Tiorfan est un médicament antidiarrhéique dont le principe actif est le racécadotril. Il est indiqué pour le traitement symptomatique des épisodes de diarrhée aiguë chez l'enfant et le nourrisson, en complément de la réhydratation orale et des mesures diététiques. Ce médicament agit rapidement en limitant les sécrétions intestinales excessives, sans perturber le transit digestif normal.
Pourquoi Utiliser Tiorfan Chez l'Enfant ?
Tiorfan est particulièrement utile dans les situations suivantes :
- Gastro-entérite virale : Très fréquente chez l’enfant, elle provoque une diarrhée soudaine que Tiorfan aide à maîtriser.
- Diarrhée d’origine bactérienne : En complément d’un traitement antibiotique adapté, Tiorfan contribue à réduire les pertes hydriques.
- Diarrhée du voyageur : Bien que moins fréquente chez l'enfant, si elle survient, Tiorfan soulage efficacement les symptômes.
- Diarrhée fonctionnelle : En usage ponctuel, il peut apaiser les épisodes diarrhéiques sans cause infectieuse identifiable.
Dans tous les cas, la réhydratation orale reste essentielle pour compenser les pertes en eau et en sels minéraux. Le traitement par Tiorfan n'est qu'un traitement adjuvant, en complément de la réhydratation orale et ne dispense en aucun cas de celle-ci. La réhydratation doit être systématique chez les nourrissons/ enfants présentant une diarrhée aigüe, afin de prévenir ou traiter la déshydratation, et doit être adaptée de façon à compenser les pertes hydro électrolytiques.
Le Racécadotril : Principe Actif de Tiorfan
Le racécadotril est un pro-médicament qui libère dans l’organisme le thiorphan, son métabolite actif. Ce dernier agit en inhibant une enzyme appelée enképhalinase, responsable de la dégradation des enképhalines. Ces substances naturellement présentes dans l’organisme régulent la sécrétion d’eau et d’électrolytes dans l’intestin. En les préservant, le thiorphan réduit l’hyper-sécrétion digestive tout en respectant la motricité intestinale. Le racécadotril est un antisécrétoire intestinal pur. Il diminue l'hypersécrétion intestinale d'eau et d'électrolytes induite par la toxine cholérique ou l'inflammation, sans avoir d'effet sur la sécrétion basale.
Après administration orale, le racécadotril est rapidement absorbé. Après administration orale de racecadotril marqué au 14C chez des volontaires sains, la concentration de racécadotril était environ 200 fois supérieure dans le plasma que dans les cellules sanguines et environ 3 fois supérieure dans le plasma que dans le volume total de sang. L'amplitude et la durée d'action du racécadotril sont liées à la dose administrée. D'autres métabolites mineurs ont également été détectés et quantifiés dans les urines et les matières fécales. Dans la population pédiatrique, les résultats pharmacodynamiques sont similaires à ceux de la population adulte, avec une Cmax atteinte 2 heures 30 minutes après l'administration. Le racécadotril est éliminé via ses métabolites actifs et inactifs. L'élimination se fait surtout par voie rénale (81.4%), et à moindre degré par voie fécale (environ 8%).
Lire aussi: Indications et Tiorfan pendant l'allaitement
Tiorfan : Disponibilité et Formes
Tiorfan est disponible sous différentes formes et dosages, adaptés à l’âge et au poids du patient. Il est essentiel de respecter les recommandations indiquées sur la notice ou celles de votre professionnel de santé pour garantir l’efficacité du traitement tout en évitant les surdosages.
Chez l’enfant et le nourrisson, Tiorfan est proposé sous forme de suspensions buvables adaptées au poids.
- Pour les nourrissons et les enfants de 3 mois à 7 ans : Suspension buvable 10 mg/ml
- Pour les enfants de 7 à 52 kg : Suspension buvable 4 mg/ml
Posologie de Tiorfan Enfant
La posologie usuelle journalière est établie en fonction du poids corporel sur la base de 1,5 mg/kg par prise, jusqu’à un maximum de trois prises réparties dans la journée. Les prises doivent se faire de préférence au début des trois principaux repas.
