilité. Cependant, comme toute intervention médicale, ces techniques ne sont pas sans risques ni effets secondaires potentiels. Cet article explore les effets secondaires du traitement hormonal en FIV, en mettant l'accent sur la prise de poids, et fournit des informations essentielles pour les patientes et les professionnels de la santé.

Stimulation hormonale pendant la PMA

La stimulation hormonale est une étape clé de la PMA. Elle vise à stimuler les ovaires pour qu'ils produisent plusieurs follicules (ovules) en vue d'un prélèvement. Normalement, un seul ovule est produit par mois. L'objectif ici est d'obtenir le plus de follicules possible afin qu'ils puissent être fécondés, via une FIV classique ou une ICSI.

La stimulation se fait par une injection quotidienne d'hormones ou par la prise de médicaments. Cela peut différer d'un protocole à l'autre, le protocole étant adapté au cas de chaque patiente. Il y a généralement trois phases:

  1. Un médicament qui va venir bloquer l’ovulation naturelle en mettant au repos l’hypophyse.
  2. La stimulation à proprement parler par FSH, hormones hypophysaires.
  3. Le déclenchement de l’ovulation.

Effets Secondaires Courants des Traitements Hormonaux

Les traitements hormonaux utilisés en PMA visent à stimuler et à contrôler le cycle ovarien. Dans un cycle naturel normal, un seul ovocyte arrive généralement à maturité. D’autres hormones sont également prescrites pour déclencher l’ovulation au moment optimal, préparer l’endomètre à l’implantation embryonnaire ou soutenir la phase précoce de la grossesse. Bien que ces traitements soient généralement bien tolérés, ils peuvent entraîner divers effets secondaires, notamment :

  • Sautes d'humeur : Les hormones peuvent affecter l'humeur, provoquant irritabilité et labilité émotionnelle.
  • Fatigue : Une sensation de grande fatigue est fréquemment rapportée.
  • Maux de tête : Des maux de tête peuvent survenir en raison des fluctuations hormonales.
  • Fluctuations de la libido : La libido peut être affectée de manière variable.
  • Douleurs abdominales : L'augmentation du volume des ovaires peut provoquer une gêne ou des douleurs abdominales.
  • Nausées et vomissements : Ces symptômes peuvent être présents, surtout en cas d'hyperstimulation ovarienne.
  • Tensions mammaires : Les seins peuvent devenir sensibles ou douloureux.
  • Vertiges : Des vertiges peuvent être ressentis.
  • Ballonnement abdominal avec constipation
  • Douleurs dans les épaules

La Prise de Poids : Un Effet Secondaire Fréquent

L’un des principaux effets secondaires décriés par les femmes en parcours PMA, c’est bien sûr la prise de poids. Si elle n’est pas systématique, elle est néanmoins fréquente. Cette prise de poids est transitoire, puisqu’hormonale. Elle peut être accompagnée par une apparition de cellulite, des douleurs abdominales, des tensions dans les seins… mais aussi des vertiges, des vomissements, de la fatigue ou encore des maux de tête.

Lire aussi: Comprendre les fibromes pendant la grossesse

La prise de poids est un effet secondaire courant de la stimulation ovarienne. Cette prise de poids est transitoire, puisqu’hormonale. Elle est due à la rétention d'eau causée par les hormones utilisées dans le traitement. Les œstrogènes, en particulier, peuvent provoquer une rétention d'eau, entraînant une augmentation du poids corporel.

Syndrome d'Hyperstimulation Ovarienne (SHO)

Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) est une complication potentielle des traitements de stimulation ovarienne. Elle survient généralement chez des femmes qui ont eu une très forte réponse ovarienne au traitement de stimulation (beaucoup de follicules en échographie et plus de 20 ovocytes à la ponction). Elle peut commencer pendant la stimulation, mais elle ne peut devenir sévère que si l’on déclenche l’ovulation par Gonadotrophines Chorioniques ou Ovitrelle.

L'hyperstimulation se manifeste le plus souvent par une augmentation de la taille des ovaires, une gêne ou des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et une diarrhée. Dans les cas plus graves, elle peut entraîner une accumulation excessive de liquide dans l'abdomen (ascite) et les poumons (épanchement pleural), des difficultés respiratoires et des complications thromboemboliques (formation de caillots sanguins).

