L'alimentation du nourrisson est une étape cruciale et peut parfois être source d'inquiétudes pour les parents. Divers problèmes peuvent survenir, notamment le phénomène de la tétine qui se colle, les troubles de l'hypersensorialité, les pleurs excessifs ou encore le reflux gastro-œsophagien (RGO). Cet article vise à explorer ces différentes problématiques, en mettant l'accent sur les causes possibles et les solutions envisageables pour assurer le bien-être du bébé et la sérénité des parents.

Troubles de l'hypersensorialité chez le nourrisson

L'hypersensorialité se manifeste par une hyperactivité des organes du goût et de l'odorat, et parfois même de la vue, de l'ouïe et du toucher. Cette condition peut se traduire par un simple dégoût pour un aliment spécifique, y compris le lait maternel, ou par une aversion alimentaire sévère pouvant évoquer l'anorexie.

Manifestations de l'hypersensorialité

Les signes d'hypersensorialité peuvent inclure :

  • Refus du sein, du biberon ou de la tétine.
  • Difficulté à supporter la présence d'objets en bouche.
  • Sensibilité au toucher du visage ou de la bouche.
  • Refus de la cuillère lors de la diversification alimentaire.
  • Intolérance aux aliments chauds ou froids.
  • Difficulté ou impossibilité de brosser les dents.
  • Réflexe nauséeux exacerbé.
  • Préférence pour un type spécifique de biberon ou de tétine.

Origines possibles de l'hypersensorialité

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'hypersensorialité chez le nourrisson :

  • Facteurs sensoriels : Selon plusieurs auteurs, les aversions alimentaires d’origine sensorielle sont présentes chez environ 25% des enfants.
  • Reflux gastro-œsophagien (RGO) : Les remontées acides peuvent provoquer un réflexe nauséeux exagéré.
  • Freins restrictifs buccaux : Les freins de langue et/ou de lèvre restrictifs peuvent limiter les mouvements de la langue et perturber le développement du palais. À titre de comparaison avec les 25% d’enfants atteints d’aversion alimentaire d’origine sensorielle, les freins restrictifs buccaux postérieurs sont présents chez 32% des bébés.
  • Manque de stimulation du palais : Un manque de contact entre la langue et le palais pendant la grossesse pourrait entraîner une hypersensibilité de la bouche après la naissance.

Solutions et prise en charge de l'hypersensorialité

La prise en charge de l'hypersensorialité doit être multidisciplinaire et peut inclure :

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  • Rééducation logopédique/orthophonique : Cette approche vise à désensibiliser la bouche et à rééduquer la langue par des exercices de stimulation de la succion et de la latéralisation. En effet, si vous essayez de commencer par la frénectomie chez ces bébés/enfants avec des troubles de l’hypersensorialité, celle-ci ne fera qu’empirer les choses.
  • Désensibilisation : Pour les nourrissons ayant un problème de frein restrictif, on va commencer par désensibiliser leur visage, leurs lèvres, leurs gencives et le palais en y allant petit à petit.
  • Guidance parentale : Un accompagnement est nécessaire pour rassurer les parents et leur fournir des outils à mettre en place à la maison.
  • Frénectomie : Si un frein restrictif est présent, une frénectomie (section du frein) peut être envisagée après une désensibilisation et une rééducation logopédique avancées.
  • Stimulation sensorielle : Laisser le bébé mettre des objets à la bouche pour explorer le monde extérieur et l'exposer à différentes textures et saveurs peut aider à réduire l'hypersensibilité. Laissez-le donc mettre tout en bouche !

Freins restrictifs buccaux et troubles de l'alimentation

Les freins restrictifs buccaux, tels que le frein de langue ou de lèvre, sont des restes embryologiques présents dès la 12e semaine de grossesse. Ils peuvent limiter les mouvements de la langue et entraîner des difficultés d'alimentation.

Impact des freins restrictifs sur l'alimentation

Les freins restrictifs peuvent entraîner :

  • Difficultés à la tétée ou à la prise du biberon.
  • Difficultés à vider complètement la cuillère lors de la diversification alimentaire.
  • Difficultés à avaler les aliments, avec un réflexe nauséeux, de la toux, voire un étouffement.
  • Difficultés à mastiquer et à avaler des morceaux.
  • Refus de se nourrir ou manque d'appétit.

Prise en charge des freins restrictifs

La prise en charge des freins restrictifs peut inclure :

  • Évaluation par un professionnel : Il est recommandé de faire évaluer le bébé par une conseillère en allaitement, une sage-femme, une orthophoniste ou un logopède connaissant la problématique des freins et des troubles d'hypersensorialité.
  • Frénectomie : La section du frein peut être envisagée pour libérer les mouvements de la langue et améliorer l'alimentation.
  • Rééducation logopédique/orthophonique : Des exercices peuvent être prescrits pour améliorer la mobilité de la langue et la coordination des mouvements de la bouche.

Coliques du nourrisson et pleurs excessifs

Le terme "coliques du nourrisson" est souvent utilisé pour décrire des épisodes de pleurs intenses, survenant en particulier en fin de journée. Cependant, les experts s'accordent à dire qu'il faudrait remplacer ce terme par "pleurs excessifs du nourrisson", car ces pleurs sont le plus souvent sans rapport avec le tube digestif.

