La fécondation in vitro (FIV) est une technique d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui offre une solution pour de nombreux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. Le traitement hormonal, une étape cruciale de la FIV, vise à stimuler les ovaires afin de recueillir plusieurs ovocytes matures. Cet article détaille le protocole de traitement hormonal avant FIV, ses objectifs, son déroulement, ainsi que les risques potentiels associés.

Infertilité : Un Défi Courant

L'infertilité touche un couple sur cinq, définie comme l'absence de conception après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés. Elle peut être d'origine féminine (troubles de l'ovulation, anomalies des trompes, endométriose, insuffisance ovarienne), masculine (spermatozoïdes de mauvaise qualité, insuffisance de production ou défaut de mobilité des spermatozoïdes), ou mixte.

L'âge de la femme est un facteur déterminant dans la fertilité. Une femme âgée de 22 à 29 ans a environ 25 % de chances de concevoir un enfant par cycle. À 35 ans, cette probabilité diminue à environ 15 %.

Évaluation Initiale et Bilan de Fertilité

La première consultation d'infertilité est une étape importante. Le gynécologue interrogera les deux conjoints sur la durée de l'infertilité, les antécédents médicaux et chirurgicaux, ainsi que les antécédents familiaux.

Un bilan de fertilité est ensuite réalisé pour identifier l'origine de l'infertilité. Ce bilan comprend généralement :

Lire aussi: Comprendre les fibromes pendant la grossesse

  • Examens chez la femme :
    • Une prise de sang au 3ème ou 4ème jour du cycle pour évaluer la réserve ovarienne.
    • Une échographie pelvienne.
    • Une hystérosalpingographie (radio des trompes) pour vérifier leur perméabilité.
  • Examens chez l'homme :
    • Un spermogramme pour évaluer la qualité et la quantité des spermatozoïdes et s'assurer de l'absence d'infection.

Ces examens sont indispensables pour déterminer la stratégie de traitement la plus adaptée. Le médecin vérifie la perméabilité des trompes grâce à une hystérosalpingographie (radio des trompes), la réserve ovarienne à l’aide d’une prise de sang et d’une échographie pelvienne.

La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP)

La réunion de concertation pluridisciplinaire réunit les équipes clinique et biologique.

À l'issue de cette réunion, vous recevrez un courrier qui vous informera du choix définitif du type de PMA qui a été décidé pour votre couple. Un dossier guide sera joint à ce courrier. Lisez le bien pour préparer vos questions.

Stimulation Ovarienne : Le Protocole

La stimulation ovarienne est une étape clé du traitement de FIV. Elle vise à stimuler les ovaires pour obtenir le développement de plusieurs follicules matures (3 ou plus). Il existe différents protocoles de stimulation ovarienne, adaptés à chaque patiente.

  • Objectifs de la stimulation ovarienne :
    • Obtenir la maturation de plusieurs ovocytes.
    • Augmenter les chances de fécondation et de développement embryonnaire.
  • Types de protocoles :
    • Protocoles « courts » ou antagonistes : Début de la stimulation à J2 du cycle, suivi de la réponse ovarienne par échographies et dosages hormonaux, introduction en cours du traitement d'une deuxième injection quotidienne empêchant l'ovulation spontanée.
    • Protocoles « longs » ou agonistes : Mise au repos des ovaires par injections quotidiennes sous-cutanées à partir de J20 du cycle précédent, puis après contrôle échographique et dosages hormonaux, début des injections quotidiennes d'hormones pour la stimulation de l'ovulation aboutissant au déclenchement avant le prélèvement d'ovocytes.

Lors de votre dernière consultation de suivi de stimulation, le gynécologue décidera de la date de déclenchement de l’ovulation.

Lire aussi: Grossesse et CAF : Le guide

Médicaments Utilisés

La stimulation ovarienne implique l'utilisation d'hormones, principalement :

  • FSH (hormone folliculo-stimulante) : Stimule la croissance des follicules ovariens.
  • LH (hormone lutéinisante) : Contribue à la maturation finale des ovocytes.
  • hCG (hormone chorionique gonadotrope) : Déclenche l'ovulation.

Ces hormones sont administrées par injections sous-cutanées quotidiennes. Votre médecin vous a prescrit un traitement de stimulation ovarienne avec des injections à réaliser de façon quotidienne. Vous avez dû rencontrer également une sage-femme qui vous a expliqué en détail ce traitement et le mode d'emploi des médicaments concernés. L'ordonnance prévoit si besoin le passage d'un infirmière à domicile. Même si ces produits sont généralement faciles à manipuler, il est très important de respecter scrupuleusement les modalités de stockage et d'utilisation.

Suivi de la Stimulation

La réponse au traitement de stimulation ovarienne est évaluée par des échographies pelviennes par voie vaginale, associées à des dosages hormonaux. Ces examens permettent de surveiller la croissance des follicules et d'ajuster les doses d'hormones si nécessaire. La surveillance est réalisée par des dosages hormonaux et des échographies plus fréquentes (entre 3 et 5 au lieu de 2 à 3 pour la stimulation simple).

Déclenchement de l'Ovulation

Lorsque les follicules atteignent une taille suffisante (au moins deux à trois follicules de 16 à 18 mm de diamètre), le déclenchement de l'ovulation est induit par une injection sous-cutanée d'Ovitrelle® (hCG recombinante). En mimant le pic naturel de LH, l'injection d'hCG provoque la reprise de la méiose pour les ovocytes bloqués en métaphase I. L'heure d'injection est très précise, en général 22h00.

