Introduction

La découverte du monde microscopique a révolutionné notre compréhension de la biologie. Parmi les structures les plus fascinantes à observer se trouvent les spermatozoïdes, ces cellules reproductrices mâles essentielles à la fécondation. L'observation des spermatozoïdes au microscope, en particulier au microscope électronique, offre une fenêtre unique sur leur structure complexe et leur fonctionnement. Cet article explore l'histoire de cette découverte, les différentes techniques d'observation microscopique et les avancées qu'elles ont permises dans notre connaissance de la reproduction.

L'Aube de la Microscopie : De Leeuwenhoek à Hooke

Il y a moins de trois siècles, l'homme a découvert l'existence des spermatozoïdes et celle des globules rouges du sang grâce au microscope. Antoine van Leeuwenhoek, un Hollandais dont on a célébré le 250e anniversaire de la mort en 1723, fut le pionnier de cette découverte. Cinquante ans auparavant, il avait présenté sa première communication sur l'observation au microscope à la Royal Society de Londres. Leeuwenhoek, le plus remarquable observateur de son temps, est le plus célèbre des "microscopistes primaires", ces savants qui, après Galilée et l'essor soudain des instruments d'optique mis au point pour explorer le ciel, eurent l'idée d'utiliser ces techniques pour explorer l'infiniment petit.

Après Galilée - qui, dit-on, offrit en 1612 un microscope au roi de Pologne Sigismond - mais avant Leeuwenhoek, certains s'étaient lancés dès 1614-1618 dans l'aventure de l'infiniment petit. On cite, par exemple, le chanoine de Sarlat, Jean du Pont-de-Tarde, qui, en 1615, avec un microscope dont le "canon aurait eu deux ou trois brasses de longueur", aurait vu des "mouches qui paraissaient grandes comme un agneau, couvertes de poils, et aux ongles fort pointus".

C'est après 1660 que la microscopie commence réellement à être utilisée pour l'exploration biologique, avec l'Anglais Robert Hooke. Dans son ouvrage "Micrographia", il présente cinquante-sept observations faites avec un microscope composé, de sa fabrication, et trois faites… à l'aide d'une lunette astronomique. Il observera des cellules végétales, de liège notamment, que son compatriote Nehemiah Grew découvrira, dans les tiges et les racines, des cellules qui apparaissent pleines d'un "fluide visqueux". En même temps, Marcello Malpighi, en Italie, distingue dans les cellules des "utricules" et des "saccules", observe la peau, y découvre les célèbres corpuscules qui lui doivent leur nom, et, le premier, voit le sang circuler dans les capillaires.

En 1665, Robert Hooke (1635-1703), scientifique anglais, observe pour la première fois au microscope optique qu’il a mis au point, un tissu d’un être vivant, celui du liège. Il y observe des petites chambres régulières qu’il appelle alors « cellules » du latin « cellula » qui veut dire « petite chambre ». Le fonctionnement du microscope de Hooke était simple : il a assemblé deux lentilles convexes, un oculaire et un objectif, permettant ainsi de grossir les objets jusqu’à 30 fois. Les lentilles de l’époque présentaient des défauts optiques ce qui nuisait à la qualité de l’image. La lumière nécessaire au fonctionnement du microscope était fournie par une lampe à huile dont les rayons concentrés par un ballon à eau éclairaient l’objet à observer.

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Microscopes Optiques : Les Fondations de l'Observation Cellulaire

Pour observer les spermatozoïdes, un microscope optique est généralement utilisé. Les microscopes optiques sont des instruments qui utilisent la lumière pour produire une image agrandie d'un échantillon. Pour observer les spermatozoïdes, il est recommandé d'utiliser un microscope avec une puissance de grossissement élevée, généralement entre 400x et 1000x. Il est également important d'utiliser une technique de coloration appropriée pour rendre les spermatozoïdes plus visibles.

