Revue par le Dr Marine Bravetti, Radiologue interventionnel, Mise à jour le 18/03/2025
Le syndrome de Cockett, également connu sous le nom de syndrome de May-Thurner, est une condition vasculaire rare qui peut présenter des défis particuliers pendant la grossesse. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de ce syndrome, en mettant l'accent sur les risques potentiels pendant la grossesse et les options de prise en charge disponibles.
Qu'est-ce que le Syndrome de Cockett ?
Le syndrome de Cockett est une anomalie structurelle où la veine iliaque primitive gauche, la principale veine du bassin, est comprimée entre l'artère iliaque primitive droite et les vertèbres lombaires. Cette compression a pour conséquence de ralentir la circulation sanguine dans la jambe gauche, augmentant ainsi le risque de formation de caillots sanguins, un phénomène connu sous le nom de thrombose veineuse profonde (TVP). Il est important de noter que ce syndrome est lié à une anatomie particulière plutôt qu'à une maladie en soi. Certaines personnes peuvent naître avec cette compression veineuse sans manifester de symptômes, tandis que d'autres développent des problèmes circulatoires en raison de cette obstruction partielle.
Le syndrome de Cockett peut également être responsable d'un syndrome de congestion pelvienne, causé par un reflux sanguin dans les veines pelviennes, entraînant leur dilatation et la formation de varices. Il est crucial de noter que le syndrome de Cockett est une maladie rare, et certains de ses symptômes, tels que la lourdeur de jambes et les douleurs, peuvent également être causés par d'autres pathologies veineuses. De plus, certaines complications associées au syndrome de Cockett, telles que les thromboses veineuses profondes ou l'embolie pulmonaire, peuvent avoir des conséquences potentiellement graves, voire mortelles.
Syndrome de Cockett et Grossesse
La grossesse peut aggraver le syndrome de Cockett. Les femmes en âge de procréer sont les plus touchées en raison des effets hormonaux sur la paroi vasculaire. La grossesse exacerbe la compression, car elle entraîne une augmentation du volume sanguin ainsi que des changements anatomiques. L’usage d’un contraceptif oral ou d’un traitement hormonal augmente aussi le risque de formation de caillots sanguins.
Lire aussi: Le syndrome de Moro : Comprendre et Agir
Symptômes du Syndrome de Cockett
Parfois asymptomatique, le syndrome de Cockett se manifeste généralement par un gonflement de la jambe gauche, accompagné d’une sensation de lourdeur ou de tension. Les personnes atteintes de cette affection peuvent aussi ressentir un inconfort de la jambe gauche, notamment lorsqu’elle reste longtemps en position assise ou debout. La jambe affectée peut également changer de couleur et devenir violacée ou rougeâtre. D'autres symptômes peuvent inclure:
- Lourdeur de jambes
- Douleurs
- Syndrome de congestion pelvienne (par reflux dans les veines pelviennes qui se dilatent et créent alors des varices)
Il est crucial de consulter un médecin si vous présentez ces symptômes, surtout si vous êtes enceinte ou envisagez de le devenir.
Diagnostic du Syndrome de Cockett
Le diagnostic du syndrome de Cockett repose sur un examen clinique approfondi et des examens d'imagerie. Le médecin prend en compte les antécédents médicaux du patient, notamment de thromboses veineuses profondes à répétition, qui confortent le diagnostic. Les examens complémentaires peuvent inclure :
- Échographie Doppler : Pour observer les artères et leur flux sanguin, et ainsi détecter une éventuelle maladie artérielle.
- Phlébographie : Imagerie de la veine iliaque en mettant un cathéter dans la veine fémorale. Examen invasif, réalisé en « intention de traiter » juste avant l’intervention de pose de stent veineux.
- Angioscanner ou angio-IRM : Permettent une bonne évaluation du syndrome compressif.
Traitement du Syndrome de Cockett
Le traitement du syndrome de Cockett dépend du tableau clinique du patient. Une prise en charge multidisciplinaire, par des spécialistes angiologues et radiologues interventionnels, est essentielle.