Ponction Ovocytaire

La ponction ovocytaire est l'acte médical qui permet de recueillir le liquide folliculaire (contenant les ovocytes) dans les ovaires. Le prélèvement est effectué au bloc opératoire de la clinique 32 à 36 heures après l'injection d'Ovitrelle. La patiente va alors subir une courte anesthésie générale (10-15 minutes) pendant laquelle le gynécologue va réaliser la ponction ovocytaire. L'aiguille de ponction va collecter le liquide folliculaire à travers la paroi vaginale sous contrôle échographique. Le même matin, le conjoint doit venir réaliser son recueil au laboratoire à l'heure prévue du rendez-vous. Le conjoint sera informé du nombre d'ovocytes ponctionnés. SORTIE de la CLINIQUE l'après-midi.

Lire aussi: Soigner l'Herpès Labial

24 heures plus tard, on observe les ovocytes mis en fécondation et l'on détermine si la fécondation s'est produite et l'évolution initiale des embryons.

Transfert Embryonnaire

Le nombre d'embryon(s) replacé(s) dépend notamment du rang de la tentative, de l'âge de la femme, de la qualité de l'endomètre, de la qualité morphologique des embryons et du nombre d'embryons obtenus. Le nombre d'embryons transférés est autant que possible limité à deux, voire un seul dans certaines situations. L'objectif est d'avoir les meilleures chances de grossesse tout en limitant les risques de grossesse multiple. Le choix du nombre d'embryons à transférer est discuté entre l'équipe clinico-biologique et le couple.

Le biologiste aura au préalable disposé dans ce cathéter, le ou les embryons dans une microgoutte de milieu de culture (liquide). Les embryons ne sont pas visibles à l'œil nu. Le cathéter après le transfert est remis au laboratoire qui vérifie qu'il est bien vide. Si d'autres embryons que celui/ceux transféré(s) évoluent bien, le laboratoire pourra les conserver par congélation (cryoconservation embryonnaire).

Après le transfert embryonnaire, il vous sera indiqué à quelle date procéder au test de grossesse : 14 jours après la fécondation, donc 14 jours après la date de la ponction.

Risques Associés au Traitement Hormonal

Comme tout geste médical, le traitement hormonal de FIV comporte des risques potentiels.

Risques pour la Femme

  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) : C'est la complication la plus fréquente. Il correspond à une réponse ovarienne excessive à la stimulation. Les symptômes peuvent varier de légers (pesanteur abdominale, douleurs ovariennes) à sévères (difficultés à uriner ou à respirer). Dans les cas graves, une hospitalisation peut être nécessaire. Les alternatives en FIV pour éviter ce risque sont : La maturation in vitro ; La FIV en cycle spontané. Les résultats en termes de taux de grossesse de ces deux techniques sont très inférieurs aux techniques de FIV classique et d’ICSI. C’est pourquoi ces alternatives ne vous seront pas proposées dans notre centre. Vous devez cependant en être informée afin de faire votre choix en connaissance de cause.
  • Grossesse multiple : Le transfert de plusieurs embryons augmente le risque de grossesse gémellaire ou multiple, qui sont des grossesses plus à risque. C'est pourquoi, dans la grande majorité de cas, l'équipe médicale conseille le transfert de 1 ou 2 embryons, ce qui permet de limiter fortement le risque de grossesse multiple (20 % de grossesses gémellaires et moins de 1 % de grossesses triples).
  • Fausse couche : Le risque de fausse couche est légèrement augmenté en raison de l'âge biologique plus élevé des femmes en AMP. Il est estimé à 15 % des grossesses.
  • Grossesse extra-utérine (GEU) : La GEU se produit lorsque la grossesse s'implante en dehors de l'utérus. Ce type de grossesse est une des plus compliquées et concerne 1 à 5 % des grossesses obtenues après FIV.

Risques pour l'Enfant

  • Prématurité : Le risque de prématurité est statistiquement plus élevé chez les femmes présentant des facteurs de risques personnels : fumeuses, âgées de plus de 38 ans, présentant une grossesse à risque (grossesse gémellaire, hypertension, prééclampsie). Sur certaines études, il apparait que l’infertilité féminine (et dans une moindre mesure l’infertilité masculine) pourrait être des facteurs de risque indépendants de prématurité.
  • Anomalies génétiques : Le risque d'anomalies chromosomiques ou génétiques est légèrement augmenté, mais peut être dépisté pendant la grossesse. Le dépistage des anomalies chromosomiques telles que la trisomie 21 est proposé à toutes les femmes en début de grossesse, que la grossesse ait été obtenue naturellement ou par PMA, et, quel que soit l’âge de la femme. Le dépistage échographique est également systématique.
  • Malformations : Les malformations congénitales ne semblent pas directement imputables à la technique de PMA (FIV ou ICSI). L’origine des malformations est la plupart du temps imputable à des facteurs génétiques héréditaires ou maternels.

Le Cadre Légal

La loi N° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique et l'arrêté du 03 août 2010 relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation encadrent strictement la pratique de l'AMP.

tags: #traitement #hormonal #avant #fiv #protocole

Articles populaires: