L'infertilité est un problème de santé publique mondial qui touche un nombre croissant de couples. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, une personne sur six dans le monde est concernée par l'infertilité. L'infertilité peut toucher aussi bien les hommes que les femmes, et ses causes sont diverses, parfois même inconnues. L'infertilité masculine, en particulier, englobe différentes situations qui affectent la capacité de concevoir. Cet article explore les causes des spermatozoïdes non fécondants et les solutions disponibles pour les couples qui rencontrent des difficultés à concevoir.

Infertilité et stérilité : définitions

Il est important de distinguer l'infertilité de la stérilité. La fertilité ou fécondité caractérise l’aptitude d’un couple à obtenir une grossesse. Un couple est infertile, lorsqu’il ne parvient pas obtenir une grossesse après 12 à 24 mois de rapports sexuels complets et réguliers (deux à trois fois par semaine), sans moyen de contraception. L'infertilité correspond à une faible probabilité mensuelle d'obtenir une grossesse, tandis que la stérilité est l'incapacité totale et souvent irréversible de procréer naturellement.

Baisse de la fertilité masculine : un phénomène mondial

Depuis quelques années, les chercheurs observent une baisse de la fertilité masculine partout dans le monde. Les hommes auraient ainsi perdu la moitié de leur production spermatique en seulement 45 ans. Alors que le sperme contenait en moyenne 101 millions de spermatozoïdes par ml en 1973, aujourd’hui il n’en renfermerait plus que 49. Cette diminution de la qualité du sperme est un facteur majeur d'infertilité masculine.

Facteurs liés à la qualité du sperme

La fertilité masculine est directement liée à la quantité et à la qualité des spermatozoïdes contenus dans le sperme. Le sperme est un liquide biologique, sécrété par les organes sexuels masculins et expulsé lors de l’éjaculation. Pour être fertile, le sperme doit contenir au moins 20 millions de spermatozoïdes par ml. 40 % d’entre eux doivent être mobiles pour que le sperme soit considéré comme fécondant, c’est-à-dire capable de pénétrer et de féconder un ovule.

Oligospermie

L’oligospermie est la cause la plus fréquente d’infertilité masculine. Elle et se caractérise par une diminution du nombre et de la qualité des spermatozoïdes (normalement, au moins 20 millions de spermatozoïdes par ml de sperme).

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Nécrospermie

La nécrospermie se caractérise par une proportion élevée de spermatozoïdes morts dans le sperme. Le plus souvent, la nécrospermie est provoquée par une infection urogénitale. Elle peut alors être réversible, une fois l’infection traitée.

Tératospermie

La tératospermie correspond à la présence de spermatozoïdes de formes anormales. Les anomalies morphologiques des spermatozoïdes peuvent altérer la mobilité des spermatozoïdes et ainsi leur capacité à remonter les voies génitales féminines pour atteindre l’ovule.

Azoospermie

L’azoospermie est l'absence totale de spermatozoïdes dans le sperme. Les causes peuvent être diverses : génétiques, consécutives à une maladie, un accident avec traumatisme des testicules. Dans certains cas, les spermatozoïdes ne peuvent être acheminés normalement dans les voies génitales à cause d’une obstruction : absence de canaux déférents d’origine génétique, canaux endommagés par une infection ou une intervention chirurgicale, traumatisme.

Oligo-asthéno-tératospermie (OATS)

L’oligo-asthéno-tératospermie (ou OATS) désigne un ensemble d’anomalies détectées lors de l’analyse du sperme de l’homme. Cette sévérité est parfois classifiée en modérée, intermédiaire et sévère. Classiquement l’OATS sévère est associée à une concentration inférieure à 1 million par millilitre avec des anomalies significatives de la mobilité et de la morphologie des spermatozoïdes.

