Le parquet est redevenu un élément de décoration à part entière, et sa pose correcte est essentielle. Parmi les nombreuses solutions disponibles, les parquets collés offrent de nombreux avantages. Cependant, pour optimiser le confort et l'isolation phonique, l'utilisation d'une sous-couche résiliente est fortement recommandée. Cet article explore en profondeur la définition, l'utilisation et les avantages de ces sous-couches, en tenant compte des différents types de revêtements de sol et des exigences réglementaires en matière d'acoustique.
Définition et Rôle d'une Sous-Couche Résiliente
Une sous-couche résiliente, également appelée sous-couche acoustique ou phonique, est un matériau intercalé entre le support de sol et le revêtement de sol (parquet, carrelage, vinyle, etc.). Le terme "résilient" fait référence à la capacité du matériau à résister aux chocs et à retrouver sa forme initiale après une déformation. De ce fait, une sous-couche résiliente est une sous-couche qui absorbe les chocs donc qui améliore le confort phonique ou acoustique du sol ou du mur. Elle est vivement recommandée sous la pose d’un revêtement de sol d’une maison à étage ou d’un immeuble, car elle réduit le bruit d’environ 20 dB.
Son rôle principal est d'améliorer l'isolation phonique du sol, en réduisant la transmission des bruits d'impact (pas, chutes d'objets, etc.) vers les pièces situées en dessous. Elle peut également offrir des avantages en termes d'isolation thermique et de confort à la marche.
L’Union française des fabricants et entrepreneurs de parquets rappelle dans sa documentation technique : « D’une manière générale, la mise en place d’une sous-couche résiliente assure une fonction de désolidarisation à laquelle s’additionnent parfois des actions complémentaires de facilitation de mouvements relatifs du parquet par rapport à son support, de confort à la marche (souplesse, atténuation des bruits de pas), d’amélioration des performances acoustiques du parquet aux bruits de chocs. »
Les Composants d'un Parquet
Pour bien comprendre l'intérêt d'une sous-couche, il est utile de rappeler la définition d'un parquet. Pour l’Union française des fabricants et entrepreneurs de parquets, il s’agit d’un revêtement de sols en bois ou à base de bois, dont la couche supérieure d’usure présente une épaisseur au moins égale à 2,5 mm pour du bois brut, à poncer après pose, et 2 mm pour les parquets finis, poncés vernis ou huilés en usine (norme NF EN 13756). Il peut être en bois massif ou contrecollé. Dans ce dernier cas, le parement d’essence noble est collé sur un support en bois, contreplaqué, OSB, MDF, HDF, ou panneau de particules.
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Les parquets se présentent sous diverses formes, qu’il est possible de regrouper en :
- lames massives d’une épaisseur supérieure à 21 mm (NF EN 13226) ;
- contrecollés (NF EN 13489 et NF B 54.011) ;
- lamelles collées de 120 x 24 x 8 mm d’épaisseur ;
- mosaïques sous forme de carrés à fil contrarié (NF EN 13488) ;
- lamelles sur chants composés de lamelles de parquets mosaïques réutilisées sur chant ;
- éléments juxtaposés disposés de telle sorte que le fil du bois soit vertical après la pose.
Les parquets avec lames en bois massif ou contrecollé, bruts ou revêtus d’une finition, généralement usinés rainure et languette, existent en différents formats et épaisseurs selon les essences, les fabricants, le type de pose et la tendance (plutôt aux lames larges, voire très larges). Ces lames peuvent être posées : clouées sur lambourdes, collées en plein ou sur cordon (selon les essences), ou en pose flottante avec assemblages collés et/ou cliqués. Un grand nombre de fabricants ont développé leur système de « clip », plus ou moins sophistiqué. Si l’intérêt de ces systèmes est évident (facilité et gain de temps sur chantier) pour une pose flottante du parquet, il faut noter qu’elle n’exclut pas, le plus souvent, le collage en plein du parquet si celui-ci s’avère nécessaire (chauffage par le sol basse température, par exemple, ou pour des pièces humides, salle de bains et cuisine par exemple).
Réglementation Acoustique et Sous-Couches Résilientes
La réglementation acoustique NRA 2000 impose depuis 1996 une isolation acoustique sur les sols et les murs d’un logement pour que les bruits perçus par les occupants de celui-ci ne dépassent pas 65 dB (décibels). La pose d’un revêtement phonique ou acoustique en sous-couche est obligatoire aussi bien en construction qu’en rénovation.
Depuis janvier 2013, le maître d’ouvrage doit adresser, au moment de l’achèvement des travaux de bâtiments neufs, une attestation de prise en compte de la réglementation acoustique à l’autorité administrative ayant délivré le permis de construire.
