L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une étape de vie significative pour une femme, et un accompagnement adéquat est primordial. Cet article explore en profondeur les aspects psychologiques liés à l'IVG, les idées reçues, l'importance du suivi, et les ressources disponibles pour les femmes concernées.
L'Importance d'un Accompagnement de Qualité Durant le Parcours IVG
Un bon accompagnement dans une démarche d’IVG est très important. La loi prévoit deux consultations préalables à l’IVG.
Les Consultations Préalables : Un Cadre Législatif et un Soutien Essentiel
La première consultation préalable à l’IVG permet d’entendre la demande de la femme et de lui apporter toutes les informations nécessaires pour un choix éclairé.
La consultation psycho-sociale, souvent appelée entretien, est facultative pour les femmes majeures (mais elle doit être systématiquement proposée) et obligatoire pour les femmes mineures. Elle peut être un élément central de l’accompagnement pour la femme. Elle permet de disposer gratuitement d’une écoute et de conseils adaptés à chaque situation. C’est un véritable entretien d’accompagnement IVG où la femme pourra dire ce qu’elle ressent et parler de ses difficultés quelles que soient leur nature. C’est aussi un temps de prévention où des situations de risques pourront être évaluées (comme des violences éventuelles).
La deuxième consultation préalable à l’IVG est le moment de confirmer la demande d’IVG au médecin ou à la sage-femme.
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Concernant l’accompagnement de l’IVG, la jeune femme mineure doit être accompagnée d’une personne majeure : un parent qui signera un consentement, ou une personne majeure de son choix. Si elle ne souhaite pas informer ses parents, elle doit être accompagnée par la personne majeure de son choix. Que ce soit à l’hôpital ou à la maison, l’accompagnement de l’IVG est important.
Les Suites de l'IVG : Aspects Médicaux et Psychologiques
Après une IVG, plusieurs questions se posent concernant le suivi médical, les potentielles conséquences psychologiques, et le choix de la contraception.
Suivi Médical Post-IVG : Examens et Prise en Charge
Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.
Conséquences Psychologiques : Démêler le Vrai du Faux
Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post-avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. À plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
Fertilité Après IVG : Dissiper les Craintes
Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle, mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc.). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.
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Saignements, Symptômes et Retour des Règles
Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines. Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné. Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule œstro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.
Reprise des Rapports Sexuels et Contraception
Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé, il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons, il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse, il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).
Contraception Post-IVG : Un Choix Essentiel
Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Quand Débuter la Contraception ?
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- Le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale.
- Le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
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Remboursement de la Contraception
Sont remboursables par l'Assurance maladie :
- Certaines pilules contraceptives.
- Les implants contraceptifs hormonaux.
- Les progestatifs injectables.
- Les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets.
- Les diaphragmes.
- Certaines marques de préservatifs externes (masculins).
Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret. Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles. Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
Études et Réalités : L'IVG et la Santé Mentale
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet sensible, souvent passionnel. De nombreuses femmes rapportent des souffrances psychologiques après une IVG, parfois accompagnées de troubles graves comme la dépression, l’anxiété ou des idées suicidaires. Cependant, prouver que l’IVG est la cause directe de ces troubles est scientifiquement difficile. La science ne peut pas toujours isoler une cause unique dans des contextes de vie complexes. Cela ne signifie pas que ces souffrances doivent être ignorées.
Analyse des Études Scientifiques
Face à un nombre croissant d’appels à l’aide de femmes après un avortement, des organismes d’écoute ont sollicité une analyse rigoureuse de la littérature scientifique. Le laboratoire du Pr René Ecochard a examiné 184 articles, dont 78 ont été analysés en détail. En utilisant les mots-clés « induced abortion psychological », 2043 publications ont été recensées, dont plus de 180 traitent des troubles psychologiques post-IVG.
Rapport de l’American Psychological Association (APA, 2006)
Ce groupe de travail conclut qu’il n’existe pas de preuve formelle que l’IVG cause directement les troubles psychologiques. Établir une causalité directe entre IVG et troubles psychologiques nécessiterait un essai randomisé, ce qui est éthiquement et pratiquement impossible. L’APA souligne que des facteurs préexistants (pauvreté, violence, consommation de drogues) compliquent l’analyse. Ne pas prouver la causalité ne signifie pas nier les troubles.
Le Silence Autour de l'IVG : Un Obstacle à l'Accompagnement
La société fait face à un silence pesant autour de l’IVG, qui nuit à l’accompagnement des femmes, des couples et des familles. Le corps médical doit protéger à la fois la mère, le père et l’enfant, en particulier dans ces moments de vulnérabilité. Les témoignages de femmes et les données scientifiques convergent : les troubles psychologiques post-IVG sont fréquents et graves. Face aux grossesses non désirées, il est urgent de proposer un accompagnement plus humain et transparent. En cas d’IVG, un suivi psychologique adapté est essentiel pour aider les femmes à surmonter ce qui peut être un drame majeur.
