Le syndrome prémenstruel (SPM) est un ensemble de troubles qui touchent de nombreuses femmes de manière cyclique, se manifestant par des désordres physiques et psychologiques. Bien que souvent associé à la période précédant les règles, il peut également survenir dès l'ovulation. Cet article explore en profondeur le SPM, ses symptômes, ses causes possibles, ainsi que les moyens de le soulager et de le prévenir, en mettant également en lumière le syndrome ovulatoire et les liens avec l'intolérance à l'histamine.
Introduction au Syndrome Prémenstruel
Le syndrome prémenstruel (SPM) est un compagnon cyclique pour de nombreuses femmes, se manifestant de manière très variable. Il désigne l'ensemble des troubles qui affectent certaines femmes de façon cyclique, généralement quelques jours avant les règles, mais parfois dès l'ovulation. Il se manifeste par des désordres à la fois physiques et psychologiques, dont les degrés d'intensité varient d'une femme à l'autre. S'il semble lié à un déséquilibre hormonal du cycle menstruel, les causes du SPM restent incertaines.
Près d'une femme sur deux éprouve les symptômes du syndrome prémenstruel, la plupart du temps autour de l'âge de 30 ans. Ces symptômes sont à la fois physiques et psychologiques. Pour les plus chanceuses, le SPM se manifeste durant quelques jours, juste avant les règles et disparaît à leur arrivée. Pour d'autres, c'est une quinzaine de jours avant les règles que tout commence ! Chez certaines (5 à 10%), un syndrome ovulatoire vient s'ajouter au SPM : l'ovulation est alors très douloureuse, s'accompagnant de signes de SPM s'aggravant tout au long de la deuxième partie du cycle. La plupart du temps, les symptômes disparaissent à l'arrivée des règles. Mais parfois ils s'accompagnent aussi de règles très douloureuses…
Comprendre le Cycle Menstruel et l'Ovulation
L’ovulation correspond au moment du cycle féminin où un ovaire libère un ovule prêt à être fécondé dans le corps de la femme. En l’absence de contraception, c’est le point de départ d’une grossesse possible. Mais que l’on veuille ou non être enceinte, tout le cycle féminin s’articule autour de l’ovulation.
Le cycle menstruel, d'une durée moyenne de 28 jours, est orchestré par les hormones, notamment l'œstrogène et la progestérone. Au début du cycle, l'œstrogène augmente, préparant l'utérus à l'implantation d'un ovule fécondé. L'ovulation se produit en milieu de cycle, lorsqu'un ovule mature est libéré par l'ovaire. Après l'ovulation, la progestérone augmente pour soutenir une éventuelle grossesse. Si la fécondation n'a pas lieu, les niveaux d'œstrogène et de progestérone diminuent, déclenchant la phase prémenstruelle et les symptômes du SPM.
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Les Causes Incertaines du SPM
Les causes du SPM ne sont pas encore connues précisément : des variations du taux d’hormones ainsi que la biochimie du cerveau pendant le cycle menstruel, notamment au moment de l’ovulation, sont probablement des facteurs déclenchants. Un excès d’œstrogène, une insuffisance de progestérone, une baisse de sérotonine (hormone du bien-être) ou de mélatonine (hormone du sommeil) ont été évoquées. Il semblerait que l’alimentation, l’hygiène de vie et le stress peuvent atténuer ou aggraver ce syndrome.
La cause principale du Syndrome Prémenstruel est encore mal comprise et on lui considère des origines probablement multifactorielles. Cependant, plusieurs études suggèrent que le SPM est étroitement lié aux fluctuations hormonales qui se produisent au cours du cycle menstruel.
C'est au cours de la phase prémenstruelle, qui survient dans les jours précédant les règles, que le SPM se manifeste. À ce stade, si la fécondation n'a pas eu lieu, les taux d'œstrogène et de progestérone diminuent de manière significative. C'est cette chute hormonale qui déclenche les symptômes du SPM.
Ces fluctuations hormonales peuvent affecter divers systèmes du corps. Par exemple, la baisse de progestérone peut entraîner une rétention d'eau et une inflammation dans le corps, provoquant des douleurs abdominales et des crampes. Les changements hormonaux peuvent également influencer le système nerveux central, ce qui explique les sautes d'humeur, l'irritabilité et la fatigue fréquemment associées au SPM.
De plus, le système sérotoninergique du cerveau, impliqué dans la régulation de l'humeur, peut être perturbé pendant la phase prémenstruelle. Cela peut entraîner des symptômes de type dépressif, de l'anxiété, et des troubles du sommeil chez certaines femmes.