Ce n’est qu’en 1969 que la 1re réglementation fixant des objectifs d’isolation acoustique a vu le jour. La Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA) mise en place en 1996 a fixé, pour les professionnels du bâtiment, les niveaux maximum admis selon le type de bruit.
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- Pour un logement construit avant 1970 et jamais rénové : Avant 1970, aucune réglementation acoustique n’existait. Si votre logement est plus ancien, il n’a probablement pas été isolé phoniquement lors de sa construction.
- Pour une habitation construite entre 1970 et 1995 : Le constructeur a respecté la 1re réglementation acoustique.
- Pour un logement construit après 1996 ou récemment rénové : C’est la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA) qui s’applique.
En rénovation, la jurisprudence et la plupart des règlements de copropriété demandent de ne pas dégrader les performances acoustiques du plancher en cas de remplacement du revêtement.
Les performances acoustiques requises pour les parquets sont exprimées en valeurs de ?Lw. Cette grandeur caractérise la réduction de la transmission du bruit de choc normalisé apporté par un revêtement de sol (ou une dalle flottante). Plus le ?Lw est grand, meilleure sera l’isolation aux bruits d’impact. Conventionnellement, cette valeur est mesurée en laboratoire sur un support de référence (dalle béton de 14 cm d’épaisseur) mais elle varie selon la nature du plancher.
Avantages d'une Sous-Couche Résiliente
La sous-couche résiliente offre de nombreux avantages :
- Isolation phonique : Réduction des bruits d'impact et des nuisances sonores, améliorant le confort de vie.
- Isolation thermique : Contribution à l'amélioration de l'isolation thermique du sol, réduisant les pertes de chaleur.
- Confort à la marche : Amélioration du confort à la marche grâce à l'absorption des chocs et à la souplesse du matériau.
- Protection contre l'humidité : Certaines sous-couches intègrent un pare-vapeur, protégeant le revêtement de sol contre les remontées d'humidité.
- Durabilité : Prolongation de la durée de vie du revêtement de sol en absorbant les contraintes et en réduisant l'usure.
- Adaptabilité : Compensation des irrégularités du support, assurant une surface plane pour la pose du revêtement de sol.
Les Différents Types de Sous-Couches Résilientes et Leurs Matériaux
Parmi les différents types de sous-couches disponibles, on distingue :
- Liège : C’est l’un des matériaux les plus isolants. Seul ou combiné avec du caoutchouc, il offre la meilleure résistance acoustique et absorption des chocs. Il existe en plaque ou en rouleau avec des épaisseurs allant de 2 à 8 mm. Il est conseillé de poser une sous-couche résiliente en liège avec une épaisseur inférieure ou égale à l’épaisseur du revêtement de sol sous peine d’enlever les propriétés de poinçonnement de celui-ci. La première qualité du liège, c’est son côté écologique. C’est un matériau qui varie en épaisseur (2 à 8 mm) et qui est donc adaptable. Cette sous-couche possède une excellente isolation phonique et acoustique, ce qui est idéal pour atténuer les bruits des lames du plancher. Elle ne peut compenser que jusqu’à 0,5 mm d’irrégularités. Pour éviter l’accumulation d’humidité, il faudra penser à ajouter un pare-vapeur avant la pose de votre sous-couche en liège.
- Caoutchouc : Comme pour le liège, les sous-couches résilientes en caoutchouc ont des performances acoustiques inégalables. C’est le matériau le plus résistant aux forces de compression grâce à son élasticité. Il a également une très grande durée de vie. Le caoutchouc se présente en plaque ou en rouleau avec des épaisseurs de 2 à 10 mm.
- Mousse polyéthylène : C’est la plus simple et la plus fine des sous-couches à poser mais c’est aussi la moins isolante et la moins résiliente. Une sous-couche résiliente en mousse polyéthylène se présente en rouleau avec une épaisseur de 2 mm. La mousse polyéthylène est un matériau très économique et facile à mettre. La pose de ce matériau ne vous permet toutefois que de compenser de légères irrégularités du sol (jusqu’à 2 mm).
- Fibre naturelle : Cette sous-couche a une meilleure isolation thermique qu’acoustique. Même si elle arrive tout juste derrière ses concurrentes, une sous-couche résiliente en fibre naturelle offre tout de même une bonne isolation. Elle se présente en plaque d’environ 4 mm d’épaisseur. Comme son nom l’indique, cette matière est issue de fibre de bois, donc assez rigide d’où son format en plaque. Il s’agit encore une fois d’un matériau écologique et recyclable. À titre de comparaison, la sous-couche en fibre de bois possède une meilleure adaptabilité que la sous-couche en liège. La sous-couche en fibre de bois résiste assez bien à l’humidité et possède une bonne isolation thermique et phonique. Elle se présente sous la forme de panneaux de dimensions variables, généralement compatibles avec un plancher chauffant.