Suspension buvable 10 mg/ml (nourrissons et enfants de 3 mois à 7 ans):
- Posologie : 1,5 mg/kg/prise, 3 fois par jour
- Dose maximale par prise : 5 ml (50 mg)
- Dose maximale par jour : 15 ml (150 mg)
Suspension buvable 4 mg/ml (enfants de 7 à 52 kg):
- Posologie : 1,5 mg/kg/prise, 3 fois par jour
- Dose maximale par prise : 13 ml (52 mg)
- Dose maximale par jour : 39 ml (156 mg)
Le premier jour: une première prise d'emblée, puis selon l’heure de la première prise, jusqu’à un maximum de trois prises réparties dans la journée, en comptant dans ces trois prises la première prise d’emblée.
Instructions importantes pour l'administration (suspension buvable):
- Bien agiter le flacon avant l’emploi.
- Introduire à fond la seringue dans l’embout de prélèvement.
- Pour remplir la seringue, tenir le flacon « tête en bas ». Bien maintenir la seringue en place et tirer doucement et régulièrement le piston jusqu’à la graduation nécessaire en Kg.
- Remettre le flacon « tête en haut » et retirer la seringue.
- Maintenir l’enfant en position debout pendant l’administration.
Durée du Traitement
Quel que soit l’âge, la durée du traitement est généralement courte et ne dépasse pas quelques jours.
Lire aussi: Tout savoir sur Tiorfan et son utilisation chez les bébés
Précautions d'Emploi et Contre-Indications
Bien que le Tiorfan soit généralement bien toléré, comme tout médicament, il peut entraîner certains effets indésirables et n’est pas adapté à toutes les situations. Il est donc essentiel de connaître les précautions à prendre avant de l’utiliser.
- Hypersensibilité : Des réactions cutanées ont été rapportées avec l'utilisation de ce médicament. Dans la plupart des cas, ces réactions sont légères et ne requièrent aucun traitement. Cependant, dans certaines situations, ces réactions peuvent être sévères et mettre en jeu le pronostic vital ; le lien avec la prise de racécadotril ne peut pas être entièrement exclu. Si des réactions cutanées sévères apparaissent, le traitement par racécadotril doit être immédiatement arrêté. Des cas d'hypersensibilité et d'oedème de Quincke ont été rapportés chez des patients traités par le racécadotril. Ces évènements peuvent survenir à tout moment au cours du traitement.Un angio-oedème du visage, des extrémités, des lèvres, des muqueuses peut se produire. Lorsque l'angio-oedème est associé à une obstruction des voies respiratoires supérieures, comme par exemple au niveau de la langue, de la glotte et / ou du larynx, un traitement d'urgence doit être immédiatement administré. Le racécadotril doit être interrompu et le patient doit faire l'objet d'une surveillance médicale étroite avec initiation d'un suivi approprié jusqu'à disparition complète et durable des symptômes. Le racécadotril ne doit pas être réintroduit.
- Angiooedème bradykinique : Le racécadotril ou certaines classes thérapeutiques sont susceptibles de provoquer une réaction vasculaire à type d'angiooedème de la face et du cou, résultant de l'inhibition de la dégradation de la bradykinine. Les conséquences de l'angiooedème peuvent parfois être fatales, par obstruction des voies respiratoires. L'angiooedème peut survenir indépendamment d'une association simultanée entre ces médicaments, au cas où le patient aurait été exposé antérieurement à l'un des deux protagonistes. Il conviendra de rechercher des antécédents de survenue de cet effet et de mesurer la nécessité de ce type d'association. L'association du racécadotril à certains médicaments majorant la concentration de bradykinine, notamment les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) (p.ex. : perindopril et ramipril) augmente le risque de provoquer un angiooedème bradykinique. Par conséquent, une évaluation rigoureuse du rapport bénéfice / risque est nécessaire avant d'initier le traitement par le racécadotril chez les patients sous inhibiteurs de l'enzyme de conversion.
