Introduction

Le test de paternité est un outil scientifique puissant permettant d'établir un lien biologique entre un enfant et un père présumé. Cependant, des questions se posent quant à la fiabilité de ces tests, en particulier lorsque le père biologique potentiel est le frère du père légal. Cet article examine en profondeur la fiabilité des tests de paternité dans ce contexte spécifique, en abordant les aspects scientifiques, les facteurs pouvant influencer les résultats et les alternatives possibles.

Fiabilité générale des tests de paternité

Un test de paternité est fiable s’il est effectué auprès d’un laboratoire accrédité. Le laboratoire ne peut pas « se tromper » puisqu’il suit un protocole strict, largement automatisé. Pour un test de paternité entre un père et son enfant, le laboratoire compare 16 à 20 endroits précis de leurs chromosomes. On appelle ces parties d’ADN des région d’ADN ou locus (loci au pluriel). En décodant le génome humain, les scientifiques ont donné un nom à chaque région de nos chromosomes. Le nom commence souvent par D, suivi du numéro du chromosome sur lequel le gène est situé. Puis il y a une lettre et une série de chiffres. Certains gènes ont des noms plus courts avec des lettres seulement.

Pour réaliser un test ADN, les laboratoires choisissent des gènes situés sur les 23 paires de chromosomes ou sur les chromosomes sexués X ou Y. Les endroits comparés peuvent être des microsatellites, des STRs (short tandem repeats), ou des VNTRs (variable number tandem repeats). Ce sont des endroits où certaines séquences d’ADN se répètent. On compte alors le nombre de chaque répétition sur cette région.

Le test est positif si et seulement si le laboratoire trouve une valeur en commun entre l’ADN de l’enfant et celui du père sur toutes les régions testées - sans exception !! Pour clarifier, il y a toujours un paragraphe explicatif avec le % de paternité atteint qui est au maximum 99,9999%. D’un point de vue statistique, il est impossible pour le laboratoire de confirmer une probabilité de 100%. Il devrait pour ce faire assurer qu’il n’existe aucun autre homme qui serait le père de l’enfant. Donc qu’aucun autre homme possèderait les mêmes caractéristiques génétiques que le père biologique de l’enfant testé. Le père testé pourrait avoir un frère jumeau par exemple. Le laboratoire réserve donc un infime % de probabilité pour cette inconnue qu’il ne peut pas éliminer.

Facteurs influençant la fiabilité du test

Erreurs d'échantillonnage

Un prélèvement raté peut altérer le résultat d’un test ADN :

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  • Inversion de l’étiquetage des échantillons mère-enfant: C’est rare, mais il est déjà arrivé que les participants mettent les écouvillons de l’enfant dans l’enveloppe de la mère. Et vice-versa l’écouvillon de la mère dans l’enveloppe de l’enfant… Le résultat est catastrophique car le laboratoire donnera un faux résultat négatif au test de paternité.
  • Vérification du sexe de l’échantillon d’ADN: Pour pallier au risque d’erreur lié à l’échange d’échantillons, qu’il soit volontaire ou non, le laboratoire recherche l’amélogénine en plus d’une quinzaine de gènes placés sur les chromosomes 1 à 23. L’amélogénine est un marqueur qui indique si le participant est masculin ou féminin.
  • Ils ont envoyé l’échantillon d’un autre ! Une autre source d’erreur indétectable par le laboratoire est l’envoi de l’ADN d’une personne extérieure à la famille.

Contamination des échantillons

On parle de contamination d’un échantillon d’ADN lorsque l’ADN d’une autre personne est rajouté par erreur sur les bâtonnets de prélèvement d’un des participants. La contamination ne peut pas fausser le résultat d’un test ADN car le laboratoire détectera la présence de deux profils ADN distincts. Cependant l’analyse est retardée d’au moins une semaine, le temps de recevoir un nouveau kit et de faire parvenir les nouveaux prélèvements au laboratoire.

Les sources de contamination au moment de l’échantillonnage ou de l’analyse sont par exemple un éternuement, de la transpiration, quelques squames ou peaux mortes, une plaie qui saigne, un bâtonnet que l’on touche avec les doigts sans porter de gants, que l’on pose sur une surface sale ou contenant des restes alimentaires.

Fiabilité des laboratoires

Certains laboratoires ne sont en fait que des revendeurs de tests ADN d’une autre société. Les personnes du service clientèle vous aident dans le processus de commande et ne sont pas généticiens, ils ne sauront pas répondre aux questions techniques sur votre test génétique. Méfiez vous des laboratoires dont le numéro de téléphone n’est pas affiché sur leur site.

Test de paternité impliquant le père et le frère : défis spécifiques

Lorsque le père et le frère sont les pères biologiques potentiels, le test de paternité devient plus complexe en raison de la similitude génétique élevée entre frères. Les frères partagent une proportion importante de leur ADN, ce qui peut rendre difficile la distinction entre eux en utilisant les marqueurs génétiques standard utilisés dans les tests de paternité. Plus il y a de régions d’ADN testées, plus le test ADN est fiable. C’est notamment intéressant lorsque les personnes testées sont des parents éloignés ou qu’il y a un suspicion d’inceste (le père serait le grand-père ou l’oncle).