Le meilleur critère est la prise de poids. Si vous êtes dans un cadre tel que celui-là, n’hésitez pas à retourner voir votre gynécologue ou votre centre en urgence. Un bilan sanguin et une échographie s’imposent rapidement. Les hyperstimulations modérées ne nécessitent pas de traitement, en dehors du repos. Les formes sévères nécessitent une hospitalisation avec correction des anomalies par des perfusions, ou par des ponctions d’ascite ou de plèvre. L’hyperstimulation guérit toujours toute seule dans un délai de 15 à 30 jours.

Prévention du SHO

L'attitude de prudence qui consiste à annuler les cycles hyperstimulés permet une prévention efficace. Les alternatives en FIV pour éviter ce risque sont la maturation in vitro et la FIV en cycle spontané. Toutefois, les résultats en termes de taux de grossesse de ces deux techniques sont très inférieurs aux techniques de FIV classique et d’ICSI.

Lire aussi: Grossesse et CAF : Le guide

Que faire en cas de problèmes ?

Vous aurez peut-être à faire face à des difficultés inattendues ou à des symptômes qui vous paraissent anormaux. Si vous constatez que votre ventre est douloureux et gonflé, signalez-le à votre médecin.

Autres Risques et Complications Potentielles

Outre les effets secondaires hormonaux et le SHO, d'autres risques et complications peuvent survenir lors d'un traitement de FIV :

  • Infection : Il peut s’agir d’une infection de l’utérus (endométrite), des trompes (salpingite), plus rarement de pelvipéritonite ou d’abcès de l’ovaire qui nécessite un traitement antibiotique et souvent une cœlioscopie.
  • Risque thromboembolique : Le traitement de stimulation ovarienne, en faisant augmenter de façon majeure le taux d’œstrogènes, accroît le risque thromboembolique. Le plus souvent il s’agit d’une phlébite, soit des membres inférieurs soit des membres supérieurs. Le membre devient douloureux, augmente de volume. Il est souvent rouge et chaud.
  • Allergies : Les produits qui donnent le plus d’allergie sont les antagonistes (Cetrotide® et Orgalutran®). Il s’agit d’allergie locale avec une réaction cutanée. Les allergies graves sont rares et pour la plupart imprévisibles.
  • Torsion d'ovaire : Lors de la stimulation et après, l’ovaire augmente de volume et peut se tordre autour de son pédicule. La torsion d’ovaire survient surtout après la ponction et particulièrement en cas de grossesse débutante. Elle se traduit par une douleur très brutale et très intense (comme un coup de couteau). La douleur est unilatérale et irradie souvent vers le rein et vers l’aine. Fréquemment, l’ovaire se détord tout seul.
  • Risques liés à la ponction ovarienne : La ponction des ovaires consiste à introduire une aiguille dans un organe très vascularisé. Ceci entraîne toujours une petite hémorragie dans l’abdomen. Si elle est un peu importante, elle peut occasionner des douleurs persistantes durant quelques jours. Si la ponction est réalisée sous anesthésie générale, le risque anesthésique existe, mais est extrêmement faible. Si la ponction est réalisée sous anesthésie locale, il existe une possibilité de réaction allergique à l’injection de Xylocaïne, et il faut signaler toute réaction anormale que vous auriez pu avoir avec des anesthésies locales (lors des soins dentaires par exemple).
  • Risque de grossesse multiple: Les grossesses multiples sont des grossesses plus « à risque ». Elles peuvent être responsables de complications hypertensives, de prématurité (naissance avant 8 mois dans 50 % des cas) et de faible poids à la naissance (souvent moins de 2500 g). C’est pourquoi, dans la grande majorité de cas, l’équipe médicale conseille le transfert de 1 ou 2 embryons, ce qui permet de limiter fortement le risque de grossesse multiple (20 % de grossesses gémellaires et moins de 1 % de grossesses triples).
  • Risque de grossesse extra-utérine (GEU): La GEU se produit lorsque la grossesse s’implante en dehors de l’utérus. Ce type de grossesse est une des plus compliquées et concerne 1 à 5 % des grossesses obtenues après FIV. Bien que les embryons soient replacés à l’intérieur de la cavité utérine, ils peuvent migrer dans la trompe utérine.
  • Risque de fausse couche: Il est légèrement augmenté en raison de l’âge biologique plus élevé des femmes en AMP (par rapport à la population générale des femmes enceintes). Il l’est également du fait des diagnostics de grossesse très précoces. Il est estimé à 15 % des grossesses.

