La santé digestive des enfants est une source de préoccupation fréquente pour les parents. Des maux de ventre occasionnels aux troubles plus persistants, il est essentiel de comprendre les causes, les symptômes et les traitements disponibles pour assurer le bien-être de nos enfants. Cet article aborde les troubles gastro-intestinaux courants chez l'enfant, en particulier la gastro-entérite, en mettant l'accent sur les approches thérapeutiques et les mesures préventives.

La gastro-entérite chez l'enfant

La gastro-entérite est une inflammation des muqueuses de l’estomac et de l’intestin. Elle est fréquente chez l’enfant et le nourrisson. En France, la gastro-entérite est majoritairement virale et se contracte au cours de la saison hivernale, par vague épidémique. Dans 70% à 80% des cas en France, les virus en cause font partie de la famille des rotavirus et des norovirus. Parfois, il arrive cependant que l’origine soit bactérienne. La forme bactérienne correspond plutôt à une intoxication alimentaire et touche une seule personne, ou seulement quelques personnes ayant partagé un même repas. Elle est principalement causée par les bactéries E coli, Salmonelle ou Shigella.

Cette pathologie est particulièrement contagieuse. La transmission se fait par la salive et par les mains (contagion manuportée). Elle peut donc se faire via un contact direct entre une personne malade et une autre personne. Elle peut aussi se transmettre par le biais d’aliments contaminés par une personne malade, s’ils ont été manipulés précédemment par exemple. La vie en collectivité favorise la contagion, par exemple chez les bébés lorsqu’ils sont gardés en collectivité, chez les enfants à l’école, ou au sein d’une même famille. Si vous avez la gastro, vous êtes contagieux en moyenne 48h. Le risque de contagion peut s’étendre après leur disparition.

Symptômes de la gastro-entérite

Après une période d’incubation de 24 à 72 heures, les premiers symptômes se manifestent. L’infection du tube digestif entraîne soit des vomissements, soit une diarrhée, soit des douleurs abdominales, et parfois une gastrite ou de la fièvre. Pour savoir si vous avez une gastro-entérite, observez les symptômes courants tels que des nausées, des vomissements, de la diarrhée, des crampes intestinales et parfois de la fièvre. Chez le petit enfant, la diarrhée aiguë se manifeste par une évacuation inhabituellement fréquente de selles liquides de couleur variée. Dans la couche, les selles du bébé présentent un large bord humide, comme une auréole. On y trouve parfois des restes d’aliments, des glaires ou du sang. Lors des gastro-entérites, la diarrhée peut s’accompagner de vomissements, de maux de tête, de fièvre et de maux de ventre.

Diagnostic

Le diagnostic se fonde sur l’interrogatoire et l’observation des symptômes tels que diarrhée, vomissements et douleurs abdominales.

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Quand consulter ?

En cas de fièvre élevée persistante, ou de nausées-vomissements rendant impossible une réhydratation orale efficace, un avis médical rapide doit être pris. Si votre enfant semble fatigué, apathique, les yeux cernés, s’il ne boit pas suffisamment, ou si la gastro ne disparaît pas après 3 jours, il est important de consulter.

Traitement de la gastro-entérite

Si l’infection est virale, les antibiotiques n’auront aucun effet. Néanmoins, il est possible de traiter les symptômes.

