Les vitamines et les minéraux jouent un rôle crucial dans la croissance et le développement des nourrissons. Cependant, il est important de noter qu'une alimentation équilibrée et variée suffit généralement à répondre aux besoins nutritionnels d'un enfant en bonne santé. Dans la plupart des cas, les vitamines et les minéraux nécessaires sont fournis par le lait maternel ou les préparations pour nourrissons, puis par les fruits, les légumes, la viande, le poisson et les céréales introduits lors de la diversification alimentaire.
Il est essentiel de privilégier une alimentation diversifiée et équilibrée pour assurer un apport vitaminique adéquat. Cependant, des carences en fer, en vitamines D et K et en fluor peuvent parfois être observées chez les enfants, et certaines font l'objet d'une prévention systématique. Il est important de souligner que l'automédication avec des compléments alimentaires est fortement déconseillée chez les enfants, car une supplémentation incontrôlée et des surdosages en vitamines peuvent entraîner des problèmes de santé graves. Par exemple, un surdosage de fluor peut provoquer des troubles osseux et des taches brunes permanentes sur les dents.
Importance de la vitamine D
La vitamine D est essentielle à l'absorption du calcium par l'intestin, à sa fixation sur les os et au métabolisme du phosphore. Bien que le lait maternel et les préparations industrielles contiennent de la vitamine D, une supplémentation orale peut être nécessaire pour garantir un apport suffisant et prévenir le rachitisme (carence en vitamine D).
Les recommandations françaises de supplémentation en vitamine D ont été révisées en 2022 en raison d'une recrudescence des carences en vitamine D en France et dans le monde. Cette situation est liée aux modes de vie modernes, qui impliquent une exposition réduite au soleil, et touche tous les pays et tous les âges, avec un risque plus élevé chez les enfants et les adolescents en raison de leurs besoins accrus en calcium pour leur croissance.
Des études ont montré que 50 % des enfants américains âgés de 1 à 5 ans et 70 % des enfants âgés de 6 à 11 ans présentent un déficit ou une insuffisance en vitamine D. En France, une étude a révélé que 34 % des enfants âgés de 6 à 10 ans présentent un déficit ou une insuffisance en vitamine D. Parallèlement, l'incidence du rachitisme augmente en Europe et en Amérique du Nord, avec environ 3 cas pour 100 000 enfants chaque année.
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Rôle de la vitamine K
La vitamine K joue un rôle essentiel dans la coagulation sanguine. Tous les nouveau-nés reçoivent une supplémentation en vitamine K les premier et septième jours de leur vie pour prévenir les risques hémorragiques liés à un déficit en vitamine K. Pour tenir compte de la faible teneur en vitamine K du lait maternel, une supplémentation de 2 mg par voie orale est indiquée à 1 mois de vie en cas d'allaitement exclusif chez le nouveau-né à terme.
Besoins en fer
Un jeune enfant en pleine croissance a des besoins en fer particulièrement importants. Le fer est essentiel à la synthèse de l'hémoglobine et au développement du système nerveux central. Le meilleur moyen de prévenir une carence en fer est l'allaitement maternel, suivi de la prise de 500 ml de préparation lactée enrichie en fer au moins jusqu'à l'âge de trois ans.
L'absorption intestinale du fer est faible, quel que soit l'âge, ce qui explique pourquoi les apports nutritionnels conseillés (ANC) atteignent 6 à 10 mg par jour jusqu'à l'âge de 10 ans, puis 13 à 16 mg par jour au-delà pour couvrir des besoins de 1 à 2 mg par jour de fer absorbé. Le fer héminique (viande, poisson, abats) est mieux absorbé que le fer non héminique (lait, végétaux, œuf) : 20 à 30 % contre 2 à 5 %. La teneur en fer du lait de vache est très faible, ce qui le rend inadapté à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Dans les laits infantiles (1er âge, 2e âge et lait de croissance), la présence de sels ferreux et de vitamine C améliore l'absorption du fer, qui atteint 10 à 20 %.
Autres nutriments importants
Outre les vitamines D et K et le fer, d'autres nutriments sont essentiels au développement du nourrisson :
- Calcium : Essentiel à la formation et à la solidité des os. Le lait maternel ou les préparations pour nourrissons, dans les quantités recommandées, couvrent bien les besoins du nourrisson. Pour une bonne utilisation du calcium alimentaire, un apport en vitamine D est nécessaire.
- Acides gras essentiels (AGE) : Nécessaires au développement cérébral et à la maturation des fonctions sensorielles. Les AGE ne peuvent pas être synthétisés par les humains et doivent être apportés par l'alimentation, notamment par les huiles végétales. Les AGE sont l'acide linoléique (oméga 6) et l'acide α-linolénique (oméga 3). Leur carence se manifeste principalement par des anomalies du développement psychomoteur.
- Glucides : Ils ont essentiellement un rôle d'apport calorique.
- Protéines : Les apports nutritionnels conseillés (ANC) en protéines sont de l’ordre de 10 g par jour jusqu’à l’âge de 2 ans, puis d’environ 1 g/kg par jour. Il s’agit des apports minimaux à assurer pour couvrir les besoins en protéines et non d’une valeur maximale à ne pas dépasser.
Recommandations générales
- Privilégier l'allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie, conformément aux recommandations de l'OMS.
- En l'absence d'allaitement ou en complément de celui-ci, utiliser des préparations lactées adaptées au nourrisson. Le lait de vache est totalement inadapté à cet âge.
- Introduire la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois, en commençant par des aliments mixés (lisses) de 4 à 8 mois, puis moulinés (moins lisses) de 8 à 10 mois, et enfin des petits morceaux de tailles et de duretés progressivement croissantes à partir de 10 mois.
- Ne pas débuter la diversification avant l’âge de 4 mois ni après 6 mois.
- Assurer un apport suffisant en vitamine D, en suivant les recommandations du médecin.
- Veiller à ce que l'enfant consomme au moins 500 ml de lait par jour sous forme de préparations de suite (ou laits 2e âge), de laits de croissance ou, au-delà de un an, de lait entier.
- Éviter l'automédication avec des compléments alimentaires.
- Consulter un professionnel de santé pour toute question relative à l'alimentation et à la supplémentation de l'enfant.
Supplémentation en vitamine A
Avant l’âge de 3 ans, selon l’étude Nutri-bébé (2013), les apports totaux en vitamine A (vitamine A préformée d’abord, β-carotène avec la diversification) dépassent les recommandations. Majorés par des suppléments, ils dépassent même la limite de sécurité avant 12 mois. Le CNSFP se réjouit de la nouvelle réglementation européenne de 2015 (applicable en 2020) abaissant de 180 à 114 µg/100 kcal la teneur maximale autorisée en vitamine A des préparations pour nourrissons et de suite. Il recommande la réduction de la teneur en vitamine A des céréales et aliments pour les jeunes enfants.
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