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La sensibilité individuelle à ces fluctuations hormonales varie, expliquant pourquoi certains femmes souffrent de symptômes plus sévères que d'autres. De plus, des facteurs génétiques, des antécédents médicaux et des facteurs de risque, tels que le tabagisme ou le stress chronique, peuvent influencer la gravité des symptômes.
Symptômes du Syndrome Prémenstruel
Les symptômes du SPM varient d'une femme à l'autre, ce qui peut rendre le diagnostic complexe. Ils apparaissent généralement pendant l'ovulation et disparaissent peu après les règles. Certains symptômes peuvent cependant persister tout au long du cycle menstruel… Les manifestations les plus courantes incluent :
- Irritabilité et sautes d'humeur. Les changements hormonaux peuvent affecter l'humeur, conduisant à l'irritabilité, de fortes colères ou à la dépression.
- Fatigue. La fatigue est un symptôme courant qui peut être accompagné d'une sensation de faiblesse ou de somnolences.
- Troubles digestifs. Les changements hormonaux peuvent également affecter le système digestif, causant des ballonnements, des constipations et des modifications de l'appétit.
- Douleurs mammaires. Les seins peuvent devenir sensibles ou douloureux au toucher.
- Maux de tête et douleurs abdominales. Les maux de tête et les crampes abdominales sont également des symptômes courants du SPM.
- Douleurs lombaires et dorsales. Les tensions des organes du petit bassin (ovaires et utérus) peuvent déclencher des douleurs musculaires au niveau du dos.
On retrouve une grande variabilité de ces symptômes en terme d'intensité et de retentissement sur le quotidien.
Troubles Psychologiques et TDPM
Les symptômes psychiques caractéristiques du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) sont une forme sévère du syndrome prémenstruel. Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) se caractérise par des symptômes psychologiques et psychiatriques survenant pendant la dernière semaine de la phase lutéale et s’améliorant au début de la phase folliculaire.
Le TDPM se distingue du SPM par l'intensité des symptômes émotionnels. Bien que des symptômes physiques soient communs à ceux du syndrome prémenstruel, ce sont les signes émotionnels qui distinguent le TDPM du SPM. Le TDPM a également tendance à commencer un peu plus tôt, avec des symptômes apparaissant 7 à 10 jours avant le début de vos règles.
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Les symptômes psychologiques incluent :
- Humeur dépressive et instable
- Désintérêt pour les activités quotidiennes
- Anxiété
Syndrome Ovulatoire
Chez certaines femmes, un syndrome ovulatoire vient s'ajouter au SPM : l'ovulation est alors très douloureuse, s'accompagnant de signes de SPM s'aggravant tout au long de la deuxième partie du cycle.
Certains symptômes ressentis pendant la période d’ovulation peuvent être confondus avec le syndrome prémenstruel qui annonce les règles. En revanche, les maux de tête ne sont pas des symptômes typiques de l’ovulation. Les symptômes psychologiques de l’ovulation diffèrent également de ceux du syndrome prémenstruel.
Comment Repérer l'Ovulation
Ces symptômes se produisent juste avant et pendant l’ovulation. Ils apparaissent de façon très variable selon les femmes : ils peuvent être très marqués ou au contraire complètement absents.
Quand un ovule se prépare à mûrir dans le corps de la femme, le col de l’utérus sécrète de la glaire cervicale, un symptôme clair d’ovulation. La glaire est un symptôme majeur de l’ovulation mais il ne faut pas la confondre avec une infection, qui donne des pertes malodorantes, ni avec les pertes blanches, qui peuvent exister pendant toute la durée du cycle.
Vous pouvez avoir des cycles de 25, 28 ou 35 jours : dans tous les cas, l’ovulation a lieu à peu près 14 jours avant les règles suivantes. Les symptômes post-ovulatoires correspondent à une augmentation légère de la température, un peu au-dessus de 37°C le matin au réveil. La glaire disparaît très vite.
Si vous êtes sous pilule, c’est normal de ne pas avoir de symptômes d’ovulation puisque la pilule bloque l’ovulation. Vous pouvez avoir un écoulement de sang qui ressemble à des règles, quand vous avez terminé votre plaquette de pilules, mais il ne s’agit pas de vraies règles : on parle de saignements de privation.