Accompagnement Psychologique : Un Droit Inégalement Respecté
Le Figaro Madame évoque l’accompagnement psychologique, inégal et parfois inexistant, des femmes qui ont recours à l’avortement en France. L’entretien obligatoire avec un psychologue avant et après un avortement a été supprimé par la loi du 4 juillet 2001, excepté pour les mineures.
Témoignages et Réalités du Terrain
Marie, une jeune femme de 30 ans, se souvient de la façon dont elle a été reçue lorsqu’elle s’est rendue dans un hôpital de la région parisienne pour avorter. Saisie d’une crise d’angoisse, le psychiatre qui la reçoit lui donne un anxiolytique sans évoquer avec elle cette grossesse vécue comme un problème et l’oriente vers un centre de planning familial. Marjorie Agen, fondatrice de l’Association nationale des sages-femmes orthogénistes (ANSFO), s’insurge contre l’hétérogénéité de la prise en charge des femmes et milite pour que les sages-femmes soient autorisées à pratiquer des IVG médicamenteuses. "Cela élargirait la palette de professionnels à la disposition des femmes", fait-elle valoir.
Pour ou Contre le Suivi Psychologique Obligatoire ?
Faudrait-il "rendre à nouveau obligatoire le suivi psychologique des femmes qui avortent ?" interroge le Figaro Madame. Le Mouvement français pour le planning familial s’y dit opposé. La psychanalyste Sophie Marinopoulos déplore cette mise à l’écart du vécu des femmes : "cela montre bien que l’on ne sait plus tenir la main. On achète des stéthoscopes dernier cri, mais on n’embauche pas de psys. En n’examinant pas les causes, on fabrique de la répétition". Les femmes finiront par provoquer un changement, estime-t-elle : "ce sont elles qui diront : ‘on en a ras le bol de votre modernité ! Tenez compte de nos émotions’ ".
Parallèle avec l'Arrêt Naturel de Grossesse (Fausse Couche)
L’arrêt naturel de grossesse, souvent appelé fausse couche, se déroule la plupart du temps pendant le premier trimestre de grossesse. Quel que soit le stade auquel il intervient, on parle de deuil périnatal. Plus la grossesse s’arrête précocement, plus le couple peut se sentir seul : parfois, les proches n’étaient pas encore au courant de cette grossesse et ne peuvent donc pas manifester de soutien aux parents endeuillés. Mais même lorsqu’il est au courant, l’entourage peut se montrer maladroit ou ne pas évaluer à sa juste mesure la peine ressentie par le couple concerné : l’enfant ne vivait pas encore dans le monde extérieur, relationnel, mais pourtant il était déjà bien vivant et présent dans l’esprit de ses parents. Ce sont des projections et tout un futur imaginé qui prennent fin abruptement. Il est fréquent que les membres du couple ne réagissent pas de la même manière ou suivant la même temporalité. Des accompagnements psychologiques sont disponibles en couple, en individuel ou en groupe.
Répercussions Psychiques Suite à une IVG : Un Soutien Essentiel
Beaucoup de raisons peuvent conduire à choisir une IVG et ces raisons appartiennent à la femme. Même lorsqu’une décision est mesurée, réfléchie et raisonnable, les répercussions psychologiques peuvent parfois être difficiles à vivre. Ce qui est vécu comme un soulagement nécessaire dans l’immédiat peut aussi se transformer en émotions douloureuses dans l’après-coup. Subir une IVG ou interruption volontaire de grossesse peut avoir des conséquences très importantes pour la femme. Or, c'est souvent à elle seule qu'il revient de prendre cette décision. Il est important que cela concerne le couple, car cela peut entraîner des problèmes conjugaux.
Cela peut entraîner des conséquences psychologiques telles que culpabilité, questionnement éthique, souffrance psychologique, mais surtout solitude dans cet acte médical. Il serait peut-être en effet souhaitable que le père de l'enfant accompagne la femme dans cette démarche d'IVG. Etre en couple pour la soutenir, pour permettre une présence tierce face à un corps médical et des propos parfois très jugeants et enfin parce que lui aussi se sépare d'un enfant. Si cela n'est pas possible de s'y rendre en couple, on peut se faire accompagner par une proche ou un proche.
Un accompagnement par une psychologue permet d’aider la femme ou le couple dans le cadre d’un soutien au choix d'effectuer ou pas l'IVG, mais aussi par la suite de tenter de réduire ses conséquences psychologiques et les craintes de ne plus pouvoir concevoir. Vous pouvez être assuré.e du professionnalisme de la psychologue.
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