Autres causes d'infertilité masculine

Outre les anomalies du sperme, d'autres facteurs peuvent contribuer à l'infertilité masculine :

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  • L'âge : La fertilité décroît avec l’âge chez l’homme. Cependant, l’andropause qui correspond à la baisse importante de la sécrétion de testostérone chez l’homme à partir d’un certain âge, n’a pas de rapport avec la fertilité, à la différence de la ménopause chez les femmes.
  • L'éjaculation rétrograde : Dans l’éjaculation rétrograde, le sperme est expulsé vers la vessie et non vers l’extérieur. Cette situation peut entraîner une infertilité. Cette anomalie est généralement observée après une opération de la prostate.
  • La dysfonction érectile : La dysfonction érectile est une pathologie fréquente, affectant 5 à 20 % des hommes âgés de moins de 50 ans. Les liens entre infertilité et troubles sexuels sont étroits et à double sens. L’infertilité peut affecter la sexualité, par exemple pour les couples engagés dans un parcours de PMA.
  • Facteurs environnementaux et mode de vie : On parle ici d’environnement au sens large, aussi appelé « exposome » : l’ensemble des expositions environnementales (non génétiques) auxquelles chaque individu est soumis au cours de sa vie. Cela inclut notamment les pollutions de tous ordres (pollution de l’air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides), les perturbateurs endocriniens, mais aussi le mode de vie : une mauvaise alimentation et un surpoids ou à l’inverse une maigreur excessive chez les femmes, la consommation de tabac ou de drogues… Tous ces éléments extérieurs jouent un rôle néfaste important sur l’infertilité masculine et féminine, directement ou indirectement.
  • Déséquilibres hormonaux : On sait que certains déséquilibres hormonaux, dus à un mauvais fonctionnement de l’hypothalamus et de l’hypophyse, peuvent expliquer certains cas d’infertilité masculine et féminine. Ainsi, les troubles de la testostérone se traduisent par un déficit de production de spermatozoïdes chez l’homme, l’excès de prolactine par une absence d’ovulation. Ces troubles hormonaux peuvent être liés à une maladie (tumorale ou génétique) ou à une anomalie fonctionnelle.
  • Cancers et traitements anti-cancéreux : Enfin, l’infertilité féminine et masculine peut être causée par certains cancers et traitements anti-cancéreux, comme la chimiothérapie.
  • La chaleur excessive dans la zone testiculaire : les facteurs qui exposent les testicules à une température trop élevée (jacuzzis et bains chauds trop fréquents, saunas et hammams, temps passé à conduire trop important, etc.) : la production de spermatozoïdes exige une température des testicules inférieure à celle du corps (c’est pour cette raison qu’ils sont à l’extérieur).
  • L'usage de substances illicites : par exemple, la marijuana.
  • Affections et situations exposant les testicules à un excès de chaleur : comme l'exercice physique, l'eau chaude, des vêtements trop serrés, une position assise prolongée.

Diagnostic de l'infertilité masculine

Les spécialistes conseillent aux couples de consulter après 12 à 18 mois de rapports sexuels réguliers et sans contraception. La consultation médicale est plus urgente si la femme est âgée de plus de 35 ans et/ou si le couple présente des antécédents médicaux pouvant induire une infertilité. Pour déterminer les causes de l’infertilité et envisager une prise en charge adaptée, le médecin prescrit pour le couple différents examens médicaux dans le cadre de bilans d’infertilité.

Chez l’homme, l’examen de référence est le spermogramme, effectué sur le sperme recueilli après masturbation. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire pour éviter l’altération des spermatozoïdes pendant le transport. Au préalable, deux à cinq jours d’abstinence sont recommandés. Il doit être réalisé à distance d’épisodes de fièvre ou de prises de médicaments pouvant interférer avec la fabrication de spermatozoïdes. Si des anomalies sont détectées sur un premier spermogramme, un deuxième est demandé deux à trois mois après le premier test pour confirmer ou non les anomalies observées.

La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Elle peut être répétée avant les tentatives d’assistance médicale à la procréation. Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète systématiquement le spermogramme avant le déclenchement de l’assistance médicale à la procréation.

L’exploration urologique est également importante chez les hommes ayant des problèmes de sperme ou fonctionnels.

Traitements et solutions

Une fois les causes identifiées, des solutions peuvent être proposées. Le choix du traitement dépend en grande partie de la cause de la maladie. Si le traitement de première instance n’apporte pas les résultats escomptés, une procréation médicalement assistée (PMA) peut être envisagée.