L’ovule ne vit que 24 à 36 heures, une fois qu’il se trouve dans les trompes de l’utérus. S’il n’est pas fécondé à ce moment là, il meurt. Les symptômes de l’ovulation peuvent donc vous aider à repérer le moment durant lequel une fécondation est possible. La glaire cervicale notamment fait partie des symptômes ovulatoires assez faciles à observer. Vous pouvez aussi utiliser des tests d’ovulation urinaire vendus en pharmacie : ils détectent avec précision les hormones qui indiquent l’ovulation. Si vous pensez détecter les symptômes d’une ovulation mais que le test est négatif, faites d’abord confiance au test.
SPM Pré-Ovulatoire : Un Imbroglio Hormonal
Certaines femmes ressentent des symptômes semblables au Syndrome Prémenstruel (SPM) bien avant l’ovulation, et il est alors très difficile de se faire entendre par les professionnels de santé, et plus complexe encore de trouver une solution. Ces symptômes, souvent méconnus, méritent pourtant une attention particulière et une exploration approfondie.
L'absence de reconnaissance du phénomène de symptômes semblables au SPM pendant la phase pré-ovulatoire par certains professionnels de santé peut découler de plusieurs raisons.
Intolérance à l'Histamine
L’histamine est une molécule endogène qui joue un rôle clé dans diverses fonctions physiologiques, notamment la régulation de l’immunité, la digestion et les réponses allergiques. Les œstrogènes peuvent augmenter les niveaux d’histamine en stimulant sa libération par les mastocytes (un type de cellules immunitaires présent surtout dans peau et les muqueuses) et en inhibant l’activité de l’enzyme DAO, qui est responsable de la dégradation de l'histamine.
Or, l'intolérance à l'histamine est souvent négligée comme cause potentielle des symptômes pré-ovulatoires, bien qu’elle puisse avoir un impact significatif sur le bien-être des femmes. Le lien entre l’intolérance à l’histamine et les œstrogènes offre une piste sérieuse pour expliquer la présence de symptômes semblables au SPM avant l’ovulation.
La relation entre œstrogènes et histamine est complexe. Les œstrogènes peuvent stimuler la libération d'histamine des mastocytes, augmentant ainsi les symptômes chez les personnes intolérantes à l'histamine. Par ailleurs, l'histamine peut aussi augmenter la production d'œstrogènes, créant un cycle qui peut aggraver l'intolérance.
SOPK et Autres Déséquilibres
Certains déséquilibres hormonaux comme le Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peuvent être confondus avec un SPM pré-ovulatoire. Un SOPK peut également être présent en cas de SPM pré-ovulatoire, et aggraver les symptômes ressentis.
Diagnostic du SPM
Il existe différents moyens pour diagnostiquer le syndrome prémenstruel, mais aucun test irréfutable. Votre médecin peut vous demander de tenir un journal sur plusieurs mois ; vous y consignerez tous les symptômes physiques et mentaux du SPM que vous observez, ainsi que les jours où vous avez vos règles. Il est important que vous notiez comment vous vous sentez chaque jour. Après trois ou quatre mois, vous serez probablement en mesure d’identifier un ensemble de symptômes. Bien que ces symptômes puissent varier d’un cycle à l’autre, les femmes souffrant du syndrome prémenstruel tendent à noter que ceux-ci s’arrêtent rapidement après le début de leurs règles.
Stratégies de Soulagement et de Prévention
On les soulage par des exercices pratiques à réaliser soi-même.
L'évolution du SPM est impossible à prévoir mais les symptômes disparaissent suite à la ménopause (ou lors d'une ovariectomie).
Approches Naturelles
Une alimentation équilibrée, la gestion du stress et des compléments naturels comme SPM'NAT® peuvent aider à atténuer les inconforts.
Alimentation et SPM
Boire beaucoup d’eau et manger équilibré font partie des mesures les plus simples ayant pourtant démontré leur efficacité. Il est essentiel d’avoir une alimentation riche en fruits et légumes frais, et de réduire votre consommation de sel, de sucre et d’aliments transformés. De nombreuses femmes trouvent que limiter les apports en caféine (que l’on trouve dans le thé, le café et le cola) et en alcool soulage également les symptômes du syndrome prémenstruel.
Les recommandations alimentaires consistent en la réduction d’apport en sel, sucre, alcool et caféine.
Exercice Physique et Relaxation
Faire régulièrement de l’exercice peut aussi vous aider, principalement parce que la pratique d’une activité physique fait baisser le stress et la tension, et influe sur votre humeur. Si vous souffrez de SPM, vous constaterez peut-être que marcher, nager ou courir soulage les symptômes associés aux règles : pourquoi n’essaieriez-vous pas de pratiquer une telle activité pendant 30 minutes, 3 fois par semaine ? L’exercice physique peut également atténuer la fatigue et vous aider à dormir.