- Réactions cutanées indésirables graves (SCAR) : Des réactions cutanées indésirables graves (SCAR), notamment des syndromes d'hypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS) pouvant mettre en jeu le pronostic vital ou être fatales, ont été rapportées avec le traitement par racécadotril. Il faut indiquer aux patients quels sont les signes et symptômes et exercer une surveillance étroite pour déceler d'éventuelles réactions cutanées. En cas d'apparition de signes et de symptômes évocateurs d'un DRESS, il faut immédiatement arrêter le racécadotril et envisager un traitement alternatif. Si un DRESS apparaît chez un(e) patient(e) lors de l'administration de racécadotril, il ne faut en aucun cas reprendre le traitement par racécadotril chez ce/cette patient(e).
- Diarrhée et autres symptômes : Une diarrhée qui s'accompagne de torpeur, de soif, de fièvre, ou de sang dans les selles nécessite rapidement un avis médical.
- Intolérance au saccharose : Ce médicament contient du saccharose. Les patients présentant une intolérance au fructose, un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou un déficit en sucrase/isomaltase (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament.
- Traitement adjuvant : Le traitement par Tiorfan n'est qu'un traitement adjuvant, en complément de la réhydratation orale, et ne dispense en aucun cas de celle-ci.
- Diarrhées infectieuses : La présence de sang ou de pus dans les selles avec fièvre peut être le signe d'une diarrhée à germe invasif ou de la présence d'autres maladies en cours. En cas de diarrhée infectieuse avec des manifestations cliniques suggérant un phénomène invasif, recourir à des antibactériens à bonne diffusion systémique.
- Diarrhées associées aux antibiotiques : Le racécadotril n'a pas été évalué au cours des diarrhées associées aux antibiotiques. Par conséquent, le racecadotril ne doit pas être utilisé dans ces cas.
- Vomissements : Du fait d'une biodisponibilité potentiellement réduite, le racécadotril ne devra pas être administré en cas de vomissements prolongés ou incontrôlables.
- Insuffisance rénale et hépatique : En cas d'insuffisance rénale ou hépatique, Tiorfan ne devra pas être administré en raison de l'absence de données.
Effets Secondaires Possibles
La majorité des effets secondaires rapportés avec le Tiorfan sont légers et passagers. Des réactions cutanées indésirables graves (SCAR), notamment des syndromes d’hypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS), ont été rapportées avec le traitement par racécadotril.
Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Vous pouvez également déclarer les effets indésirables directement via le système national de déclaration.
Grossesse et Allaitement
Les études sur l'animal n'ont montré aucun effet nocif direct ou indirect concernant la toxicité sur la reproduction. Les données cliniques sur l'utilisation du racécadotril au cours de la grossesse sont très limitées. En l'absence de données sur le passage de racécadotril dans le lait et en raison de ses propriétés pharmacologiques et de l'immaturité du tube digestif du nouveau-né, TIORFAN ne devrait pas être administré au cours de l'allaitement.
Interactions Médicamenteuses
Certains médicaments ou classes thérapeutiques sont susceptibles de provoquer une réaction vasculaire à type angioœdème de la face et du cou, résultant de l’inhibition de la dégradation de la bradykinine. Les médicaments les plus fréquemment impliqués sont les IEC (p.ex. : périndopril, ramipril), et dans une moindre mesure les antagonistes de l’angiotensine II (p.ex. : candésartan, irbésartan), les immunosuppresseurs dits mTORi, des antidiabétiques de la classe des gliptines, le racécadotril, l’estramustine, le sacubitril et l’altépase recombinante. Les conséquences de l’angioœdème peuvent parfois être fatales, par obstruction des voies respiratoires. L’angioœdème peut survenir indépendamment d’une association simultanée entre ces médicaments, au cas où le patient aurait été exposé antérieurement à l’un des deux protagonistes.
Lire aussi: Tiorfan pour Nourrissons : Informations
Informations Complémentaires
- Gardez cette notice.
- Ce médicament a été personnellement prescrit pour votre enfant. Ne le donnez pas à d’autres personnes.
- Ne jetez aucun médicament au tout-à-l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien d’éliminer les médicaments que vous n’utilisez plus.
tags: #tiorfan #enfant #posologie