Pour observer les spermatozoïdes, il est recommandé d'utiliser un microscope à contraste de phase ou un microscope à fond noir. Le microscope à contraste de phase utilise une technique optique qui permet de différencier les structures transparentes, telles que les spermatozoïdes, des autres éléments environnants. Le microscope à fond noir est une autre option pour observer les spermatozoïdes. Il utilise un disque opaque placé dans le chemin de la lumière, ce qui crée un fond noir autour de l'échantillon.

Pour une observation de base, un microscope optique standard peut être utilisé. Ces microscopes sont couramment utilisés dans les laboratoires et les écoles, et ils offrent généralement un grossissement allant jusqu'à 1000x.

Un microscope optique à contraste de phase ou à contraste interférentiel différentiel serait idéal pour cette tâche. Cependant, il convient de noter que les microscopes optiques traditionnels ont leurs limites en termes de résolution.

Techniques Avancées de Microscopie Optique

Il convient de noter que les microscopes modernes sont souvent équipés de différentes techniques d'imagerie, telles que la fluorescence ou la microscopie électronique, qui peuvent également être utilisées pour observer les spermatozoïdes. La fluorescence permet de marquer les spermatozoïdes avec des colorants spécifiques, ce qui les rend plus visibles sous une lumière spécifique.

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Microscopie Électronique : Révéler l'Ultrastructure

Pour une observation plus détaillée, le microscope électronique peut être utilisé. Il utilise des faisceaux d'électrons au lieu de la lumière pour illuminer l'échantillon, ce qui permet d'obtenir des images à une résolution beaucoup plus élevée.

Dans un microscope optique l’image est créée par une absorption différentielle de la lumière par le tissu. Dans un microscope électronique ce n’est pas un faisceau de photons qui est émis mais un faisceau d’électrons à haute tension. L’orientation du faisceau d’électrons transmis par l’échantillon grâce à des lentilles magnétiques sur un écran phosphorescent permet d’obtenir une image optique de celui-ci. On parle de microscope électronique à transmission ou MET. L’image obtenue est en noir et blanc et porte le nom d’électronographie. La microscopie électronique à balayage ou MEB permet d’obtenir des images en haute résolution de la surface d’un échantillon. En effet la surface de l’échantillon recevant le faisceau d’électrons réémet certaines particules qui vont être analysées par différents détecteurs.

Si vous souhaitez observer les détails ultrastructuraux des spermatozoïdes, vous pourriez envisager d'utiliser un microscope électronique à transmission (MET) ou un microscope électronique à balayage (MEB). Les microscopes électroniques offrent un niveau de grossissement beaucoup plus élevé que les microscopes optiques, allant jusqu'à plusieurs milliers de fois.

Préparation de l'Échantillon : Une Étape Cruciale

Il est important de noter que l'observation des spermatozoïdes nécessite également une préparation appropriée de l'échantillon. En ce qui concerne la préparation de l'échantillon, il est important de maintenir les spermatozoïdes vivants et mobiles pour une observation précise. Vous pouvez préparer l'échantillon en utilisant une solution saline tamponnée pour maintenir l'osmolarité et le pH appropriés. De plus, il est essentiel de prélever l'échantillon de manière appropriée. Vous pouvez recueillir l'éjaculat dans un récipient stérile et le laisser reposer pendant quelques minutes pour permettre aux spermatozoïdes de se séparer du liquide séminal.

Implications de la Microscopie Électronique dans la Recherche Cellulaire

Ainsi la microscopie électronique a permis de décrire précisément les différents organites présents dans les cellules eucaryotes. Ceci a permis d’établir du lien entre les découvertes de biochimie, de génétique, de biologie moléculaire et de comprendre les différentes fonctions cellulaires.

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La Théorie Cellulaire et l'Apport du Microscope

Malgré l’existence du microscope, pendant très longtemps la théorie fibrillaire resta la théorie reconnue par les savants de l’époque. En effet la simple dissection des organismes vivants mettait en évidence la présence de nombreuses fibres aussi bien chez les animaux que chez les végétaux. Il était donc admis que la fibre était l’élément constitutif du vivant. C’est dans les années 1830, que grâce à de nombreuses études microscopiques portant sur différents tissus végétaux, que le scientifique écossais Robert Brown (1773-1858) découvrit et décrit un élément constitutif important des cellules : le noyau.

