La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) utilisée par les couples confrontés à des problèmes de fertilité. Le processus implique plusieurs étapes, dont une stimulation ovarienne réalisée grâce à des injections hormonales. Cet article détaille les différents protocoles d'injection utilisés en FIV, leur déroulement, ainsi que l'importance d'un accompagnement médical adéquat.
Stimulation ovarienne et injections : une étape clé de la FIV
La stimulation ovarienne est une phase essentielle de la FIV. Elle vise à stimuler les ovaires afin de développer plusieurs follicules, chacun contenant un ovocyte. L'objectif est d'obtenir un nombre suffisant d'ovocytes matures pour augmenter les chances de fécondation. Pour ce faire, des injections d'hormones, telles que la FSH (hormone folliculo-stimulante) ou l'HMG (hormone ménopausique humaine), sont prescrites par le médecin ou le gynécologue.
Ces injections peuvent être réalisées par voie intramusculaire ou sous-cutanée. Les injections sous-cutanées sont souvent pratiquées à l'aide de stylos injecteurs, ce qui facilite l'administration. Cependant, le déclenchement de l'ovulation se fait obligatoirement par une injection intramusculaire, nécessitant l'intervention d'un professionnel de santé.
L'importance d'un suivi médical rapproché
Les injections pour la FIV peuvent être une source de stress pour les patientes. Elles peuvent se faire à domicile, ce qui peut réduire l’anxiété. Le fait de faire appel à une infirmière libérale permet de bénéficier d'un suivi médical rapproché et personnalisé. L'infirmière peut réaliser les injections à domicile, ce qui limite les déplacements et réduit l'anxiété. Elle peut également répondre aux questions de la patiente, la rassurer et s'assurer du bon déroulement du traitement. De plus, l'intervention d'un professionnel de santé garantit la bonne réalisation de l'injection et permet d'éviter les erreurs de dosage ou de technique.
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Les différents protocoles d'injection en FIV
Il existe trois principaux types de protocoles d'injection utilisés en FIV : le protocole court, le protocole long et le protocole antagoniste. Le choix du protocole dépend des caractéristiques de chaque patiente, notamment de son âge, de sa réserve ovarienne et de ses antécédents médicaux.
Protocole long (agoniste)
Le protocole long implique une mise au repos des ovaires par des injections quotidiennes sous-cutanées d'analogues de la LHRH (hormone de libération de la LH) à partir du 20ème jour du cycle précédent. Après un contrôle échographique et des dosages hormonaux, les injections quotidiennes d'hormones de stimulation ovarienne (FSH ou HMG) sont débutées. Ce protocole dure environ 14 jours. Il permet un contrôle optimal de l'ovulation et est souvent utilisé chez les patientes présentant une ovulation spontanée difficile à maîtriser.
- Blocage de l’ovulation : par analogues de la LHRH pendant 12 jours sous forme d’injections journalières dès le premier jour des règles.
- Stimulation : ajout au 3ème jour d’analogues, de la stimulation par FSH ou HMG.
Protocole court (agoniste)
Le protocole court débute par la stimulation ovarienne au deuxième jour du cycle menstruel (J2). Des échographies et des dosages hormonaux sont réalisés pour surveiller la réponse ovarienne. Une deuxième injection quotidienne est introduite en cours de traitement pour empêcher l'ovulation spontanée. La stimulation par FSH ou HMG et ajout d’un antagoniste pour blocage de l’ovulation à jour variable (cetrorelix ou ganerelix). Ce protocole est plus court que le protocole long et peut être préféré chez les patientes présentant une bonne réponse ovarienne. Il dure environ 14 jours.
Protocole antagoniste
Le protocole antagoniste commence également au deuxième jour du cycle (J2). La stimulation ovarienne est suivie par des échographies et des dosages hormonaux. Un antagoniste de la LHRH (Cetrorelix ou Ganirelix) est introduit en cours de traitement pour bloquer l'ovulation prématurée. Ce protocole offre une flexibilité accrue et permet de réduire le risque d'hyperstimulation ovarienne.