Mesures générales
Pour réduire les symptômes veineux, il est conseillé de :
Lire aussi: SPU chez le Nourrisson
- Porter des bas de contention.
- Pratiquer une activité physique régulière.
- Éviter la sédentarité.
- Perdre du poids en cas de surpoids ou d'obésité.
Traitement médical
- Anticoagulants : Prescription d’anticoagulants à doses fortes s'il y a eu un caillot, ou à doses préventives si des situations à risque existent (grossesse, immobilisation). Il faut rechercher un trouble de la coagulation et adapter le traitement en fonction.
- Veinotoniques: Les veinotoniques peuvent aider à soulager les symptômes, mais leurs effets persistent 3 à 4 mois après l’accouchement.
Traitement interventionnel
Si les symptômes sont invalidants, une consultation auprès d’un radiologue interventionnel est à prévoir, afin de discuter de la pose d’un stent endovasculaire (endoprothèse constituée d’un cylindre métallique extensible posée en passant par l’intérieur des vaisseaux).
- Stent endovasculaire : La pose d'un stent permet de maintenir la veine ouverte et de rétablir un flux sanguin normal. Il existe des risques post opératoire si je me fais poser un stent endovasculaire. Des traitements complémentaires sont à prévoir.
- Phlébographie avec embolisation : Coils (bouchons) ou de mousse déposés avec une sonde.
Prise en charge des varices vulvaires
Les varices vulvaires sont l'un des nombreux désagréments de la grossesse. Le plus souvent bénignes, elles disparaissent spontanément pendant le post-partum. Pour les soulager:
- Appliquer du froid: La fraîcheur est un anesthésiant naturel. Couper en deux puis placez-la au congélateur.
- Porter des vêtements amples et confortables: sous-vêtement.
- Pratiquer une activité physique douce: la marche, la piscine ou encore le yoga.
Risques Post-Opératoires et Traitements Complémentaires
Il est crucial de discuter avec le radiologue interventionnel vasculaire des risques potentiels associés à la pose d'un stent endovasculaire et des traitements complémentaires nécessaires. Le médecin prendra également en compte les antécédents médicaux du patient, notamment les thromboses veineuses profondes à répétition, pour confirmer le diagnostic.
Syndrome de Cockett : Facteurs de Risque et Prévention
Bien que le syndrome de Cockett résulte avant tout d’une anomalie structurelle, plusieurs facteurs de risques ont été mis en avant. Même si ce syndrome peut être diagnostiqué chez l’homme ou les personnes corpulentes, il touche davantage les femmes minces.
Facteurs de risque
- Sexe féminin : Les femmes sont plus susceptibles de développer le syndrome de Cockett, surtout parmi la tranche d’âge 30/50 ans.
- Minceur : La minceur est un facteur favorisant la compression en raison de la faible quantité de tissu adipeux, qui amortit la pression exercée par l’artère iliaque droite sur l’artère iliaque gauche.
- Grossesse : La grossesse exacerbe la compression, car elle entraîne une augmentation du volume sanguin ainsi que des changements anatomiques.
- Hormones : L’usage d’un contraceptif oral ou d’un traitement hormonal augmente aussi le risque de formation de caillots sanguins.
- Antécédents de TVP : Les antécédents de thromboses veineuses profondes à répétition confortent le diagnostic.
- Autres facteurs : Traumatismes et les interventions chirurgicales pelviennes qui modifient l’anatomie vasculaire, la sédentarité ou les périodes d’immobilisation prolongée.
Prévention
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir le syndrome de Cockett, certaines mesures peuvent aider à réduire le risque de complications :
Lire aussi: Causes, symptômes et traitements du Syndrome d'Angelman
- Activité physique régulière : La marche, la piscine ou encore le yoga.
- Bas de contention : contention sur prescription médicale comprimant fortement les membres inférieurs.
- éviter la sédentarité
- Perdre du poids en cas de surpoids ou d'obésité.
tags: #syndrome #de #cockett #et #grossesse #risques