- Polystyrène : La sous-couche résiliente en polystyrène se présente en plaque d’environ 5 mm d’épaisseur ou en accordéon à déplier, généralement plus fines, de 1 à 3 mm. Souvent associée avec une fine couche d’aluminium ou un autre matériau, le polystyrène reste un allié de poids en matière d’insonorisation. Bon rapport qualité-prix. Le polystyrène offre une bonne sous-couche pour votre parquet. Son épaisseur est très variable (de 1 à 10 mm) et c’est un matériau qui lisse parfaitement les irrégularités (jusqu’à 5 mm). La sous-couche s’adapte donc à de nombreuses pièces. Cette sous-couche résiliente est généralement constituée d’un pare-vapeur, ce qui fait que votre plancher est protégé de l’humidité. Par contre, elle est vulnérable au feu et n’est pas écologique. Ce sont des détails qui peuvent avoir une grande importance.
Parmi les différents types de sous-couches disponibles, on distingue :
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- les sous-couches en liège qui se posent sur tous supports neufs à base de ciment avec une colle vinylique eau ou alcool. Pour tout autre support, l’usage d’une colle PU monocomposant ou d’une colle MS Polymères monocomposant s’impose.
- Les sous-couches minérales et organiques (polyester, bois…) ou mousses composites de polyuréthanne. Elles se posent sur tous supports avec ou sans colle.
- Les sous-couches perforées (avec oblongs réguliers). Pose directe du parquet sur le support, avec une colle polyuréthanne sur cordons.
Choisir la Bonne Sous-Couche en Fonction du Revêtement de Sol
Le choix de la sous-couche dépend du type de revêtement de sol :
- Sous-couche résiliente sous le carrelage : Pour une rénovation, l’isolant se pose entre l’ancien et le nouveau carrelage. Vous pouvez vous orienter soit vers un isolant en liège, soit en polystyrène extrudé, suivant le confort acoustique que vous souhaitez atteindre. Cette pose n’est pas anodine et demande une certaine expertise car il faut poser une bande de désolidarisation tout autour de la pièce ainsi qu’un treillis recouvert de ciment avant la pose finale du carrelage.
- Sous-couche acoustique sous un parquet bois : Sous du parquet bois, vous pouvez poser n’importe quelle sous-couche selon le confort acoustique attendu. Si vous collez votre parquet, préférez une sous-couche assez fine. Si vous clouez votre parquet sur les tasseaux ou lambourdes, vous devrez poser l’isolant entre les lambourdes. L’idéal étant de mettre de la mousse polyuréthane ou de la laine de verre.
- Sous-couche phonique sous un parquet stratifié : C’est pour le parquet stratifié que le choix est le plus varié mais c’est aussi pour le parquet stratifié qu’il faut la meilleure insonorisation donc la meilleure sous-couche résiliente. Il est obligatoire d’installer un film pare-vapeur avant toute pose de parquet flottant ou stratifié.
- Sous-couche sol sous des dalles vinyle : Pour les dalles ou lames vinyle à clipser, il est inutile de poser un film pare-vapeur car elles sont parfaitement étanches. Pour ce qui est de la sous-couche, choisissez celle qui aura le plus de résistance au poinçonnement. Les lames vinyle étant fines et souples, elles risqueraient de s’écraser au poids du marcheur ou des meubles.
- Sous-couche acoustique ou phonique sous un sol en revêtement PVC : Pour le revêtement PVC, la sous-couche qui aura la meilleure insonorisation sera celle en caoutchouc. Une isolation en liège peut aussi convenir à condition qu’elle soit associée avec le caoutchouc car le liège est trop mou.
Il faut que la sous-couche choisie soit adaptée à vos besoins, mais aussi aux matériaux. Une dalle en béton devra être protégée par une sous-couche qui ne craint pas l’humidité. Une bonne isolation thermique sera indispensable sous un parquet placé sur un carrelage.
Critères de Choix d'une Sous-Couche Résiliente
Plusieurs critères sont à prendre en compte lors du choix d'une sous-couche résiliente :
- Type de revêtement de sol : Adapter le choix de la sous-couche au matériau du revêtement (parquet, carrelage, vinyle, etc.).
- Niveau d'isolation phonique souhaité : Choisir une sous-couche avec un indice d'affaiblissement acoustique (ΔLw) adapté aux exigences de la pièce.
- Présence d'un chauffage au sol : Opter pour une sous-couche compatible avec les systèmes de chauffage au sol.
- Nature du support : Tenir compte des irrégularités du support et choisir une sous-couche capable de les compenser.