Déroulement des injections et suivi médical
Quel que soit le protocole utilisé, le déroulement des injections et le suivi médical sont similaires. Un premier bilan et une échographie sont réalisés pour déterminer le nombre de follicules de base et adapter la dose d'hormones à administrer.
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Surveillance de la stimulation ovarienne
Pendant la période d'injection, plusieurs bilans sanguins et échographies pelviennes sont réalisés pour surveiller l'évolution des follicules et des ovocytes. Le traitement est continuellement adapté en fonction des résultats de ces examens. L'objectif est d'obtenir le développement d'au moins trois follicules matures.
Déclenchement de l'ovulation
Lorsque les follicules ont atteint une taille suffisante, une injection d'hCG (hormone chorionique gonadotrope) est administrée pour déclencher l'ovulation. La ponction des ovocytes est programmée environ 36 heures après cette injection.
Étapes suivant les injections
Ponction ovarienne
Elle est réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique sous anesthésie générale ou locale. Après la ponction, les liquides folliculaires contenant les ovocytes sont transmis au laboratoire. Leur nombre et leur aspect sont évalués en vue de leur mise en fécondation.
Fécondation in vitro
Le sperme est recueilli et préparé au laboratoire le jour de la ponction ovarienne. Les spermatozoïdes préparés sont simplement déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placés dans un incubateur à 37°C. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l’ovocyte. Mais un seul spermatozoïde fécondera celui-ci.
Dans certains cas, une ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) peut être réalisée. Il s’agit de l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovocyte. La couronne de cellules qui entoure l’ovocyte est enlevée pour visualiser l’endroit où va se faire la micro-injection : c’est la « décoronisation ». La capacité des ovocytes à être fécondés est évaluée de manière plus précise. Seuls les ovocytes matures seront micro-injectés.
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Culture embryonnaire
Le lendemain de la ponction, les ovocytes fécondés (ou zygotes) sont identifiables par la présence de deux noyaux, appelés pronuclei : l’un provient de l’ovocyte, l’autre du spermatozoïde. Tous les ovocytes ne sont pas forcément fécondés. Les zygotes deviennent des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard. Dans la majorité des cas, les embryons sont transférés dans l’utérus deux à trois jours après la ponction. Dans certaines situations, il peut vous être proposé de prolonger la culture des embryons in vitro au laboratoire jusqu’au stade de blastocyste cinq à six jours après la ponction.
Transfert embryonnaire
Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore qui est parfois pratiqué sous contrôle échographique. Il est réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus, la patiente étant allongée en position gynécologique. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus et s’y développe jusqu’à son implantation. Le nombre d’embryons à transférer est autant que possible limité à un seul. L'objectif est d'avoir les meilleures chances de grossesse tout en limitant les risques de grossesse multiple.
Congélation embryonnaire
Le nombre d’embryons obtenus peut être supérieur au nombre d’embryons transférés lorsque les couples ont donné leur consentement à ce que tous les ovocytes recueillis soient mis en fécondation. Dans ce cas, les embryons non transférés dits « surnuméraires » et présentant des critères de développement satisfaisants sont congelés.
Transfert d'embryons congelés
Le cycle prévu pour le transfert comporte une surveillance, voire un traitement (comprimés ou injections), afin de déterminer les conditions optimales pour le réaliser et pour préparer l’endomètre à l’implantation du ou des embryon(s). Si la préparation de l’endomètre est jugée satisfaisante, le transfert embryonnaire est effectué. Après la décongélation, la plupart des embryons gardent leur capacité de développement et sont transférables.
Avant la première FIV
Avant de commencer un traitement de FIV, plusieurs étapes sont nécessaires :
- Demande d'assistance médicale à la procréation : Le couple doit envoyer une demande au centre de fertilité et recevoir un accusé de réception.
- Entretien avec un biologiste : Un entretien obligatoire avec un biologiste spécialisé du centre d'Assistance Médicale à la Procréation est nécessaire pour discuter des aspects techniques et des chances de succès de la FIV.
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