  • Réhydratation: Le nourrisson et le jeune enfant souffrant d’une gastro-entérite doivent avant tout boire des solutés de réhydratation orale. Ces solutés doivent être pris rapidement pour éviter la déshydratation due à la fièvre, à la diarrhée et aux vomissements. Cela permet d’éviter les formes sévères de gastro-entérite. Il n’y a généralement pas de médicament nécessaire. Pour prévenir la déshydratation, il est conseillé de réhydrater bébé de manière régulière. Et grâce à leur goût sucré-salé, ces boissons seront mieux acceptées par les nourrissons.
  • Alimentation: La prise de repas durant la gastro-entérite peut sembler difficile. Toutefois, il est important de continuer de s’alimenter pour retrouver une bonne santé digestive. Nous vous recommandons de favoriser les aliments « faciles » à digérer. Privilégiez les aliments « neutres » riches en amidon ou en pectine, mais pauvres en fibres. A contrario, tous les laitages sont plutôt à restreindre dans l’alimentation au début d’une gastro, car ils contiennent du lactose. Malgré certaines idées reçues, le coca-cola n’est pas recommandé en remède contre la gastro-entérite. Pour les plus petits, il est important de maintenir les apports lactés mais en fractionnant les biberons. Si bébé est toujours nourri au lait, alors ne changez rien. Continuez de lui donner son lait habituel en respectant le principe du fractionnement.
  • Anti-diarrhéiques: Un anti-diarrhéique uniquement sur avis médical. Les antidiarrhéiques sont des traitements symptomatiques de la diarrhée qui réduisent le volume et la fréquence des selles. Les médicaments ralentisseurs de transit sont souvent déconseillés par les médecins pour soigner une gastro-entérite. Ne lui donnez surtout pas de médicament contre les vomissements ou la diarrhée.
  • Ferments lactiques: En cas de diarrhées, les ferments lactiques peuvent constituer d’excellentes options pour soulager le nourrisson. De nombreuses études ont démontré que ces ferments lactiques pouvaient contribuer à réduire l’intensité et la durée des diarrhées chez les nourrissons. Une diarrhée est souvent le signe qu’il y a déséquilibre au niveau du microbiote intestinal. De plus, ces ferments lactiques contribuent à enrichir la flore intestinale, ce qui permet de lutter contre toute autre sorte de trouble digestif. On retrouve les ferments lactiques dans les produits laitiers et principalement les yaourts. Mais on peut également les trouver sous forme de compléments alimentaires.

Prévention

  • Vaccination contre le rotavirus: Depuis juin 2022, la vaccination contre les rotavirus est recommandée en France pour protéger les nourrissons et les enfants contre les gastro-entérites dues à ces virus. Elle est utilisée depuis de nombreuses années dans la plupart des pays développés, où elle a fait la preuve d’une grande efficacité. La vaccination des nourrissons contre le rotavirus est recommandée pour tous les nourrissons dès l'âge de 6 semaines. Le rotavirus est un virus responsable d’une part très importante des gastro-entérites aiguës, qui atteint en particulier les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans. Il est important de commencer la vaccination contre le rotavirus tôt chez le bébé, dès l’âge de 6 semaines. Elle doit être terminée au plus tard à l’âge de 6 ou 8 mois selon le vaccin utilisé. La première dose de vaccin peut être prise jusqu’à l’âge de 4 mois. La dernière dose de vaccin doit être prise avant l’âge de 6 mois pour Rotarix® et avant l’âge de 8 mois pour RotaTeq®. Il s’agit de vaccins « à boire » (oraux) : aucune injection n’est nécessaire. Ces deux vaccins sont aussi efficaces, et peuvent être utilisés indifféremment.
  • Mesures d'hygiène: Assurez-vous de laver soigneusement les fruits et les légumes, et de cuire à point les viandes et les poissons. Respectez une alimentation équilibrée.

Maux de ventre chez l'enfant

Les enfants se plaignent souvent d’avoir mal au ventre. Les maux de ventre sont des douleurs, plus ou moins violentes, ressenties dans la région de l’estomac ou de l’intestin, aussi appelée abdomen. En l’absence d’autres signes, il faut vous rassurer, et rassurer votre enfant. En effet, une inquiétude exagérée autour de lui peut entraîner un retentissement important sur la vie quotidienne (notamment des problèmes d’absentéisme scolaire) et une augmentation des douleurs et des crampes.

Causes

De très nombreuses maladies peuvent être à l’origine de douleurs au ventre. Pour les parents, il est donc parfois difficile de bien mesurer leur gravité.

  • Infections gastro-intestinales: gastro-entérite, généralement causée par une infection virale ou bactérienne.
  • Facteurs psychologiques: Des maux de ventre répétés, sans autre symptôme, peuvent être également liés à une anxiété ou au stress provoqué par un changement : déménagement, entrée à la crèche, disputes fréquentes ou séparation des parents, chômage, décès d’un proche, arrivé d’un petit frère ou d’une petite sœur, etc. Les douleurs surviennent souvent dans des conditions identiques (avant d’aller à l’école, de se coucher, pendant les repas, etc.). Cela correspond alors à un véritable langage du corps pour parler de son désarroi, de sa tristesse, de son angoisse.

