La grossesse est une période unique où les besoins nutritionnels augmentent pour soutenir à la fois la mère et le développement du bébé. Bien qu'une alimentation équilibrée soit la base, les compléments alimentaires peuvent jouer un rôle important pour combler les lacunes nutritionnelles. Cependant, il est essentiel de comprendre les recommandations françaises pour une utilisation sûre et efficace des compléments pendant la grossesse.
L'importance d'un avis médical
L'utilisation de compléments alimentaires à des fins thérapeutiques pendant la grossesse n'est pas anodine et peut être dangereuse dans certains cas, tant pour la mère que pour l'enfant à naître. Si la grossesse est un état naturel temporaire et non une maladie, elle peut néanmoins entraîner certains désagréments : nausées, constipation, maux de tête, jambes lourdes, etc. Afin d'éviter tout accident, il est indispensable de consulter un médecin avant de prendre un complément alimentaire, quel qu'il soit. En effet, les compléments alimentaires ne sont pas sans danger pour le fœtus. Les mêmes précautions s'imposent pendant l'allaitement. Le médecin prescrit, selon les cas, un médicament ou un complément alimentaire adapté.
Besoins nutritionnels accrus pendant la grossesse
Pendant la grossesse, les apports nutritionnels en vitamines, minéraux et oligo-éléments sont augmentés pour répondre de manière optimale aux besoins de la mère et du bébé. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) fournit un certain nombre de recommandations nutritionnelles pour les femmes enceintes. D'une part, elle indique que les besoins énergétiques des femmes enceintes et allaitantes augmentent respectivement de 70, 260 et 500 kcal/jour aux 1er, 2e et 3e trimestres. Elle informe également sur l'augmentation du risque d'anomalies congénitales du fœtus en cas de déficits en certains nutriments pendant la grossesse. D'un autre côté, l'ANSES met en garde après plusieurs cas recensés d'effets indésirables suite à un excès de vitamine D ou d'iode. Elle conseille donc aux femmes enceintes de bien identifier leurs besoins précis en nutriments pour éviter tout risque de surdosage, et de se faire suivre par un médecin avant de débuter toute prise de compléments alimentaires.
Pour répondre aux besoins nutritionnels de la mère et du bébé, l'alimentation pendant la grossesse doit être adaptée en conséquence pour fournir tous les nutriments nécessaires. Pour contribuer à atteindre les apports journaliers recommandés, un ou plusieurs compléments alimentaires peuvent être conseillés avant, pendant et après la grossesse. La prise de complément alimentaire avant le projet de grossesse peut être utile pour optimiser les chances de concevoir. Pendant la grossesse et après, la supplémentation contribue à limiter le risque de déficit et à assurer le développement optimal du bébé. Les femmes suivant des régimes alimentaires particuliers (végétarien, végétalien) veilleront à compenser certains apports par une supplémentation ciblée. La préparation nutritionnelle constitue une étape clé dès le projet de bébé. Les nutriments essentiels méritent une attention particulière trois mois avant la conception.
Compléments alimentaires recommandés
Acide folique (vitamine B9)
L'acide folique (vitamine B9) est sans doute la vitamine la plus importante à prendre pendant la grossesse. En effet, la vitamine B9 joue un rôle dans le processus de division cellulaire, contribue à la croissance des tissus maternels durant la grossesse, et augmente le statut maternel en folates. Or, un faible statut en folates chez la mère augmente le risque d'apparition d'anomalies du tube neural chez le fœtus en développement. Au niveau de la fécondité, l'acide folique trouve un intérêt chez les femmes, mais aussi chez les hommes. D'une part, elle contribue à normaliser les cycles menstruels et l'ovulation. Il est fortement recommandé de s'en faire prescrire sous forme de supplément médicamenteux. Cela dès le projet de grossesse pour être efficace. Cela permet de s'assurer que bébé en reçoit une quantité suffisante quand il forme ses organes. Ne pas hésiter à en parler au médecin ou à la sage-femme lors de la consultation de préparation à la grossesse.
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Vitamine D
La vitamine D favorise la fixation du calcium sur le squelette du fœtus. Dans certains cas, le médecin peut prescrire une supplémentation en vitamine D, soit sous forme de gouttes à prendre tous les jours, soit sous forme d'une dose unique prise au septième mois de la grossesse. Cependant, un excès de vitamine D présente un risque pour le fœtus. Pour cette raison, l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a affirmé qu'« il convient par prudence de déconseiller aux femmes enceintes ou désireuses de procréer la consommation de foie (quelle que soit l'espèce) ou de produits à base de foie », le foie étant un aliment très riche en vitamine D et A. La vitamine D aide notre corps à mieux absorber le calcium. Elle est essentiellement fabriquée par notre organisme sous l'action des rayons du soleil sur la peau. On en trouve aussi dans l'alimentation. l'accouchement est prévu en été ou en automne. on mange du poisson 2 fois par semaine, dont 1 poisson gras (ex. Sur avis du médecin, une supplémentation en vitamine D peut être recommandée lors de la grossesse pour contribuer à atteindre les apports journaliers. Attention en revanche au risque de surdosage !
