Le spasme du sanglot est un phénomène courant chez les jeunes enfants, souvent source d'inquiétude pour les parents. Bien que spectaculaire, il est généralement bénin et transitoire. Cet article vise à informer les parents et les professionnels de la santé sur les causes, les manifestations, le diagnostic et la prise en charge du spasme du sanglot.
Introduction au Spasme du Sanglot
Le spasme du sanglot, également connu sous le nom de « pleurs syncopes » ou « syncope du nourrisson », est une cause fréquente de syncope chez les jeunes enfants. Il s'agit d'un réflexe qui touche environ 5 % des enfants, se manifestant généralement entre 6 mois et 5 ans, avec une concentration pendant la période d'opposition autour de 18 mois. Il survient à la suite d'une contrariété, d'un traumatisme mineur, d'une émotion forte ou d'une frustration. Malgré son aspect impressionnant, le spasme du sanglot est sans gravité et disparaît généralement avec l'âge.
Causes et Facteurs Déclenchants
Les spasmes du sanglot sont déclenchés par un événement émotionnel bouleversant subi par l'enfant, tel qu'une contrariété, une colère, une peur, une frustration, une douleur physique ou un traumatisme. Ces crises sont des réactions à une émotion forte. Le nourrisson, le bébé ou l'enfant manifeste sa colère, sa douleur ou sa peur par des pleurs incontrôlés. Des études suggèrent également un lien possible entre l'anémie ferriprive (déficit en fer) et les spasmes du sanglot, ainsi qu'un retard de maturation du tronc cérébral.
Le profil psychologique type de l'enfant victime de spasmes du sanglot est celui d'un enfant émotif, hyperactif, coléreux et opposant, dont la famille, souvent la mère, est anxieuse. Le facteur déclenchant peut être une réprimande, une frustration ou une chute bénigne.
Les Différentes Formes de Spasmes du Sanglot
On distingue principalement deux formes de spasmes du sanglot, basées sur la coloration de la peau de l'enfant :
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- La forme bleue, cyanique ou asphyxique : Elle représente environ 60 % des cas. L'enfant, initialement contrarié, pleure, s'énerve, trépigne puis hurle. Sa respiration devient saccadée, il reprend difficilement son souffle et, après quelques sanglots, il subit un blocage du thorax, entraînant une cyanose et une apnée. Lorsque cette dernière dure, il perd connaissance, a les yeux révulsés dans un tableau d'hypotonie totale. Il devient violacé et se trouve comme mort. Il ne bouge plus et ne respire plus. Après ce blocage respiratoire, son cerveau peut manquer d’oxygène et l’enfant perd connaissance. Son corps devient soit tout mou soit très raide. Quand le malaise se prolonge, il peut convulser (mouvements rythmiques des membres, révulsion oculaire).
- La forme blanche, pâle ou ischémique : Elle représente environ 20 % des cas. Là encore, la crise est précédée d'une frustration ou d'une émotion. En revanche, l'enfant ne pousse aucun cri, il pâlit brusquement puis il perd connaissance. Cette syncope est souvent convulsivante et est attribuée à une ischémie cérébrale par bradycardie extrême ou arrêt cardiaque.
Bien que la forme bleue soit plus courante, l'absence de pleurs initiaux dans la forme blanche ne doit pas écarter l'hypothèse de spasmes du sanglot.
Diagnostic Différentiel
Il est crucial de bien reconnaître le spasme du sanglot pour le différencier d'une crise d'épilepsie ou d'une crise de spasmophilie. Le Dr Bénézit explique qu’il est important de bien décrire le malaise et raconter le contexte de survenue, notamment s’il y a un facteur déclenchant identifié : peur, déception, colère, chute… « Ce sont des éléments primordiaux qui permettent d’orienter le médecin dans le diagnostic ». En cas de doute, le pédiatre pourra demander un électrocardiogramme pour éliminer une cause cardiaque ou prévoir un électroencéphalogramme pour écarter une cause épileptique.