Vous pouvez aussi essayer des techniques de relaxation comme la méditation, les exercices de respiration ou le yoga.
De nombreuses études de suivi ont montré l’intérêt de pratiquer un exercice physique régulier.
Magnésium
Vous constaterez peut-être que le magnésium peut contribuer à soulager certains de vos symptômes, surtout si votre syndrome prémenstruel vous déclenche des maux de tête ou des migraines.
Le magnésium peut contribuer à soulager certains des symptômes, notamment si vous souffrez de maux de tête ou de migraines déclenchés par le syndrome prémenstruel. Toutefois, veuillez d’abord consulter votre médecin avant de prendre un complément en magnésium.
Solutions pour l'Intolérance à l'Histamine
- Supplémentation en DAO : La DAO est l'enzyme principale qui dégrade l'histamine dans l'intestin. Une supplémentation en DAO peut aider les personnes ayant une faible activité de cette enzyme.
- Vitamine C : La vitamine C peut aider à dégrader l'histamine, aidant ainsi à réduire sa concentration dans le corps.
- Quercétine : La quercétine est un flavonoïde présent dans de nombreux fruits et légumes, qui semble inhiber la libération d'histamine par les mastocytes. Elle est d'ailleurs souvent utilisée en pharmacie pour lutter contre les allergies saisonnières.
- Probiotiques : Certaines souches probiotiques peuvent aider à dégrader l'histamine dans l'intestin, ce qui peut être bénéfique pour les personnes intolérantes.
- Vitamine B6 : La vitamine B6 joue un rôle dans la régulation des niveaux d'histamine et peut soutenir l'activité de la DAO.
- Graines de lin : Consommer régulièrement des graines de lin, riches en lignanes, peuvent également aider à réguler l'œstrogène.
- Lire les étiquettes : Lisez bien les étiquettes de vos aliments pour éviter au maximum les additifs et conservateurs. Attention aux régimes d'éviction qui peuvent entraîner des carences et s'avérer contre-productifs.
Traitements Médicaux
Lorsque le syndrome prémenstruel devient invalidant, un recours aux médicaments est possible. Par exemple, le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, par exemple) peuvent atténuer les symptômes douloureux.
L'usage d'hormones progestatives (afin de corriger le déséquilibre hormonal qui survient après l'ovulation) du 16e au 25e jour du cycle est controversé : elles semblent améliorer les symptômes chez certaines femmes, mais les aggravent chez d'autres.
À savoir ! Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont une classe d’antidépresseurs recommandés comme traitement de première intention dans la prise en charge des épisodes dépressifs caractérisés d’intensité modérés à sévères. En cas de non-réponse au traitement, le professionnel de santé peut prescrire un traitement hormonal.
SPM et Contraception Hormonale
Les contraceptifs peuvent influencer les symptômes du SPM, en les réduisant ou en les exacerbant selon les cas.
Il arrive que certaines pilules contraceptives provoquent des sensations pénibles au niveau des seins, voire des mastodynies.
SPM : Idées Reçues et Réalités
Le SPM est-il une "maladie imaginaire" ?
Autrefois qualifié de « maladie imaginaire » ou de simple « période difficile » à passer, le syndrome prémenstruel (SPM) est un trouble hormonal récurrent qui affecte de nombreuses femmes en âge de procréer.
Toutes les femmes ressentent-elles le SPM ?
Non, certaines femmes ne ressentent aucun symptôme, tandis que d'autres en souffrent chaque mois avec plus ou moins d'intensité.
Le SPM disparaît-il avec l'âge ?
Il tend à s'atténuer avec l'âge et disparaît à la ménopause, mais il peut aussi évoluer différemment selon les périodes de la vie.
Le SPM s'aggrave-t-il avec l'âge ?
Oui, le syndrome prémenstruel peut s’aggraver au cours de la trentaine et la quarantaine, surtout à l’approche de la ménopause. Les femmes qui trouvent que leur humeur est liée à leurs fluctuations hormonales y sont particulièrement sensibles, ce qui se produit à l’approche de la ménopause.
Envies de chocolat et SPM
Une étude de 2017 a constaté que près de 50 % des femmes américaines déclaraient avoir des envies de chocolat lorsqu’elles souffraient du syndrome prémenstruel. Cependant, peu de preuves physiologiques ont été révélées derrière ces envies : il s’agirait davantage d’un réconfort culturel.
Quand Consulter un Médecin ?
Si ces conseils simples concernant votre style de vie ne vous permettent pas de soulager vos symptômes de SPM, consultez votre médecin pour obtenir des conseils plus détaillés.
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