Calcium
Associé à la vitamine D, le calcium se fixe sur les os et contribue à construire un squelette solide pour le bébé. Dans l'alimentation, vous pouvez les consommer dans les produits laitiers (sauf ceux à base de lait cru). Lorsqu'il va manquer de vitamine D, votre bébé va puiser dans vos propres réserves, ce qui peut mener à une fragilisation osseuse. Si vous souhaitez bénéficier d'un apport en calcium pour compléter votre alimentation, demandez conseil à un professionnel de santé. Tous les produits laitiers contiennent du calcium. Pendant la grossesse et l'allaitement, il est conseillé de consommer trois produits laitiers par jour. Le mieux est de varier entre fromages (comme l'emmental ou le comté), lait, yaourts, fromage blanc… Pour ces derniers, les choisir et les consommer plutôt natures pour éviter les sucres et les additifs inutiles. Les eaux minérales riches en calcium peuvent être intéressantes quand on prend peu de produits laitiers. Le calcium participe à la bonne croissance et à la solidité des os et des dents.
Fer
Les besoins en fer s'accroissent fortement pendant la grossesse. Un apport suffisant en fer permet d'assurer le transport de l'oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Les besoins sont particulièrement importants pendant les deuxième et troisième trimestres. En France, il est fréquent qu'une femme ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Pour cette raison, le médecin effectue systématiquement un dosage du fer dans le sang lors des premières semaines. Comme le calcium, les besoins en fer augmentent aussi pendant la grossesse, surtout aux deuxième et troisième trimestres. Le fer joue plusieurs rôles importants pour la mère et le bébé, assurant notamment le transport de l'oxygène dans le sang. Présent dans de nombreux produits alimentaires comme la viande et les légumes verts, le fer est l'un des nutriments qui possèdent le plus grand risque de déficit chez les femmes. Une complémentation peut donc être suggérée par le médecin dans certains cas. En suivant les recommandations alimentaires, nous devons normalement avoir la quantité de fer dont nous avons besoin pendant la grossesse. Certaines femmes ont plus de risque de manque de fer. Par exemple en cas de grossesses rapprochées. Toujours faire le point avec le médecin ou la sage-femme à ce sujet. Prendre du fer en le décidant seule, que ce soit sous forme de compléments alimentaires ou d'aliments enrichis, est inutile. Un conseil : évitez de boire du thé pendant les repas ou trop proche d'un repas car cela limite l'assimilation du fer apporté par les végétaux.
Iode
Une étude a montré qu'en région parisienne, un tiers des femmes enceintes avait une alimentation trop pauvre en iode et que certaines d'entre elles étaient en état de carence avérée. La consommation de sel iodé et de produits de la mer bien cuits (crustacés, moules, poissons de mer…) est indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde pendant la grossesse et au développement du cerveau de l'enfant. Indispensable au fonctionnement de la glande thyroïde pendant la grossesse et au développement optimal du cerveau du bébé, l'iode se retrouve principalement dans les produits de la mer comme les crustacés et les poissons de mer. Les besoins en iode chez la femme enceinte s'élèvent à 200 - 250 μg par jour, contre 150 μg en temps normal chez les adultes de 18 ans et plus. Enceinte, on a besoin de plus d’iode. Une alimentation équilibrée permet normalement d’avoir la quantité nécessaire. Certaines algues contiennent une quantité trop importante d’iode.
Oméga-3
Acides gras essentiels apportés par l'alimentation, les oméga-3 sont indispensables au fonctionnement normal du système nerveux et au développement de l'embryon. La prise d'acide docosahexaénoïque (DHA) par la femme enceinte contribue également au développement normal des yeux et du cerveau du fœtus mais aussi de l'enfant lors de l'allaitement lorsque la supplémentation s'élève au minimum à 200 mg par jour.
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Ingrédients à surveiller
Certains ingrédients courants des compléments alimentaires peuvent poser des problèmes.
- Caféine : les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent limiter leur consommation de caféine car celle-ci passe dans le sang du fœtus et dans le lait. De plus, la caféine augmente l'élimination du calcium et du magnésium dans les urines. Une consommation supérieure à l'équivalent de trois tasses à café par jour a été associée à une augmentation de la fréquence des fausses couches et de la naissance de bébés de faible poids.
- Produits dérivés du soja : contiennent des phyto-estrogènes (isoflavones), substances similaires aux hormones féminines.
- Phytostérols et phytostanols : des substances destinés à prévenir l'excès de cholestérol sanguin et présentes dans certaines margarines, ont la propriété de diminuer l'absorption de la vitamine A par l'intestin.