- Résistance à l'humidité : Privilégier les sous-couches avec pare-vapeur intégré pour les pièces humides.
- Facilité de pose : Choisir une sous-couche facile à installer, en rouleau ou en plaques, selon les préférences.
- Budget : Définir un budget et comparer les différentes options disponibles sur le marché.
Pose d'une Sous-Couche Résiliente
La pose d'une sous-couche résiliente est relativement simple, mais il est important de respecter certaines étapes :
- Préparation du support : Le support doit être propre, sec, plan et stable. Araser toutes parties saillantes, poncer, ragréer, si nécessaire, avec un enduit adapté à base de liant hydraulique.
- Pose du pare-vapeur (si nécessaire) : Si la sous-couche ne possède pas de pare-vapeur intégré, il est recommandé d'en poser un avant la sous-couche. Généralement en polyane, sa pose est conseillée pour éviter les remontées d’humidité, surtout sur une chape neuve ou en rénovation. Le film pare-vapeur doit être fabriqué pour répondre aux exigences de la norme DTU (Document Technique Unifié). C’est sur ce film que vous viendrez poser la sous-couche.
- Pose de la sous-couche : Dérouler ou poser les plaques de sous-couche sur le support, en suivant les instructions du fabricant. Les plaques doivent être coupées au cutter au niveau des murs, des montants d’huisseries ou des plinthes, si ces dernières sont déjà en place et ce, sans contact ni remontée, en conservant ainsi un jeu périphérique adapté (DTU 51.2). Les plaques seront posées au sol avec un jeu de 1 mm sur toute la longueur du local, de telle façon que les évidements soient perpendiculaires au sens de la longueur des lames (pose à l’anglaise). Couper au cutter la partie inutile de la dernière plaque de la rangée, sans laisser de remontée. Les plaques ainsi posées forment la surface de pose du parquet sur laquelle la circulation sur la sous couche nue sera limitée pour éviter toute altération.
- Application de la colle (si nécessaire) : Certaines sous-couches nécessitent l'application d'une colle spécifique pour assurer leur fixation au support. Appliquer la colle Sika® Adheflex® Parquet Purform®(voir notice produit) dans chaque évidement avec la buse, en cordons de 6 mm de diamètre. Poser le parquet en avançant ou en reculant sur la sous-couche et contrôler au fur et à mesure le bon contact avec la colle avant qu’elle ne forme une peau. Une mise en charge des lames de planéité irrégulière peut être réalisée avec, par exemple, le poids d'un paquet de lames pour obtenir un bon contact avec la colle et ce jusqu’au séchage complet. 24 heures à + 23 °C avant ouverture à la circulation occasionnelle,48 heures à + 23 °C avant mise en service ou ponçage du parquet et application de la finition.
- Pose du revêtement de sol : Procéder à la pose du revêtement de sol selon les instructions du fabricant.
Les Colles pour Parquet
L’évolution des colles, au cours de ces dernières années, permet aujourd’hui de faire adhérer un parquet sur tout support sec et sain, sur chape bien entendu, mais aussi sur carrelage, marbre, vieux parquet, pierre, etc. Sur carrelage pierre marbre, les parquets à coller peuvent l’être avec certaines préparations du support : vérification du scellement correct des carreaux ou des dalles, décapage de la surface par lessivage et ponçage, application d’un primaire d’accrochage puis d’un ragréage.
Sur revêtements plastique en dalle - tapis aiguilletés - revêtements plastiques peu résilients en rouleaux, la pose des parquets à coller en 8 et 10 mm n’est pas possible. Par contre, les panneaux et les lames contrecollés peuvent être posés en flottant, en conservant l’ancien revêtement qui constitue souvent une isolation phonique suffisante dans les logements collectifs. Une moquette épaisse doit être enlevée.
Deux grandes familles de colles sont proposées : les colles solvantées (acétate de polyvinyle) en dispersion dans l’eau ou en solution alcool ; les colles sans solvant - réactives (polyuréthanne ou MS Polymères) monocomposant spatulable, (polyuréthanne ou époxydes) bicomposants spatulables ou monocomposant (colle sur cordons).
Toutes ces colles sont appliquées uniformément à l’état fluide. Pour prendre, les colles avec solvant sèchent par diffusion et évaporation des solvants. En revanche, les colles réactives monocomposant doivent réagir avec l’humidité des matériaux et polymériser. Les colles réactives bicomposants, dont les deux composants réagissent ensemble, se polymérisent.
Dans tous les cas, le poseur devra attendre la prise complète de la colle (24 h minimum) avant la pose du parquet.
Quant aux critères de choix de la colle, ils sont définis selon les caractéristiques du parquet (essences, épaisseur des lames, vernis usine ou non…), et l’état du support…
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