Augmentation du nombre de marqueurs génétiques

Pour augmenter la précision du test dans ce cas, il est nécessaire d'analyser un plus grand nombre de marqueurs génétiques. Les laboratoires peuvent utiliser des tests ADN plus complets qui examinent un plus grand nombre de loci (régions spécifiques de l'ADN) pour augmenter la probabilité de distinguer entre les frères.

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Analyse du chromosome Y

Si les pères potentiels sont des frères, l'analyse du chromosome Y (Y-STR) peut être utile. Le chromosome Y est transmis de père en fils, ce qui signifie que les frères partagent le même chromosome Y. Cependant, des mutations peuvent survenir au fil du temps, ce qui peut permettre de distinguer les lignées paternelles. L’analyse du Y-STR est la méthode de test ADN la plus innovatrice de ces dernière années, en analysant le chromosome Y d’un sujet masculin pour établir des liens génétiques entre les enfants et les parents âgés de sexe masculin, par exemple les grands-pères, arrières grands-pères, et même les grands oncles par liens de sang. Ceci est possible même lorsque le père est indisponible et les parents âgés directs ne sont plus, étant donné que les gènes se transmettent de père en fils au fil des générations.

Tests de parenté alternatifs

Dans les situations où il est difficile d'obtenir un résultat concluant avec les tests de paternité standard, des tests de parenté alternatifs peuvent être envisagés. Ces tests impliquent l'analyse de l'ADN d'autres membres de la famille, tels que les grands-parents, les tantes ou les oncles, pour établir un lien de parenté indirect. Les frères/soeurs sont une autre possibilité en ce sens qu’ils peuvent fournir une compatibilité génétique accentuée qui permettrait de savoir si deux enfants sont frères/soeurs ou demi frères/soeurs de sang. Lorsqu’il y a dispute sur la paternité d’un père présumé et d’un enfant, les échantillons des frères/soeurs présumés peuvent être utilisés pour comparer les ADN afin de déterminer l’existence ou pas de lien parenté. Ceci est aussi valable pour les frères et soeurs du père présumé, qui peuvent partager les mêmes gènes et cela permettrait d’avoir des résultats du test ADN de l’enfant concerné.

Aspects légaux et éthiques

En France, le recours aux tests de paternité est encadré par la loi. Le test de paternité est autorisé uniquement dans le cadre d'une procédure judiciaire visant soit à établir ou contester un lien de filiation, soit à obtenir ou supprimer des subsides. Le consentement du père présumé est obligatoire. Procéder à un test de paternité en dehors de ce cadre est illégal.

Il est essentiel de tenir compte des implications éthiques et émotionnelles potentielles des tests de paternité, en particulier dans les situations familiales complexes. Il est conseillé de consulter un conseiller ou un professionnel de la santé mentale pour obtenir un soutien émotionnel et des conseils sur la manière de gérer les résultats du test.

Alternatives en l'absence du père présumé

Le test ADN est la méthode la plus fiable disponible permettant d'établir la paternité d'un enfant. Généralement, le test de paternité se fait avec la participation du père présumé et de l’enfant pour obtenir les meilleurs résultats sur l’existence de lien de parenté. Cependant, il arrive quelque fois que le père soit indisponible pour le test ADN de paternité, soit de son plein gré ou pour d’autres raisons. L’on peut en effectuant le test ADN avec les autres membres de la famille qui ont les mêmes gènes que le père présumé, déterminer s’il y a un possible lien de paternité avec l’enfant en question.

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En l’absence du père présumé ou par manque de son échantillon d’ADN, les grands-parents paternels présumés peuvent être la solution pour établir la paternité. En prélevant un échantillon d’un ou des deux, il est possible de déterminer s’ils partagent les mêmes gènes et par conséquent s’il existe une relation.

Dans l’éventualité où l’échantillon du père présumé ne soit pas disponible, il est encore possible de vérifier la paternité avec d’autres membres de la famille, par exemple, grâce aux tests entre frères et/ou sœurs. Parfois, ce type d’analyse est connue comme test ADN du lien de parenté ou test de fratrie.

En cas de décès du père présumé, il existe plusieurs options pour obtenir un échantillon d'ADN :

  • Cas 1 : Si la personne vient juste de mourir et qu’il est encore possible d’obtenir de la matière biologique du corps (généralement cette période n’excède pas une semaine après le décès), il est recommandé que le client essaye d’obtenir (si possible) des échantillons de cheveux avec la racine et aussi des coupures d’ongle.
  • Cas 2 : Dans cas où le corps serait déjà enterré, des échantillons peuvent être obtenus d’une façon indirecte - par exemple avec une brosse à dents, un peigne (peut contenir des cheveux utiles), des dentiers ou des cigarettes qui ont été fumées récemment.
  • Cas 3 : Dans les cas où le corps a été enterré depuis un certain nombre d’années, et les échantillons disponibles sont les restes squelettiques, il est recommandé qu’un fragment d’os de l’axe du fémur et/ou de l’humérus pesant approximativement 2 grammes et/ou deux dents par individu soient obtenus.

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