Traitements et Prévention des Effets Secondaires

La gestion des effets secondaires des traitements de FIV est essentielle pour le bien-être de la patiente. Voici quelques mesures qui peuvent être prises :

  • Surveillance médicale rigoureuse : Un suivi régulier par l'équipe médicale permet de détecter et de gérer rapidement les complications.
  • Communication ouverte : Les patientes doivent signaler rapidement tout symptôme inhabituel à leur médecin.
  • Ajustement des doses hormonales : Le médecin peut ajuster les doses hormonales pour minimiser les effets secondaires.
  • Repos et hydratation : Le repos et une bonne hydratation peuvent aider à soulager les symptômes légers.
  • Traitement symptomatique : Des médicaments peuvent être prescrits pour soulager les nausées, les douleurs et autres symptômes.
  • Hospitalisation : Dans les cas graves de SHO, une hospitalisation peut être nécessaire pour une surveillance et un traitement intensifs.
  • Alternatives en FIV : La maturation in vitro et la FIV en cycle spontané peuvent être envisagées pour les patientes à risque élevé de SHO, bien que ces techniques aient des taux de réussite plus faibles.

Impact des Traitements Hormonaux sur le Risque de Cancer

Beaucoup de patientes craignent que les hormones utilisées pour la stimulation ne leur occasionnent un cancer à long terme. Plusieurs études se sont penchées sur l’impact des traitements hormonaux utilisés en FIV sur le risque de cancer du sein, de l’utérus et des ovaires.

  • Cancer de l’ovaire : Les traitements utilisés en FIV n’augmentent pas le risque. Il faut remarquer que les femmes stériles ont un risque naturel plus élevé de cancer de l’endomètre et de l’ovaire.
  • Cancer du sein : Des chercheurs de l’Institut du cancer des Pays-Bas ont comparé l’incidence des cancers du sein chez des patientes de la cohorte OMEGA et la population néerlandaise. Alexandra van den Belt-Dusebout et ses collègues ont dénombré 839 cas de cancers du sein invasifs et 109 cas de cancers du sein in situ. Le risque de cancer du sein diminuait lorsque le nombre de cycle de traitement pour la FIV augmentait, notent les chercheurs. Pour sept cycles de stimulation ovarienne, le risque de cancer du sein était de 45% inférieur au risque des femmes n’ayant suivi qu’un ou deux cycles de traitement.

Risques pour l'Enfant

  • Le risque de prématurité: Il est statistiquement plus élevé chez les femmes présentant des facteurs de risques personnels (fumeuses, agées de plus de 38 ans, présentant une grossesse à risque). Sur certaines études, il apparait que l’infertilité féminine (et dans une moindre mesure l’infertilité masculine) pourrait être des facteurs de risque indépendants de prématurité.
  • Les risques d’anomalies génétiques: Elles peuvent être liées à la technique, mais aussi, et surtout aux anomalies génétiques portées par les gamètes, ovocytes et spermatozoïdes. Le dépistage des anomalies chromosomiques telles que la trisomie 21 est proposé à toutes les femmes en début de grossesse, que la grossesse ait été obtenue naturellement ou par PMA, et, quel que soit l’âge de la femme. Le dépistage échographique est également systématique.
  • Les risques de malformations: Le fait de manipuler les gamètes et les embryons in vitro entraine un stress cellulaire et des modifications épigénétiques sur l’ADN. À ce jour, ce phénomène n’a été corrélé à aucun sur-risque. Plusieurs études sur le risque de cancer chez les enfants conçus avec AMP affichent des résultats plutôt rassurants. Les experts étudient néanmoins de près l’incidence des maladies épigénétiques chez les enfants issus d’AMP, comme le syndrome de Beckwith-Wiedemann ou celui d’Angelman qui se manifeste entre autres par un déficit mental.

Lire aussi: Soigner l'Herpès Labial

tags: #traitement #hormonal #fiv #effets #secondaires #prise

Articles populaires: