L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle complexe, entourée de nombreuses questions et préoccupations. Cet article vise à fournir une information complète et factuelle sur l'IVG, couvrant les aspects médicaux, psychologiques et contraceptifs, afin de vous aider à prendre des décisions éclairées et à mieux comprendre ce processus.

Comprendre l'IVG

En France, l'IVG est légale jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Elle peut être réalisée de deux manières : médicamenteuse ou chirurgicale. L'IVG est autorisée en France et chaque femme, majeure ou mineure, peut décider seule d’interrompre ou pas sa grossesse (article L.2212-1 du Code de la santé publique).

IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) et peut être réalisée à domicile sous la supervision d'un médecin ou d'une sage-femme. Elle consiste en la prise de deux médicaments :

  1. Mifépristone: Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. Il fait croire au corps que vous n’êtes plus enceinte. Ce premier comprimé va déclencher l’IVG, mais pas la conclure.
  2. Misoprostol: Pris 24 à 48 heures après la mifépristone, ce médicament provoque des contractions utérines pour expulser l'embryon. Il faut reprendre ces mêmes comprimés pour terminer l’intervention et expulser l’embryon. Sans contre-avis médical, et à moins de 9 à 10 semaines de grossesse, vous pouvez reprendre ces comprimés de chez vous, dans votre vagin ou sous votre langue.

L’embryon n’est pas plus grand que 7 mm et ressemble plus à une petite graine de pomme gélatineuse qu’à un bébé. Cependant, lorsque le saignement a lieu il est théoriquement possible d’apercevoir l’embryon. En pratique, l’embryon, tout petit, se trouve mélangé à des caillots de sang, de la muqueuse utérine (comme lors des menstruations) et d’un tissu appelé “trophoblaste”, ébauche du futur placenta.

IVG Chirurgicale

L'IVG chirurgicale est réalisée dans un hôpital ou une clinique spécialisée, sous anesthésie locale ou générale. Elle consiste en une aspiration de l’œuf présent dans l’utérus à l’aide d’un petit aspirateur et parfois d’une curette. Pas systématique, elle sert à vérifier qu’il ne reste plus rien dans la cavité utérine.

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Pour en favoriser la dilatation du col utérin, c’est à dire l’ouverture permettant d’accéder à l’utérus, des comprimés à insérer dans le vagin sont fournis. De plus, une anesthésie locale du col est réalisée avant de commencer l’aspiration. L’intervention n’est pas très longue, une vingtaine de minutes au total.

Le Processus de l'IVG

Le processus d'IVG en France implique plusieurs étapes importantes :

  1. Première consultation: Entretien avec un médecin ou une sage-femme pour obtenir des informations complètes, un entretien psycho-social et un certificat de demande d'IVG. Il est nécessaire de s’entretenir avec un médecin ou une sage-femme de votre choix, afin de recevoir toutes les informations nécessaires, vous proposer un entretien psycho-socia et recevoir un certificat attestant de votre demande.
  2. Délai de réflexion: Un délai de réflexion de minimum 8 jours est obligatoire entre la première consultation et la confirmation de la demande d'IVG. Ce certificat n’est évidemment pas engageant, vous pouvez changer d’avis jusqu’au dernier moment. Il est là pour prouver que vous avez eu les informations nécessaires, et obliger la patiente à observer un délai de réflexion minimum de 8 jours.
  3. Deuxième consultation: Confirmation écrite de la demande d'IVG, examen gynécologique et échographie pour dater la grossesse. Lors de la deuxième consultation, vous confirmez votre demande d’avortement par écrit au soignant qui pratiquera un examen gynécologique et une échographie afin de localiser l’embryon et dater précisément la date de début de grossesse.
  4. Réalisation de l'IVG: Selon la méthode choisie (médicamenteuse ou chirurgicale).
  5. Visite de contrôle: Environ 3 semaines après l'IVG, pour vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications. Un troisième rendez-vous est réalisé environ 3 semaines après l’IVG, avec dosage des bêtaHCG (vulgairement appelé « hormone de grossesse »). Il est primordial de ne pas oublier ce rendez-vous, qui permettra de confirmer que tout va bien et que l’ensemble de la grossesse a bien été évacuée.

Spécificités pour les mineures:

  • Les mineures doivent obligatoirement être accompagnées de leur représentant légal ou d’une personne majeure de leur choix.
  • Il n’est pas obligatoire d’avoir le consentement de ses parents pour procéder à l’IVG.
  • L’entretien psycho-social est obligatoire pour les personnes mineures.

Suites de l'IVG: Aspects Physiques

Après une IVG, il est normal de ressentir certains désagréments physiques.

Saignements et Douleurs

Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines. Il est conseillé de prendre des cachets pour supporter la douleur. Elle peut être comparées à des douleurs de règles, en plus intenses. Mais en plus de la douleur il y a les saignements. D’apparence rouge et grumeleux, le sang peut être assez abondant pendant quelques heures.

Autres Désagréments Possibles

  • Désagréments hormonaux
  • Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental)
  • Tension mammaire et/ou engorgement (lait)

Quand consulter un médecin ?

Il est important de consulter un médecin en cas de :

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  • Fortes douleurs
  • Fièvre supérieure à 38.5°C
  • Saignements abondants

Reprise des Menstruations

Après une IVG les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée.

Suites de l'IVG: Aspects Psychologiques

Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG.

Soutien Psychologique

Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

L'Ombre Inconsciente et le Rebirth Intra-Utérin

Naître après qu'une mère ait subi un avortement peut avoir un impact profond et souvent méconnu sur l'enfant qui suit. Bien qu'invisible et non verbalisé, ce contexte particulier peut imprégner l'inconscient de l'enfant de sentiments de vulnérabilité et de peurs liées à la survie et à la sécurité.

Les individus nés dans ces circonstances peuvent porter en eux un sentiment d'insécurité existentielle, se traduisant par une peur persistante d'être en danger. Face à ces défis complexes, Valérie Grumelin, psychanalyste spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, suggère son approche thérapeutique novatrice : le Rebirth intra-utérin ou Orius. Sa méthode vise à replacer l'individu dans le contexte de sa gestation, lui offrant l'opportunité de revivre sa naissance mais cette fois-ci, dans un cadre déconditionné et exempt de traumas, tout en intégrant les éléments positifs de son existence actuelle.

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Contraception Après une IVG

Attention : La possibilité d’une nouvelle grossesse existe immédiatement après une IVG. Aussi est-il nécessaire d’utiliser un moyen contraceptif juste après l’intervention.

Mise en Place de la Contraception

La contraception est mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de contrôle pour une IVG médicamenteuse.

Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant) peut être débutée :

  • le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ;
  • le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.

Les préservatifs masculins peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Contraception d'Urgence

La contraception d’urgence réduit le risque de grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé (absence de contraception, oubli de pilule, rupture de préservatif…). Son utilisation doit rester occasionnelle ; elle ne peut remplacer une contraception régulière. L’efficacité de la contraception d’urgence est maximale si elle est prise dans les quelques heures qui suivent le rapport, et au plus tard dans les 5 jours.

Quelle Contraception Choisir ?

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier.

Remboursement de la Contraception

Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, certains contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais.

Idées Reçues et Réalités sur l'IVG

Il est important de dissiper certaines idées fausses concernant l'IVG.

  • L'IVG et la stérilité: Le risque d’infertilité n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées.
  • L'IVG et les troubles psychologiques: De nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques.

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