Quand s'inquiéter ?

Si ces douleurs persistent, se répètent, il s’agit alors de maux de ventre chroniques qui sont souvent fonctionnels. Ils sont situés autour du nombril ou passent de droite à gauche. Si ces maux de ventre sont associés à d’autres symptômes (vomissements, diarrhée, fièvre, perte de poids, sang dans les selles, toux..), alors ils peuvent être signes d’une maladie. Une douleur qui réveille la nuit, qui est localisée précisément (en dehors de la région du nombril), a souvent une cause organique. En cas de douleur localisée en bas à droite du ventre ou si votre enfant est pâle, a de la fièvre et vomit : il s’agit peut-être d’une crise d’appendicite. Dans tous les cas, chez les enfants, un retentissement sur la croissance (perte ou prise insuffisante de poids) peut être signe d’une pathologie organique.

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Que faire ?

Si c’est le cas (par exemple si votre enfant se plaint en allant à la crèche ou à l’école), n’hésitez pas à en parler ensemble. Expliquez-lui la situation (même s’il est tout petit, vos paroles le réconforteront et l’aideront à passer le cap) : “Je vais au travail, pendant ce temps-là, tu resteras à la crèche, on va bien s’occuper de toi. Je reviendrai te chercher en fin de journée”. Si la douleur ressentie par l’enfant est bien réelle, elle n’est pas forcément le symptôme d’une maladie. C’est ce que nous appelons « douleurs abdominales fonctionnelles ». C’est la maladie associée qu’il faudra soigner et nécessitera parfois une consultation auprès d’un professionnel de santé qui, s’il le juge nécessaire, procédera à des examens complémentaires : analyse de sang et/ou d’urine, radiographie ou échographie de l’abdomen, endoscopie intestinale… Il pourra ainsi poser un diagnostic et prescrira éventuellement un traitement médicamenteux. Par précaution, n’hésitez pas à prendre rendez-vous chez son pédiatre / médecin généraliste.

Autres troubles digestifs chez le nourrisson

Dès les premières semaines de vie, les nourrissons souffrent fréquemment de maux de ventre liés à l’immaturité de leur système digestif. Coliques, gaz, reflux gastro-œsophagien (RGO), diarrhées, constipation, inquiètent les parents mais sont dans la plupart des cas sans gravité. Des pleurs de fin de journée, des régurgitations, une toux, un bébé qui se tortille au sein ou au biberon ou qui semble mâchonner un chewing-gum sont souvent signes de troubles digestifs du nourrisson. Dans la plupart des cas, ces troubles guériront spontanément vers 4 à 6 mois avec la maturation du système digestif ou quand le bébé se tiendra debout.

Troubles digestifs chez l'enfant en âge préscolaire et scolaire

Chez les enfants en âge préscolaire et scolaire, les troubles digestifs sont souvent liés à une infection virale de type gastro-entérite, à une indigestion, à une intolérance au lactose ou au gluten, à des allergies alimentaires, à une crise d’appendicite ou à une œsophagite (inflammation de la muqueuse de l’œsophage due à l’acidité des régurgitations). Des troubles digestifs le dimanche soir, avant un contrôle ou à l’occasion d’un déménagement ? La Société Française de Pédiatrie nous apprend que 10 à 15 % des enfants d’âge scolaire sont concernés par des douleurs abdominales récurrentes (DAR) qui sont souvent d’origine fonctionnelle (sans maladie physique associée).

Importance de consulter un professionnel de santé

Si votre nourrisson ou votre enfant en bas âge souffre de troubles digestifs, n’attendez pas, parlez-en sans tarder à votre pédiatre ou dans votre centre de PMI (Protection Maternelle et Infantile) qui sauront vous conseiller. Dans le cas d’une maladie complexe ou nécessitant un traitement lourd, si les symptômes s’installent dans le temps ou si le diagnostic tarde à être posé, il peut se révéler utile de demander un deuxième avis médical.

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