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Procréation Médicalement Assistée (PMA)

Plusieurs techniques de PMA peuvent être utilisées en fonction du degré de sévérité de l’oligo-asthéno-térato-spermie et des autres facteurs d'infertilité :

  • Insémination Intra-Utérine (IIU) : Dans le cas d’une IIU, le sperme prélevé et préparé au laboratoire est directement introduit dans l'utérus de la femme dont les ovaires ont été stimulés. La fécondation si elle a lieu, se fera de manière naturelle dans les trompes.
  • Fécondation In Vitro (FIV) : Dans le cas d’une FIV, le sperme est prélevé avant d’être mis en contact avec un ou plusieurs ovocytes, en laboratoire.
  • Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes (ICSI) : Enfin, dans le cas d’une ICSI, un spermatozoïde choisi pour son aspect « sain » est introduit directement dans un ovocyte, pour le féconder in vitro. Cette technique est effectuée sur plusieurs ovules quand la numération des spermatozoïdes est faible, ou lorsqu'un spermatozoïde n'est pas parvenu à féconder un ovule durant la technique de fécondation in vitro ou FIV.

Modifications du mode de vie

Dans certains cas, les anomalies du sperme sont réversibles après une prise en charge thérapeutique, notamment par la modification du mode de vie :

  • Alimentation : La consommation d’aliments de mauvaise qualité et hautement transformés contribue à des carences en nutriments, vitamines et micro et macro-éléments, tels que le magnésium, l’iode, le fluor, le zinc et le sélénium. Il est recommandé d'avoir une alimentation équilibrée et riche en antioxydants pour protéger les spermatozoïdes du stress oxydatif.
  • Poids : Une femme en surpoids peut avoir des difficultés à concevoir un enfant en raison de déséquilibres hormonaux. Dans ces cas-là, il est recommandé de se rapprocher le plus possible de l’indice de masse corporelle idéal, car cela peut augmenter les chances de tomber enceinte. L’extrême opposé de la surcharge pondérale peut également être problématique.
  • Stress : La gestion du stress, surtout lorsqu’il est impossible de s’éloigner de ce qui le provoque, nécessite un exercice régulier, de bonnes habitudes de sommeil, un régime alimentaire et souvent un suivi psychologique.
  • Tabac, alcool et drogues : Il est essentiel d'éviter de fumer, de consommer de l'alcool ou de prendre des drogues, car ces substances peuvent affecter la qualité du sperme.
  • Chaleur : éviter les facteurs qui exposent les testicules à une température trop élevée (jacuzzis et bains chauds trop fréquents, saunas et hammams, temps passé à conduire trop important, etc.).

Traitements médicaux

  • Traitements hormonaux : Il existe plusieurs traitements hormonaux susceptibles de soigner la stérilité féminine, ils sont offerts sous forme de pilules et d'injections.
  • Chirurgie : Quelquefois, la stérilité peut se traiter dans une salle d'opération. Une laparoscopie peut être mise à profit pour repérer une endométriose qui peut être traitée au cours de la même opération. Des fibromes ou des cicatrices siégeant dans l'utérus se prêtent également bien à un traitement pratiqué au moyen d'un hystéroscope. Quand il s'agit des hommes, la chirurgie peut s'utiliser pour réparer les veines variqueuses testiculaires et les problèmes mécaniques d'éjaculation.

Prévention de l'infertilité

La meilleure façon de prévenir la stérilité est encore la pratique de la sexualité à risques réduits. Étant donné que des affections vénériennes comme une infection à Chlamydia, et la gonorrhée (la chaude-pisse), peuvent mener à la stérilité, il importe de prendre des précautions pour les éviter, et de savoir reconnaître les caractéristiques qui permettront de poser rapidement un diagnostic et d'obtenir un traitement dès l'apparition des premiers symptômes.

Importance d'un deuxième avis

Un deuxième avis est particulièrement pertinent dans le cadre d’une OATS car le problème de l’infertilité masculine, et de l’infertilité en général, est source d’une très grande souffrance pour de nombreux couples. Avant de se lancer dans l’aventure de la procréation médicalement assistée, il est important pour le couple d’avoir une vision précise du parcours qui l’attend. L’investissement personnel demandé sera très important. Dans ce contexte, un deuxième avis peut apporter l’éclairage supplémentaire nécessaire pour permettre au patient de prendre sa décision en connaissance de cause.

Conclusion

L'infertilité masculine est un problème complexe qui peut avoir de nombreuses causes. Un diagnostic précis et une prise en charge adaptée sont essentiels pour aider les couples à réaliser leur désir d'avoir un enfant. Il est important de consulter un médecin spécialiste de la fertilité pour évaluer les causes de l'infertilité et envisager les options de traitement les plus appropriées. N’entamer jamais un traitement de stérilité en se basant uniquement sur le spermogramme et sans réaliser une étude complète de l’homme.

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