C’est le scientifique allemand Théodore Schwann (1810-1882) qui en réalisant de nombreuses études microscopiques du vivant, finit par établir la correspondance entre les cellules animales et végétales : elle possédait une organisation commune. Ainsi en 1838, Schawnn fut le premier scientifique à énoncer la théorie cellulaire du vivant : tous les tissus, animaux et végétaux, sont constitués de cellules contenant un noyau. La cellule dans cette théorie est considérée comme l'unité structurelle et fonctionnelle du vivant. Les propriétés des tissus apparaissent alors comme résultant des caractéristiques des cellules les constituant. En 1855 plusieurs travaux ont mis à jour la régénérescence des tissus par division des cellules. Ceci induit une acceptation définitive de la théorie cellulaire indiquant que la cellule est l’unité structurale et fonctionnelle de tous les êtres vivants et que toute nouvelle cellule se forme à partir d’une cellule préexistante par division de celle-ci. La découverte de l’unité cellulaire est donc liée à l’invention du microscope.

La cellule est un espace séparé de l’extérieur par une membrane plasmique. Elle contient un liquide appelé cytoplasme. C’est un système constitué de molécules et qui est le siège d’un métabolisme permanent. L’information génétique à l’origine de la structure de la cellule et de son métabolisme, se présente sous la forme d’acide désoxyribonucléique ou ADN. Chez les organismes eucaryotes (animaux, végétaux, champignons) l’information est contenue dans le noyau, un des organites intervenant dans le métabolisme complexe de ceux-ci. La description des différents organites présents dans la cellule s’est nettement améliorée dans les années 1960 grâce à l’invention du microscope électronique.

La Membrane Plasmique : Une Frontière Dynamique

La membrane plasmique appelée aussi membrane cellulaire, membrane cytoplasmique ou plasmalemme, est une membrane de 5 à 10 nm d'épaisseur séparant l’intérieur de la cellule, le cytoplasme, de l’extérieur ou milieu extracellulaire. Elle est formée de phospholipides et de protéines. La membrane correspond à une association de deux feuillets sombres de phospholipides épais de 2 nm chacun qui se font face par leur pôle hydrophobe : la partie hydrophile est orientée vers le milieu extracellulaire pour le feuillet externe et vers le milieu intracellulaire pour le feuillet interne tandis que la partie lipophile ou hydrophobe est orientée vers l'intérieur de la membrane. Entre les molécules de phospholipides se trouvent des protéines dites intrinsèques et du cholestérol (uniquement chez les cellules animales). Au niveau du feuillet externe, des groupements glucidiques (carbohydrates) sont associés à des phospholipides et à des protéines. La membrane peut être associée à des protéines dites extrinsèques (périphériques) localisées en dehors de la bicouche phospholipidique et sont soit ainsi entièrement extracellulaires soit entièrement intracellulaires. Elles interagissent avec la membrane par des liaisons électrostatiques de type liaisons hydrogènes au niveau de protéines intrinsèques. Certains organites comme les lysosomes, le réticulum endoplasmique, l’appareil de Golgi sont délimitées par une simple membrane alors que d’autres comme le noyau, les chloroplastes et les mitochondries le sont par une double membrane car issus d’une endosymbiose.