La crise d’épilepsie chez le nourrisson est moins violente et ne s’accompagne pas forcément de perte de connaissance, comme le spasme du sanglot.
Conduite à Tenir Pendant une Crise
Sur le moment, face à un spasme du sanglot, il est essentiel de garder son sang-froid et de ne pas paniquer. Inutile d’appeler un médecin en urgence. Le mieux est de coucher l’enfant sur le côté afin de l’empêcher de s’étouffer avec sa salive. On peut tapoter les joues de l'enfant, lui rafraîchir le visage, lui parler doucement ou souffler sur son visage et de tapoter doucement son visage avec un peu d’eau froide.
Il n'existe pas de traitement spécifique pour réveiller la conscience d'un enfant victime d'un spasme du sanglot, il la retrouve spontanément. Il est important de noter qu'il ne faut pas secouer l'enfant ni lui asperger le visage d'eau.
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Si la perte de connaissance se prolonge, il faut alors appeler le SAMU (15) et allonger l’enfant sur le côté en veillant à ce que son nez et sa bouche soient bien dégagés.
Prévention et Gestion à Long Terme
Bien qu’il n’existe pas de méthode à proprement parler pour calmer les spasmes du sanglot de bébé, le meilleur moyen de prévenir les spasmes du sanglot, c'est d'éviter les situations à risque. Il est conseillé d'aider autant que possible votre enfant à surmonter les frustrations. Pour autant, vous ne devez pas renoncer aux mesures éducatives par peur de les déclencher. L’approche recommandée est d’apprendre au bébé à se calmer en amont d’une crise. On peut, par exemple, convenir pendant un temps calme d’un mot-clef qui lui évoque la tranquillité. Quand on sent un spasme du sanglot sur le point d’éclater, on peut aussi tenter de détourner l’attention de l’enfant. Vous pouvez essayer de mettre en place un jeu de rôle s’il est assez grand pour le comprendre en manifestant vous aussi votre contrariété, votre peur ou toute autre émotion. Le plus important, enfin, est de féliciter votre bébé ou votre enfant lorsqu’il parvient à garder son calme, afin de valoriser les émotions positives.
Il est important de noter que la répétition des syncopes entretient un climat d'anxiété dans la famille et la crainte d'une nouvelle crise conduit les parents à avoir un comportement trop permissif. Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre la compréhension des émotions de l'enfant et le maintien d'un cadre éducatif cohérent.
Dans le cas où votre bébé présente une anémie ferriprive (déficit en fer), un traitement pour traiter cette carence pourrait réduire les spasmes du sanglot et leur intensité.
Quand Consulter un Professionnel de Santé ?
Bien que les spasmes du sanglot soient généralement bénins, il est conseillé de consulter un médecin dans les situations suivantes :
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- Lors de la première crise, afin d'écarter d'autres causes possibles (cardiaques, neurologiques, etc.).
- En cas de crises fréquentes ou prolongées.
- Si vous êtes inquiet ou si vous avez des questions concernant les spasmes du sanglot de votre enfant.
- Si votre enfant connaît un épisode de spasme du sanglot avec ou sans perte de connaissance, il est conseillé d’en informer le pédiatre lors de la prochaine visite médicale.
Le médecin pourra poser un diagnostic précis, vous rassurer et vous donner des conseils personnalisés pour gérer les crises. Dans des cas douteux, il peut également pratiquer un électrocardiogramme ainsi qu'une échographie cardiaque pour éliminer une possibilité de troubles du rythme.
Soutien Psychologique
Il est conseillé de consulter un pédopsychiatre ou un psychologue, pour faire le point et connaître les origines de la crise. Ils ont souvent un rôle de soutien auprès des parents qui culpabilisent. L’enfant en proie au spasme du sanglot vit dans un climat familial d’angoisse, dont l’hypothèse caractéristique est que la mère a peur de ne pas être à la hauteur, mais elle peut être autre.
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