Causes possibles des pleurs excessifs

Plusieurs facteurs peuvent contribuer aux pleurs excessifs chez le nourrisson :

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  • Période normale de développement : Les "pleurs du soir" sont une période normale d'activité physique et cérébrale du nouveau-né, qui atteint un pic à l'âge de 6 semaines et disparaît vers l'âge de 3 mois.
  • Facteurs émotionnels : Les pleurs peuvent être un moyen pour le bébé d'exprimer son inconfort, sa faim, sa fatigue ou son besoin de contact.
  • Problèmes digestifs : Bien que moins fréquents, les problèmes digestifs tels que la mal-digestion du lactose ou l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) peuvent provoquer des pleurs.
  • Reflux gastro-œsophagien (RGO) : Dans certains cas, un RGO compliqué avec œsophagite peut entraîner des pleurs importants.

Solutions et prise en charge des pleurs excessifs

La prise en charge des pleurs excessifs doit être individualisée et peut inclure :

  • Écoute et réconfort : Multiplier les câlins, le peau à peau, les massages, les bisous, les comptines et les mots rassurants pour apaiser l'enfant.
  • Alimentation : Si le bébé est nourri au lait maternel, il est conseillé de poursuivre cet allaitement. Si le bébé est nourri au lait artificiel, un lait infantile plus pauvre en lactose ou enrichi en lactase peut être envisagé en accord avec le médecin.
  • Phytothérapie et probiotiques : L'utilisation de certaines plantes (fenouil, camomille, mélisse) ou de probiotiques (Lactobacillus Reuteri) peut aider à diminuer les coliques.
  • Prise en charge médicale : En cas de suspicion d'APLV ou de RGO pathologique, une consultation médicale est nécessaire pour établir un diagnostic et mettre en place un traitement adapté.

Reflux gastro-œsophagien (RGO)

Le RGO est la remontée d'une partie du contenu de l'estomac dans l'œsophage. Il peut être physiologique (régurgitations simples) ou pathologique (RGO compliqué avec œsophagite).

Manifestations du RGO

Les symptômes du RGO peuvent inclure :

  • Régurgitations fréquentes.
  • Pleurs pendant ou après les repas.
  • Troubles du sommeil.
  • Toux et troubles ORL (rhumes, pharyngites, otites).
  • Cris suraigus ou pleurs violents avec bébé arqué en arrière.
  • Troubles de l'alimentation (refus du sein ou du biberon, cris en cours d'alimentation).
  • Stagnation ou perte de poids.

Prise en charge du RGO

La prise en charge du RGO dépend de sa sévérité et peut inclure :

  • Mesures diététiques et de puériculture :
    • Donner les repas très tranquillement en faisant des pauses pour faciliter les rots.
    • Surélever légèrement (10 à 15°) la tête du lit.
    • Épaissir le lait avec des spécialités vendues en pharmacie (Magic mix®, Gumilk®, Gelopectose®) ou des laits AR.
  • Médicaments :
    • Alginate de sodium (Gaviscon®) : gel visqueux qui vise à limiter la fréquence et le volume de ce qui est reflué de l’estomac vers l’œsophage.
    • Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : ésoméprazole (Inexium®), oméprazole (Mopral®). Leur utilisation doit être limitée et discutée avec le médecin.

Confusion sein-tétine

La confusion sein-tétine est un phénomène qui peut survenir lorsque le bébé est exposé à la fois au sein et à la tétine (biberon ou sucette). Les mécanismes de succion étant différents, le bébé peut avoir des difficultés à s'adapter et à téter efficacement au sein.

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Conséquences de la confusion sein-tétine

La confusion sein-tétine peut entraîner :

  • Difficultés de succion au sein.
  • Baisse de la lactation maternelle.
  • Refus du sein.
  • Sevrage précoce.

Prévention de la confusion sein-tétine

Pour prévenir la confusion sein-tétine, il est conseillé de :

  • Éviter l'utilisation de biberons et de sucettes pendant les premières semaines de l'allaitement.
  • Si l'utilisation d'un biberon est nécessaire, choisir une tétine à débit lent et adopter une technique d'alimentation au biberon qui imite la tétée au sein.
  • S'assurer que le bébé prend correctement le sein et qu'il tète efficacement.
  • Consulter une conseillère en allaitement en cas de difficultés.

Biberons Dr. Brown's

Les biberons Dr. Brown's sont conçus avec un système de ventilation interne breveté qui vise à réduire les coliques, les reflux et les gaz en empêchant l'air de se mélanger au lait.

Avantages des biberons Dr. Brown's

  • Réduction des coliques, des reflux et des gaz.
  • Meilleure conservation des vitamines.
  • Adaptés aux bébés prématurés ou ayant un faible réflexe de succion.
  • Possibilité d'utiliser le biberon avec ou sans le système de ventilation.

Conseils d'utilisation des biberons Dr. Brown's

  • Nettoyer et stériliser le biberon avant la première utilisation et après chaque utilisation.
  • Utiliser la petite brosse fournie pour nettoyer le système de ventilation.
  • Remplacer régulièrement les valves du système de ventilation.
  • Ne pas chauffer le biberon au-delà de 37 °C avec le système de ventilation en place.
  • Ne pas secouer vigoureusement le biberon pour mélanger la poudre.
  • Tenir le biberon à un angle de 45° pendant l'alimentation.

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