La Théorie Endosymbiotique et l'Évolution Cellulaire

La théorie endosymbiotique, ou hypothèse de l'endosymbiose, est l'hypothèse selon laquelle les chloroplastes et mitochondries des cellules eucaryotes, du fait qu’ils possèdent leur propre ADN et doués de division, proviennent de l’incorporation (endocytose) par certaines archées, des bactéries avec lesquelles elles auraient entretenu une relation endosymbiotique. Les archées, ou Archaea (du grec ancien ?ρχα?ος, « originel, primitif »), anciennement appelés archéobactéries, sont des microorganismes unicellulaires procaryotes, c'est-à-dire des êtres vivants constitués d'une cellule unique qui ne comprend ni noyau ni organites, à l'instar des bactéries. D'apparence souvent semblable à ces dernières, les archées ont longtemps été considérées comme des bactéries extrêmophiles particulières, jusqu'à ce que les recherches phylogénétiques sur les procaryotes, commencées en 1965, aboutissent, avec les travaux de Carl Woese et George E. Fox3, à la publication en 1977 d'un arbre phylogénétique fondé sur les séquences de certains gènes des organismes étudiés, arbre dans lequel les procaryotes étaient scindés en deux domaines distincts, celui des bactéries et celui des archées. Du point de vue de leur génétique, leur biochimie et leur biologie moléculaire, les archées sont des organismes aussi différents des bactéries que des eucaryotes. Les enzymes impliquées dans la lecture de l’ADN sont apparentées à celles des eucaryotes et non à celles des bactéries, de même que la présence de certaines protéines de structure des chromosomes (histones). Les archées ont longtemps été vues comme des organismes essentiellement extrêmophiles présents notamment dans les sources hydrothermales océaniques, les sources chaudes volcaniques ou encore les lacs salés, mais on en a découvert depuis dans tout une variété de biotopes qui ne sont pas nécessairement extrêmes, tels que le sol, l'eau de mer, des marécages, la flore intestinale et orale et même le nombril humain. Les archées seraient particulièrement nombreuses dans les océans, et celles faisant partie du plancton constitueraient l'un des groupes d'organismes les plus abondants de la Terre. Les archées interviennent par ailleurs de façon non négligeable dans le cycle du carbone et le cycle de l'azote. On ne connaît pas vraiment d'exemple d'archée pathogène ou parasite, mais elles sont souvent mutualistes ou commensales.

L'Observation des Spermatozoïdes en Classe

Les élèves ont déjà étudié la fécondation, le rôle des gamètes et les transformations liées à la puberté. Les microscopes sont déjà placés sur les paillasses lorsque les élèves rentrent dans la salle (deux par paillasse). Dans un second temps, ils changent d’objectif (x10). Lorsque les élèves ont observé les spermatozoïdes au microscope, les élèves réalisent leur dessin d’observation à partir de la photographie qui est sur leur fiche de travail. C’est un spermatozoïde observé au microscope électronique pour leur permettre une observation à un grossissement supérieur. Lien avec la séance de SPC sur les lentilles : avant l’observation, il est demandé aux élèves d’observer les préparations microscopiques à l’œil nu pour vérifier qu’on ne « voyait rien ». Observation microscopique : le professeur passe de table en table pour repérer les élèves qui tâtonnent avec leur microscope ou ceux qui n’arrivent pas à refaire la mise au point après avoir changé d’objectif. Dessin d’observation : Le professeur rappelle à l’oral les critères de réussite d’un dessin d’observation en sciences. Ces critères sont indiqués dans la fiche de travail des élèves. Les élèves dessinent et vérifient s’ils ont bien respecté chacun des critères, le cas échéant ils modifient leur dessin. Le professeur circule entre les élèves pour aider ceux qui sont le plus en difficulté à repérer les critères non respectés et à les corriger. Remarque sur la mise en œuvre : seul un dessin de spermatozoïde est demandé pour gagner du temps. Un tableau comparatif complété est projeté à l’aide la webcam. Pour la taille, ils émettent l’hypothèse que si les spermatozoïdes sont plus petits que les ovules, c’est pour pouvoir rentrer dans l’ovule sans l’abimer. Le temps de réponse est paramétré avec un temps suffisamment long pour que tous les élèves puissent répondre. Il est possible de passer à la question suivante lorsque tous les élèves ont répondu plus rapidement que prévu. Aucune correction n’est faite durant la séance, toutefois les élèves ont la possibilité de vérifier ponctuellement, question après question, si leur réponse est juste (leur numéro de boitier apparait en vert ou en rouge en fonction de l’exactitude de leur réponse.

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