- Excès de vitamines : sont à proscrire pendant la grossesse. En particulier, l'excès de vitamine A ou de carotènes est parfois associé avec des malformations du fœtus. Ils apportent beaucoup de fer, mais ont aussi une teneur élevée en vitamine A. Or, des doses très élevées de vitamine A peuvent présenter des risques de malformation pour le fœtus. Par précaution, il est donc recommandé aux femmes enceintes d’éviter de manger du foie et des produits qui en contiennent (comme le pâté de foie, par exemple ou encore le foie gras). Mais ne vous affolez pas non plus si vous en avez consommé ! Certains produits du commerce, yaourts, boissons lactées, margarines, etc. indiquent permettre de « réduire le » grâce à leur teneur en phytostérols. Les phytostérols sont des composés naturels présents dans les plantes. Ils ont pour propriété de réduire le niveau de cholestérol sanguin. Cependant, ils sont déconseillés pendant la grossesse et l’allaitement car ils peuvent diminuer la concentration de bêta-carotène dans le lait maternel et le sang des nourrissons.
Compléments alimentaires spécifiques pour les désagréments de la grossesse
- Nausées : Très fréquentes les premiers mois, les nausées font partie des désagréments les plus souvent ressentis pendant la grossesse. Elles peuvent provoquer au quotidien de la fatigue et des vomissements et altérer la qualité de vie. Prendre un complément alimentaire digestion adapté peut contribuer à calmer l’inconfort et à limiter les nausées pendant la grossesse. Pour cela, la phytothérapie peut vous aider. L’Organisation Mondiale de la Santé ainsi que la Haute Autorité de Santé ont en effet admis l’utilité du gingembre pour contribuer à atténuer les nausées ressenties par les femmes enceintes.
- Digestion : La digestion est souvent perturbée pendant la grossesse dès le premier trimestre à cause des variations hormonales. Remontées acides ou encore transit ralenti, nombreuses sont les femmes enceintes à ressentir ces désagréments ! Pour limiter les risques de ralentissement du transit, on conseille aux femmes enceintes de consommer régulièrement des aliments riches en fibres pour aider à rééquilibrer le transit intestinal. Misez donc sur les céréales complètes et veillez à avoir une bonne hydratation tout au long de la journée.
Mises en garde et nutrivigilance
Dans le cadre du dispositif national de nutrivigilance, cinq cas d’hypercalcémie néonatale et deux cas d’hypothyroïdie congénitale suffisamment documentés, susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires destinés aux femmes enceintes, ont été portés à la connaissance de l’Anses. Ces signalements d’effets indésirables ont conduit l’Agence à évaluer les risques endocriniens et métaboliques relatifs à l’apport de vitamine D et d’iode par des compléments alimentaires destinés aux femmes enceintes.
- Hypercalcémie néonatale et vitamine D : L’analyse des signalements reçus montre que les doses de vitamine D apportées par les compléments alimentaires « grossesse », à elles seules, ne sont pas susceptibles d’entraîner une hypercalcémie chez une femme enceinte ou un fœtus sain. Néanmoins, une hypersensibilité génétique à la vitamine D peut entraîner une hypercalcémie. Dans les cas signalés au dispositif de nutrivigilance, la recherche d’une mutation du gène prédisposant à l’hypersensibilité à la vitamine D, peu fréquemment effectuée actuellement, aurait donc pu permettre de confirmer l’origine des hypercalcémies observées.
- Hypothyroïdie congénitale et iode : Un statut en iode adéquat est nécessaire au développement neurologique et comportemental normal du nouveau-né.
Recommandations supplémentaires
- Les compléments alimentaires peuvent contenir des ou d’autres dont la consommation en quantité élevée est contre-indiquée pendant la grossesse. N’en consommez pas en le décidant vous-même, même si certains produits en vente libre ou sur internet vous paraissent séduisants.
- Les produits alimentaires enrichis en certains nutriments, spécifiquement destinés aux femmes enceintes ou qui allaitent, n’ont pas non plus d’intérêt si vous avez une alimentation variée.
- Consultez l'article "L’acide folique (ou vitamine B9), le bon réflexe pour bien préparer sa grossesse"
- Seuls les produits animaux contiennent de la vitamine B12. Puisque vous n’en mangez pas, vous risquez une carence en vitamine B12 pouvant conduire à une anémie.
- Parlez à votre médecin ou sage-femme de votre alimentation car il est possible qu’elle ne couvre pas tous vos besoins nutritionnels.
- Même en diversifiant votre alimentation, il est très important, en lien avec votre professionnel de santé, de prendre un supplément en vitamine B12.
- Certaines situations peuvent causer un risque de carence en fer mais c’est à votre médecin ou votre sage-femme de l’évaluer.
Lire aussi: Supplémentation en fer en pédiatrie : un guide détaillé
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